mardi 29 janvier 2013

LA CHOSE D'UN AUTRE MONDE (The Thing from another world)

                                       Photo empruntée sur Google, appartenant au site notrecinema.com

de Christian Nyby et Howard Hawks. 1951. U.S.A. 1h27. Avec Margaret Sheridan, Kenneth Tobey, Robert Cornthwaite, Douglas Spencer, James R. Young, Robert Nichols.

Sortie salles France: 14 Décembre 1951. U.S: 6 Avril 1951 / 29 Avril 1951

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Christian Nyby est un monteur et réalisateur américain, né le 1er Septembre 1913 à Los Angeles (Californie), décédé le 17 Septembre 1993 à Temecula.
1951: La Chose d'un autre Monde. 1957: Hell on Devil's Island. 1962: Elfego Baca: Six gun Law. 1965: Furie sur le Nouveau-Mexique. 1965: Operation C.I.A. 1967: First to fight. 
Howard Hawks est un réalisateur, producteur et scénariste américain, né le 30 Mai 1896 à Goshen dans l'Indiana, décédé le 26 Décembre 1977 à Palm Springs en Californie. 1930: La Patrouille de l'aube. 1932: Scarface. 1933: Après nous le déluge. 1936: Brumes. 1936: Les Chemins de la Gloire. 1938: l'Impossible Monsieur Bébé. 1939: Seuls les anges ont des ailes. 1941: Sergent York. 1944: Le Port de l'Angoisse. 1946: Le Grand Sommeil. 1948: La Rivière Rouge. 1951: La Chose d'un autre Monde. 1952: La Captive aux Yeux clairs. 1952: Chéri, je me sens rajeunir. 1953: Les Hommes préfèrent les Blondes. 1955: La Terre des Pharaons. 1959: Rio Bravo. 1962: Hatari. 1966: El Dorado. 1970: Rio Lobo.

Bien avant The Thing de Carpenter, deux réalisateurs s’étaient déjà approprié le roman de John W. Campbell, Who Goes There ?, afin d’innover dans une anticipation alarmiste. Et même si Howard Hawks est officiellement crédité au poste de producteur, il aurait en réalité largement influencé - voire partiellement assuré - la mise en scène confiée à Christian Nyby.

Dans une région polaire de l’Arctique, des chercheurs font la stupéfiante découverte d’un vaisseau spatial échoué sur la banquise. Après l’avoir fait exploser, ils rapatrient à leur base militaire le corps congelé d’un extra-terrestre. Rapidement, la créature s’éveille, s’échappe et sème la terreur au sein du groupe.

Ce qui frappe d’emblée, à la redécouverte de ce classique de la science-fiction mâtinée d’épouvante, c’est la modernité de sa mise en scène rigoureuse, filmée à la manière d’un reportage pris sur le vif. D’illustres cinéastes comme Ridley Scott ou John Carpenter reprendront plus tard cette même recette pour façonner, avec un réalisme glaçant, leur terreur diffuse face à la menace extra-terrestre (Alien et, bien entendu, The Thing).

Doté d’un sens aigu du suspense sous-jacent, La Chose d’un autre monde s’impose comme une redoutable machine anxiogène, privilégiant l’effet de suggestion avec une efficacité remarquable. L’originalité de son récit confiné dans un décor hivernal réfrigérant, conjuguée à l’aspect hybride de sa créature végétale - une sorte de carotte vivante se régénérant grâce au sang humain - confronte le spectateur à une menace inédite, irrémédiablement fascinante.

La dextérité avec laquelle les réalisateurs retardent ses apparitions furtives afin de distiller l’angoisse permet de déployer, par intermittence, des séquences d’agression particulièrement cinglantes. L’affrontement avec la créature piégée dans un incendie demeure ainsi saisissant, lorsque les flammes se propagent à l’intérieur d’un espace clos, mettant brutalement en péril la vie des membres de l’équipe.

La sobriété de jeu des comédiens renforce l’aspect quasi documentaire du film, tandis que l’esprit de cohésion leur permet d’affronter avec courage cette menace singulière. Pour complexifier encore l’enjeu de survie, un scientifique renfrogné choisit de bafouer la hiérarchie afin de préserver l’existence d’une race inconnue.

Irrésistiblement fascinant et profondément inquiétant, La Chose d’un autre monde n’a rien perdu de sa rigueur technique ni de la modernité de sa réalisation, fondée sur un suspense méthodique et implacable. Un modèle du genre, étonnamment pragmatique et toujours stimulant.

— le cinéphile du cœur noir 🖤

29.01.13. 3èx
Bruno Matéï 


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