vendredi 27 novembre 2015

Rocky. Oscar du Meilleur Film, 1977.

                                                                 Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site senscritique.com

de John G. Alvidsen. 1976. U.S.A. 2h00. Avec Sylvester Stallone, Talia Shire, Burt Young, Carl Weathers, Burgess Meredith, Thayer David, Joe Spinell

Sortie salles France: 25 Mars 1977. U.S: 3 Décembre 1976

FILMOGRAPHIE: John Guilbert Avildsen est un rĂ©alisateur amĂ©ricain nĂ© le 21 dĂ©cembre 1935 Ă  Oak Park, en banlieue de Chicago dans l'Illinois. 1969 : Turn on to Love (en). 1970 : Guess What We Learned in School Today? 1970 : Joe, c'est aussi l'AmĂ©rique. 1971 : Cry Uncle! 1972 : Okay Bill. 1972 : Sauvez le tigre. 1975 : W.W. and the Dixie Dancekings. 1976 : Rocky. 1978 : Slow Dancing in the Big City. 1980 : La Formule. 1981 : Les Voisins. 1984 : KaratĂ© Kid. 1986 : KaratĂ© Kid : Le Moment de vĂ©ritĂ© 2. 1987: Happy New Year. 1988 : Et si on le gardait ? 1989 : KaratĂ© Kid 3 (The Karate Kid, Part III). 1989 : Lean on Me. 1990 : Rocky 5. 1992 : La Puissance de l'ange. 1994 : 8 secondes. 1999 : Inferno.


Oscars du Meilleur Film, Meilleur RĂ©alisateur et Meilleur Montage, Rocky reçut un succès planĂ©taire Ă  travers le monde (mĂŞme si en France le nombre d'entrĂ©es fut timorĂ©) pour marquer Ă  jamais plusieurs gĂ©nĂ©rations de spectateurs Ă©blouis par le rĂ©cit initiatique d'un boxeur de seconde zone hantĂ© par l'esprit de revanche. Un symbole du "rĂŞve amĂ©ricain" dans sa dĂ©termination, sa philosophie, sa labeur et son courage Ă  prouver aux yeux du monde qu'il n'est point un loser comme le sous-entend son passĂ© perfectible. Par le biais de ce personnage marginal inscrit dans la fragilitĂ© humaine et la volontĂ© de transcender son train de vie prĂ©caire, Rocky rĂ©vĂ©la aux yeux du public la future Ă©gĂ©rie du cinĂ©ma d'action moderne, Sylvester Stallone. L'acteur, littĂ©ralement habitĂ© par son statut symbolique, laissant libre court Ă  ses sentiments contradictoires de constance, d'endurance et d'angoisse de l'Ă©chec avec un humanisme romantique. A l'instar de l'idylle entamĂ©e avec Adrian que John G. Alvidsen dĂ©peint avec beaucoup d'humilitĂ©. TournĂ© en seulement 28 jours avec un budget de 1 075 000 dollars, le film en rapporta 225 000 000 $ aux quatre coins du monde alors que son thème, Gonna Fly Now, composĂ© par Bill Conti accèdera Ă  la première place du Billboard Hot 100 du 2 au 8 Juillet 1977. D'après un scĂ©nario entièrement Ă©crit par Sylvester Stallone, le film suit donc le parcours initiatique d'un boxer ayant l'opportunitĂ© de prouver ses atouts en affrontant un champion du monde de poids lourds le jour du bicentenaire.


Ainsi, avec une Ă©motion emplie de tendresse pour ces personnages, John G. Alvidsen brosse les portraits intimes de prolĂ©taires conscients de leur statut besogneux car hantĂ©s par la peur de l'Ă©chec, la dĂ©sillusion et l'hĂ©sitation d'affronter leur propre vie. Je songe surtout Ă  Paulie Pennino, l'ami de Rocky, boucher bourru dĂ©sespĂ©rĂ© Ă  l'idĂ©e de perdurer sa profession, quand bien mĂŞme sa soeur introvertie Adrian, occupe une place de vendeuse en animalerie avec une discrĂ©tion timorĂ©e. Par le biais de ce duo atone, Rocky va tenter d'y apporter une touche d'optimisme et de s'y faire une place empathique en courtisant de prime abord Adrian (ce qui nous vaut des scènes romantiques d'une pudeur Ă©motionnelle souvent poignante). Ces personnages de dĂ©soeuvrĂ©s truffĂ©s de fragilitĂ© dans leur condition d'exclu, John G. Alvidsen les filment avec une sobre dignitĂ©. Quand bien mĂŞme le personnage secondaire de Mickey, manager grincheux subitement Ă©pris d'empathie pour l'ambition de Rocky, intervient pour contrer l'angoisse de l'Ă©chec. Par consĂ©quent, Ă  travers les contradictions du manque de confiance et du dĂ©passement de soi, le parcours personnel de Rocky n'est pas de remporter la victoire pour le trophĂ©e d'une ceinture mais de rĂ©sister au combat, tenir la distance, marquer la cadence de l'endurance afin de tenir tĂŞte Ă  son adversaire jusqu'au dernier round. Ce qui donne lieu Ă  un combat final d'une intensitĂ© Ă©motionnelle ardue de par l'appĂ©tence morale de notre boxeur dĂ©libĂ©rĂ© Ă  parvenir jusqu'au bout de son dessein avec une fulgurante rĂ©signation.


A travers les plages intimistes d'une romance inscrite dans la candeur des sentiments, et par l'initiation morale d'un boxeur avide de revanche sur sa condition lambda, Rocky nous offre une leçon de vie et d'obstination avec une vibrante acuitĂ© Ă©motionnelle. Outre le caractère attachant de ces laissĂ©s pour compte que les comĂ©diens endossent avec une spontanĂ©itĂ© somme toute fragile, Rocky enivre les coeurs sous l'impulsion hĂ©roĂŻque d'une lĂ©gende de cinĂ©ma: Sylvester Stallone. Un grand moment de cinĂ©ma, une odyssĂ©e de l'espoir et du courage par le travail de l'endurance, et ce doublĂ© d'un noble hommage Ă  la pratique controversĂ©e de la boxe. 

DĂ©dicace Ă  StĂ©phane Passoni.
*Bruno

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