mardi 3 février 2026

The Rip de Joe Carnahan. 2026. U.S.A. 1h55.

                                            (Crédit photo : image trouvée via Imdb, provenant du site Imdb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)
 
The Rip, estampillé Netflix, est avant tout une bonne série B nocturne, un polar du samedi soir comme on les aime… du moins pendant une heure quinze. Un film carré, bien tenu, bien joué, porté par de belles gueules, et surtout par des personnages féminins au charisme affirmé, qui imposent une présence presque virile, une densité bienvenue dans ce marigot masculin.

La première heure est bougrement captivante. Carnahan y installe une suspicion généralisée, un climat de défiance poisseux où chaque flic semble pouvoir être vendu au plus offrant. La corruption suinte, les loyautés vacillent, les manipulations s’enchevêtrent. Tout se joue la nuit, dans une ambiance crépusculaire, magnifiquement crépusculaire même, où l’obscurité n’est pas qu’un décor mais un état moral. La nuit comme métaphore évidente - et efficace - d’une police potentiellement pourrie jusqu’à l’os.
 
 
Et puis… la dernière demi-heure arrive. Et là, malheureusement, le film retombe dans les conventions. Rebonds trop faciles, twists attendus, mécanique huilée mais prévisible. L’exemple le plus criant reste cet aparté avec Matt Damon et ses partenaires féminines : un dialogue trop indiscret pour être honnête, trop appuyée pour être subtil, surtout lorsqu’il s’agit de manipuler l’indic. On voit venir les cartes, on devine les coups, et la tension se délite.

C’est d’autant plus dommage que les scènes d’action, pourtant bien foutues, se retrouvent prisonnières de ces automatismes narratifs. Là où le film aurait pu continuer à creuser la paranoïa, la défiance, le jeu trouble des trahisons, il choisit la voie balisée. J’aurais préféré une trajectoire plus droite, plus méchante, plus incorrecte, plus hard dans sa peinture des flics véreux. Un film qui assume jusqu’au bout la noirceur morale qu’il esquisse si brillamment au départ.
 

Reste que, malgré cette chute dans la facilité, The Rip est un bon moment de série B solide, efficace, qui accroche et captive longuement avant de se saborder partiellement elle-même. Un polar imparfait, frustrant même, mais suffisamment bien troussé pour qu’on ne regrette pas la nuit passée en sa compagnie.
 
— le cinéphile du cœur noir 🖤

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