lundi 16 novembre 2015

L'ETRANGE NOEL DE MR JACK

                                                                      Photo empruntée sur Google, appartenant au site maddysouris.com

"The Nightmare Before Christmas" de Henry Selick. 1993. U.S.A. 1h16. Basé sur une histoire et des personnages créés par Tim Burton

Sortie salles France: 7 Décembre 1994. États-Unis : 29 octobre 1993

FILMOGRAPHIEHenry Selick est un scénariste né le 30 novembre 1952, réalisateur et producteur américain de cinéma, spécialisé dans l'animation image par image (dite aussi  animation en volume).
1993 : L'Étrange Noël de Monsieur Jack. 1996 : James et la Pêche géante. 2001 : Monkeybone. 2009 : Coraline. 2015 : The Shadow King.


Inspiré d’un poème et de personnages imaginés par Tim Burton dans les années 80, L’Étrange Noël de Mr Jack retrace l’utopie mélancolique de Jack Skellington, roi des citrouilles régnant sur la ville d’Halloween. Lassé de sa fête macabre, il découvre la ville de Noël et décide d’en offrir les traditions aux enfants, allant jusqu’à kidnapper le véritable Père Noël. Mais les jouets morbides glissés dans les cheminées sèment davantage l’effroi que l’émerveillement chez les têtes blondes.

Hymne à l’anticonformisme, porté par une féerie macabre d’une inventivité fastueuse, L’Étrange Noël de Mr Jack est un enchantement esthétique permanent. Chaque plan respire le souci du détail, depuis l’expressionnisme de décors tantôt gothiques, tantôt féeriques, jusqu’à la mobilité gracile de personnages excentriques façonnés en stop-motion. La puissance émotionnelle du film jaillit de cette flamboyance funèbre, perpétuellement ensorcelante, et de la rigidité assumée de pantins auxquels l’animation image par image confère une chair fantasque et vibrante. Ce tour de force technique nécessita d’ailleurs trois années de préparation afin de servir l’ambition picturale d’un cinéaste perfectionniste.

À travers la célébration de la fête des morts, Henry Selick désamorce le macabre par un humour noir caustique, tandis que la vision de Noël révèle un conservatisme anxieux : les enfants dociles, terrorisés par l’altérité, redoutent l’idée même du changement. En bousculant les habitudes du spectateur, le film l’invite à explorer un onirisme sombre, aussi subversif que rédempteur - effrayer avec ironie pour mieux exorciser la peur de la mort. Une mission accomplie avec panache, sous l’impulsion complice d’un Tim Burton viscéralement amoureux de ses monstres, qui préféra d’ailleurs confier la réalisation à Selick pour se consacrer à Batman, le Défi.

Plaidoyer vibrant pour le droit à la différence et à la tolérance, porté par des créatures morbides mais irrésistiblement attachantes, ode à la romance et à l’initiation sentimentale de ses héros, célébration sarcastique d’Halloween conçue pour apprivoiser l’idée de la mort, L’Étrange Noël de Mr Jack détourne avec une insolence jubilatoire le conte de Noël, au rythme de numéros musicaux harmonieusement chorégraphiés.

— le cinéphile du cœur noir 🖤3èx

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