mardi 10 novembre 2015

NO ESCAPE

                                                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site allocine.fr

de John Erick Dowdle. 2015. U.S.A/ThaĂŻlande. 1h43. Avec Pierce Brosnan, Owen Wilson, Lake Bell, Sterling Jerins, Spencer Garrett, John Goldney

Sortie salles France : 2 septembre 2015. U.S : 26 août 2015

FILMOGRAPHIE: John Erick Dowdle est un réalisateur américain né en Décmbre 1973.
1996 : Full Moon Rising. 2005 : The Dry Spell. 2007 : The Poughkeepsie Tapes. 2008 : En quarantaine (Quarantine). 2011 : Devil. 2014 : Catacombes (également coscénariste). 2015 : No Escape.


Si John Erick Dowdle a accumulĂ© depuis le dĂ©but de sa carrière les nanars opportunistes, force est de constater qu'avec No Escape le rĂ©alisateur modifie la donne pour nous imposer avec une maestria inespĂ©rĂ©e (Ă  l'instar d'une 1ère poursuite en mode subjectif entre les ruelles ThaĂŻlandaises !) un survival brut de dĂ©coffrage dans sa tension Ă  couper au rasoir ! Issus de souche amĂ©ricaine, Jack et sa famille ont dĂ©cidĂ© de s'expatrier en Asie du Sud-est pour son cadre idyllique. Mais Ă  la suite d'un coup d'Ă©tat meurtrier, ils se retrouvent pris Ă  parti avec une armĂ©e de rebelles assoiffĂ©s de sang Ă  la vue de toute prĂ©sence occidentale. C'est le dĂ©but d'une Ă©preuve de force que va endurer la famille Dwyer la peur au ventreThriller d'action Ă  couper le souffle dans son lot de pĂ©ripĂ©ties aussi dĂ©lĂ©tères que bellicistes, rebondissements imprĂ©visibles et planques de dernier ressort, No Escape nous plonge tĂŞte baissĂ©e dans le chaos d'une guĂ©rilla urbaine bâtie sur la dĂ©chĂ©ance barbare. Les sĂ©quences gratuites d'exĂ©cutions sommaires sur les victimes innocentes se multipliant devant le tĂ©moignage rĂ©vulsĂ© d'une famille en perdition. Cette vertigineuse descente aux enfers inscrite dans le dĂ©sespoir de survie, le cinĂ©aste nous la dĂ©peint avec un rĂ©alisme documentĂ© au point d'en oublier sa facture ludique de sĂ©rie B effrĂ©nĂ©e (Ă  une accalmie près pour une retrouvaille amicale !).


Ce sentiment d'insécurité permanent régi au tour d'une ville en état de siège, cette peur de trépasser l'instant d'après pour nos survivants à court d'oxygène, sont transfigurés par le talent des interprètes insufflant une angoisse viscérale contagieuse auprès de notre témoignage. En particulier Owen Wilson utilisé ici à contre-emploi pour se tailler la carrure d'un paternel plein d'humanisme mais redoutablement vaillant dans ses prises de risques inconsidérées à daigner prémunir sa famille. Dans un second-rôle plus affirmé, Pierce Brosnan lui partage la vedette avec une spontanéité impavide dans sa fonction de mercenaire émérite à déjouer les traques criminelles de l'ennemi rebelle. Transis d'anxiété et d'empathie pour leur situation précaire, nous nous immergeons de plein fouet dans leur parcours du combattant avec une acuité émotionnelle rigoureuse. Sachant notamment que le cinéaste se délecte à leur structurer un cheminement aléatoire d'enjeux de survie où les poursuites endiablées ne cessent de les compromettre à l'issue de secours. Quand bien même les parents vont être amenés à transgresser leur morale pour abuser parfois de violence afin de sauver leur peau et celle de leurs filles (les comédiennes imposant une fragilité dépouillée). Face à cet amoncellement de situations alertes où la mort omniprésente tente à chaque fois de les agripper, nos nerfs sont sévèrement mis à rude épreuve sous l'impulsion de séquences d'action aussi épiques (voires même parfois dantesques !) que réalistes.


Spectacle haletant de survival escarpĂ© et de guĂ©rilla urbaine d'un rĂ©alisme parfois Ă©prouvant (notamment la duretĂ© de certaines scènes de violence faisant Ă©cho Ă  l'actualitĂ© du terrorisme islamiste), No escape puise d'autant plus sa puissance Ă©motionnelle dans l'efficacitĂ© de sa rĂ©alisation et la caractĂ©risation humaniste de ses personnages vibrant de dĂ©sespoir et de vigueur de vaincre.  

Bruno Matéï 

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