vendredi 27 décembre 2024

Love Lies Bleeding

                                                          Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Rose Glass. 2024. U.S.A/Angleterre. 1h44. Avec Kristen Stewart, Katy O'Brian, Jena Malone, Anna Barychnikov, Dave Franco, Ed Harris. 

Sortie salles France: 12 Juin 2024 (Int - 12 ans). U.S:  8 mars 2024 (Int - 17 ans)

FILMOGRAPHIE: Rose Glass est une rĂ©alisatrice et scĂ©nariste britannique nĂ©e en 1990 Ă  Chelmsford. 2019: Saint Maud. 2024: Love Lies Bleeding. 


L'amour ouf. 
Encore une sacrĂ©e surprise (en cette mirobolante cuvĂ©e 2024 !) que cette odyssĂ©e meurtrière Ă  la croisĂ©e de diverses influences afin de mieux nous cueillir dans sa formalitĂ© onirico-cauchemardesque que Rose Glass imprime avec une personnalitĂ© Ă  la fois dĂ©complexĂ©e et rĂ©flĂ©chie pour mieux s'extraire des sentiers battus. Love Lies Bledding jouant donc avec brio la carte du film noir hybride avec un art consommĂ© de la provocation la plus affutĂ©e. Si bien que le pitch a beau paraĂ®tre prĂ©visible (une romance saphique peu recommandable Ă  la suite d'une violence conjugale filiale) et que le 1er quart d'heure n'augure rien de rĂ©volutionnaire, Love Lies Bleeding possède plus d'un tour dans sa besace pour nous embarquer Ă  corps perdu dans une traque inlassable au coeur d'un Nouveau-Mexique onirico-fantasmagorique. Car outre ses soubresauts dĂ©tonants oscillant les ruptures de ton expĂ©rimentales avec le fantastique le plus lunaire (son final hallucinĂ©, me pince encore !), cette farce fĂ©ministe parvient autant Ă  fasciner que galvaniser Ă  travers l'identification de ses deux marginales frappĂ©s par la foudre de Cupidon au sein d'un environnement bodybuldĂ© sous cortisone. 


Girl Power. 
Kristen Stewart (quand sera-elle enfin considĂ©rĂ© comme une actrice expressive ?) monopolisant l'Ă©cran sans fard aucun en complice criminogène dĂ©libĂ©rĂ©e Ă  s'affranchir de l'autoritĂ© de son père abusif en faisant preuve de bravoure de dernier ressort pour tenter d'extraire de la dĂ©veine sa compagne Jackie. Une pĂ©lerine bisexuelle endossĂ©e par l'impressionnante Katy O'Brian (tant corporelle pour sa musculature masculine que morale pour ses psychoses hallucinatoires, mais chut !) puisque habitĂ©e par une rage primale Ă  travers sa soif farouche de la gagne mais aussi de la vendetta. Formellement magnĂ©tique sous l'impulsion d'un score Ă©lectro que n'aurait reniĂ© Carpenter Ă  ses prĂ©mices, la rĂ©alisation chiadĂ©e ne cesse d'y titiller nos mirettes afin de nous faire participer Ă  une expĂ©rience ludique aussi redoutablement efficace que foncièrement fascinante. Si bien que l'on contemple avec une curiositĂ© toujours plus roborative cette romance vitriolĂ©e avec autant d'inquiĂ©tude que de rĂ©jouissance ludique auprès de son intensitĂ© dĂ©rangĂ©e. SacrĂ©e bout de pĂ©loche mal Ă©levĂ©e donc que cet OFNI intrĂ©pide repoussant les codes du genre et clichĂ©s dĂ©primants avec une personnalitĂ© autonome fraichement payante. Si bien qu'après les rĂ©vĂ©lations fĂ©minines Julia Ducorneau / Coralie Fargeat on peut Ă©galement tabler sur Rose Glass pour dĂ©poussiĂ©rer le cinĂ©ma mainstream bĂŞtement con puisque parvenant mĂŞme aujourd'hui Ă  transcender son excellent premier essai que fut Saint Maud loin d'ĂŞtre passĂ© inaperçu. 


*Bruno
4K. Vost. 

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