Photo empruntée sur Google, appartenant au site Allocine.fr
de Mario Bava. 1974. Italie. 1h36. Avec Riccardo Cucciolla, Don Backy, George Eastman, Lea Lander, Maurice Poli.
FILMOGRAPHIE:
Mario Bava est un réalisateur, directeur de la photographie et scénariste italien, né le 31 juillet 1914 à Sanremo, et décédé d'un infarctus du myocarde le 27 avril 1980 à Rome (Italie).
Il est considéré comme le maître du cinéma fantastique italien et le créateur du genre dit giallo.
1946 : L'orecchio, 1947 : Santa notte, 1947 : Legenda sinfonica, 1947 : Anfiteatro Flavio, 1949 : Variazioni sinfoniche, 1954 : Ulysse (non crédité),1956 : Les Vampires (non crédité),1959 : Caltiki, le monstre immortel (non crédité),1959 : La Bataille de Marathon (non crédité),1960 : Le Masque du démon,1961 : Le Dernier des Vikings (non crédité),1961 : Les Mille et Une Nuits,1961 : Hercule contre les vampires,1961 : La Ruée des Vikings, 1963 : La Fille qui en savait trop,1963 : Les Trois Visages de la peur, 1963 : Le Corps et le Fouet, 1964 : Six femmes pour l'assassin, 1964 : La strada per Fort Alamo, 1965 : La Planète des vampires, 1966 : Les Dollars du Nebraska (non cédité), 1966 : Duel au couteau,1966 : Opération peur 1966 : L'Espion qui venait du surgelé, 1968 : Danger : Diabolik ! , 1970 : L'Île de l'épouvante ,1970 : Une hache pour la lune de miel ,1970 : Roy Colt e Winchester Jack, 1971 : La Baie sanglante, 1972 : Baron vampire , 1972 : Quante volte... quella notte, 1973 : La Maison de l'exorcisme, 1974 : Les Chiens enragés,1977 : Les Démons de la nuit (Schock),1979 : La Venere di Ille (TV).

"Rabid Dogs : le mal roule à découvert".
RestĂ© dans les tiroirs durant plus de 23 ans pour des raisons juridiques - la faillite du producteur survenue avant la fin du tournage - Rabid Dogs s’exhume de l’oubli en 1996, grâce Ă LĂ©a Landeler, actrice du film, qui en rachète les droits. Sommet du polar poisseux, rappelant les exactions fielleuses des malfrats de La Rançon de la Peur, Rabid Dogs ne manque pas d’audace pour embarquer le spectateur dans un road movie aride et fiĂ©vreux.
Après avoir assassinĂ© un convoyeur et dĂ©robĂ© le magot, un trio de criminels prend en otage une femme, un homme et son fils malade Ă bord d’une voiture. C’est le dĂ©but d’une virĂ©e cauchemardesque, sillonnant l’autoroute et la province pour le prix de leur survie.
FrĂ©nĂ©tique, sadique, terriblement pervers. Ces mots me viennent instinctivement Ă l’esprit pour dĂ©finir ce huis clos infernal, brut de dĂ©coffrage. Avec ces trognes d’ahuris Ă©cervelĂ©s, puant la sueur et dĂ©versant sans rĂ©pit leur verve railleuse sur leurs victimes, Rabid Dogs dresse le portrait d’antagonistes minables, tributaires de leurs bas instincts - euphĂ©misme - .

Huis clos tendu Ă l’extrĂŞme, enfermĂ© dans l’habitacle exigu d’une voiture oĂą la chaleur d’un soleil Ă©crasant Ă©puise les corps, Mario Bava prend le pari risquĂ© de maintenir l’intĂ©rĂŞt du spectateur sur un unique itinĂ©raire routier. Pour relancer la tension sans jamais l’Ă©tioler, il enchâsse des rebondissements imprĂ©vus, forçant parfois les personnages Ă sortir du vĂ©hicule pour croiser des quidams dont l’intrusion renforce l’angoisse. En braquant sa camĂ©ra de façon presque obsessionnelle sur les visages odieux des malfrats, Bava crĂ©e un sentiment de claustration physique et mentale. Le spectateur, pris en otage lui aussi, suffoque dans l’air viciĂ© d’urine, d’alcool et de sang.
HumiliĂ©e, violentĂ©e, la femme otage est rĂ©duite Ă l’Ă©tat d’esclave, soumise aux sĂ©vices de machistes incapables de canaliser leurs pulsions psychotiques. Dans cette ambiance de folie latente, la tension ne redescend jamais, rythmĂ©e par les vicissitudes que les victimes doivent endurer sans trĂŞve. Une inquiĂ©tude rampante s’immisce aussi : atteindront-ils leur destination ? Et Ă quel prix ?

Oppressant, malsain, dĂ©rangeant, Rabid Dogs est une Ă©preuve de force, amorale et frontale, qui dĂ©nonce sans fard la dĂ©chĂ©ance de la nature humaine la plus dĂ©pravĂ©e. Car ici, presque tous les personnages, otages ou passants, sont dominĂ©s par la cupiditĂ©, la lâchetĂ© ou la corruption. Il en Ă©mane un road movie erratique, insolent et trivial, oĂą le nihilisme suinte jusqu’Ă l’os… pour culminer dans une dernière image, insoutenable.
— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir
Dédicace à Ciné-Bis-Art
04.12.13. 11.01.26. 3èx