mardi 3 décembre 2013

L' Année de tous les Dangers / The Year of Living Dangerously

                                                    Photo empruntée sur Google, appartenant au site mauvais-genres.fr

de Peter Weir. 1982. Australie. 1h55. Avec Mel Gibson, Sigourney Weaver, Linda Hunt, Michael Murphy, Bill Kerr, Noel Ferrier.

Sortie salles France: 1er Juin 1983. Australie: 17 Décembre 1982. U.S: 21 Janvier 1983

Récompense: Oscar du Meilleur second rôle féminin pour Linda Hunt en 1984

FILMOGRAPHIE: Peter Weir est un réalisateur australien, né le 21 Août 1944, à Sydney, Australie.
1974: Les Voitures qui ont mangé Paris. 1975: Pique-nique à Hanging Rock. 1977: La Dernière Vague. 1981: Gallipoli. 1982: l'Année de tous les Dangers. 1985: Witness. 1986: Mosquito Coast. 1989: Le Cercle des Poètes Disparus. 1990: Green Card. 1993: Etat Second. 1998: The Truman Show. 2003: Master and Commander. 2011: Les Chemins de la Liberté.


Dans la lignée de Salvador, La Déchirure et Under Fire, L'Année de tous les dangers traite des prises de risque du journalisme lorsque le reporter en quête de scoop se retrouve expatrié dans un pays despotique. L'action prend pour cadre l'Indonésie au cours de l'année 1965, juste avant le mouvement du 30 septembre. Guy Hamilton, journaliste australien, s'y rend sur place pour nous informer de la situation précaire instaurée au sein d'un peuple affamé où les enfants malades en deviennent les premières victimes. En dehors des autres journalistes qui assistent impuissants à la crise, Guy préfère se rapprocher de l'humaniste Billy Kwan, un nain sino-australien. Au cours de son séjour, il rencontre également une assistante anglaise, Jill Bryant, avec qui il entame une relation amoureuse.


Difficile de retranscrire précisément ses impressions après la projection de L'Année de tous les dangers tant la mise en scène autonome de Peter Weir traite son sujet avec pudeur et subtilité. Il nous transporte au sein d'une aventure humaine où violence et passion s'entrechoquent à travers le cheminement de trois personnages (Guy, Billy et Jill), communément confrontés au désordre politique et à leur propre éthique. Témoins impuissants d'un conflit social en pleine ascension, ils assistent à la montée d'une rébellion communiste prête à s'emparer des armes afin de renverser le pouvoir. Avec l'audace courageuse d'un jeune journaliste en quête de scoop, Peter Weir illustre les risques inconsidérés que certains d'entre eux sont prêts à prendre pour leur intérêt professionnel. Sauf qu'en l'occurrence, Guy Hamilton est rattrapé par son amitié avec un correspondant étranger et l'amour qu'il éprouve pour une diplomate anglaise. Avec une maîtrise affinée, le cinéaste illustre donc la violence (celle de l'autorité de l'armée et de la colère des insurgés) sans une once de sensationnalisme et observe le comportement du trio avec une humanité aussi fébrile que tourmentée. En particulier le cas du jeune Guy Hamilton, partagé entre son devoir de profession et sa raison morale, mais décidant finalement de lâcher prise sur le scoop escompté en privilégiant son idylle passionnelle.

Soutenu par la vibrante partition de Maurice Jarre, restée dans toutes les mémoires, et magnifié par la sobriété de ses interprètes, L'Année de tous les dangers laisse une trace indélébile dans l'esprit du spectateur par son dépaysement imparti à l'Indonésie et par le lyrisme qui émane de ses personnages contrariés. Une des œuvres les plus envoûtantes des années 80 dont le souffle romanesque nous laisse sur un sentiment d'inachevé face à la postérité d'un peuple martyr, prochainement enclin à la violence des combats. Du grand cinéma.

— le cinéphile du cœur noir 🖤

Note: Le film a été interdit en Indonésie jusqu'en 1999 car il montrait par quel concours de circonstances tumultueux et sanglant le dictateur Soeharto arriva au pouvoir

03.12.13. 2èx


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