jeudi 27 février 2014

MARTIN

                                                                         Photo empruntée sur Google, appartenant au site silverferox.blogspot.com

de George A. Romero. 1977. U.S.A. 1h35. Avec John Amplas, Lincoln Maazel, Christine Forrest, Elyane Nadeau, Tom Savini, Roger Caine.

Sortie salles France: 5 Juillet 1978. Cannes: Mai 1977. U.S: 7 Juillet 1978

FILMOGRAPHIE: George Andrew Romero est un réalisateur, scénariste, acteur, auteur américain, né le 4 Février 1940 à New-York.
1968: La Nuit des Morts-vivants. 1971: There's Always Vanilla. 1972: Season of the Witch. 1973: The Crazies. 1977: Martin. 1978: Zombie. 1981: Knightriders. 1982: Creepshow. 1985: Le Jour des Morts-vivants. 1988: Incidents de parcours. 1990: Deux Yeux Maléfiques. 1992: La Part des Ténèbres. 2000: Bruiser. 2005: Land of the Dead. 2008: Diary of the Dead. 2009: Survival of the Dead. 2011: Deep Red.


Martin est mon film favori. Ce fut l'unique fois où je pus exactement retranscrire à l'image ce qui était écrit dans le scénario. Je me rappelle également le plaisir que j'ai eu à le réaliser, épaulé par une équipe fantastique. Un moment très fort de ma carrière.
George Romero.

Considéré comme l'oeuvre la plus personnelle et préférée de son auteur, Martin emprunte le mythe du vampire avec une originalité sans égale. Baignant dans une atmosphère dépressive, le film illustre le cheminement mortuaire de Martin, un jeune homme timoré contraint de se nourrir de sang humain sans qu'il connaisse la véritable raison de son addiction. Afin de ne pas faire souffrir ses victimes, il les endort avec un sédatif avant de leur entailler les veines et ingurgiter leur sang. De retour dans sa région natale, Martin est froidement accueilli par son oncle, un vieillard intégriste persuadé que son neveu est l'incarnation de Nosferatu ! 


Au niveau des meurtres sanglants qui émaillent le récit, ils s'avèrent plutôt crus dans leur réalisme que les FX conçus par le débutant Tom Savini vont renforcer avec une simple efficacité ! Outre le gore déployé, il en émane aussi une ambiance glauque et malsaine par son esthétisme blafard et ces décors restreints (le compartiment d'un train, le vase clos d'une maison) ou industriels (l'usine de Pittsburgh dégageant d'épaisses fumées de pollution). Filmé à la manière d'un documentaire, George Romero dépeint donc le constat d'un univers anxiogène où tous les personnages que l'on côtoie éprouvent un malaise existentiel au sein de leur société conformiste. Les thèmes de l'adultère, du fanatisme religieux et de la solitude sont largement mis en avant afin de dépeindre l'errance de citadins en manque de repères où ennui, incommunicabilité et chômage les confinent vers la sinistrose. En marginal criminel, Martin observe cette population avec amertume puisque incapable d'entamer une amitié durable avec ses proches SPOILER ! (sa cousine décide de quitter le foyer de son oncle pour rejoindre un amant infidèle, quand bien même la voisine avec qui il avait eu un rapport sexuel finit par se suicider) FIN DU SPOILER. D'un pessimisme radical, le film inspire aussi l'empathie vis à vis de ces citadins esseulés et auprès du triste destin de Martin (son châtiment cruel invoqué en guise d'expiation). Sa condition pathologique de vampire malgré lui nous décrivant une victime incapable de contenir ses pulsions tout en étant consciente qu'elle n'est en rien le monstre immortel mimé au cinéma. D'apparence blême et d'une timidité refoulée, on peut saluer l'interprétation viscérale de John Amplas, incarnant à merveille un tueur complexé par son instinct morbide et la crainte des femmes (outre sa coucherie avec Mme Santini, il les endort avant de les violer), faute d'une éducation parentale sectaire. 


Désenchanté et mélancolique (l'élégie musicale de Donald Rubinstein y doit également beaucoup !), dérangeant et malsain, beau et fascinant, Martin renouvelle le mythe du vampire dans une vision personnelle afin de mettre en exergue l'aliénation d'une société anachronique. 

Bruno Matéï

mercredi 26 février 2014

QUASIMODO (The Hunchback of Notre Dame)

                                                                  Photo empruntée sur Google, appartenant au site thehunchblog.com

de William Dieterle. 1939. 2h00. U.S.A. Avec Charles Laughton, Maureen O'Hara, Sir Cedric Hardwicke, Thomas Mitchell, Edmond O'Brien, Alan Marshal, Walter Hampden, Harry Davenport.

Sortie salles France: 10 Septembre 1947. U.S: 29 Décembre 1939

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: William Dieterle est un réalisateur, acteur, scénariste et producteur allemand, né le 15 Juillet 1893 à Ludwigshafen, décédé le 8 décembre 1972 à Ottobrunn (Allemagne).
1921: Escalier de service. 1923: l'Expulsion. 1934: Les Pirates de la mode. 1934: Madame du Barry. 1935: Le Songe d'une nuit d'été. 1936: La Vie de Louis Pasteur. 1937: La Vie d'Emile Zola. 1939: Quasimodo. 1941: Tous les biens de la terre. 1948: Le Portrait de Jennie. 1952: Le Cran d'arrêt. 1953: Salomé. 1954: La Piste des Eléphants. 1955: Feu magique. 1957: Les Amours d'Omar Khayyam. 1960: Les Mystères d'Angkor. 1964: The Confession.


Réalisé en 1939, cette septième adaptation cinématographique du roman de Victor Hugo est considérée à juste titre comme la plus emblématique. C'est grâce à l'interprétation habitée de Charles Laughton que le film doit en partie sa renommée puisque l'acteur quasi méconnaissable insuffle une présence aussi impressionnante dans sa posture difforme qu'empathique pour son amour porté à Esmeralda. Son regard empli d'affection, de colère et de désespoir s'emparant de l'écran avec une vérité prude. On peut notamment saluer la perfection des maquillages auquel le noir et blanc accentue son caractère sinistre et pathétique. Secondé par le charme de Maureen O'Hara, la comédienne dégage une candeur angélique afin de symboliser la pureté d'une gitane éprise de compassion. 


Au 15è siècle, après la guerre de 100 ans, une gitane et ses comparses s'introduisent à Paris malgré l'hostilité du gouvernement français. C'est là qu'elle rencontre Quasimodo, un bossu sonneur de cloche condamné au fouet après avoir été jugé pour troubles à l'ordre public. Epuisé et assoiffé devant une foule hilare, Esméralda décide de lui venir en aide pour lui ramener un peu d'eau. Réticent de prime abord, le bossu finit par se laisser border et tombe subitement amoureux de la jeune inconnue. Injustement accusée d'un crime qu'elle n'a pas commis, Quasimodo va à son tour tenter de la secourir et la protéger au sein de sa cathédrale. La passion amoureuse et le combat pour la liberté sont les thèmes universels intelligemment exploités dans ce drame historique quand bien même l'obscurantisme, l'intolérance, le racisme (la condition des roms en France, sujet plus qu'actuel !) et les superstitions continuent d'empoisonner les mentalités rétrogrades. C'est avec l'intervention de Frollo, un évêque puritain subitement épris d'amour pour Esméralda, que le réalisateur met en exergue les effets pervers du fanatisme religieux. Puisque cet homme d'église rempli d'égoïsme ira jusqu'à commettre la lâcheté d'un assassinat en guise de rancoeur et de jalousie, puis d'accuser de sorcellerie celle par qui l'amour avait osé le provoquer ! Observant les injustices d'un juge vénal, l'insolence d'une population arriérée et l'insurrection des mendiants pour sauvegarder la bohémienne, Quasimodo se porte en sacrifice pour témoigner de sa décence envers la belle Esméralda. Témoignage de tolérance pour le droit à la différence et celle de la laideur physique, le film iconise le portrait d'un déficient d'apparence monstrueuse où la beauté du coeur finit par dévoiler des trésors de vertu. Enfin, le réalisateur met également en parallèle le cheminement évolutif d'une société en mutation (le roi finit par céder aux exigences des mendiants !) où les écrits d'un texte sont perçus avec plus de bon sens chez le lecteur dans cette nouvelle forme de liberté d'expression. 


Histoire d'un amour impossible entre un héros ignorant et une bohémienne victime de son élégance, Quasimodo s'érige en fable humaniste pour témoigner de l'intolérance des hommes et de l'injustice de l'amour. Un classique destiné à perdurer pour le traitement accordé à ces thèmes d'actualité auquel la prestance inoubliable de Charles Laughton renforce son caractère fascinant.  

Bruno Matéï
3èx

mardi 25 février 2014

S.O.S. Fantômes (Ghostbusters)

                                                                      Photo empruntée sur Google, appartenant au site Notrecinema.com

d'Ivan Reitman. 1984. U.S.A. 1h45. Avec Bill Murray, Dan Aykroyd, Harold Ramis, Sigourney Weaver, Rick Moranis, Annie Potts, William Atherton, Ernie Hudson.

Sortie salles France: 12 Décembre 1984. U.S: 8 Juin 1984

FILMOGRAPHIE: Ivan Reitman est un réalisateur canadien, né le 27 Octobre 1946 à Komarno en Tchécoslovaquie.
1971: Foxy Lady. 1973: Cannibal Girls. 1979: Arrête de ramer, t'es sur le sable. 1981: Les Bleus. 1984: SOS Fantômes. 1986: L'Affaire Chelsea Deardon. 1988: Jumeaux. 1989: S.O.S. Fantômes 2. 1990: Un Flic à la Maternelle. 1993: Président d'un Jour. 1994: Junior. 1997: La fête des pères. 1998: 6 Jours, 7 nuits. 2001: Evolution. 2005: Ma Super ex. 2011: Sex Friends.


Succès planétaire de l'année 84 (il bat même les recettes d'Indiana Jones et le Temple maudit !), au même titre que son tube interprété par Ray Parker, JR, S.O.S. Fantômes s'est rapidement imposé au statut culte, de par son concept original et la complicité amicale de redresseurs de tort pas comme les autres. Trois professeurs sur la dèche décident de créer leur propre entreprise axée sur les phénomènes paranormaux. Avec l'aide de leurs équipements ultra sophistiqués et de leur véhicule de fonction, ils parcourent la ville afin de débusquer le moindre fantôme. Alors que des spectres farceurs importunent la tranquillité de certains résidents, une menace beaucoup plus délétère se profile à l'horizon au point de vouloir anéantir toute la ville de New-York !


Partant d'une idée aussi délirante qu'improbable (la création de la société S.O.S Fantômes !), Ivan Reitman entreprend une farce autour de l'héroïsme de scientifiques en herbe, délibérés à déclarer la guerre aux fantômes de tous bords ! En ce qui concerne le look excentrique de ces derniers, le réalisateur s'en donne à coeur joie pour donner chair à des revenants inspirés du cartoon (le glouton d'un vert fluorescent) alors que d'autres s'avèrent plus académiques (les créatures cerbères du Dieu Gozer !). Mais le clou du spectacle reste sans conteste l'apparition dantesque du Marshmallow, sorte d'immense bonhomme de neige en pâte de guimauve, subitement doué de vie par l'allégeance de Gozer ! Son sourire plaisantin et sa manière apathique de se déplacer à travers les immeubles pour aller piétiner les habitants déclenche la surprise hilarante ! Quand à l'accoutrement futuriste de nos chasseurs de fantômes en combinaisons et équipés d'appareils expérimentés (la boite à fantômes, l'unité de confection), ils inspirent cette même extravagance, à l'instar de leurs armes laser qu'ils utilisent aveuglément (et sans modération !) afin d'éradiquer l'ennemi ! Grâce à la dérision du second degré et la spontanéité des comédiens décomplexés (particulièrement Bill Muray en dragueur invétéré et Rick Moranis en gaffeur timoré inscrit au célibat), S.O.S Fantômes insuffle une énergie exubérante dans son lot de péripéties (l'invasion des fantômes en plein centre urbain après s'être évadé de l'unité de confection !) où l'enjeu final (épargner la fin du monde !) culmine vers une confrontation démoniaque (nos chasseurs pris à parti avec la déesse Gozer sur le toit de l'immeuble !). Si les gags plus ou moins drôles font souvent mouche, c'est surtout l'attitude fantaisiste des protagonistes qui inspire autant l'amusement que la sympathie. Sans compter la présence charnelle d'une Sigourney Weaver transie d'émoi car asservie par un esprit démoniaque mais aussi importunée par un voisin de palier en mal d'amour et de reconnaissance ! (avec son physique peu avantageux, l'impayable Rick Moranis impose une maladresse impérieuse !).


Avec la grande complicité amicale des comédiens et la panoplie délirante impartie aux fantômes espiègles ou menaçants, S.O.S. Fantômes n'a rien perdu de sa ferveur et de sa fantaisie délurée. D'autant plus que le soin accordé aux effets-spéciaux (révolutionnaires pour l'époque !) permettent à l'aventure de le rendre toujours aussi pétulant. Une comédie miraculeuse d'une étonnante fraîcheur et à la bonne humeur communicative ! 

A Harold Ramis...



Bruno Matéï
4èx 

lundi 24 février 2014

INDIANA JONES ET LE TEMPLE MAUDIT (Indiana Jones and the Temple of doom)

                                                                 Photo empruntée sur Google, appartenant au site seri-z.blogspot.com

de Steven Spielberg. 1984. U.S.A. 1h58. Avec Harrison Ford, Kate Capshaw, Jonathan Ke Quan, Amrish Puri, Roshan Seth, Philip Stone.

Sortie salles France: 12 Septembre 1984. 23 Mai 1984

FILMOGRAPHIE: Steven Allan Spielberg, Chevalier de l'Ordre national de la Légion d'honneur est un réalisateur, producteur, scénariste, producteur exécutif, producteur délégué et créateur américain, né le 18 décembre 1946 à Cincinnati (Ohio, États-Unis).1971: Duel , 1972: La Chose (télé-film). 1974: Sugarland Express, 1975: Les Dents de la mer, 1977: Rencontres du troisième type, 1979: 1941, 1981: les Aventuriers de l'Arche Perdue, 1982: E.T. l'extra-terrestre , 1983: La Quatrième Dimension (2è épisode), 1984: Indiana Jones et le Temple maudit, 1985: La Couleur pourpre, 1987: Empire du soleil, 1989: Indiana Jones et la Dernière Croisade, Always, 1991: Hook, 1993: Jurassic Park, La Liste de Schindler, 1997: Le Monde Perdu, Amistad, 1998: Il faut sauver le soldat Ryan Saving Private Ryan, 2001: A.I., 2002: Minority Report, Arrête-moi si tu peux, 2004: Le Terminal , 2005: La Guerre des Mondes, 2006: Munich, 2008: Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal, 2011: Les Aventures de Tintin, cheval de guerre. 2012: Lincoln.


Trois ans après les Aventuriers de l'Arche perdue, Steven Spielberg nous offre une préquelle encore plus vertigineuse que son modèle, les nombreuses péripéties s'enchaînant avec une générosité sans limite. Cette fois-ci, afin de sauver une population hindou de la famine et pour libérer leurs enfants de l'esclavage, Indiana Jones doit retrouver une pierre sacrée dérobée par le tyran Mola Ram, un prêtre de magie noire. Avec l'aide d'une star du music-hall et d'un garçonnet chinois, ils se dirigent vers le palais de Pankot et sont fraîchement accueillis par un enfant maharadjah.


Véritable archétype du grand spectacle familial, Indiana Jones et le Temple Maudit joue encore plus la carte du divertissement exaltant sous le concept d'une véritable fête foraine (à l'instar de l'époustouflante poursuite en wagonnet régie sous la mine !). Si le scénario s'avère moins étoffé que son prédécesseur et dénué de surprises, l'efficacité endiablée à laquelle Steven Spielberg coordonne ses morceaux de bravoure nous laisse pantois ! Tel un gosse émerveillé devant son jouet, ce second opus reproduit nos émotions d'antan par un enchaînement de situations alarmistes (une course contre la montre pour la survie !) que nos héros doivent défier de manière toujours plus démesurée ! Qui plus est, l'univers occulte dépeint au rez-de-chaussée du palais s'avérant plus sombre pour son thème invoqué à la magie noire et au personnage du prêtre Mola Ram (l'acteur Amrish Puri insuffle une présence impressionnante dans son charisme diabolique !). D'ailleurs, le cinéaste n'hésite pas à introduire quelques séquences horrifiques inopinées, tel le célèbre arrachage de coeur commis à mains nues (le film écopa Outre-atlantique d'une interdiction aux mineurs de moins de 13 ans !). Outre la rigueur de son montage millimétré et de sa réalisation virtuose, Spielberg réussit à nouveau à exploiter les audaces d'Indy par un parfait dosage d'humour et d'action. Quand bien même la complicité amicale de nos trois héros n'est jamais avare en réparties pittoresques (le duo formé par Indy et Willie Scott fait des étincelles dans leur opinion de contradiction !). Quand à l'enfant chinois souvent stéréotypé dans ce type de spectacle, il ne s'avère ici jamais agaçant dans sa maladresse car simplement sincère par sa démarche loyale de héros en culotte courte.


Indiana Jones et le temple de la mort
Ultra jouissif et d'une générosité sans égale, Indiana Jones et le temple maudit est le modèle absolu du cinéma d'action et d'aventures. La recette idéale d'avoir su combiner avec autant d'efficacité humour et action sans que la surenchère ne viennent s'y interférer. A l'instar du charme et de l'extrême sympathie invoqués à notre trio d'héros, Indiana Jones et le temple maudit fonctionne sur le dévouement, l'intégrité et l'amour d'un cinéaste totalement à l'écoute de son public familial. 

La critique des Aventuriers de l'Arche perdue: http://brunomatei.blogspot.fr/2014/02/les-aventuriers-de-larche-perdue.html
Indiana Jones et la Dernière croisade: http://brunomatei.blogspot.fr/2014/03/indiana-jones-et-la-derniere-croisade.html
Indiana Jones et le royaume du crane de cristal: http://brunomatei.blogspot.fr/2014/03/indiana-jones-et-le-royaume-du-crane-de.html

Bruno Matéï
5èx

                                       l

vendredi 21 février 2014

CHROMOSOME 3 (The Brood). Prix du Jury au Festival de Catalogne, 1981.

                                                                    Photo empruntée sur Google, appartenant au site Notrecinema.com

de David Cronenberg. 1979. Canada. 1h34. Avec Oliver Reed, Samantha Eggar, Art Hindle, Henry Beckman, Nuala Fitzgerald, Cindy Hinds, Susan Hogan.

Sortie salles France: 10 Octobre 1979. Canada: 1er Juin 1979. U.S: 25 Mai 1979

Récompense: Prix du Jury de la Critique Internationale au Festival International du film de Catalogne, 1981.

FILMOGRAPHIE: David Cronenberg est un réalisateur canadien, né le 15 mars 1943 à Toronto (Canada).
1969 : Stereo, 1970 : Crimes of the Future, 1975 : Frissons, 1977 : Rage, 1979 : Fast Company, 1979 : Chromosome 3, 1981 : Scanners, 1982 : Videodrome, 1983 : Dead Zone, 1986 : La Mouche, 1988 : Faux-semblants,1991 : Le Festin nu, 1993 : M. Butterfly, 1996 : Crash, 1999 : eXistenZ, 2002 : Spider, 2005 : A History of Violence, 2007 : Les Promesses de l'ombre, 2011 : A Dangerous Method. 2012: Cosmopolis.


Après 2 coups d'essai très remarqués auprès de la cinéphilie spécialisée (son diptyque Frissons/rage), David Cronenberg frappe encore un grand coup avec Chromosome 3, un drame psychologique où l'épouvante vient s'instaurer d'une manière toute aussi malsaine. Un psychiatre marginal prescrit à ses patients une nouvelle thérapie, le psychoprotoplasme ! En s'intéressant particulièrement à traiter le cas d'une mère dépressive, tout juste séparée de sa famille. Battue par sa génitrice durant son enfance, Nola Carveth extériorise sa haine en reproduisant la même violence sur sa propre fille Candy. Au moment où le Dr Raglan tente de la guérir avec sa nouvelle thérapie, un meurtre vient d'être commis sur la propre mère de Nola. Le coupable reste introuvable, jusqu'au jour ou Frank Carveth, l'époux de la patiente, découvre son identité après la découverte d'un second meurtre. Ce meurtrier appréhendé possède l'apparence d'un enfant difforme dénué de sexe, fruit d'une mutation génétique inconnue !


Avec plus de talent dans la maîtrise de sa mise en scène et la sobriété imperturbable des comédiens (Oliver Reed, Samantha EggarArt Hindle et la petite Cindy Hinds crèvent l'écran !), David Cronenberg continue de perturber le spectateur par le biais d'une intrigue foutrement anxiogène. Des patients psychologiquement fragiles ou perturbés laissent transparaître sur leur corps des stigmates après avoir confier leur traumatisme moral au Dr Raglan  !
Le fait d'assister à la psychothérapie de ces individus en grande souffrance psychologique se répercute sur notre psychisme puisque le cinéaste aborde les délicats problèmes du divorce, de la filiation, de la maltraitance infantile et de la dépression dans un souci d'intimisme. Qui plus est, avec le témoignage prude d'une fillette traumatisée par un meurtre, Cronenberg enfonce le clou pour mettre en exergue la fragilité de l'innocence quand celle-ci est livrée à une situation de grande violence. A l'instar de cet homicide crapuleux auquel l'institutrice sera sacrifié par deux enfants mutants devant le témoignage horrifié de ces élèves ! Cette scène éprouvante quasi insupportable serait aujourd'hui bannie de nos écrans tant Cronenberg n'a pas froid aux yeux pour projeter des images horrifiques assez crues mais toujours tributaires d'un scénario aussi original qu'intelligent. Car il explore notamment le danger des progrès de la médecine (le psychoprotoplasme peut provoquer une tumeur !) et suggère donc une analogie sur le cancer. Sur ce dernier point, le film met bien en valeur les effets indésirables de la souffrance psychologique au risque de se répercuter sur notre corps et développer une forme d'excroissance. SPOILER ! Quand au point d'orgue traumatique, il faut avoir le coeur bien accroché pour découvrir l'horrible vérité quand la mère des abeilles décide de dévoiler à la base de son nombril un foetus ensanglanté pour le lécher délicatement ! FIN DU SPOILER


Profondément dérangeant et malsain, Chromosome 3 retransmet une émotion quasi dépressive avec l'entremise de ces protagonistes instables en quête d'exutoire et nous plonge dans l'horreur cérébrale avec une transgression jusqu'au-boutiste. Le climat de malaise qui en émane est notamment renforcé par le score aigu de Howard Shore et Cronenberg achève sa conclusion sur une note d'autant plus nihiliste. En nous laissant sur le bord de la route avec la dernière apparition d'une fillette impassible, future martyr d'une maladie incurable !
Du grand cinéma horrifique comme on en voit plus de nos jours.
Pour public averti

Dédicace à Mylène Lam
Bruno Matéï
5èx


jeudi 20 février 2014

LE MOULIN DES SUPPLICES (Il Mulino delle donne di pietra)

                                                   Photo empruntée sur Google, appartenant au site creadoresimagenes.blogspot.com

de Giorgio Ferroni. 1960. Italie. 1h35 (version italienne intégrale). Avec Pierre Brice, Dany Carrel, Scilla Gabel, Wolfgang Preiss, Herbert A. E. Bohme, Marco Guglielmi, Liana Orfei, Olga Solbelli.

Sortie salles France: 5 Septembre 1962

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Giorgio Ferroni (né le 12 avril 1908 à Pérouse et mort le 17 août 1981 à Rome) est un réalisateur et scénariste italien.
1939: Terre de feu. 1946: Sans Famille. 1960: Le Moulin des Supplices. 1961: La Guerre de Troie. 1961: Les Bacchantes. 1963: Hercule contre Moloch. 1964: Le Colosse de Rome. 1965: Le Dollar Troué. 1968: 2 pistolets pour un lâche. 1971: La Grande Chevauchée de Robin des Bois. 1972: La Nuit des Diables. 1975: Le dur... le mou... et le pigeon.


Classique transalpin à la croisée de l'Homme au masque de cire et des Yeux sans Visage, le Moulin des Supplices est un bijou gothique aussi raffiné que les célèbres illustrations de Bava. Hans, apprenti sculpteur, part à Amsterdam pour rencontrer le professeur Wahl. L'homme est propriétaire d'un moulin reconverti en musée de cire et cohabite avec un médecin et sa propre fille. Gravement malade, cette dernière ne peut supporter la moindre contrariété au risque d'en perdre la vie. Depuis l'arrivée du jeune inconnu, elle jette son dévolu sur la passion amoureuse. Mais leur relation va vite se transformer en cauchemar depuis que Hans éprouve des sentiments pour une autre fille.


Futur réalisateur d'un autre classique tout aussi flamboyant (la Nuit des Diables), Giorgio Ferroni prouvait déjà avec le Moulin des Supplices qu'il était capable de transcender l'épouvante dans un esthétisme gothique des plus prégnants. En affiliant la tragédie, la romance impossible et l'horreur séculaire, le réalisateur peaufine une ambiance aussi mélancolique que doucereusement étrange (à l'instar des sculptures de pierre qui ornent le moulin !). Qui plus est, avec l'apparition ensorcelante de la comédienne italienne Scilla Gabel, le film adopte des allures de conte élégiaque. Dans la peau de Elfie, elle nous révèle ici une présence glaçante de beauté trouble et insuffle une aura magnétique lorsqu'elle s'enflamme à déclarer son amour pour l'être aimé. Mais son engagement auprès du jeune Hans découle d'une profonde souffrance impartie à sa solitude dans l'antre du moulin, notamment sa maladie incurable dont elle ignore les aboutissants. Si la première partie du film laisse transparaître une romance envoûtée, les choses vont rapidement dégénérées quand Hans va devenir le pion d'une terrible machination. En combinant hallucinations et réalité, le réalisateur sème le doute dans l'esprit du spectateur depuis que notre héros n'est plus apte à discerner la part de vérité ! Passé ce suspense latent admirablement entretenu durant plus de la moitié du film, les révélations vont enfin pouvoir nous dévoiler l'étrange collaboration que préserve le professeur avec son médecin. En abordant les thèmes de l'amour possessif, de l'obsession et de la folie, Giorgio Ferroni structure une tragédie d'épouvante quasi désespérée mais toute aussi morbide dans sa scénographie de mannequins putréfiés, quand bien même l'archétype du savant fou y renoue ses exactions. 


Malgré sa petite impression de déjà vu et un alibi narratif un peu facile (SPOILER !!! le groupe sanguin de Liselotte Cornhaim correspond exactement à celui d'Elfie pour parfaire l'opération ! FIN DU SPOILER), le Moulin des Supplices sublime l'épouvante gothique dans un souci formel où l'amour éperdu y enfante une ambiance impénétrable. Un classique impérissable à la touche italienne, dans le sens stylisé de son onirisme macabre. 

Bruno Matéï
3èx

mercredi 19 février 2014

TWELVE YEARS A SLAVE

                                                                       Photo empruntée sur Google, appartenant au site theartscentregc.com.au

de Steve Mc Queen. 2013. U.S.A/Angleterre. 2h13. Avec Chiwetel Ejiofor, Michael Fassbender, Lupita Nyong'o, Benedict Cumberbatch, Paul Dano, Paul Giamatti, Brad Pitt, Alfre Woodard.

Sortie salles France: 22 Janvier 2014. U.S: 8 Novembre 2013

FILMOGRAPHIE: Steve Rodney McQueen est un artiste et réalisateur anglais, né le 9 Octobre 1969 à Londres.
2008: Hunger. 2011: Shame. 2013: Twelve years a slave.


La publication de la terrible histoire de Solomon Northup, Douze ans d'esclavage, a donné lieu à des questionnements quant à la véracité de son témoignage. Pour l'édition de 1968 des mémoires, les historiens Sue Eakin et Joseph Logsdon ont authentifié les faits mentionnés par Northup. Plusieurs historiens s'accordent à dire que Douze ans d'esclavage est le témoignage le plus authentique jamais écrit par un esclave.

Tiré de l'autobiographie de Solomon Northup, Twelve years a slave retrace sa longue descente aux enfers avec un souci de réalisme éprouvant. Après sa rencontre avec deux artistes sans vergogne, Solomon Northup est soutiré à sa famille pour être kidnappé afin de devenir l'esclave d'un propriétaire de coton. Uppercut émotionnel d'une intensité dramatique parfois insupportable (le châtiment du fouet infligé à Patsey nous bouleverse jusqu'à la gêne !), Twelve years a slave retrace la captivité et l'épreuve de force d'un esclave noir, soumis à l'autorité de deux riches titulaires. 


Avec souci de vérité, Steve Mc Queen reconstitue l'époque de l'esclavage du 19è siècle, juste avant que la guerre de sécession n'y mette un terme ! Durant plus de 2h15, nous sommes témoins des conditions inhumaines infligées à une poignée d'esclaves de la Nouvelle-Orléans, vulgairement traités comme du bétail par des propriétaires racistes assoiffés de haine. Steve Mc Queen s'attarde donc à retranscrire leurs conditions de survie, en particulier celui d'un charpentier afro-américain aujourd'hui réduit à la soumission mais prudemment studieux afin de mieux s'adapter à sa misère. Avec crudité et souci de vérité historique, le réalisateur dénonce l'horreur de l'esclavage dans sa forme physique et psychologique. Celle de paisibles africains soutirés à leur famille du jour au lendemain car condamnés à l'allégeance de riches capitalistes motivés par l'économie. Des africains dénués d'une moindre considération car exploités à s'épuiser dans les champs pour la cueillette du coton. Et si l'un d'entre eux n'apporte pas la quantité journalière espérée, le châtiment du fouet leur est systématiquement imposé. Pire encore, pour un motif dérisoire ou inconnu, d'autres se retrouvent même pendus sous la corde d'un arbre de la manière la plus archaïque, quand bien même, les plus désespérés songent au suicide afin d'épargner leur labeur.   
Avec ces personnages orduriers remplis de fiel et de lâcheté, vautrés dans leur égocentrisme et leur confort, le réalisateur met en exergue leur idéologie raciste dans sa forme la plus amorale. Le fait d'observer quotidiennement l'endurance de survie de ces domestiques, incessamment confrontés aux humiliations, viols, tortures et travaux forcés, nous confine dans le nihilisme du désespoir. Qui plus est, l'environnement solaire dans lequel ils évoluent laisse transparaître une aura malsaine où la sueur, le sang et la mort se sont emparés de l'atmosphère ! 


Réquisitoire cinglant contre l'esclavagisme et l'intolérance du racisme, Twelve Years a slave est un moment de cinéma à rude épreuve, le genre d'expérience émotionnelle où il est impossible d'en sortir indemne. Témoignage de survie pour Solomon Northup et hommage plein d'humilité à la communauté noire (12 millions d'africains ont été concernés par l'esclavagisme !), Twelve Years a slave est un document essentiel sur une période honteuse de l'Amérique. 

Bruno Matéï

mardi 18 février 2014

EXCALIBUR

                                                              Photo empruntée sur Google, appartenant au site Fan-de-cinema.com

de John Boorman. 1981. U.S.A/Angleterre. 2h21. Avec Nigel Terry, Helen Mirren, Nicol Williamson, Cherie Lunghi, Nicholas Clay, Paul Geoffrey, Robert Addie, Gabriel Byrne, Patrick Stewart.

Sortie salles France: 27 Mai 1981. U.S: 10 Avril 1981

Récompense: Prix de la Contribution Artistique au Festival de Cannes, 1981

FILMOGRAPHIE: John Boorman est un réalisateur, producteur, scénariste et acteur américain, né le 18 Janvier 1933 à Shepperton (Royaume-Uni).
1965: Sauve qui peut. 1967: Le Point de non-retour. 1968: Duel dans le pacifique. 1970: Leo the last. 1972: Délivrance. 1974: Zardoz. 1977: L'Exorciste 2. 1981: Excalibur. 1985: La Forêt d'Emeraude. 1987: Hope and Glory. 1990: Tout pour réussir. 1995: Rangoon. 1998: Le Général. 2001: Le Tailleur de Panama. 2003: In my Country. 2006: The Tiger's Tail.


Le Graal est un objet mythique de la légende arthurienne, objet de la quête des chevaliers de la Table ronde. À partir du XIIIè siècle, il est assimilé au Saint Calice (la coupe utilisée par Jésus-Christ et ses douze disciples au cours de la Cène, et qui a recueilli le Sang du Christ) et prend le nom de Saint Graal. La nature du Graal et la thématique de la quête qui lui est associée ont donné lieu à de nombreuses interprétations symboliques ou ésotériques, ainsi qu'à de multiples illustrations artistiques.

Film d'aventures épiques, récit fantastique imprégné de mythologie, Excalibur allie la chevalerie, la féerie et la sorcellerie avec une alchimie éthérée. Splendeur esthétique où l'époque médiéval n'a jamais paru aussi baroque et fantasmagorique, Excalibur s'érige en fresque majestueuse sous l'allégeance d'Arthur, Merlin, Lancelot, Perceval, Guenièvre, Morgane et Mordred. Les personnages les plus héroïques étant ici contraints de s'affronter pour le sens de l'honneur et de la loyauté, quand bien même leur faiblesse humaine va finalement extérioriser des sentiments d'orgueil, de trahison, de colère et de lâcheté. Le scénario irracontable se concentre autour d'Arthur et sa requête éternelle pour l'épée Excalibur afin de rebâtir un nouvel empire plus serein et prospère. Mais à cause d'une trahison d'adultère commise par Guenièvre et Lancelot, et d'un sortilège invoqué entre Arthur et Morgane, le roi se réunit autour de la table parmi ces chevaliers afin de partir à la conquête du Graal. Un objet de sacre autrement plus mythique pour lui permettre de renouer avec sa dignité ! 


A travers les personnages symboliques de Merlin et de Morgane, John Boorman oppose les forces du Bien et du Mal de manière équivoque puisque Merlin lui même n'est pas à proprement parler un exemple d'intégrité (il soutire un bébé à sa mère en guise de chantage, celui là même qui deviendra plus tard le roi Arthur !). Leur confrontation sournoise (Morgane use de sa séduction pour gagner la confiance de Merlin) est notamment un prétexte, une épreuve de force pour Arthur et ses complices afin de comprendre la notion du sacrifice lors des combats barbares, mais aussi saisir les valeurs du pardon et de la rédemption quand l'amour en était la cause. Quand à l'épée prodige tant convoitée, elle désigne à elle seule l'ultime pouvoir et la puissance physique uniquement pour le chevalier qui saura l'utiliser à bon escient. Par son ambiance ésotérique littéralement ensorcelante, Excalibur nous projette donc dans un monde médiéval obsédant où la nature écologique n'a jamais paru aussi fantasque et épurée ! Crépusculaire également, quand la malédiction perpétrée par Morgane et son fils laisse une forêt en berne, à l'instar des pendus et cadavres putrescents jonchant les branches d'arbres, quand bien même les paysans affamés sont confrontés à la précarité de leur survie ! 


Une épée... Forgée par un dieu, ferment de l'avenir, force vive d'un roi !
Grandiose, onirique, étrange, baroque, envoûtant, Excalibur relève de l'exploit filmique pour avoir illustrer avec autant de lyrisme et de violence la légende d'Arthur et ces chevaliers de la table ronde. Extrêmement ambitieux, John Boorman a su consolider un univers aussi enchanteur qu'obscur dans lequel ses personnages torturés n'ont eu de cesse de combattre leur dualité afin de retrouver l'équilibre de l'équité. Un chef-d'oeuvre vertigineux étourdissant de beauté funèbre, à l'instar des accents épiques imposés par le thème de Wagner, et une source d'inspirations pour d'autres classiques à venir !

Bruno Matéï
3èx


lundi 17 février 2014

LES AVENTURIERS DE L'ARCHE PERDUE (Raiders of the Lost Ark)

                                                                   Photo empruntée sur Google, appartenant au site myscreens.fr

de Steven Spielberg. 1981. U.S.A. 1h55. Avec Harrison Ford, Karen Allen, Paul Freeman, Ronald Lacey, John Rhys-Davies, Denholm Elliott, Alfred Molina.

Sortie salles France: 16 Septembre 1981. U.S: 12 Juin 1981

FILMOGRAPHIE: Steven Allan Spielberg, Chevalier de l'Ordre national de la Légion d'honneur est un réalisateur, producteur, scénariste, producteur exécutif, producteur délégué et créateur américain, né le 18 décembre 1946 à Cincinnati (Ohio, États-Unis).
1971: Duel , 1972: La Chose (télé-film). 1974: Sugarland Express, 1975: Les Dents de la mer, 1977: Rencontres du troisième type, 1979: 1941, 1981: les Aventuriers de l'Arche Perdue, 1982: E.T. l'extra-terrestre , 1983: La Quatrième Dimension (2è épisode), 1984: Indiana Jones et le Temple maudit, 1985: La Couleur pourpre, 1987: Empire du soleil, 1989: Indiana Jones et la Dernière Croisade, Always, 1991: Hook, 1993: Jurassic Park, La Liste de Schindler, 1997: Le Monde Perdu, Amistad, 1998: Il faut sauver le soldat Ryan Saving Private Ryan, 2001: A.I., 2002: Minority Report, Arrête-moi si tu peux, 2004: Le Terminal , 2005: La Guerre des Mondes, 2006: Munich, 2008: Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal, 2011: Les Aventures de Tintin, cheval de guerre. 2012: Lincoln.


L'Arche d'alliance, en hébreu אֲרוֹן הָעֵדוּת, Aron ha'Edout, « Arche du témoignage », est le coffre qui, dans la Bible, contient les tables de la loi (10 Commandements) données à Moïse sur le mont Sinaï. C'est un coffre oblong de bois recouvert d'or. Le propitiatoire surmonté de deux chérubins, qui en forme le couvercle, est considéré comme le trône, la résidence terrestre de YHWH (Exode 25:22). Lorsque le tabernacle fut terminé, l'arche fut mise dans le saint des saints, la partie la plus centrale du Temple de Jérusalem. (1 Rois 8:1–8).

Immense succès lors de sa sortie, à tel point qu'il devient le film le plus rentable de l'année 1981, Les Aventuriers de l'Arche Perdue représente l'archétype moderne du cinéma d'aventures afin de rameuter la nouvelle génération. Et à Harrison Ford de porter le chapeau et manier le fouet pour devenir une icone du héros viril ! A titre subsidiaire, c'est grâce au succès français de Philippe de Broca, l'Homme de Rio, que Spielberg eut l'idée de concrétiser son projet par le biais de son ami Georges LucasEn 1936, le célèbre archéologue Indiana Jones doit retrouver la trace de l'arche d'alliance pour la remettre à son gouvernement avant que les allemands ne s'en emparent


Ce postulat de départ est un prétexte pour étaler sur une durée de près de deux heures courses-poursuites, quiproquos et péripéties trépidantes ! Avec une maîtrise virtuose, à l'instar de la rigueur millimétrée du montage, les Aventuriers de l'Arche Perdue joue la carte du dépaysement et de l'évasion avec une alchimie quasi occulte. A travers les contrées de l'Inde et de l'Egypte, Indiana Jones va tenter par tous les moyens de récupérer l'arche d'alliance dérobée par son ennemi juré, René Belloq. L'intérêt de l'aventure est donc de connaître quelles stratégies va employer notre héros pour se tirer des pires claustrations (notamment tenter de canaliser sa phobie des serpents au sein du "puits des âmes" !) et se réapproprier l'objet tant convoité ! En dosant habilement l'action, la romance (sa relation frétillante avec Marion), l'humour et une pointe de fantastique (le final surnaturel !), Steven Spielberg cristallise une haletante quête au trésor avec une inventivité généreuse. Que ce soit au niveau de la chorégraphie des combats et des cascades à couper le souffle que du comportement pittoresque de certains protagonistes !
Incroyablement charismatique (alors que Tom Selleck était à l'origine prévu pour le rôle !), Harrison Ford n'a jamais été aussi à l'aise que dans la peau d'Indiana Jones. Aventurier retors incapable de rebrousser chemin quand il s'agit de récupérer un trésor, l'acteur dégage une énergie insolente pour se railler de ses ennemis en multipliant indépendamment bravoures insensées. La charmante Karen Allen lui partage la vedette avec une spontanéité pleine de fraîcheur mais aussi impudence et virilité afin de berner l'ennemi. Ce duo indéfectible aux caractères bien trempés fonctionne autant sur la tendresse et la rancune de leur liaison que sur leur complicité héroïque.   


Scandé par l'épique partition de John Williams, Les Aventuriers de l'arche perdue est un modèle de mise en scène à l'énergie inépuisable, d'autant mieux servi par le couple légendaire Harrison Ford / Karen Allen. Un chef-d'oeuvre inoxydable dont le talent de conteur du cinéaste fait une fois de plus merveille avec le sens habile d'une efficacité optimale.   
  
5èx

Récompenses: American Movie Awards 1982 : Meilleur film, Meilleur réalisateur, Meilleur scénario pour Lauwrence Kasdan. 
BAFTA Awards 1982: Meilleure direction artistique pour Norman Reynolds.
BSFC Awards: 1982 : Meilleur réalisateur
Eddie Awards 1982 : Meilleur montage cinéma pour Michael Kahn
Grammy Awards 1982 : Meilleur album de musique de film pour John Williams
Prix Hugo 1982 : Meilleur film dramatique
KCFCC Awards 1982 : Meilleur film
Kinema Junpo Awards 1982 : Meilleur film étranger pour Steven Spielberg.
Golden Reel Awards 1982 : Meilleur montage pour les dialogues, Meilleur montage pour les effets sonores.
Oscars 1982: Meilleure direction artistique pour Norman Reynolds, Leslie Dilley et Michael Ford.
Meilleur son, Meilleur Montage, Meilleurs Effets Spéciaux, Meilleurs effets sonores.
People's Choice Awards 1982 : Film préféré des américains
Saturn Awards 1982: Meilleur film fantastique, Meilleur Acteur pour Harrison Ford, Meilleure Actrice pour Karen Allen, Meilleur Réalisateur, Meilleur scénariste, Meilleurs Effets-spéciaux, Meilleure Musique. 
Young Artist Awards 1982: Meilleur film familial
Saturn Artist Awards 2004: Meilleure Collection DVD pour l'ensemble de la saga. 

vendredi 14 février 2014

INNOCENT BLOOD

                                                                           Photo empruntée sur Google, appartenant au site listal.com

de John Landis. 1992. U.S.A. 1h52. Avec Anne Parillaud, David Proval, Rocco Sisto, Chazz Palminteri, Anthony LaPaglia, Robert Loggia, Tony Sirico.

Sortie salles France: 17 Février 1993. U.S: 25 Septembre 1992

FILMOGRAPHIE: John Landis est un réalisateur, acteur, scénariste et producteur américain, né le 3 Août 1950 à Chicago (Illinois, Etats-Unis).
1973: Schlock. 1977: Hamburger Film Sandwich. 1978: American College. 1980: The Blues Brothers. 1981: Le Loup-garou de Londres. 1983: Un Fauteuil pour deux. 1983: La Quatrième Dimension. 1985: Série noire pour une nuit blanche. 1985: Drôles d'espions. 1986: Trois amigos ! 1986: Cheeseburger film sandwich. 1988: Un Prince à New-York. 1991: l'Embrouille est dans le sac. 1992: Innocent Blood. 1994: Le Flic de Beverly Hills 3. 1996: Les Stupides. 1998: Blues Brothers 2000. 1998: Susan a un plan. 2010: Cadavres à la pelle.


Comédie horrifique un peu oubliée dans la carrière de John Landis, Innocent Blood tente te redorer le mythe du vampire dans un contexte contemporain en affiliant le film de gangster. Marie, séduisante femme vampire, mort un soir un caïd de la mafia mais est contrainte de s'enfuir au moment de le tuer. Devenu à son tour vampire, il décide de contaminer ses sbires afin de mieux régir la ville. Quand bien même la police tente de comprendre qui aurait pu commettre ce meurtre sauvage, un flic obstiné se prend d'affection pour Marie et finit par se laisser convaincre de leur alliance afin d'éradiquer le clan des vampires.


A partir d'un scénario léger, John Landis réussit à maintenir l'intérêt dans une suite de quiproquos, bévues et poursuites échevelées. Son efficacité usuelle émanant notamment du caractère pittoresque des situations et de l'attitude farfelue des antagonistes. Et à ce niveau, le réalisateur continue de prouver son savoir-faire pour allier harmonieusement horreur et comédie dans un esprit décomplexé. Bien entendu, tout n'est pas du meilleur goût, quelques gags tombant à plat, mais on rit ou sourit souvent des vicissitudes invoquées à Macelli et ses complices, condamnés depuis peu à une nouvelle existence surnaturelle ! En prime, les maquillages très convaincants laissent en exergue par intermittence des séquences gores du plus bel effet (arrachages de gorge spectaculaires amplifiés d'une bande son percutante, mais aussi désintégration inédite d'un vampire à la vue de la lumière !). Conduit sur un rythme alerte, Innocent Blood joue donc la carte du divertissement sans prétention avec une bonne humeur communicative. Il faut dire que nos victimes vampires s'en donnent à coeur joie dans leur nouveau comportement sanguinaire où le besoin nutritif de sang s'avère l'élément essentiel pour rester en vie et accéder à la suprématie. Symbolisant l'élégance d'une jeune vampire, la comédienne française Anne Parillaud l'incarne avec sobriété et n'hésite pas une nouvelle fois à se mettre à nue afin de nous dévoiler sa silhouette ténue. Pour preuve, une séquence érotique torride ne manque pas de nous interpeller pour son étreinte avec l'inspecteur Joe Gennaro. Ce dernier étant "discrètement" endossé par Anthony LaPaglia (futur star de la célèbre série tv FBI: portés disparus !) puisque le comédien semble manquer d'une certaine assurance dans sa posture héroïque et sa nouvelle fonction d'amant (on peine à éprouver de l'empathie pour leur liaison amoureuse). Dans celui du parrain récalcitrant, Robert Loggia s'en donne à coeur joie dans le cabotinage afin d'incarner un vampire égocentrique assoiffé de sang et de fiel !


Comédie horrifique imparfaite mais bougrement sympathique par son charme naïf auquel la dérision des personnages n'y est pas étrangère, Innocent Blood est suffisamment bien rodé pour combiner action, horreur et comédie. Avec cette volonté immodérée de nous rappeler l'amour qu'il porte au genre, John Landis entrecoupe notamment son film de clins d'oeil (certains protagonistes observent avec fascination des extraits de classiques de l'épouvante sur leur poste TV !) et de caméos surprises ! (Argento, Savini et Raimi se prêtant au jeu avec bonhomie !).

Bruno Matéï
3èx


jeudi 13 février 2014

LES MOIS D'AVRIL SONT MEURTRIERS

                                                             Photo empruntée sur Google, appartenant au site cinemapassion.com

de Laurent Heynemann. 1986. France. 1h29. Avec Jean Pierre Marielle, Jean Pierre Bisson, François Berléand, Brigitte Roüan, Maïté Nahyr, Luc Béraud, Guylène Péan, Dominique Bernard, Christian Bouillette, Jean Cherlian.

Sortie salles France: 15 Avril 1987

FILMOGRAPHIE: Laurent Heynemann est un réalisateur français, né le 9 Novembre 1948.
1977: La Question. 1979: Le Mors aux dents. 1981: Il faut tuer Birgit Haas. 1983: Stella. 1986: Les Mois d'Avril sont meurtriers. 1990: Faux et usage de faux. 1991: La Vieille qui marchait dans la mer. 2001: Un aller simple.


Polar oublié des années 80 d'autant peu diffusé à la TV, Les Mois d'avril sont meurtriers s'est pourtant vu attribué à l'époque du Prix Spécial du Jury lors du Festival du film policier de Cognac.
Le film suit de manière méthodique l'affrontement imperturbable d'un flic renommé et d'un tueur sans pitié. Persuadé qu'un ancien militaire est responsable d'un crime sordide, l'inspecteur Fred va tenter de le faire avouer afin de le renvoyer derrière les barreaux.


D'après un roman éponyme de Robin Cook, Les Mois d'avril sont meurtriers nous invite au jeu du chat et de la souris entre deux hommes chevronnés, un duel négocié à coup de joutes verbales jusqu'à ce que l'un puisse déclarer forfait. Cet affrontement psychologique est entièrement régi autour de leur verve incisive qu'ils se renvoient avec défi toujours plus arrogant. Face à l'attitude insolente d'un tueur plein d'orgueil, le film nous illustre également l'abus de pouvoir du policier, préalablement hanté par la mort accidentelle de sa fille, SPOILER ! et qui ira jusqu'à braver sa déontologie professionnelle en falsifiant une preuve. Poussé par l'humiliation et la profanation de la tombe de la défunte, Fred finit donc par céder à la lâcheté afin de remporter la mise. FIN DU SPOILER. Au niveau de la mise en scène hétérodoxe, Laurent Heynemann fait preuve d'excentricité dans l'architecture géométrique de la bureaucratie ou de l'appartement du tueur. Le jeu de lumières et des couleurs accentuant son caractère insolite, quand bien même de l'extérieur, la cité urbaine se pare d'un contraste saisissant pour mettre en relief l'humidité d'une atmosphère blafarde. 
Dans la peau du flic pugnace à la voix rocailleuse, Jean Pierre Marielle joue de sa présence longiligne et impose un personnage froid assez individuel. Avec un état d'esprit plus retors qu'il n'y parait, Jean-Pierre Bisson lui partage la vedette de manière cynique et nous dépeint un tueur d'apparence banale afin de mieux camoufler ses vices. Par leur dualité de soumission, les citoyens qui les entourent semblent livrés au caprice de leurs excès sans pouvoir s'y interposer. 


Polar intense entièrement conçu sur le brio des dialogues que deux individus se renvoient sans répit à coup d'ironie, Les mois d'Avril sont meurtriers élude admirablement le manichéisme et peut prétendre à s'imposer comme l'un des polars singuliers des années 80. 

Dédicace à Jean-François Dupuy
Bruno Matéï

mercredi 12 février 2014

STARSHIP TROOPERS

                                                                   Photo empruntée sur Google, appartenant au site Notrecinema.com

de Paul Veroheven. 1997. U.S.A. 2h09. Avec Casper Van Dien, Dina Meyer, Denise Richards, Jake Busey, Neil Patrick Harris, Clancy Brown, Seth Gilliam.

Sorties salles France: 21 Janvier 1998. U.S: 4 Novembre 1997

FILMOGRAPHIE: Paul Verhoeven est un réalisateur néerlandais, né le 18 Juillet 1938 à Amsterdam. 1971: Business is business. 1973: Turkish Delices. 1975: Keetje Tippel. 1977: Le Choix du Destin. 1980: Spetters. 1983: Le Quatrième Homme. 1985: La Chair et le Sang. 1987: Robocop. 1990: Total Recall. 1992: Basic Instinct. 1995: Showgirls. 1997: Starship Troopers. 2000: l'Homme sans Ombre. 2006: Black Book. 2012: Tricked.


Deux ans après le controversé Showgirl, Paul Verhoeven continue de déconcerter son public avec Starship Troopers. Un film de guerre à grand spectacle sous couvert d'invasion d'insectes géants ! Modestement accueilli en salles, les spectateurs de l'époque étaient sans doute passés à côté de la charge satirique du film, pied de nez envers le militarisme que notre cinéaste sous entend avec une irrésistible dérision. Dans une époque futuriste, l'armée ricaine de jeunes recrues de la fédération est engagée dans une guerre impitoyable contre l'invasion d'arachnides venus d'une autre planète


A partir de ce postulat, notre réalisateur iconoclaste va transcender sa conformité par un ton parodique sous-jacent, de par l'attitude suicidaire des apprentis combattants, têtes brûlées lobotomisées par leur propagande officielle, et par le cynisme meurtrier accordé aux insectes ! La première partie du film suit donc l'entrainement intensif de ces jeunes lycéens obnubilés à l'idée d'aller combattre l'ennemi et de parcourir la galaxie stellaire. La caricature assénée à ces machistes et garçonnes en manque d'adrénaline constitue le point le plus risible du film, tant ces personnages incultes s'avèrent endoctrinés par leur enseignement militaire voué au sens du sacrifice. Quand bien même certains de leurs dirigeants les plus gradés portent les stigmates de membres amputés laissés au champ d'honneur !  
Dans sa seconde partie aussi anticonformiste, Paul Verhoeven se moque de la bravoure de ces fantassins et de leur sens de l'honneur en les envoyant aveuglément au massacre du front ! Avec un désir inévitable de nous divertir et nous en foutre plein la vue, Verhoeven concocte des séquences épiques de batailles dantesques dont le clou du spectacle s'érige autour de l'assaut d'un fort (hommage modernisé au western Alamo !). Piégés à l'intérieur, nos guerriers opiniâtres vont tenter de repousser l'abordage des arachnides toujours plus élevés en nombre ! Visuellement impressionnante, l'action échevelée déploie les moyens techniques considérables pour nous transcender un spectacle barbare où fusillades, chairs éclatées et explosions sont les seules directives du carnage annoncé ! Les FX numériques (récompensés au Saturn Award !) assurant la démarche mécanique des insectes avec une vélocité bluffante !


Engagez vous !
Drôlement cynique dans sa caricature assénée à une société réactionnaire, Starship Troopers provoque la farce d'une guérilla moderne auquel de jeunes recrues décervelées n'ont comme seul éthique de périr au champ d'honneur ! Ce pamphlet militariste dégage une verve pittoresque d'autant plus incisive qu'elle est souvent suggérée par l'esprit abêtissant de ces soldats en herbe !

Bruno Matéï
3èx


mardi 11 février 2014

ROBOCOP 2

                                                                                Photo empruntée sur Google, appartenant au site c1n3.org

d'Irvin Kershner. 1990. U.S.A. 1h57. Avec Peter Weller, Nancy Allen, Dan O'Herlihy, Tom Noonan, Belinda Bauer, Robert DoQui, John Glover, Gabriel Damon.

Sortie salles France: 5 Septembre 1990. U.S: 22 Juin 1990

FILMOGRAPHIE: Irvin Kershner est un réalisateur et producteur américain, né le 29 Août 1923 à Philadelphie (Pennsylvanie), décédé le 27 Novembre 2010 à Los Angeles (Californie).
1958: Stakeout on Dope Street. 1959: The Young Captive. 1961: Le Mal de vivre. 1963: Face in the Rain. 1964: The Luck of Ginger Coffey. 1966: l'Homme à la tête fêlée. 1967: Une sacré fripouille. 1970: Loving. 1972: Up the Sandbox. 1974: Les 'S' Pions. 1976: La Revanche d'un Homme nommé Cheval. 1978: Les Yeux de Laura Mars. 1980: l'Empire contre-attaque. 1983: Jamais plus jamais. 1990: Robocop 2.


C'est au réalisateur de l'Empire contre-attaque (et de l'excellent Les Yeux de Laura Mars !) qu'incombe finalement la tâche t'entreprendre une suite du chef-d'oeuvre de Verhoeven. Robocop 2 étant astucieusement un titre à double sens puisqu'il caractérise surtout le prototype d'un nouveau cyborg malintentionné ! Avec l'aide du scénariste Frank Miller, cette séquelle reprend les mêmes ingrédients de son prédécesseur dans son mélange de satire politique (pubs parodiques à l'appui) et d'action destroy où l'ultra violence continue de verser dans la surenchère. Je songe particulièrement à l'éventration chirurgicale opérée sur un flic corrompu, ou encore aux mesquineries d'une bande de marmots cambrioleurs n'hésitant pas à tabasser son commerçant. Si cette dernière séquence s'avère un brin ironique par son caractère débridé, elle n'en demeure pas moins implicitement dérangeante dans son amoralité, quand bien même un peu plus tard, un gamin d'à peine 13 ans régira le contrôle du marché de la drogue depuis que Cain aura été vaincu par Robocop !


Dans les rues de Detroit, violence et délinquance règnent en maître alors que nos politiciens et magistrats continuent de sombrer dans la corruption. Cain, trafiquant notoire, décide de ravitailler la population de sa nouvelle drogue synthétique: le Nuke ! Lancé à ses trousses, Robocop est piégé par ses sbires lors d'un guet-apens. Réduit en charpie, il est rapatrié dans les locaux de l'OCP afin de pouvoir le remettre sur pied. Mais sous la direction d'une doctoresse arriviste, il devient aujourd'hui une nouvelle machine docile dénuée de bravoure et de lucidité. Conscient de son état régressif, il décide de s'électrocuter afin de retrouver sa mémoire. Pendant ce temps, le dealer Cain reprend ses activités de dealer avant que Robocop ne revienne prendre sa revanche. 
Voilà pour le bref résumé de la première partie, car sous la plume de Frank Miller, Robocop 2 remotive son intrigue à mi-parcours avec la présence d'un nouvel intervenant ! Un cyborg particulièrement irascible car préalablement dépendant à la prise de stupéfiants ! J'ai nommé Cain, réduit en l'occurrence à l'état de mi-homme, mi-androïde par les membres de l'OCP afin de pouvoir concurrencer avec l'obsolète Robocop ! Bien évidemment, notre héros d'acier redresseur de torts n'aura pas dit son dernier mot ! 
Ce scénario huilé est un nouveau prétexte afin de transfigurer une bande dessinée destroy grandeur nature ! Fertile en péripéties et action explosive, le spectacle n'est jamais une complaisance gratuite afin de combler nos attentes car il ne fait que respecter la ligne directive de sa narration. Cette efficacité endiablée est notamment renforcée par la fluidité de la mise en scène ainsi que la crédibilité imposée aux effets-spéciaux, quand bien même la lisibilité de l'action nous permet de nous y immerger intensément. Particulièrement son point d'orgue anthologique étalant sur une durée de près de 20 minutes un florilège de bastons dantesques et de fusillades épiques !


Privilégiant la générosité du spectacle explosif, Irvin Kershner ne loupe pas le coche pour faire honneur à son modèle, même s'il pallie un peu la psychologie humaine émise à l'homme machine. Outre sa mise en scène solide et l'efficience des rebondissements, c'est notamment sa galerie excentrique de personnages véreux (en particulier sa délinquance juvénile !) et la peinture caustique impartie à une société anarchique qui rendent l'aventure aussi stimulante ! 

La critique de Robocop: http://brunomatei.blogspot.fr/2012/09/robocop-directors-cut.html

Bruno Matéï
4èx