jeudi 26 novembre 2015

La Pluie du Diable / The Devil's Rain !

                                                                          Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site hollywood70.com

de Robert Fuest. 1975. U.S.A/Mexique. 1h27. Avec Ernest Borgnine, Tom Skerritt, Joan Prather, Eddie Albert, William Shatner, Ida Lupino, Woody Chambliss, Keenan Wynn, Claudio Brook, Erika Carlsson, George Sawaya, John Travolta

Sortie salles France: 27 juillet 1977. U.S: Juillet 1975.

FILMOGRAPHIE: Robert Fuest est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste anglais, nĂ© le 30 Septembre 1927 Ă  Londres, dĂ©cĂ©dĂ© le 21 Mars 2012. 1967: Just like a Woman. 1970: And soon the Darkness. 1970: Les Hauts de Hurlevent. 1971: L'Abominable Dr Phibes. 1972: Le Retour du Dr Phibes. 1973: Les DĂ©cimales du Futur. 1975: La Pluie du Diable. 1977: Three Dangerous Ladies. 1980: Revenge of the Stepford Wives (tĂ©lĂ©-film). 1981: The Big Stuffed Dog (tĂ©lĂ©-film). 1982: Aphrodite.


Relativement peu connu du public et oubliĂ© des cinĂ©philes, La Pluie du Diable fait office d'ovni horrifique pour sa thĂ©matique empruntĂ©e au satanisme auquel son esthĂ©tisme funĂ©raire fait tout le sel d'une narration assez superficielle. Sa rĂ©ussite formelle Ă©manant de son ambiance ombrageuse particulièrement palpable au sein d'un village fantĂ´me abritant une secte d'adorateurs du diable. Et donc, en dĂ©pit de son scĂ©nario linĂ©aire plutĂ´t redondant et sans vĂ©ritable surprise (si ce n'est la dĂ©couverte du rĂ©ceptacle des âmes maudites), La Pluie du Diable parvient nĂ©anmoins Ă  entretenir l'intĂ©rĂŞt grâce Ă  la cristallisation de cette atmosphère insolite implantĂ©e en plein dĂ©sert californien. Quand bien mĂŞme des suppĂ´ts encapuchonnĂ©s rĂ©citent leur prière dans une Ă©glise dĂ©saffectĂ©e après avoir dĂ©diĂ© leur âme auprès de leur gourou. Enlaidis d'un visage tumĂ©fiĂ© et de yeux Ă©nucléés, Robert Fuest y apporte une touche d'originalitĂ© pour leur physionomie difforme si bien que si la pluie venait Ă  s'abattre sur eux, leurs corps s'y liquĂ©fieraient jusqu'Ă  former une mare gĂ©latineuse sur le sol !


Récompensé du Prix des Meilleurs Effets Spéciaux au festival du Rex, ses séquences chocs sont assez convaincantes pour impressionner (et aussi divertir) le spectateur, témoin contemplatif d'un spectacle d'épouvante aussi inédit que délirant. Principalement lors de son final explosif auquel un orage purificateur y sèmera la zizanie alors que l'église se retrouve assiégée par les flammes. Epaulé d'une partition dissonante et d'une photo sépia mortuaire (horizon picturale d'une nature crépusculaire à l'appui) de toute beauté, le film fait preuve d'une volonté expérimentale à nous immerger dans les manigances occultes d'une secte multipliant les sacrifices humains afin d'asseoir leur suprématie. L'intrigue se focalisant sur le patrimoine d'une famille maudite auquel l'un des membres, Jonathan Corbis, jura de se venger après avoir été condamné au bûcher. 300 siècles plus tard, par on ne sait quel miracle, ce dernier réapparaît d'entre les morts pour perdurer sa doctrine sataniste auprès de ses disciples en ascension. Mais pour parfaire son dessein et y sacrifier les âmes, il doit être en possession d'un précieux livre qu'un de ces ancêtres sauvegarde secrètement. Une intrigue parfois confuse résolument étrange qui parvient néanmoins à convaincre, à captiver par le biais d'une distribution impliquée (on y croise le vétéran Ernest Borgnine, Tom SkerrittWilliam Shatner et même John Travolta lors d'une apparition furtive !) tout en conférant une certaine empathie au sort précaire de la famille Preston. Pour l'anecdote, aussi étonnante que troublante, et afin de renforcer la véracité des faits diaboliques, Anton Szandor LaVey, créateur de l'Eglise de Satan édifiée en 1966, fut consultant et figurant durant les scènes des divers rituels.


En dĂ©pit d'une intrigue sommaire donc et d'un suspense Ă  court de carburant, La Pluie du Diable puise son charme formel et son intĂ©rĂŞt ludique dans la cristallisation d'une atmosphère dĂ©moniaque littĂ©ralement ensorcelante. Il y Ă©mane une excellente sĂ©rie B occulte, efficace, baroque et parfois mĂŞme impressionnante pour la parenthèse des scènes-chocs. Une expĂ©rience sataniste aussi convaincante dans sa description emphatique d'un sĂ©minaire Ă  la fois obscure, ombrageux, laconique, macabre.   

*Bruno
4èx. Vostf

Récompenses: Prix du meilleur second rôle féminin pour Ida Lupino, par l'Académie des films de science-fiction, fantastique et horreur en 1976.
Prix des meilleurs effets spéciaux, lors du sixième festival du film fantastique de Paris en 1977.


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