de Paul Verhoeven. 1992. 2h08. Avec Michael Douglas, Sharon Stone, George Dzundza, Jeanne Tripplehorn, Denis Arndt, Leilani Sarelle, Dorothy Malone, Bruce A. Young
Sortie salles France: 8 mai 1992. U.S: 20 Mars 1992
FILMOGRAPHIE: Paul Verhoeven est un réalisateur néerlandais, né le 18 Juillet 1938 à Amsterdam.
1971: Business is business. 1973: Turkish Delices. 1975: Keetje Tippel. 1977: Le Choix du Destin. 1980: Spetters. 1983: Le Quatrième Homme. 1985: La Chair et le Sang. 1987: Robocop. 1990: Total Recall. 1992: Basic Instinct. 1995: Showgirls. 1997: Starship Troopers. 2000: l'Homme sans Ombre. 2006: Black Book.
Thriller Ă©rotique au succès international fulgurant (352 millions de dollars de recettes), Basic Instinct suscita un tel engouement qu’il engendra une horde d’ersatz aussi rustres qu’inutiles. Au-delĂ du portrait psychologique absolument passionnant de ses amants interlopes, sa vĂ©ritable rĂ©ussite rĂ©side Ă©galement dans un scĂ©nario dĂ©lĂ©tère, tendu d’ambiguĂŻtĂ©s subtiles.
Synopsis: Lors d’un rapport sexuel avec une blonde mystĂ©rieuse, une ancienne rock star est retrouvĂ©e sauvagement assassinĂ©e Ă coups de pic Ă glace. L’inspecteur Nick Curran mène l’enquĂŞte auprès de l’Ă©crivaine et psychologue Catherine Tramell, maĂ®tresse de la victime la veille du crime. La rencontre incendiaire avec cette femme retorse l’entraĂ®ne dans une relation vĂ©nĂ©neuse, jusqu’au point de non-retour.
Suspense acĂ©rĂ©, Ă©rotisme torride et violence chirurgicale composent un thriller vertigineux au rĂ©cit impeccablement charpentĂ©. L’efficacitĂ© extrĂŞme tient surtout dans la danse trouble entre un flic indĂ©cis, si moralement vulnĂ©rable, et une mante religieuse insaisissable. Ambivalence charnelle et suspicion convergent en un jeu de manipulation oĂą la coupable prĂ©sumĂ©e tisse sa toile pour mieux dĂ©vorer ses proies. Avec une virtuositĂ© gĂ©omĂ©trique (deux courses-poursuites renversantes, des meurtres d’une sauvagerie explicite, une stylisation Ă©rotique d’une audace glaciale), Paul Verhoeven manie sexe et violence avec une intelligence roublarde. En aiguisant le suspense et en semant une suspicion rampante, il orchestre une enquĂŞte jubilatoire, saturĂ©e de fausses pistes, de rebondissements et de revirements sanglants. En prĂ©datrice carnassière et lesbienne assumĂ©e, Sharon Stone embrase l’Ă©cran, irradie d’une sensualitĂ© vĂ©nĂ©neuse et impose une Ă©lĂ©gance charnelle inĂ©dite. La densitĂ© du film s’enracine dans la caractĂ©risation trouble de son personnage, Ă la fois clairvoyant et manipulateur. En victime galvaudĂ©e, prisonnier de l’amour d’une maĂ®tresse bicĂ©phale, Michael Douglas impose le portrait Ă©quivoque d’un inspecteur en perdition, minĂ© par ses sentiments. Flic nĂ©vrosĂ© au passĂ© torturĂ©, il s’acharne pourtant Ă coincer sa prĂ©sumĂ©e coupable pour conjurer ses doutes. Ensemble, ils forment un duo indocile, consumĂ© par des pulsions sexuelles incontrĂ´lĂ©es. Leur affrontement est une guerre cĂ©rĂ©brale sans merci, oĂą manipulation et sĂ©duction s’entrelacent jusqu’Ă l’abĂ®me.
"Pulsions."
Thriller Ă©rotique transgressif, entièrement bâti sur la nĂ©vrose de ses personnages, Basic Instinct s’impose comme un jeu de perversitĂ©, transcendant le portrait d’amants dĂ©chus par l’Ă©chec amoureux. RĂ©vĂ©lation vĂ©nĂ©neuse, Sharon Stone ensorcelle de son aura sulfureuse et propulse l’Ĺ“uvre novatrice de Verhoeven au rang de jalon des annĂ©es 90.
— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir



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