vendredi 18 juillet 2014

Parents. Prix de la Critique, Avoriaz 1989

                                                 Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site cinedemedianoche.cl

de Bob Balaban. 1989. U.S.A./Canada. 1h22. Avec Randy Quaid, Mary Beth Hurt, Sandy Dennis, Bryan Madorsky, Juno Mills-Cockell.

Sortie salles France: 22 Janvier 1989 (Festival d'Avoriaz). U.S: 27 Janvier 1989

FILMOGRAPHIE: Bob Balaban est un acteur, scénariste, réalisateur et producteur américain, né le 16 Août 1945 à Chicago. 1983: The Brass Ring (télé-film). 1989: Parents. 1992: Amazing Stories: Book Five (épisode TV). 1993: My Boyfriend's Back. 1994: The Last good Time. 1995: Legend (série TV). 1997: Subway Stories: tales from the Underground (télé-film). 1999: Strangers with Candy (série TV). 1999: Un Agent très secret (série TV). 2000: Deadline (série TV). 2001: Temps mort (série TV). 2004: No Joking (télé-film). 2005: Hopeless Pictures (série TV). 2005: The Exonerated (télé-film). 2007: Bernard et Doris (télé-film). 2008: Swington (série TV). 2009: Georgia O'Keefe (télé-film).


Traitant du thème de la fragilitĂ© de l'enfance, Ă  l'instar de son compère Paperhouse, communĂ©ment rĂ©compensĂ©s Ă  Avoriaz, Parents n'a pas usurpĂ© sa rĂ©putation de perle culte vantĂ©e Ă  l'Ă©poque dans les pages de Mad Movies et autres mags spĂ©cialisĂ©s. Le redĂ©couvrir aujourd'hui prouve Ă  quel point le film de Bob Balaban (rĂ©alisateur mĂ©connu issu de la tĂ©lĂ©vision) Ă©tait pourvu d'une audace rafraĂ®chissante au sein du paysage horrifique. Le pitchMichael est un petit garçon fragile observant la vie avec autant de curiositĂ© que de perplexitĂ©. Car le comportement suspect de ses parents l'amène Ă  penser qu'ils pourraient ĂŞtre adeptes du cannibalisme. Sous couvert de pitch original baignant dans l'humour noir et la satire sociale, Parents est avant tout l'Ă©tude psychanalytique d'un enfant en perte de repère car dĂ©couvrant le monde inquiĂ©tant des adultes sous un jour nouveau. Du point de vue de sa conscience candide, Michael observe l'existence de ses parents sous un aspect autrement vĂ©nal après les avoir surpris dans leur lit entrain de forniquer. Et ce n'est pas l'influence perverse de sa copine d'Ă©cole, une mythomane intarissable, qui le rĂ©confortera dans sa paranoĂŻa grandissante. 


Au fil de ses observations quotidiennes, son investigation le mènera finalement Ă  la plus horrible des vĂ©ritĂ©s au point de devenir adepte du vĂ©gĂ©tarisme. Ainsi, Ă  travers les Ă©lĂ©ments horrifiques du cannibalisme et de la perversitĂ©, Bob Balaban satirise en diable afin de nous dĂ©voiler l'envers du dĂ©cor. Celui de la face cachĂ©e d'une AmĂ©rique d'apparence puritaine mais corrompue par le mensonge et le vice. Avec son ambiance d'Ă©trangetĂ© aussi dĂ©calĂ©e que dĂ©rangeante, le rĂ©alisateur nous assène une caricature de la cellule familiale habitĂ©e par le cynisme et la passion culinaire, en l'occurrence celle de la chair humaine ! Autour de l'introspection fragile de Michael, un climat lourd et oppressant s'y distille, contrebalancĂ© de l'attitude ironique des parents faussement rassurants. Non dupe de leur hypocrisie, Michael bascule dès lors dans un cauchemar domestique oĂą le danger toujours plus palpable l'incite Ă  se rebeller contre l'autoritĂ© rendue hostile Ă  ses yeux. Outre sa rĂ©alisation soignĂ©e et inventive parfois expĂ©rimentale, Parents est largement privilĂ©giĂ© de la conviction des interprètes (en parents autoritaires, Randy Quaid et Mary Beth Hurt forment un duo indissociable !). Mais c'est surtout la prĂ©sence introvertie de Bryan Madorsky qui renforce l'intensitĂ© des situations car endossant avec un naturel trouble un enfant gagnĂ© par la contrariĂ©tĂ© et la quĂŞte de dĂ©couverte (ici effroyable).


American Beauty
Malsain et oppressant, dérangeant et cruel (l'épilogue n'y va pas de main morte pour martyriser une fois de plus le bambin !), mais redoublant de dérision et de cocasserie, Parents n'a rien perdu de son insolence et de sa force métaphorique à démasquer l'aspect véreux de la maturité. L'adulte insidieux ayant comme priorité de se nourrir de son prochain afin d'y survivre.

RĂ©compensePrix de la critique Ă  Avoriaz, 1989

*Bruno
21.07.22. 4èx
18.07.14. 

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