samedi 25 février 2023

Candyman 2 / Candyman: Farewell to the Flesh

                                              
                                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site alamy.com

de Bill Condon. 1995. 1h35. Avec Kelly Rowan, Tony Todd, Veronica Cartwright, Bill Nunn, William O'Leary, Timothy Carhart

Sortie salles France: 9 AoĂ»t 1995. U.S: 17 Mars 1995

FILMOGRAPHIE: Bill Condon est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste, acteur et producteur amĂ©ricain, nĂ© le 22 octobre 1955 Ă  New York, aux États-Unis. 1987 : Sister, Sister. 1995 : Candyman 2. 1998 : Ni dieux ni dĂ©mons. 2004 : Kinsey. 2005 : Dreamgirls. 2011 : Twilight, Chapitre IV : RĂ©vĂ©lation - 1re Partie. 2012 : Twilight, Chapitre V : RĂ©vĂ©lation - 2e Partie. 2013 : Le Cinquième Pouvoir. 2015 : Mr. Holmes. 2017 : La Belle et BĂŞte.


BoudĂ© Ă  sa sortie mais rĂ©habilitĂ© depuis par certains critiques Ă  l'occasion de sa commercialisation Blu-ray (suffit de surfer sur certaines plateformes de tests Blu-ray et blogs spĂ©cialisĂ©s), Candyman 2 ne mĂ©ritait pas tant de discrĂ©dit. Car si on reste Ă  100 lieux de son modèle, authentique classique horrifico-sociologique Ă  travers son pamphlet anti-raciste Ă  la fois poignant et terrifiant, cette sĂ©quelle demeure tout Ă  fait frĂ©quentable sous la houlette de Bill Condon Ă  qui l'on doit dĂ©jĂ  Sister, Sister et surtout Ni Dieux ni DĂ©mons. Car soigneusement photographiĂ© sous un Ă©clairage sĂ©pia et richement dĂ©corĂ©, notamment Ă  travers le carnaval du mardi gras de la nouvelle OrĂ©lans, Candyman 2 sĂ©duit les mirettes en prime d'entretenir notre attention cĂ©rĂ©brale sous l'impulsion d'un pitch, certes simpliste et pafois maladroit, mais bĂ©nĂ©ficiant de 2 idĂ©es fructueuses (un miroir / une filiation) pour maintenir notre attention jusqu'au gĂ©nĂ©rique Ă©paulĂ© qui plus est d'une conclusion retorse par son ironie tacite dĂ©nuĂ©e d'effets de manche. On peut d'ailleurs en dire autant auprès du prologue sardonique (au grĂ© d'un jumscare tĂ©tanisant Ă  contrario d'autres aussi vains qu'infructueux !) lorsqu'un enseignant renseigne ses Ă©lèves sur la lĂ©gende urbaine de Candyman avant de trĂ©passer dans les toilettes d'un bar (tous les effets gores mĂ©caniques s'avĂ©rant d'ailleurs crĂ©dibles au fil du rĂ©cit). 


Niveau cast, si on s'agace facilement du duo de flics caricaturaux dans leurs mimiques aussi agaçantes qu'outrancières, la blonde Kelly Rowan parvient modestement Ă  donner chair Ă  son personnage hĂ©roĂŻque partagĂ©e entre scepticisme,  fragilitĂ© dĂ©pouillĂ©e et dĂ©passement de soi d'oser affronter son dĂ©mon que le charismatique Tony Todd endosse avec un sĂ©rieux toujours imperturbable. Et s'il demeure moins effrayant qu'au prĂ©alable, sa première apparition lorsqu'il s'adresse Ă  l'hĂ©roĂŻne en la nommant par son prĂ©nom renoue avec l'angoisse tangible du 1er opus. Quant aux meurtres qui empiètent le rĂ©cit, ils demeurent assez efficaces puisque justifiĂ©s par le traitement narratif n'en faisant jamais trop (en dĂ©pit de jump-scares foireux susnommĂ©s) quant au sort des personnages impliquĂ©s dans un conflit familial. Enfin, il faut Ă©galement souligner qu'outre le caractère ludique de cette suite agrĂ©ablement menĂ©e puisque dĂ©nuĂ©e de temps mort, Candyman 2 dĂ©gage un charme probant Ă  travers sa chaude ambiance horrifique soigneusement esthĂ©tisĂ©e auprès de dĂ©cors tantĂ´t lugubres (le final dans la bicoque humectĂ©e), tantĂ´t baroques (le repère de Candyman avec ces immenses tags polychromĂ©s) ou solaire (l'anthologique flash-back retraçant avec beaucoup de cruautĂ© le lynchage suppliciĂ© de Daniel Robitaille). Quant au score lancinant toujours composĂ©e par Philip Glass, il imprègne tout naturellement l'oeuvre par ses tonalitĂ©s sĂ©pulcrales Ă  l'Ă©lĂ©gie saillante. 


Si on a donc affaire Ă  une sĂ©quelle imparfaite parfois maladroite (notamment l'intrusion qui fait tâche de ce duo de flics sorti d'une mauvaise sĂ©rie TV) et dĂ©nuĂ©e d'ambition (l'aspect sĂ©rie B est beaucoup plus prononcĂ©), Candyman 2 demeure toutefois attachant, formellemment soignĂ©, assez captivant et sincère dans sa dĂ©marche d'y respecter la mythologie pour se laisser Ă  nouveau sĂ©duire en toute modestie. 

*Bruno
24.02.23. 3èx
15.03.17. 2èx. 724 v

Ci-joint les chroniques du modèle et de l'excellent remake: 

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