mardi 31 janvier 2023

Full Metal Jacket

                                          Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Stanley Kubrick. 1987. U.S.A. 1h56. Avec  Matthew Modine, Arliss Howard, Vincent D'Onofrio, R. Lee Ermey, Adam Baldwin, Dorian Harewood, Kevyn Major Howard, Ed O'Ross, John Terry, Kieron Jecchinis, Kirk Taylor

Sortie salles France: 12 Octobre 1987

FILMOGRAPHIE: Stanley Kubrick est un réalisateur américain, né le 26 Juillet 1928 à New-York, décédé le 7 Mars 1999 à Londres. 1953: Fear and Desire. 1955: Le Baiser du Tueur. 1956: l'Ultime Razzia. 1957: Les Sentiers de la Gloire. 1960: Spartacus. 1962: Lolita. 1964: Dr Folamour. 1968: 2001, l'Odyssée de l'Espace. 1971: Orange Mécanique. 1975: Barry Lindon. 1980: Shining. 1987: Full Metal Jacket. 1999: Eyes Wide Shut.


Une oeuvre choc nécrosée qui en dit long sur notre nature sépulcrale
MĂŞme si j'avoue avoir une prĂ©fĂ©rence pour Voyage au bout de l'Enfer et Apocalypse Now (les 2 rĂ©fĂ©rences ultimes du genre), si bien que j'ignore si Full Metal Jacket se dĂ©cline Ă©galement en chef-d'oeuvre, mais en tout Ă©tat de cause il reste sacrĂ©ment puissant, Ă©vocateur, estomaquant, mĂ©phitique par la gĂ©omĂ©trie de sa mise en scène Ă  couper au rasoir (notamment au niveau des impacts de balle sur les chairs Ă©clatĂ©es filmĂ©es au ralenti) illustrant sans ambages la descente aux enfers d'une poignĂ©e d'appelĂ©s ricains. De jeunes branleurs zĂ©lĂ©s conditionnĂ©s en machines Ă  tuer lors de la 1ère partie expĂ©rimentale se clĂ´turant sur un règlement de compte d'une intensitĂ© dramatique cauchemardesque, consĂ©quences psychotiques d'un souffre douleur trop fragile après avoir subi un lavage de cerveau au karcher. Quand bien mĂŞme le second acte nous fait suivre ses anti-hĂ©ros dĂ©boussolĂ©s lors d'une houleuse mission impromptue lorsqu'un tueur invisible les abattra un Ă  un du haut de sa tour d'un hangar dĂ©saffectĂ©. 


De par son aura d'Ă©trangetĂ© davantage prĂ©gnante et l'ambiguĂŻtĂ© de son message faussement pacifiste (tuer au nom de la libertĂ©, Ă  l'instar du soldat "guignol" arborant sur son casque "nĂ© pour tuer" puis sur sa veste de treillis le badge contradictoire d'un symbole de paix), Full Metal Jacket laisse un sale goĂ»t de souffre dans la bouche d'avoir suivi l'Ă©volution morale de ces soldats indignes abrutis par le conditionnement, le  goĂ»t du sang et de la violence putassière. Ainsi donc, Ă  la finalitĂ©, si Full Metal Jacket demeure aussi abject, Ă©prouvant (de façon insidieuse et feutrĂ©) et Ă©mĂ©tique, c'est qu'il nous dĂ©voile face camĂ©ra 1h56 durant la nature Ă©quivoque de l'homme apte Ă  se fondre dans le corps d'un barbare sans vergogne au nom d'une idĂ©ologie militaire patriotique. Il y Ă©mane au final un grand moment de cinĂ©ma capiteux portĂ© par le jeu irrĂ©prochable des acteurs se taillant une carrure primitive contagieuse lors de leur confrontation hideuse avec la mort. Si bien que sur le sujet rebattu de la guerre du Vietnam, Full Metal Jacket reste nĂ©anmoins l'un des meilleurs reprĂ©sentants (mĂŞme s'il arrive sur les Ă©crans un peu trop tard, d'oĂą son Ă©chec commercial) par sa rigueur vĂ©riste Ă  la fois insolite, furibonde, vĂ©nĂ©neuse. 


*Bruno
3èx

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