vendredi 4 janvier 2013

TOURIST TRAP (Le Piège)

                               Photo empruntée sur Google, appartenant au site fascinationcinema.tumblr.com

de David Schmoeller. 1979. U.S.A. 1h30. Avec Chuck Connors, Jocelyn Jones, Jon Van Ness, Robin Sherwood, Tanya Roberts, Dawn Jeffory, Keith McDermott.

Sortie salles France: 30 Avril 1980. U.S: 16 Mars 1979

FILMOGRAPHIE: David Schmoeller est un acteur, monteur, producteur, réalisateur et scénariste américain, né le 8 décembre 1947 à Louisville, dans le Kentucky (Etats-Unis). 1976: The Spider will kill you (Court-Metrage). 1979: Le Piège. 1982: The Seduction. 1986: Fou à Tuer. 1988: Catacombs. 1989: Puppet Master. 1991: The Arrival. 1992: Le Rebelle ("Renegade"). Série TV. 1992: Netherworld. 1998: The Secret Kingdom. 1999: Please Kill Mr Kinski. 1999: Search for the Jewel of Polaris: Mysterious Museum (télé-film).


Film culte pour toute une génération de cinéphiles alors qu'il s'agissait de la première réalisation d'un cinéaste novice, Tourist Trap aura laissé une empreinte indélébile chez les vidéophiles des années 80. Quelques décennies plus tard, force est de constater que Tourist Trap n'a pas pris une ride à travers son climat d'étrangeté prégnant spécialement insaisissable. Le pitchA la suite d'une panne de véhicule, quatre vacanciers s'égarent dan un coin de campagne. Un sexagénaire solitaire les accueille chaudement dans sa demeure là où des mannequins de cire font office d'ornement. Bientôt, d'étranges évènements vont intenter à la vie des estivants. Modeste série B lorgnant du côté des survivals des Seventies et des classiques de l'horreur archaïque, Tourist Trap doit son salut à une ambiance inquiétante héritée des contes funèbres de notre enfance. Car en jouant sur les terreurs enfantines de l'ogre tapi dans les bois et sur l'aspect baroque des mannequins de cire, David Schmoeller cristallise un cauchemar surnaturel auquel un psychopathe doué de pouvoirs télékinésiques y matérialise son propre univers. Dès la séquence d'ouverture, une atmosphère lourde et anxiogène s'insinue lentement dans l'esprit du spectateur, juste avant de témoigner du meurtre d'un pèlerin réfugié au sein d'une pièce calfeutrée. Des forces surnaturelles et des mannequins gouailleurs s'y déchaînent jusqu'à ce que mort brutale s'ensuive. Avec une belle efficacité, le réalisateur insuffle un sentiment oppressant en interne du huis-clos en jouant sur les entités paranormales de mannequins doués de vie ! Leur rictus démoniaque mêlé de braillements stridents provoquant un malaise tangible chez la victime démunie ainsi que le spectateur.


Après ce prélude saisissant où la cruauté se dispute à la poésie macabre (un tuyau empalé dans les reins de la victime laisse écouler lentement des gouttelettes de sang sur le sol), David Schmoeller nous confine dans l'étrange musée d'un redneck anachronique, lourdement affecté par la mort de son épouse. Avec l'arrivée inopinée de quatre vacanciers aimablement recueillis par leur hôte, des évènements meurtriers vont rapidement s'y succéder. Ainsi, afin d'entretenir un suspense interlope et distiller l'appréhension, le réalisateur fait intervenir un second personnage, le frère du propriétaire, affublé d'un masque de plâtre sur le visage. Dès lors, après que chaque meurtre eut été perpétré au milieu d'un chassé-croisé, le spectateur ne sait plus où donner de la tête afin de repérer le coupable présumé ! Qui plus est, nous devons notamment tenter de démêler le vrai du faux avec ces automates amovibles ou statiques manipulés par télékinésie. Si bien que dans les couloirs et les chambres, des rangées de mannequins de femmes y sont exposées, chuchotant ou gémissant parfois de plaintes langoureuses. Alors que dans la cave, d'étranges expériences sont administrées sur le corps des victimes kidnappées. Dans une photographie ocre et sépia accentuant son climat feutré, David Schmoeller peaufine ses décors tamisés ainsi que sa nature en clair-obscur pour nous fantasmer une sorte de cauchemar éveillé où un tueur rural s'est forgé une nouvelle matérialité. Dans le rôle du tueur, Chuck Connors réussit à donner chair à son personnage interlope avec la retenue d'un regard flânant. A contrario, si les autres interprètes manquent d'aplomb et imposent un jeu limité, ils réussissent néanmoins à provoquer un certain attachement de par leur naïveté candide à se laisser berner par l'oppresseur.


Série B horrifique au scénario de prime abord convenu mais finalement singulier, Tourist Trap distille une incroyable rigueur à travers son ambiance d'étrangeté aux cimes de la féerie macabre. Et pour y transcender son onirisme indicible, le sublime score composé par Pino Donagio envoûte nos sens avec une émotion élégiaque. Du pur cinéma d'ambiance que les cinéastes actuels feraient mieux de raviver pour imposer leur patte et s'écarter de la routine. 

*Bruno
04.01.13. 4èx



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