lundi 31 octobre 2011

2019, APRES LA CHUTE DE NEW-YORK (2019 - Dopo la caduta di New York. 2019, After the fall of New-York).


de Sergio Martino. 1983. Italie. 1h36. Avec Michael Sopkiw, Valentine Monnier, Anna Kanakis, George Eastman, Roman Geer, Vincent Scalondro, Haruhiko Yamanouchi, Edmund Purdom, Louis Ecclesia.

Sortie en salles en France le 11 Janvier 1984.

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Sergio Martino est un réalisateur, producteur et scénariste italien né le 19 Juillet 1938 à Rome (Italie).
1970: l'Amérique à nu. Arizona se déchaine. 1971: l'Etrange vice de Mme Wardh. La Queue du Scorpion. l'Alliance Invisible. 1973: Mademoiselle Cuisses longues. 1973: Torso. 1975: Le Parfum du Diable. 1977: Mannaja, l'homme à la hache. 1978: La Montagne du Dieu Cannibale. 1979: Le Continent des Hommes poissons. Le Grand Alligator. 1982: Crimes au cimetière étrusque. 1983: 2019, Après la Chute de New-York. 1986: Atomic Cyborg. 1989: Casablanca Express. 1990: Mal d'Africa. Sulle tracce del condor.


En 1981 sortent dans les salles deux oeuvres charnières de la science-fiction post-apo, Mad Max 2 et New-York 1997. Dès lors, nos voisins transalpins vont promptement exploiter le filon pour surenchérir une action frénétique inspirée de la bande dessinée et de leur western spaghetti. Deux ans après les modèles de Miller et Carpenter, le réalisateur Sergio Martino (responsable de quelques petits classiques bien connus des amateurs parmi lesquels Torso, la Queue du Scorpion, Mannaja ou le Continent des Hommes poissons) s'entreprend lui aussi de livrer sa version belliqueuse du genre post-nuke. Bien d'autres cinéastes cupides vont notamment dévoiler leur avatar avec des séries Z aussi improbables que le Gladiateur du futur, les Guerriers du Bronx ou encore les Nouveaux Barbares pour en citer les plus illustres. En 2019, notre monde est ravagé par une apocalypse nucléaire causant la stérilité des dernières femmes. Les Euraks, une armée téméraire infiltrée dans les zones à risques est déployée pour prendre en chasse les quelques survivants irradiés afin de les étudier pour une éventuelle reproduction de l'humanité. Un président américain exilé en Alaska fait appel au mercenaire Parsifal pour tenter de retrouver la dernière femme fertile. Pour cela, il s'épaule de deux briscards aussi pugnaces afin de débuter leur mission à haut risque dans les vestiges New-yorkais !
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Erigé sous le moule de la série Z ringarde involontairement pittoresque, faute d'un budget en berne et d'acteurs chauvins à la trogne risible, 2019, après la chute de New-York peut sans conteste se targuer d'être le meilleur ersatz rital de ces classiques notoires cités au préalable. Grâce à l'habileté honorable d'un petit maître du Bis à la carrière loin d'être négligeable, cette bisserie intrépide transcende ses flagrants défauts par la fertilité de séquences d'action aux péripéties pétulantes. Par l'entremise de protagonistes héroïques tous plus crétins et sévèrement gogos, 2019 après la chute de New-York puise son charme par ses figures grotesques irrésistiblement attachantes et son décorum décharné en carton pâte. Que ce soit nos quidams à la gueule tuméfiée d'une radiation nucléaire, du braconnier chinois adepte du fouet pour trucider les rats, de l'homme singe à l'épiderme volumineux (inénarrable George Eastman en sinbad déficient !), du borgne humanoïde affublé d'un lasso métallique relié à trois billes d'acier, du vaillant mercenaire apte à se sacrifier pour contre-carrer l'ennemi, du valeureux nain sauteur prêt à s'éventrer pour sauvegarder la vie de ses pairs ou encore d'une femme esclave chérissant le coeur du héros mad-maxien.


Dès le préambule, une aura mélancolique exacerbée d'un numéro d'un trompettiste plane sur l'horizon diaphane d'un new-york azur. On sent déjà que Sergio Martino s'efforce de soigner son univers aride d'apocalypse, quand bien même, une voix-off monocorde va brièvement nous énoncer la situation alarmiste du monde radioactif. Après une mémorable course poursuite auto-tamponneuse entamée par des gladiateurs sur leurs bolides blindés, la trame reprend ensuite le canevas de New-York 1997 si bien qu'un héros anarchiste, bellâtre mais inexpressif, est contraint de parfaire une mission sous la houlette d'un chef d'état sournois. Grâce à la sympathie de nos héros à la fois rétrogrades et extravagants (le nain sauteur Kirke est devenu chez certains amateurs une icône impayable dans sa fonction amiteuse) et surtout grâce à l'action homérique, le montage dynamique réussit facilement à rendre ludique l'aventure dystopique rivalisant de rencontres aléatoires avec des belligérants en instance de survie. Quelques séquences gores typiquement italiennes par leur audace racoleuse vont également animer certaines péripéties érigées sous le dédale d'égouts new-yorkais. Si l'aventure échevelée se révèle si prégnante et jubilatoire pour le fan de nanar débridé, c'est notamment grâce à la drôlerie involontaire des réparties énoncées avec un sérieux infaillible. En prime, le côté tapageur d'une bande-son stridente (à l'instar du bruitage des armes à feu et des coups de poing corporels !) s'avère outré afin d'accentuer sa violence cartoonesque, quand bien même le score métronomique des frères Guido et Maurizio De Angelis scande le caractère épique des confrontations bellicistes.


Les nains aussi ont commencé petit !
Efficacement troussé et nerveusement mis en scène sous le pilier d'une "pochette-surprise" narrative, 2019 constitue un savoureux dérivatif contre la morosité de notre quotidien. Un miracle de ringardise palliant ses moyens précaires par un savoir-faire aussi inspiré que soigné (notamment l'exploitation de ses décors urbains) et par la complicité affable de comédiens cabotins terriblement attachants ! Sans prétention, 2019, après la chute de New-York demeure à mon sens le meilleur succédané de Mad-Max derrière sa facture Z typiquement latine. Reste une question improbable en guise de conclusion identitaire : "Est-ce une faute grave d'être un nain ?!"

31.10.11.
Bruno Matéï. 6èx

Sergio Martino



jeudi 27 octobre 2011

LA NUIT DES MASQUES (Halloween). Grand Prix de la Critique à Avoriaz 1979.

                                                                            Photo empruntée sur Google, appartenant au site films.cultes.free.fr

de John Carpenter. 1978. U.S.A. 1h31. Avec Donald Pleasance, Jamie Lee Curtis, Nancy Kyes, P.J. Soles, Charles Cyphers, Kyle Richards, Brian Andrews, John Michael Graham, Nancy Stephens, Arthur Malet.

Sortie en salles en France le 14 Mars 1979. U.S: 25 Octobre 1978.

FILMOGRAPHIE: John Howard Carpenter est un réalisateur, acteur, scénariste, monteur, compositeur et producteur de film américain né le 16 janvier 1948 à Carthage (État de New York, États-Unis).
1974 : Dark Star 1976 : Assaut 1978 : Halloween, la nuit des masques 1980 : Fog 1981 : New York 1997 1982 :The Thing 1983 : Christine 1984 : Starman 1986 : Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin 1987 : Prince des ténèbres 1988 : Invasion Los Angeles 1992 : Les Aventures d'un homme invisible, 1995 : L'Antre de la folie 1995 : Le Village des damnés 1996 : Los Angeles 2013 1998 : Vampires 2001 : Ghosts of Mars 2010 : The Ward


Quatre ans après son premier essai Dark Star, le jeune réalisateur John Carpenter est postulé par les producteurs indépendants Irwin Yablans et Moustapha Akkad pour travailler un scénario basé sur un psychopathe s'en prenant aux babysitters d'une bourgade des Etats-Unis. D'abord intitulé The Babysitter Murders, John Carpenter et sa petite amie de l'époque, Debra Hill, confectionnent leur script mais décident d'en modifier le titre pour le rapprocher à la fête d'Halloween, période de la toussaint où se déroule l'action du film. Avec un faible budget de 325 000 dollars et un tournage de 21 jours débuté au printemps 1978 sous le soleil de Californie, Halloween remporte un joli succès au box-office par simple effet de bouche à oreille. Même si les critiques de l'époque ne sont pas tendres avec ce petit métrage horrifique d'un metteur en scène méconnu, Halloween engendre finalement plus de 176 000 000 dollars (dont 47 000 000 rien qu'aux Etats-Unis) à travers le monde. Il devient alors le film indépendant le plus rentable de l'histoire du cinéma. En France, le film totalise au box-office le maigre score de 283 934 entrées. C'est au fil des années que ce chef-d'oeuvre indétrônable va gagner sa célèbre notoriété de classique immuable. Haddonfield, Illinois, 1963. Durant une nuit d'Halloween et pendant l'absence de ses parents, le jeune Michael Myers assassine sa soeur Judith. Quelques heures plus tard, les parents rentrés d'une soirée festive aperçoivent au seuil de la maison leur fils affublé d'un déguisement et d'un couteau de cuisine ensanglanté. 15 ans plus tard, un autre soir d'Halloween, le tueur juvénile emprisonné dans un asile psychiatrique parvient à s'évader pour rejoindre sa ville et accomplir de nouveaux méfaits. Le Dr Loomis, obsédé à l'idée de le capturer, se rend sur les lieux mêmes du sinistre évènement commis à Haddonfield. Pendant ce temps, de jeunes babysitters préparent les festivités d'Halloween. 
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En 1978, à l'aube d'une carrière notoire, le jeune John Carpenter (alors âgé de 30 ans) révolutionne le cinéma d'horreur moderne et va littéralement transcender le genre codifié du slasher entamé 4 ans au préalable avec Black Christmas de Bob Clark. Avec peu de moyens, un maigre script et la présence de comédiens inconnus (en dehors de Donald Pleasance), le metteur en scène s'implique de façon méthodique à suggérer la présence fantomatique d'un tueur accoutré d'un masque et jouant à cache-cache avec des babysitters pour distiller la peur. De cette trame linéaire, Halloween puise sa puissance émotionnelle et son angoisse anxiogène par la genèse d'une ambiance ombrageuse au pouvoir hypnotique. La musique entêtante, quasi omniprésente, s'imprégnant considérablement de son univers nocturne auquel Michael Myers est devenu le maître des lieux. Sa silhouette spectrale à peine dévoilée, son ombre maléfique effleurant les murs, la raideur de sa posture inquiétante planent dans chaque recoin des pavillons environnants. Une présence hostile sous-jacente pouvant s'éclipser à n'importe quelle pièce de notre foyer sécurisant. Avec le décor paisible d'une bourgade des Etats-Unis épargnée des parents, John Carpenter façonne un climat anxiogène autour de trois jeunes babysitters fricotant avec leur petit ami de passage. Seule, la ravissante Laurie, demi-soeur adoptée par la famille Strode, semble esseulée par son célibat imposé et occupe son ennui à garder deux bambins fascinés par la fête d'Halloween. A ce sujet, cette fameuse fête religieuse celte originaire des îles Britanniques va également participer au caractère mystique mais aussi caustique (par l'omniprésence emblématique de citrouilles confectionnées par les bambins) de l'entité diabolique. Un croque-mitaine redouté enfoui dans nos peurs enfantines, une entité maléfique personnifiée par Michael Myers, fantôme impassible au regard neutre, à la posture rigide et machinale.


En l'occurrence, l'ambition horrifique de John Carpenter n'est pas de nous foutre la trouille avec nombre d'effets sanguinolents que Vendredi 13 et consorts iront complaisamment exploiter deux ans plus tard. A contrario, pas une once d'hémoglobine à l'horizon, pas d'effets de sursaut de polichinelle mais une subtile mise en attente de la peur, un suspense diffus afin de mieux décupler une angoisse tangible, suintante dans l'atmosphère. C'est à dire jouer lestement avec les nerfs du spectateur en retardant au maximum l'effet meurtrier si redouté. Et quand la mort sans visage décide de frapper, elle se révèle brusquement inopinée, brutale et sans fioriture. Au niveau de l'interprétation, l'intelligence de Carpenter est aussi d'avoir su exploiter de jeunes actrices au comportement raisonné et logique, jamais puéril donc afin d'exacerber chaque situation de danger. Tandis que la novice Jamie Lee Curtis va immortaliser son rôle de babysitter tourmentée et traquée avec un naturel frugale dans l'art d'exprimer ses angoisses terrifiées. Enfin, le jeu paranoïaque de Donald Pleasance fait à chaque fois illusion dans la peau du docteur anachronique fouinant le quartier comme un détective malhabile.


The Babysitter Murders
Voilà ce que symbolise à mon sens Halloween, chef-d'oeuvre d'horreur moderne éludé d'esbroufe car entièrement façonné pour jouer avec nos peurs infantiles (le fantôme imperceptible tapi dans l'ombre de n'importe quel recoin !) et en utilisant l'effet de suggestion pour mieux contrecarrer son maigre budget. La puissance de cette mise en scène avisée, son tempo musical métronomique et sa grande efficacité auront finalement réussi à immortaliser son emblème de l'horreur, Michael Myers.

Dédicace à Gérald Giacomini.
27.10.11
Bruno Matéï


mercredi 26 octobre 2011

X MEN, LE COMMENCEMENT (X Men: First class)


de Matthew Vaughn. 2011. U.S.A. 2h11. Avec James McAvoy, Michael Fassbender, Rose Byrne, Nicholas Hoult, Jennifer Lawrence, January Jones, Kevin Bacon, Zoe Kravitz, Oliver Platt, Jason Flemyng.

Sortie en salles en France le 01 Juin 2011. U.S: 03 Juin 2011

FILMOGRAPHIE: Matthew Vaughn est un réalisateur, producteur et scénariste anglais, né le 7 Mars 1971 à Londres.
2004: Layer Cake.
2007: Stardust, le mystère de l'Etoile
2010: Kick-Ass
2011: X Men: First Class


Préquelle de la trilogie des X Men après deux essais concluants concoctés par Brian Singer et un raté discrédité par Brett Ratner, Matthew Vaughn s'implique à transcender les personnages créés par Stan Lee et Jack Kirby, juste après nous avoir prodigué un bain de jouvence désinhibé avec l'équipée subversive de Kick-Ass.

Charles Xavier et Erik Lenshere sont des mutants doués de pouvoirs surhumains depuis leur plus jeune âge. Ils vont devoir s'allier avec d'autres individus tout aussi exceptionnels pour créer la ligue des X mens afin de s'opposer à Sebastian Shaw, un médecin également doté de pouvoirs paranormaux et leader d'un trio de mutants mais délibéré à provoquer une 3è guerre mondiale entre la Russie et les Etats-Unis à l'aide de missiles nucléaires dissimulés à Cuba. Une lutte sans merci s'engage entre les deux clans rivaux au péril du devenir de l'humanité. 

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X men, le commencement débute sa trame de manière cafardeuse dans son atmosphère belliqueuse nous rappelant la triste époque de l'Allemagne nazie. Ce superbe préambule acerbe s'emploie à nous dépeindre de manière réaliste le profil déchu du jeune garçon Erick Lenshere, contraint par son pouvoir mental de déplacer une pièce de monnaie apposée sur un bureau, mais témoin de l'assassinat de sa mère décrété par l'ignoble Dr Schmidt, faute de n'avoir pu cristalliser devant ce tortionnaire son talent surnaturel. Cette séquence dramatique déployant de manière démonstrative et en guise vindicative les fameux pouvoirs octroyés à Erick nous immerge dans son esprit offensé par le deuil familial et sa capacité physique à annihiler la matière par la force d'une pensée uniquement furieuse.
C'est ensuite quelques années plus tard, en 1962, que l'on retrouve notre héros dans la peau d'un traqueur de nazi, plus déterminé que jamais à retrouver les traces de son meurtrier orgueilleux. Au même moment, il va faire la rencontre du télépathe Charles Xavier, déjà affilié avec une jeune mutante du nom de Raven, rencontrée par effraction dans sa cuisine.
Au fil de leur cheminement et de leur compromis, ils vont également s'affilier avec de jeunes recrus doués de phénomènes tout aussi improbables pour faire face à la coalition de Shaw et ses disciples arrogants. Des mutants engagés dans une éthique nihiliste pour entamer l'avènement d'une troisième guerre mondiale par l'entremise de missiles nucléaires déployés entre les Etats-Unis et l'URSS. Leur cynique ambition est alors résolue à décimer la démographie humaine pour devenir les maîtres d'un nouveau monde érigé par les Homo superior (nom scientifique des mutants dans l'univers des Marvel Comics).


Dans une mise en scène assidue d'une impressionnante virtuosité technique et formelle pour l'élaboration d'FX prodigieux et d'une architecture épurée, émaillée de décors classieux, Matthew Vaughn réussit personnellement à s'approprier de l'univers des X men pour les renouveler dans une mise en forme adulte d'une tempérante conviction. En dehors d'une intrigue rondement menée ne laissant que peu de répit au spectateur facilement immergé dans l'aventure trépidante, sa réussite prégnante et surtout privilégiée par la densité humaine de ses protagonistes, superbement dessinés et à la personnalité distincte parfois équivoque pour certains d'entre eux.

Si tous les interprètes se révèlent parfaitement probants dans leur prestance héroïque dévoilant communément des pouvoirs surnaturels fascinants et singuliers (l'entrainement physique est un ludique exemple de leur persévérance tour à tour décuplée), l'importance substantielle des personnages clefs est largement exacerbée par deux acteurs remarquables au charisme dépouillé.
La présence mature de James McAvoy dans celui de Xavier, leader télépathe diplomate enrôlé dans une doctrine pacifiste et de Michael Fassbender, Erick, le vengeur inflexible déprécié par ses états d'âmes rancuniers, davantage corrompu par sa devise meurtrière, participent pour beaucoup au caractère convaincant des enjeux encourus et à leurs exactions coordonnées pour se mesurer face à Sébastian Shaw. C'est Kevin Bacon qui s'alloue d'endosser un être mégalomane et opportuniste avide de pouvoir et notoriété. Il excelle dans son talent inné à composer un personnage délétère déployant ses funèbres ambitions grâce à sa faculté d'absorber sans vergogne l'énergie de ses antagonistes.


Sous ses travers de film d'action spectaculaire tributaire d'une narration remarquablement structurée en déployant intelligemment quelques inventifs moments d'anthologie tous plus cinglants les uns que les autres, X men, le Commencement tend à susciter une certaine réflexion sous le profil galvaudé d'Erick. Sur sa rancune engagée dans la vengeance froide et la quête du pouvoir sournoisement influencé vers l'alchimie du Mal. Sur la dualité universelle du choix inhérent de notre voie interne scindée entre le Bien et le Mal, à l'image métaphorique du syndrome de Jekyll et HydePar le personnage de Henry McCoy / Le Fauve reniant ses origines et sa difformité, c'est aussi un message de tolérance pour le droit à la différence et l'acceptation de soi, sur la faculté de pouvoir refréner ses doutes et ses craintes qui nous est illustré afin de mieux s'affirmer dans une société égoïste et conformiste. 
Scandé de façon subtilement épique par un score musical intense fignolé par Henry Jackman, X men, le Commencement est un spectacle grandiose teinté de lyrisme dans sa densité psychologique  qui rend honneur et sacralise le mythe souverain du super-héros répudié. 

Dédicace à Luke Mars (spécialiste de l'esprit Marvel Comics. Voir ci-dessous).
http://darkdeadlydreamer.blogspot.com/2011/10/x-men-first-class-de-matthew-vaughn.html

26.10.11
Bruno Matéï


mardi 25 octobre 2011

SUPER 8


de J.J Abrams. 2011. U.S.A. 1h52. Avec Joel Courtney, Elle Fanning, Kyle Chandler, Ryan Lee, Zach Mills, Riley Griffiths, Gabriel Basso, Joel McKinnon Miller, Ron Eldard, Amanda Michalka.

Sortie en salles en France le 3 Août 2011. U.S: 10 Juin 2011.

FILMOGRAPHIE: J.J Abrams est un réalisateur, producteur, compositeur, acteur et scénariste américain pour le cinéma et la télévision, né le 27 Juin 1966 à New-york. Il est en outre le créateur des séries TV, Lost, Alias, Felicity, Fringe, Undercovers, Alcatraz et Obb Jobs.
2006: Mission Impossible 3. 2009: Star Trek. 2011: Super 8. en cours: Star Trek 2.


Vendu comme un hommage sincère au cinéma eightie des productions Amblin Entertainment et à l'univers infantile cher à Spielberg (ici co-producteur) ou de Joe Dante, Super 8 est le divertissement familial rêvé pour tous trentenaires ayant été bercés durant leur adolescence par la conception de spectacles aussi symptomatiques que E.T, Explorers, les Goonies, Stand by Me ou encore Gremlins.
Ohio, 1979. Alors qu'un groupe d'adolescents réuni aux abords d'une rame de chemin de fer continue d'entamer le tournage de leur court-métrage en format super 8, un gigantesque incident ferroviaire leur est témoin. Dans un mouvement de panique précipité, ils réussissent malgré tout à filmer la séquence dantesque dans son intégralité qui voit une voiture entrer en collision de plein fouet avec le train de marchandise. Depuis cet évènement insensé, d'étranges disparitions d'appareils électroniques et de citadins se produisent dans la contrée bucolique. Par l'entremise de leur court-métrage, les enfants vont faire une stupéfiante découverte !


Dans une somptueuse photographie saturée de couleurs contrastées et du décor épanoui d'une petite bourgade champêtre, Super 8 débute sa trame à la manière d'une production Spielberg dans sa présentation intime d'une poignée de gamins utopistes passionnés par le cinéma de genre. Instinctivement, le préambule au parfum rétro souhaite renouer avec nos souvenirs infantiles et ainsi pouvoir nous faire partager un vibrant hommage à tout un pan de notre adolescence marquée par les références citées préalablement. Le crash ultra spectaculaire d'un convoi ferroviaire entré en collision avec une simple automobile nous est déployé devant nos yeux aussi ébahis que l'expressivité fascinée de nos héros en culotte courte. Cette séquence d'anthologie chorégraphiée sous toutes les coutures est parfaitement gérée par le simulacre d'effets numériques du plus stupéfiant effet. Ce qui m'a immédiatement convaincu et rassuré avec cette nouvelle ribambelle de héros téméraires, c'est l'intelligente habileté à laquelle fait preuve J.J Abrams pour nous les caractériser avec candeur humaine naïvement attachante. A contrario donc des vulgaires bambins insolents, irritables et capricieux (remember Le Retour de la Momie !) qu'on a l'habitude de subir dans n'importe quel produit familial sponsorisé par TF1. Ensuite, le cheminement efficace du récit privilégie l'effet de suggestion d'une potentielle menace extra-terrestre et ne souhaite pas (tel un Emmerich ou Bay surexcité car jamais à court de destructions massives) surenchérir en exploitant nombres de scènes d'action toujours plus cinglantes et démesurées.


Tous les clichés inhérents aux productions familiales d'antan (l'enfance fustigée par le deuil familial, les rapports parentaux conflictuels, la romance hésitante entre les 2 héros, la conspiration militaire et le gouvernement mégalo avide de découverte scientifique pour embrigader un cobaye extra terrestre) sont simplement exploités à bon escient. Dans le but respectueux de nous remémorer avec une certaine mélancolie ce florilège de situations rebattues et de protagonistes au trait volontairement caricaturé. Dès lors, l'émotion quotidiennement présente au fil de l'intrigue perce tranquillement avec l'intimité altruiste de nos gamins héroïques et s'enrichit en prime d'un suspense lattent avant le point d'orgue frénétique d'un final spectaculaire. Une conclusion en apothéose n'épargnant pas non plus une poésie teintée de merveilleux comme cette séquence très touchante qui voit le médaillon de Joe représentant le portrait de sa mère, irrésistiblement aimanté par l'engin extraterrestre sur le point de quitter la terre ! La prestance de nos héros juvéniles aurait peut-être gagnée à être un peu mieux étoffée et dessinée comme en témoigne également les pères autoritaires respectifs de Joe Lamb et Alice Dainard, un peu austères dans leur terne expressivité. Mais le charisme évident et le tempérament plein d'entrain alloué à la tempérance de nos comédiens permettent malgré tout d'emporter l'adhésion dans leurs péripéties jamais ennuyeuses et davantage vigoureuses pour les prises de risques vertigineuses afin de tenter de sauver Alice, prisonnière de l'antre de l'E.T. La relation empathique établie entre Joe et celle-ci ne manque pas non plus de tendresse dans leur timidité candide (la superbe séquence de drague implicite où elle s'improvise en zombie pour la confection de leur court-métrage d'épouvante), contrariés également par l'autorité de parents intraitables lourdement éprouvés par un deuil familial.


Vrai hommage poétique à notre adolescence fébrile marquée par la chimère du cinéma féerique, révérence au cinéma tout court (ne ratez pas le générique de fin transcendant le nanar fiftie hérité de William Castle !), Super 8 est un melting-pot inespéré, pour ne pas dire miraculeux. S'il n'atteint pas le niveau élitiste des classiques des années 80, il constitue un excellent spectacle fougueux et haletant dont la cohésion des jeunes interprètes nous réconforte avec nos songes d'enfance.

Dédicace à Daniel Aprin.
25.10.11
Bruno Matéï



vendredi 21 octobre 2011

TERRITOIRES. Prix du Meilleur Thriller, BIFF 2010.

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de Olivier Abbou. 2010. France/Canada. 1h35. Avec Roc LaFortune, Sean Devine, Nicole Leroux, Cristina Rosato, Michael Mando, Alex Weiner, Stephen Shellen, Tim Rozon.
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Récompenses: Prix du Meilleur Thriller au festival du BIFF de Bruxelles en 2010.
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Sortie en salles en France le 8 Juin 2011. 
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FILMOGRAPHIE: Olivier Abbou est un réalisateur et scénariste français, né le 21 Mars 1973 à Colmar.
1997: Un jour de plus. 1999: Clin d'oeil. 2000: Le Tombeur. 2003: Manon. 2007: Madame Hollywood (série TV). 2010: Territoires. 2011: Yes, we can ! (télé-film).


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"Pour moi, la vie c'est apprendre à mourir, c'est ce que la hache représente. Il faut savoir trancher les liens qui nous retiennent à la vie avant que la mort nous y oblige."
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Récompensé à Bruxelles mais passé inaperçu lors de sa discrète sortie en salles, le premier long-métrage du français Olivier Abbou est un électro-choc comme on en endure rarement dans l'hexagone. Effroyablement dérangeant, âpre et oppressant, cette descente aux enfers jusqu'au-boutiste stigmatise les pratiques barbares d'une Amérique paranoïaque et xénophobe, adepte de la torture pour déprécier ses présumés coupables du terrorisme post 11 Septembre.
Après avoir assisté à un mariage familial au Canada, un groupe d'amis s'engage dans une route forestière des Etats-Unis pour rejoindre leur bercail. Au milieu d'un sentier, deux douaniers en service leur décrète d'arrêter leur véhicule et de présenter leur papier. Les cinq individus d'origine étrangère sont rapidement accusés de terrorisme et vont vivre la plus cauchemardesque des situations faite d'humiliations et de sévices corporels. 
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Au premier abord, Territoires a tout du traditionnel tortur'porn agencé au survival quand cinq modeste citadins vont se retrouver séquestrés, humiliés et torturés par deux bouseux, anciens soldats de la guerre du Golfe ayant exercer des interrogatoires drastiques sur des prisonniers islamistes du camp de Guatanamo. Ce qui frappe d'emblée à la vue de ce shocker très éprouvant, c'est son réalisme insupportable émanant de situations toutes plus humiliantes les unes que les autres et la qualité indéniable d'une interprétation toute en frugalité. En prime, pour une première réalisation, Olivier Abbou s'alloue d'une étonnante maîtrise technique dans le maniement d'une caméra plongée au coeur d'une forêt clairsemée. La photographie désaturée et blafarde au grain prononcé va également alimenter son sentiment anxiogène et suffocant proche du malaise pour saisir le spectateur. De manière inspiré et rigoureuse, le réalisateur illustre avec verdeur le calvaire quotidien d'une poignée d'innocents en situation de claustration. Constamment interrogés par deux tyrans extrémistes, les humiliations récurrentes de tortures physiques mais surtout psychologiques infligées sur eux nous entraînent au coeur d'un enfer bien réel. Car à travers ce kidnapping d'aimables quidams, faute de leur physique basané, Olivier Abbou souhaite établir un parallèle avec les conditions de vie de prisonniers islamistes accusés de terrorisme et envoyés dans le camp de Guantanamo. Une base navale du sud-ouest de Cuba justifiée par le président George W. Bush où des sévices barbares leur ont été administrés par des soldats américains vindicatifs, orduriers et cyniques. Leurs aveux forcés été donc souvent confessés sous la contrainte d'une violence sordide et intolérable. A travers le portrait dérisoire de ces deux rednecks esseulés au fin fond d'une Amérique profonde, c'est l'écho d'un climat insécuritaire de tout un pays effrayé par sa paranoïa collective qui est tacite après que les attentats du 11 septembre soient venus frappés de plein fouet leur activité économique.


C'est en priorité ce sous-texte politique qui permet d'exacerber la force implacable et le réalisme brutal de la narration du film. Un drame frigide où l'horreur inhumaine déploie toute son arrogance et sa rancune à vouloir asséner sa haine raciale sur des quidams de nationalité étrangère accoutrées d'une combinaison orange. Ce huis-clos de terreur infatigable nous place dans une situation si inconfortable qu'elle semble nous infliger viscéralement la même souffrance psychologique tolérée aux victimes. Quand bien même la dernière demi-heure va s'octroyer d'un revirement inopiné envers l'intrusion d'un détective privé addicte à la drogue dure suite au décès de sa fille. L'ambiance diaphane s'avère subitement plus étrange et insolite avec ce nouveau protagoniste indemnisé pour retrouver nos héros réduits à l'état animal. ATTENTION SPOILER !!! Sur fond de philosophie indienne, la destinée de nos protagonistes semble tracé dans un irrémédiable no man's land et l'épilogue rebutant risque sévèrement d'en déconcerter plus d'un tant il nous laisse amèrement sur le bas côté de la chaussée. FIN DU SPOILER.
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MARTYRS.
Solidement interprété sans fioriture, réalisé avec intelligence et d'un épouvantable nihilisme, Territoires est un suspense péniblement oppressant dans son intensité abrupte et un drame désespéré d'une efficacité implacable. Sa conclusion réfutant le potentiel happy end salvateur va encore enfoncer un peu plus le clou dans les cimes du pessimisme auquel il sera impossible au spectateur de sortir indemne sitôt la projection close ! Une oeuvre choc remarquable dans son humilité empathique qui transcende le genre horrifique avec un réalisme proche du documentaire.
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21.10.11
Bruno Matéï
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Note (info wilkipedia):
Le camp de Guantanamo se trouve sur la base navale de la baie de guantanamo dans le sud-est de Cuba. Dans ce centre de détention militaire de haute sécurité, sont détenues des personnes qualifiées de "combattant illégal", capturées par l'armée américaine dans les différentes opérations qu'elle mène à l'étranger (Afghanistan, Irak, etc.) contre des millitants et "terroristes islamistes". Le choix de ce centre situé à Cuba sur une base militaire américaine a été justifié par le président George W. Bush afin de fonder juridiquement la décision de refuser de soumettre les détenus au système judiciaire fédéral américain, prenant appui sur l'extra-territorialité de la base.

Le 16 nomvembre 2008, Barack Obama, alors président-élu, a confirmé son intention de fermer le camp. Mais cette fermeture pose en particulier des problèmes de nature juridique comme le fait que des aveux ont été obtenus "sous contrainte", créant ainsi un vice de procédure, ce qui pourrait conduire la justice américaine à libérer des condamnés, dont au moins un, Khalid Cheikh Mohammed, a été jugé responsable des attentats du 11 septembre 2001. Le 22 Janvier 2009, Obama a signé un décret présidentiel ordonnant la fermeture du camp dans un délai d'un an. La prison de heute sécurité de la petite ville de Thomson dans l'Illinois, construite en 2001, mais dont les 2800 cellules ne sont pas toutes remplies, va être achetée par l'Etat fédéral. De nombreuses difficultés, tant politiques qu'administratives et juridiques, entravent la réalisation de la fermeture du camp de Guantanamo qui compte toujours 176 prisonniers en août 2010.



jeudi 20 octobre 2011

HELLRAISER 2: LES ECORCHES (Hellbound: Hellraiser 2). Version Non Censurée.

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de Tony Randel. 1988. U.S.A. 1h43. Avec Clare Higgins, Ashley Laurence, Kenneth Cranham, Imogen Boorman, Sean Chapman, William Hope, Doug Bradley, Barbie Wilde, Simon Bamford, Nicholas Vince.
Sortie en salles en France le 5 Juillet 1989. U.S.A: 23 Décembre 1988.

FILMOGRAPHIE: Tony Randel est un réalisateur, scénariste et monteur américain né le 29 Mai 1956. Il est parfois crédit sous le nom de Anthony Randel.
1985: Def-Con 4. 1988: Hellraiser 2. 1992: Inside Out 2. Amityville 1993. 1993: Ticks. 1995: North Star: la légende de Ken le Survivant. 1996: Confiance Aveugle. 1996: Morsures. 1998: Assignment Berlin. 2007: The Double Born.


Un an après le succès de Hellraiser, c'est au réalisateur novice Tony Randel de succéder à Clive Barker pour façonner la suite des aventures de Pinhead et ses acolytes. D'après un scénario de Peter Atkins, Kirsty, survivante du premier volet, est placée dans un institut psychiatrique géré par le Docteur Channard. Ce médecin fasciné par le monde occulte des ténèbres fait infliger à certains de ses sujets diverses tortures qu'ils pratiquent eux mêmes sur leur corps scarifié. Grâce au matelas ensanglanté sur lequel mourut Julia, un de ses patients est immolé pour pouvoir subvenir à sa renaissance. Après ses longues recherches sur l'origine du cube maléfique, Channard exploite une jeune fille autiste afin de pouvoir déchiffrer ses secrets. Pendant ce temps, Kirsty reçoit un message de l'au-delà lui sollicitant de sauver son père prisonnier de l'enfer. 


On ne peut pas dire que la carrière de Tony Randel soit un exemple de réussites probantes dans le domaine du cinéma de genre. Pourtant, en 1988, il réalise avec ce deuxième métrage sa plus ambitieuse réussite en s'appropriant de l'univers SM de Hellraiser. Une suite respectueuse dans le sens où elle reprend la continuité des tragiques évènements survenus au préalable ainsi que le cheminement évolutif des survivants. Cette fois, Kirsty (la fille de Franck), est soignée dans un centre psychiatrique suite à son traumatisme subi par la confrérie de Pinhead. Epaulée d'une jeune patiente autiste, elles vont s'allier pour faire face à la nouvelle menace des cénobites et se retrouver projetées dans un dédale de l'enfer. Le prologue illustrant le profil pervers d'un médecin obsédé par la souffrance et l'agonie nous permet d'assister à quelques moments glauques du plus répugnant effet. Des malades moribonds et paranos, faute de prises de drogues hallucinogènes, sont enfermés dans les geôles des sous-sols de l'institut pour s'infliger quotidiennement des tortures innommables. Mais le clou du spectacle déviant est sans conteste cette séquence maladive auquel un schizophrène se retrouve invité dans la demeure familiale de Channard. Par son influence perfide, le cobaye à demi-nu nous laisse transparaître un corps malingre lardé de plaies et contusions. Souffrant de visions infernales de lombrics et asticots lui grignotant la chair, il se mutile à nouveau le torse en se lacérant des coups de rasoir. Une séquence viscérale d'une rare violence et d'une audace si malsaine que la censure de l'époque ne manquera pas de l'éclipser pour sa diffusion en salles (mais aussi plus tard en dvd dans notre pays hexagonal). Quand à la résurrection de Julia, cadavre décharné en proie à la renaissance corporelle, la poésie morbide qui en émane va donner lieu à des moments de sensualité baroque lorsqu'elle décide de s'embaumer le corps de bandelettes à l'instar d'une momie.


La suite ambitieuse et épique est une exploration au cœur des enfers régi par Léviathan. Une bataille sans merci nous est donc livré entre Kirsty, Tiffany, les Cénobites et notre nouveau duo mégalo formé par Julia et Channard. Ces séquences irréelles parfois décousues permettent tout de même de déployer un florilège de séquences cauchemardesques à l'inventivité formelle (couloirs interminables et dédales sans destination abritant des créatures hideuses). De surcroît, nous en saurons un peu plus sur le passé du leader Pinhead ainsi que ces comparses autrefois humains. Et de manière couillu, le réalisateur n'hésitera pas à les malmener pour les destituer de leur omnipotence par un rival aussi orgueilleux. Justement, l'aspect le plus ludique sera cette fois-ci établi au profit du praticien Channard, créature tentaculaire inspirée de l'univers de Lovecraft. Un mutant humain avide de consécration et de défiance pour se mesurer à la stature de Leviathan, monolithe souverain aux pouvoirs ésotériques impénétrables.


Spectacle baroque et débridé déployant avec une imagination fertile un univers aussi fantasmagorique que ténébreux, Hellraiser 2 peut se targuer d'être la meilleure suite d'une saga inégale toujours plus mercantile. Hormis l'aspect anarchique d'une narration redondante dans ces incessants va-et-vient entre l'au-delà et la terre, ce divertissement hardgore (du moins en version Uncut !) affiche une ambition horrifique encore plus extravagante et effrontée que son modèle.  
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20.10.11.   3
Bruno Matéï



mercredi 19 octobre 2011

HELLRAISER, LE PACTE. Prix Spécial de la Peur à Avoriaz 1988.

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de Clive Barker. 1987. Angleterre. 1h30. Avec Andrew Robinson, Clare Higgins, Ashley Laurence, Sean Chapman, Oliver Smith, Robert Hines, Anthony Allen, Leon Davis, Michael Cassidy, Frank Baker.

Sortie en salles en France le 24 Février 1988. U.S: 18 Septembre 1987

FILMOGRAPHIE: Clive Barker est un réalisateur, écrivain, peintre, producteur et scénariste anglais, né le 5 Octobre 1952.
1973: Salome (court). 1978: The Forbidden (court). 1987: Hellraiser. 1990: Cabal. 1995: Le Maître des Illusions.


Pour son premier long-métrage tiré de son propre roman "The Hellbound Heart", l'écrivain anglais Clive Barker transpose à l'écran son univers SM et ses icônes maléfiques extirpées d'un enfer de douleur et de plaisir. Justement récompensé à Avoriaz, Hellraiser n'a rien perdu de sa saveur putride conjuguant avec une audace anti-religieuse sexe et hardgore. Franck, pèlerin fasciné par les plaisirs de la chair, achète un étrange écrin chez un brocanteur. Chez lui, après l'avoir manipulé, le cube libère des forces diaboliques tout droits sorties de l'enfer. Déchiqueté par les "cénobites", des monstres voués à l'accueillir dans l'au-delà, Franck parvient à s'y extraire après que son frère, emménagé dans son ancienne demeure se soit blessé à la main, quelques gouttes de sang le ramenant à la vie. Mais Franck a besoin de sang humain pour se régénérer !


Premier volet d'une saga culte symbolisée par Pinhead (tête d'épingle !), Hellraiser repousse les limites du conformisme dans un savant alliage d'horreur morbide et de lascivité malsaine. La perversité de ses thèmes redoublant d'audace pour la posture masochiste d'hédonistes adeptes de luxure et de douleur. Par l'entremise d'un cube hermétique, Franck, personnage lubrique addicte au plaisir dans sa disparité, se retrouve projeter dans le monde occulte des Cénobites. De répugnantes créatures difformes affublées de combinaisons noires en latex et recouvert de plaies entaillées, laissant transparaître quelques ustensiles métalliques sur leur corps scarifié. Pour renouer avec son existence antérieure, ce mécréant planqué dans le grenier de son ancienne demeure a un besoin inhérent de sang humain afin de mieux se régénérer. Pour cela, il compte sur la complicité de son ancienne maîtresse afin de lui ramener d'aimables quidams trousseurs de jupon. Franck, cadavre décrépi échappé de son enfer, et sa muse Julia sont donc les amants maudits d'une quête meurtrière afin de parfaire sa résurrection organique.


Clive Barker, créateur d'une mythologie atypique, ne lésine pas sur l'imagerie sanglante face à la transformation physique d'un corps décharné retrouvant peu à peu sa forme originelle (bien qu'au stade final, il dupliquera sournoisement la physionomie de son frère Franck). Il filme de manière épurée des images morbides souvent saisissantes et sensuellement macabres, scandées par la fameuse procession lancinante du génial thème de Christopher Young. La poésie funeste qui émane de ces séquences effrontées nous fascine autant qu'elle nous répugne parce qu'elle nous renvoie de manière inconsciente à nos pulsions perverses. Sauf que chez Barker, Hellraiser explose les tabous et frontières de la bienséance, blasphème jésus en personne et transcende un univers sadomaso que symbolise une ligue de Cénobites subordonnés à la douleur et au plaisir. Le profil de ses personnages maléfiques, totalement novateurs dans leur physionomie fétichiste nous entraîne dans un troublant cauchemar malsain auquel la fille de Larry va finalement devoir compromettre en dernier recours un pacte pour renoncer à la convocation de l'enfer. On est aussi particulièrement désarçonné par le personnage éhonté de Julia, matriarche meurtrière perfide épouvantablement sournoise car revendiquant sa libido insatiable pour subvenir à la renaissance de son amant mortifère.

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Mis en scène avec un lyrisme ensorcelant mais pour autant desservie d'un certain manque de maîtrise et d'une direction d'acteurs parfois fléchissante, Hellraiser dégage toutefois un audacieux parfum de souffre et de scandale par son environnement malsain vertigineux. L'onirisme macabre de ces images gores rehaussées d'impressionnants effets-spéciaux, l'ambiance putride qui en découle et son score résolument ambitieux acheminant l'essai au culte d'une délectable horreur SM !

Note: Avant d'opter pour Hellraiser, la production avait songé au titre Sadomasochistes from Beyond the Grave, qu'on pourrait traduire par Les Masochistes d'outre-tombe. La maison du film se situe au 55 Ludovico Place, qui se trouve être l'adresse de l'institut Ludovico du film Orange Mécanique où Alex avait été envoyé pour devenir non-violent.

Récompenses: Prix spécial de la peur à Avoriaz en 1988.
Prix de la Critique à Fantasporto en 1988.
19.10.11.   4


lundi 17 octobre 2011

RED STATE

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de Kevin Smith. 2011. U.S.A. 1h28. Avec Michael Parks, Melissa Leo, John Goodman, Kyle Gallner, Stephen Root..
FILMOGRAPHIE: Kevin Smith est un réalisateur, scénariste, producteur et acteur américain né le 2 Août 1970 à Red Bank, dans le New-Jersey (Etats-Unis).
1994: Clerks, 1995: Les Glandeurs, 1997: Méprise Multiple, 1999: Dogma, 2001: Jay et Bob contre-attaquent. 2004: Père et Fille. 2006: Clercks 2. 2008: Zack et Miri font un porno. 2010: Top Cops. 2011: Red State.

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Kevin Smith, trublion habitué aux comédies noires décalées, nous propose ici un brutal revirement de ton avec Red State. Un drame réaliste et rigoureux, véritable réquisitoire contre le fanatisme religieux englué dans une société américaine sournoise. Pour élaborer le profil de son antagoniste principal, Smith s'est inspiré du véritable révérend Phelps, fondateur de l'église baptiste de Westboro et homophobe réputé pour sa haine réactionnaire. Par le biais d'internet, un trio d'adolescents prend rendez vous avec une quadragénaire résidant dans une caravane aux abords d'un terrain forestier. Sur place, après avoir bu de la bière frelatée, ces derniers sont appréhendés pour être emprisonnés en interne d'une église régie par le père Cooper. Un intégriste réfractaire aux homosexuels et à la luxure, prônant une justice expéditive envers quelques innocents kidnappés par ces disciples. Mais cette fois, rien ne se déroulera comme prévu.
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Vendu comme un film d'horreur néophyte, Red State n'est en rien le divertissement primaire concocté pour nous donner notre lot de sueurs froides dans un scénario canonique. Réalisé avec brio dans son réalisme incisif épaulé d'une caméra mobile agressive dans les moments les plus alarmistes, la narration charpentée stigmatise avec verdeur le fondamentalisme d'une secte religieuse édifiée par le pasteur Cooper. Un sexagénaire intégriste et homophobe inculquant à ses adorateurs que ces pêcheurs doivent être éradiqués de la terre. Le prologue débute comme un classique teen-movie auquel trois jeunes lurons vont décider de passer du bon temps avec une femme mature adepte de l'échangisme. Ce canevas balisé va cependant brusquement virer de ton quand nos héros vont se retrouver piégés par la mégère d'une paroisse catholique. Ce qui interpelle à la vue de ce pamphlet anti-religieux, c'est sa froideur austère, son réalisme rugueux octroyé à la caractérisation de personnages antipathiques et d'une violence expéditive souvent insupportable parce qu'elle fustige l'innocence vouée au sacrifice. D'ailleurs, le premier meurtre perpétré à l'intérieur du huis-clos pastoral se révèle le plus pénible dans son acuité, quand bien même la foule convaincue de leurs méfaits laisse transparaître une satisfaction malsaine dans leur idéologie anti-gay. Spoil ! La suite du récit évite intelligemment la redite des conventions avec cette potentielle cavale de deux des héros et du blocus policier. Red State se transforme alors subitement en film de siège survitaminé auquel des forces de l'ordre enrôlées par un supérieur pugnace vont encercler et prendre d'assaut nos intégristes martyrs. Fin du Spoil.


Les séquences d'action filmées caméra à l'épaule ou en vue subjective offrant de beaux moments de bravoure accentuées par une bande-son clinglante afin d'exacerber l'impact stridant du carnage. Les rivaux en proie à la peur et la panique mais inévitablement stoïques se lancent dès lors dans un ultime baroud-d'honneur. Pas de héros dans ce récit âpre et brutal évalué sans compromis mais un sentiment désabusé de défaite sociale pour les deux camps rivaux se battant au nom de la fierté et d'une idéologie fasciste. Sachant que les flics eux mêmes vont dévoir employer le subterfuge pour se débarrasser d'une bavure impardonnable. Dans celui du prédicateur prêchant la piété avec éthique despotique, Michael Parks s'avère terrifiant de cynisme. John Goodman en impose tout autant pour son personnage de leader policier, convaincu de braver sa déontologie professionnelle afin de sortir vainqueur d'un terrorisme religieux. La séduisante et gracile Melissa Leo insuffle une poignante empathie dans celle d'une mère repentie, osant bafouer sa doctrine conservatrice pour la sauvegarde de sa postérité infantile.


Avec sa mise en scène âpre et studieuse et la sobriété dérangée des interprètes, Red State redouble d'efficacité pour illustrer avec vigueur un pamphlet édifiant sur les pratiques extrémistes d'adorateurs de Dieu. Son point d'orgue explosif ne manque pas non plus de dérision caustique par son revirement divin !

17.10.11
Bruno Matéï

vendredi 14 octobre 2011

THE TREE OF LIFE. Palme d'Or Cannes 2011.

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de Terrence Malick. 2010. U.S.A. 2h18. Avec Brad Pitt, Sean Penn, Jessica Chastain, Hunter McCracken, Joanna Going, Fiona Shaw, Laramie Eppler, Tye Sheridan, Jessica Fuselier, Nicolas Gonda, Will Wallace. 

Sortie en salles en France le 17 Mai 2011. U.S: 8 Juillet 2011.

FILMOGRAPHIE: Terrence Mallick est un réalisateur, scénariste et producteur américain né le 30 Novembre 1943 à Ottawa (Illinois).
1973: La Ballade Sauvage.
1978: Les Moissons du Ciel
1998: La Ligne Rouge
2005: Le Nouveau Monde
2011: The Tree of Life

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La Palme d'Or 2011 est vraiment, vraiment rebutante !
J'ai fini par endiguer le film au bout d'1H30 (sur 2H20) tant il s'étire inlassablement dans son ambiance religieuse et nonchalante pour illustrer son thème métaphysique sur le sens de la vie terrestre. Les images fastes, limpides, immaculées, sont magnifiques, la mise en scène expérimentale use et abuse du maniement d''une caméra toujours en mouvement (un parti pris qui m'a beaucoup irrité) et les comédiens sont quelques peu déroutants, comme envoûtés par ce qu'ils ressentent et traversent. Au final, j'ai eu l'impression que l'émotion ne perçait jamais. C'est fort dommage.

A revoir peut-être car j'ai comme l'impression que ce trip existentiel est aussi réussi que raté.

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Jack grandit entre un père autoritaire et une mère aimante, qui lui donne foi en la vie. La naissance de ses deux frères l'oblige bientôt à partager cet amour inconditionnel, alors qu'il affronte l'individualisme forcené d'un père obsédé par la réussite de ses enfants. Jusqu'au jour où un tragique événement vient troubler cet équilibre précaire...



jeudi 13 octobre 2011

LES OISEAUX (The Birds)

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d'Alfred Hitchcock. 1963. Angleterre. 2h00. Avec Tippi Hedren, Rod Taylor, Jessica Tandy, Suzanne Pleshette, Veronica Cartwright, Ethel Griffies, Charles McGraw, Ruth McDevitt, Lonny Chapman

Sortie en salles en France le 6 Septembre 1963. U.S: 28 Mars 1963.

FILMOGRAPHIE: Alfred Hitchcock est un réalisateur, producteur et scénariste anglo américain, né le 13 Août 1899, décédé le 29 Avril 1980.
1935: Les 39 Marches. 1936: Quatre de l'Espionnage. Agent Secret. 1937: Jeune et Innocent. 1938: Une Femme Disparait. 1939: La Taverne de la Jamaique. 1940: Rebecca. Correspondant 17. 1941: Soupçons. 1942: La 5è Colonne. 1943: l'Ombre d'un Doute. 1944: Lifeboat. 1945: La Maison du Dr Edward. 1946: Les Enchainés. 1947: Le Procès Paradine. 1948: La Corde. 1949: Les Amants du Capricorne. 1950: Le Grand Alibi. 1951: L'Inconnu du Nord-Express. 1953: La Loi du Silence. 1954: Le Crime était presque parfait. Fenêtre sur cour. 1955: La Main au Collet. Mais qui a tué Harry ? 1956: l'Homme qui en savait trop. Le Faux Coupable. 1958: Sueurs Froides. 1959: La Mort aux Trousses. 1960: Psychose. 1963: Les Oiseaux. 1964: Pas de Printemps pour Marnie. 1966: Le Rideau Déchiré. 1969: l'Etau. 1972: Frenzy. 1976: Complot de Famille.


"C'est peut-être le film le plus terrifiant que j'ai jamais tourné !Alfred Hitchcock.

Trois ans après Psychose, Sir Alfred Hitchcock se résout après mûre réflexion d'adapter une nouvelle de Daphné Du Maurier, The Birds. Le scénario totalement réapproprié par lui même et Evan Hunter était prévu à l'origine pour la série TV, Alfred Hitchcock présente. Mais après avoir lu que de réelles attaques de volatiles s'étaient produites dans son pays, il prit conscience qu'il pouvait en tirer un nouveau tour de force d'épouvante pour le format cinéma. Les Oiseaux nécessita trois ans de préparation (en priorité pour les FX et maquettes), faute de sa complexité technique qui entraîna 370 scènes truquées. Pour dévoiler le talent consciencieux du maître du suspense, la séquence finale a fait l'objet de 32 prises et reste selon ses dires l'un des films les plus difficiles qu'il eut entrepris. Dans la ville de Bodega Bay, Melanie Daniel, jeune femme mondaine, visite une oisellerie et fait la connaissance de Mitch Brenner, un avocat conquis par le charme de l'inconnue. Pour l'anniversaire de sa jeune soeur Cathy, il aimerait acheter un duo d'inséparables en guise de cadeau. Mélanie, vexée de l'arrogance ironique de celui-ci, s'empresse de lui acheter mais décide malgré tout de lui offrir en s'invitant à son propre domicile. Sur la route, elle est sauvagement agressé par une mouette.
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Clef de voûte de l'épouvante contemporaine resté inégalée à ce jour, Les Oiseaux réussit l'exploit de nous impressionner de plein fouet avec la présence anodine de simple volatiles subitement épris de rage meurtrière ! La première partie du récit, toute en suggestion, s'attache à nous décrire l'idylle naissante entre deux amants alors que la mère de celui-ci éprouve une jalousie pour cette snob inconnue de réputation notoire. En manipulateur masochiste, Alfred Hitchcock s'amuse dans un premier temps à nous attacher au trio auquel l'idylle est quelque peu contrariée par l'austérité d'une belle-mère possessive trop attentionnée car craignant que son fils ne lui soit éternellement soutiré par cette mante religieuse. En prime, le maître du suspense, ici lattent, se prend malin plaisir à dévoiler des fameux volatiles mais emprisonnés dans une cage dans un premier temps. Par petites touches, la présence docile des oiseaux nous est régulièrement exposée de manière candide. Jusqu'à ce qu'intervienne le premier incident octroyé envers Melanie montée à bord d'une barque pour rejoindre l'habitation de Mitch mais subitement offensée par l'affront d'une mouette sur le chemin du retour.

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Sans pour autant passer à l'action trépidante et pour mieux refréner son suspense sous-jacent, Les Oiseaux vont prendre leur envol et réellement passés à l'action 25 minutes après cette première rixe en déployant leur agressivité lors d'seconde partie incongrue à couper le souffle ! La menace improbable de ces vertébrés ovipares est d'autant plus déconcertante, imbitable et furieusement cinglante que nous ne connaîtrons jamais leurs véritables raisons de se rebiffer contre nous. Et en ce qui concerne les séquences d'agression, Hitchcock n'y va pas de main morte à confectionner une succession de scènes d'anthologies toutes plus terrifiantes et cruelles les unes que les autres. Là où l'accent est essentiellement mis en exergue sur la dramaturgie et le réalisme de chacune des situations de panique ! Que ce soit l'attaque impitoyable invoquée sur un groupe d'enfants évacuant les lieux de leur établissement scolaire, l'offensive sanglante sur la ville de Bodega Bay réduite à feu et à sang, ou encore l'assaut d'une demeure champêtre auquel nos héros s'y sont réfugiés après avoir barricadé portes et fenêtres ! La violence cuisante exercée par les oiseaux sur leurs victimes en état de marasme, leur bruitage irritant dans leur déplacement et cris vocaux transmis par une bande son dissonante et l'intensité de leurs exactions s'enchaînant sans répit nous impressionnent viscéralement jusqu'au malaise du point d'orgue ! Niveau distribution, le couple formé par Rod Taylor et Tippi Hedren fonctionne avec subtilité dans leur incessant jeu de drague tacite. L'acteur endossant ici un rôle viril faussement machiste et plaisamment arrogant pour tenter d'apprivoiser sa muse au caractère hautain. Alors qu'aux instants alarmistes des volatiles en action, il fera preuve de pugnacité et de courage pour tenter de protéger sa famille sévèrement fustigée. L'élégance de Tippi hedren affiche un charme gracile malgré son tempérament austère mais néanmoins transcendé d'une bonhomie comme le prouve son empathie auprès sa belle-mère. Cette dernière incarnée par Jessica Tandy exprimant dans une posture maternelle ombrageuse une poignante émotion dans sa crainte de perdre l'amour de son fils unique.

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Dénué de partition afin de mieux authentifier la situation cauchemardesque, Les Oiseaux se révèle 50 ans plus tard toujours aussi terrifiant et implacablement éprouvant. En pleine possession de ses moyens techniques (à contrario d'effets cheaps pour 2/3 plans grossiers), la mise en scène virtuose déployant un tour de force pour la montée progressive de son suspense et l'intensité des agressions sanglantes. Qui plus est, la folle originalité de son pitch écolo (la revanche de la nature sur l'homme comme le laisse aussi suggérer les volailles refusant de se nourrir) réussit par ailleurs à nous convaincre d'une telle utopie animalière. En l'occurrence, Les Oiseaux peut-être considéré comme l'un des métrages les plus oppressants et excentriques, tout en contrastant avec une idylle romantique non dénuée de densité psychologique dans les rapports houleux compromis par une belle-mère acariâtre ! 

13.10.11
Bruno Matéï