de Mel Gibson. 2004. U.S.A/Italie. 2h07. Avec Jim Caviezel, Maia Morgenstern, Hristo Jivkov, Francesco de Vito, Monica Bellucci, Luca Lionello, Hristo Chopov, Rosalinda Celentano, Claudia Gerini.
Sortie sales France: 31 Mars 2004. U.S: 25 Février 2004
FILMOGRAPHIE: Mel Gibson est un réalisateur, scénariste, acteur et producteur américain, né le 3 Janvier 1956 à Peekskill (Etats-Unis). 1993: l'Homme sans visage. 1995: Braveheart. 2004: La Passion du Christ. 2006: Apocalypto.
Énorme succès à sa sortie, malgré de vives controverses quant à la représentation graphique de sa violence et aux accusations d’antisémitisme portées contre son réalisateur, La Passion du Christ relate les douze dernières heures de Jésus de Nazareth, de son jugement à sa crucifixion, à travers son chemin de croix.
Innommable descente aux enfers d’un martyr religieux livré à la barbarie des obscurantistes, La Passion du Christ est une épreuve de force émotionnelle que le spectateur subit de plein fouet avec une empathie désespérée, témoin impuissant d’un lynchage communautaire. Que l’on soit croyant ou athée, assister durant plus de deux heures à l’agonie de celui qui prêcha l’amour, le pardon et le don de soi interpelle notre raison face à la vindicte d’une foule manipulée, de certaines autorités religieuses, puis de la brutalité romaine.
À travers cette lente agonie où Jésus endure d’innombrables sévices, entre flagellation et crucifixion, Mel Gibson rend hommage à un symbole de vertu apte à surmonter son calvaire par la foi paternelle et l’amour. Qui plus est, le fait de pardonner à ses tortionnaires leurs exactions sadiques et d’invoquer auprès de ses disciples l’amour de ses ennemis prouve la tolérance inouïe que ce prophète fut capable de prodiguer afin de rassembler les peuples.
Dans un esprit de provocation jusqu’au-boutiste, Mel Gibson dérange, incommode, ébranle, viole notre esprit sans nous demander pardon, et provoque même la nausée à travers des tortures ininterrompues, difficilement soutenables. Mais il ne fait que retranscrire avec une radicalité quasi documentaire les châtiments corporels d’un homme refusant la moindre repentance pour soulager ses souffrances. C’est aussi, d’une certaine manière, une analogie sur la violence aliénante d’un monde où l’intégrisme se soumet à l'ignorance pour mieux la perpétuer.
— Celui du cœur noir des images 🖤




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