(Crédit photo : image trouvée via google, provenant du site imdb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)
Mine de rien, André Øvredal est en train de se tailler une vraie carrure dans la cour des nobles artisans du cinéma fantastique tant chacun de ses nouveaux projets transpire la sincérité, l'envie de bien faire, l'amour du genre et, surtout, la surprise de se confronter, au final, à un aimable divertissement – parfois inégal – ou à un formidable spectacle aussi inspiré que détonnant (Troll Hunter, The Autopsy of Jane Doe).
Scary Stories ne déroge pas à la règle de la modeste réussite dans sa tentative de nous proposer un teen movie horrifique, inspiré de la série de livres d'Alvin Schwartz. D'abord conçu pour séduire les adolescents, le film n'oublie heureusement (et à ma surprise !) jamais les adultes grâce à un premier quart d'heure volontairement classique (la visite d'une demeure hantée), nécessaire à la mise en place des personnages et de leur environnement, avant d'opérer une rupture de ton aussi dramatique qu'horrifique où le réalisme de plusieurs séquences choc finit par nous surprendre durablement.
Scary Stories ne déroge pas à la règle de la modeste réussite dans sa tentative de nous proposer un teen movie horrifique, inspiré de la série de livres d'Alvin Schwartz. D'abord conçu pour séduire les adolescents, le film n'oublie heureusement (et à ma surprise !) jamais les adultes grâce à un premier quart d'heure volontairement classique (la visite d'une demeure hantée), nécessaire à la mise en place des personnages et de leur environnement, avant d'opérer une rupture de ton aussi dramatique qu'horrifique où le réalisme de plusieurs séquences choc finit par nous surprendre durablement.
L'une des plus grandes réussites du film réside dans l'originalité et le design de ses créatures fantastiques, à la fois inquiétantes, fascinantes et terrifiantes, tant elles semblent relever de l'inédit. La patte de Guillermo del Toro, coproducteur et coscénariste, n'est d'ailleurs probablement pas étrangère à cette recherche esthétique d'un onirisme macabre dont chaque apparition laisse une empreinte durable.
Et c'est bien là la grande force de cet aimable divertissement, toujours plus attachant et efficace au fil de son évolution narrative. Une sorte de Stranger Things plus posé, moins tape-à-l'œil et moins stéréotypé, qui privilégie une progression dramatique alerte, palpitante et psychologique à travers le parcours poignant de la jeune Stella, bien décidée à rétablir la vérité autour de Sarah Bellows, victime des mensonges et de la cruauté de sa propre famille. Une cruelle tragédie d'hantise maudite qui gagne en force lors de ce final à la fois poétique et émouvant sans céder aux bons sentiments lacrymaux.
L'idée de ce livre qui écrit sur papier en direct pour retranscrire les pires angoisses de nos jeunes héros avant de les matérialiser dans leur quotidien est aussi judicieuse que fascinante lorsque leurs démons les plus intimes viennent les tourmenter au gré de séquences percutantes, magnifiquement mises en scène dans le seul désir de nous faire croire à l'improbable.
Baignant dans une superbe photo Scope aux teintes automnales, au cœur d'une bourgade ricaine de la fin des années 60 digne de l'univers de Stephen King, Scary Stories convainc sans peine que des héros en culotte courte puissent investiguer et s'opposer à un Mal insidieux sans jamais sombrer dans le zèle ou les effets de manche. Toujours plus captivant au gré de confrontations sporadiques où chaque apparition fantastique fait l'effet d'un électrochoc horrifique - l'épouvantail, les araignées, le zombie démembré ou encore l'inoubliable Femme Pâle dans les couloirs de l'hôpital -, le film parvient à réconcilier les spectateurs adolescents comme les adultes grâce à son amour indéfectible du genre, qu'André Øvredal imprime à chacun de ses projets avec autant de savoir-faire que d'attachante maladresse lorsque l'ambition dépasse parfois les résultats.
Derrière sa métaphore de la peur, du mensonge et des traumatismes engendrés par la guerre du Vietnam, Scary Stories s'impose donc comme l'une des plus belles réussites d'André Øvredal, aux côtés de Troll Hunter, du sous-estimé Le Dernier Voyage du Demeter, et de l'excellent The Autopsy of Jane Doe.
— Celui du cœur noir des images 🖤




Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire