vendredi 17 février 2012

Le Gladiateur du Futur / Endgame - Bronx lotta finale


de Joe D'Amato (Steven Benson). 1983. Italie. 1h36. Avec Al Cliver, Laura Gemser, George Eastman, Jack Davis, Al Yamanouchi, Edmund Purdom, Bobby Rhodes.

Sortie salles France: 9 mai 1984. Italie: 5 Novembre 1983

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Joe d'Amato (nĂ© Aristide Massaccesi le 15 dĂ©cembre 1936 Ă  Rome, mort le 23 janvier 1999) est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste italien. 1977 : Emanuelle in America, 1977 : Viol sous les tropiques, 1979: Buio Omega (Blue Holocaust), 1980:Anthropophagous, La Nuit Erotique des morts-vivants, Porno Holocaust, 1981: Horrible, 1982: 2020, Texas Gladiator, Caligula, la vĂ©ritable histoire, Ator l'invincible, 1983: Le Gladiateur du futur, 1991: Frankenstein 2000


En 1981 sort sur nos Ă©crans deux oeuvres charnières de la science-fiction post-apo, Mad-Mad 2 / New-York 1997. Une vĂ©ritable mode est alors lancĂ©e pour le genre ludique de la sĂ©rie B d'action futuriste plus communĂ©ment appelĂ© "post-nuke". C'est surtout nos voisins transalpins qui s'empresseront d'exploiter le filon pour mettre en amont nombre de pĂ©ripĂ©ties frĂ©nĂ©tiques inspirĂ©es de la bande dessinĂ©e et du western spaghetti. Ainsi donc, la mĂŞme annĂ©e que le fleuron Z du genre 2019 après la chute de New-York, Joe d'Amato nous livre sa version avec le Gladiateur du futur. Un dĂ©lire tout aussi improbable et crĂ©tin mais suffisamment drĂ´le, charmant, attachant, dĂ©paysant, fertile en action pour passer un moment (souvent) hilarant entre amis du samedi soir. Que le jeu de la mort commence ! Le pitchEn 2029, après une guerre nuclĂ©aire, le monde est devenu une terre polluĂ©e par la radioactivitĂ© alors que des mutants tentent d'y survivre sous la dictature fasciste d'un gouvernement corrompu. Participant une fois de plus Ă  un cĂ©lèbre jeu tĂ©lĂ©visĂ© oĂą chaque participant risque la mort au prix d'un gain faramineux, Shanon est un guerrier solitaire usant de bravoure pour combattre ces nouveaux gladiateurs du futur. En l'occurrence, le "jeu de la mort" se rĂ©vèle truquĂ© et Lilith, une mutante de classe B, va Ă©pauler Shanon pour lui Ă©viter de tomber dans un traquenard. En Ă©change, la jeune femme lui propose un marchĂ© pour l'aider Ă  fuir la ville contaminĂ©e et s'expatrier dans une contrĂ©e paisible en compagnie de ses acolytes. Shanon accepte la transaction et commence Ă  recruter une Ă©quipe de baroudeurs intrĂ©pides afin de mieux repousser l'antagoniste.   
.
.
Avec l'entrĂ©e en matière d'un prĂ©ambule aussi farfelu qu'inutile mais tout Ă  fait ludique (la retransmission en direct live du fameux jeu de la mort auquel nos participants armĂ©s s'affrontent impitoyablement dans des sous-sols dĂ©crĂ©pits), Joe d'Amato et son collaborateur Georges Eastman (acteur mais aussi scĂ©nariste) nous Ă©rigent une Ă©nième bisserie Z Ă  la hauteur des moyens prĂ©caires. Il faut d'abord souligner le plaisir immodĂ©rĂ© de voir rĂ©unir Ă  l'Ă©cran une galerie de trognes de seconde zone bien connues des amateurs. Participent donc Ă  l'aventure pour notre plus plaisir coupable, Al Cliver (l'Enfer des Zombies, le Chat Noir, l'Au-dela), Al Yamanouchi (2019, après la chute de New-York... 2020, Texas Gladiateur), Edmund Purdom (l'Avion de l'apocalypse, Emilie, l'enfant des TĂ©nèbres, 2019...), Bobby Rhodes (DĂ©mons 1 et 2, HĂ©ros d'Apocalypse), Georges Eastman (Horrible, Anthropophagous) et enfin notre vĂ©nus des Ă®les, Laura gemser (la sĂ©rie des Black Emanuelle). Ainsi, avec ces comĂ©diens aussi aimables et inexpressifs de par leur jeu cabotin fort en diable, difficile de ne pas Ă©prouver une sympathie attendrie face Ă  leurs Ă©lucubrations verbales et pĂ©ripĂ©ties Ă©chevelĂ©es qu'on ne se lasse jamais de contempler, tel un bambin Ă©baubi.


Avec une trame aussi puĂ©rile (notre valeureux Shanon doit sauvegarder une bande de mutants pour les Ă©vacuer du centre-ville irradiĂ© au prix de moults risques), nous allons donc suivre leurs vicissitudes auquel nombres d'antagonistes vont tenter de leur barrer chemin. Et pour Ă©picer l'intrigue, un officier fasciste et son armĂ©e de nazis feront aussi partie de l'aventure pour tenter de retrouver et ravir un garçonnet douĂ© de pouvoirs surnaturels ! Ainsi, durant ces tribulations futuriste post mad-max, vous ferez la connaissance de notre hĂ©ros pugnace Ă  la barbe impassible, d'un chinois taciturne sans pitiĂ©, d'un chef de gang grassouillet fort en gueule, d'un neurologue pacifiste bienveillant, d'un bad-guy obtus et increvable ou encore d'un colonel fasciste Ă  la mine renfrognĂ©e. Mais vous partagerez Ă©galement l'aventure avec des mutants de Classe B (des contaminĂ©s Ă  la physionomie vertueuse) et des mutants rĂ©gressifs (des affreux jojos Ă  la morphologie nĂ©andertalienne), une communautĂ© d'aveugles clairvoyants (toujours plus nombreux quand leur confrère trĂ©passe sous les balles de l'adversaire), une tĂ©lĂ©pathe mĂ©diterranĂ©enne et enfin un enfant prodige douĂ© de tĂ©lĂ©kinĂ©sie (il soulève des pierres et un vĂ©hicule militaire par la simple force de sa pensĂ©e !). Autant vous dire qu'aussi vide qu'une coquille d'oeuf soit la narration, le rythme vigoureux des scènes d'action, la verve des dialogues hilarants, la ringardise des mines dĂ©saffectĂ©es et sous-sols industriels et le faciès de nos protagonistes ahuris compensent allègrement la mĂ©diocritĂ© de l'entreprise semblable Ă  une attraction de cirque. Surtout lorsque tout ce beau monde se prend au sĂ©rieux avec une sobriĂ©tĂ© gĂ©nialement maladroite. 


De la part d'un habile faiseur de Z (et du porno rentable), notre regrettĂ© Joe d'Amato nous a une fois de plus conçu un divertissement constamment plaisant parce que façonnĂ© avec une foi inĂ©branlable en dĂ©pit des moyens misĂ©reux allouĂ©s. A peu de choses près du niveau du fleuron du genre initiĂ© par Sergio Martino (2019, Après la chute de New-York), le Gladiateur du Futur peut se targuer d'ĂŞtre l'une des rĂ©ussites du genre post-nuke au mĂŞme titre que le diptyque Les Guerriers du BronxDifficile donc de faire la fine bouche devant tant de fantaisie risible quand on est inconditionnel de bisserie transalpine Ă  la patine spĂ©cialement eightie. A revoir d'urgence. 

*Bruno 
08.05.23. 
17.02.12


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire