lundi 14 janvier 2013

The Impossible (Lo Impossible)

                                         Photo empruntée sur Google, appartenant au site imdb.com

de Juan Antonio Bayona. 2012. Espagne. 1h54. Avec Ewan McGregor, Naomi Watts, Geraldine Chaplin, Tom Holland, Marta Etura.

Sortie salles France: 21 Novembre 2012. U.S: Septembre 2012. Espagne: 11 Octobre 2012

FILMOGRAPHIE:  Juan Antonio Bayona est un réalisateur et scénariste espagnol, né en 1975 à Barcelone. 2004: Sonorama (video). 2004: 10 anos con Camela (video). 2005: Lo echamos a suertes (video). 2007: l'Orphelinat. 2012: The Impossible. 2016 : Quelques minutes après minuit (A Monster Calls). 2018 : Jurassic World: Fallen Kingdom. 2023 : Le Cercle des neiges. 

5 ans après L'Orphelinat, l'espagnol Juan Antonio Bayona nous retrace avec The Impossible l'histoire vraie d'une famille britannique emportée par la vague du tsunami ayant balayé les côtes thaïlandaises le 26 décembre 2004. Après ce raz-de-marée meurtrier, techniquement ahurissant de réalisme, le film décrit minutieusement les tentatives de retrouvailles de cette famille traumatisée par l'ampleur d'une catastrophe naturelle aussi inédite que dévastatrice.

Passé les quinze minutes d'exposition durant lesquelles le couple et ses trois enfants sont accueillis dans un village de vacances, le réalisateur ne perd pas de temps à les plonger dans l'horreur absolue d'un cataclysme sans précédent. L'estocade meurtrière du tsunami surgit de plein fouet pour balayer en quelques secondes toute présence humaine se trouvant sur son passage.

La séquence apocalyptique, relativement concise mais profondément traumatisante, est mise en scène avec un réalisme documentaire, comme capté sur le vif, afin de nous immerger au cœur d'un déluge incontrôlable. Elle ébranle littéralement le spectateur, scotché à son fauteuil, contraint d'observer l'acharnement implacable de ces vagues gigantesques venues engloutir la population et ses habitations. Le moment où Maria et Lucas tentent désespérément de s'extirper des flots au prix de multiples blessures corporelles demeure un morceau d'anthologie d'une intensité éprouvante, proche de l'insoutenable.

Passées ces quarante premières minutes d'une puissance dramatique infiniment bouleversante, au point parfois de détourner le regard, Bayona se concentre sur le destin précaire de cette famille désunie.

Alors que Maria et le jeune Lucas sont pris en charge dans un centre hospitalier, Henry va s'efforcer de les retrouver avant de confier ses deux autres enfants à des bénévoles afin de les mettre en sécurité dans les hauteurs. Avec une émotion d'une remarquable justesse, le réalisateur évoque à travers cette tragédie le lien indéfectible qui unit une famille lorsque celle-ci se retrouve confrontée à la séparation. Plongés dans la solitude, la souffrance physique et la peur viscérale de la mort, les survivants n'ont plus qu'une seule aspiration : retrouver coûte que coûte ceux qu'ils aiment.

Avec une infinie tendresse pour ses personnages, Juan Antonio Bayona met également en lumière l'instinct de survie, l'empathie et la solidarité qui émergent au cœur du chaos. L'acharnement de Maria et Lucas à rester unis malgré l'horreur des événements illustre parfaitement cette volonté farouche de ne pas céder au désespoir lorsque tout semble perdu.

Entassés dans des hôpitaux surpeuplés, les blessés mutilés et les survivants épuisés attendent patiemment des nouvelles de leurs proches avec un espoir aussi douloureux qu'éprouvant. Si l'ensemble des comédiens livre des prestations remarquables, Naomi Watts impressionne particulièrement par l'intensité émotionnelle de son interprétation. Elle incarne une mère martyrisée, emplie de courage mais aussi de désespoir, engagée dans un combat acharné pour la survie avec l'espoir de pouvoir enlacer à nouveau les siens.

Indubitablement terrifiant et bouleversant dans son jusqu'au-boutisme parfois insoutenable, The Impossible demeure un vibrant témoignage de solidarité pour ces héros de fortune ayant réussi à déjouer l'impossible, autant qu'un hommage digne à toutes les victimes du tsunami sacrifiées par une nature déchaînée (on estime le bilan entre 216 000 et 232 000 morts).

Son pouvoir émotionnel d'une rigueur implacable, son parti pris hyperréaliste et son regard profondément humain nous emportent dans un tourbillon de malaise, de douleur et d'espoir avec un art consommé rarement égalé dans le genre catastrophe.

— Celui du cœur noir des images 🖤

14.01.13
22.06.26. VO

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