lundi 25 septembre 2017

L'Ange du Mal, REDEEMER / The Redeemer: son of Satan

                                                         Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Constantine S.Gochis. 1978. U.S.A. 1h23. Avec Damien Knight, Jeannetta Arnette, Nick Carter, Nicki Barthen...

Sortie salles France (uniquement au Rex de Paris): Mars 1978 (Int - de 18 ans). U.S: 7 Avril 1978

FILMOGRAPHIE: Constantine S.Gochis est un réalisateur américain. 1978: L'Ange du mal.


"Dans l’ombre du RĂ©dempteur : un psycho-killer baroque".
DistribuĂ© par Scherzo Ă  l’âge sacro-saint de la VHS - les vidĂ©ophiles, hypnotisĂ©s par sa jaquette rutilante, s’y prĂ©cipitèrent pour le louer, uniquement en VOSTFR, Ă  l’orĂ©e des annĂ©es 80 - L’Ange du Mal (Redeemer) reste l’unique rĂ©alisation de l’AmĂ©ricain Constantine S. Gochis. RĂ©solument rare, oubliĂ©, presque spectral, le film ne connut chez nous qu’une projection au Festival du film Fantastique du Rex Ă  Paris. Empruntant la voie du psycho-killer avec un dĂ©tour singulier, tissant autour d’une sĂ©rie d’homicides un climat d’Ă©trangetĂ© dĂ©licieusement malsain, Redeemer est une fascinante curiositĂ© pour amateurs de reliques vĂ©nĂ©neuses.


Car si le hors-champ domine la plupart des meurtres, l’inventivitĂ© et la cruautĂ© du tueur engendrent une fascination trouble, presque nausĂ©euse - un rĂ©alisme cru, sans Ă©chappatoire. Comme cette jeune femme, noyĂ©e, la tĂŞte plongĂ©e dans un lavabo, son agonie Ă©tirĂ©e jusqu’Ă  l’insoutenable : sans doute la sĂ©quence la plus extrĂŞme, un cauchemar pour les ablutophobes. Quant au pitch, linĂ©aire et parfois Ă©quivoque, il se resserre en huis clos : six anciens camarades de lycĂ©e, rĂ©unis pour des retrouvailles, piĂ©gĂ©s dans une bâtisse par un mystĂ©rieux justicier dĂ©guisĂ©. Ici, le rĂ©alisateur ose un parti pris baroque : un tueur tour Ă  tour intĂ©griste dans ses prĂŞches, gouailleur sous ses accoutrements excentriques, et d’une vĂ©locitĂ© insaisissable quand il abat ses proies Ă  des moments arbitraires. MalgrĂ© un scĂ©nario rachitique, prĂ©visible et un prologue languissant (mais captivant), Gochis, par sa mise en scène tantĂ´t maladroite, tantĂ´t tĂ©mĂ©raire, soutient l’intĂ©rĂŞt dès que la nuit engloutit ses personnages pour une veillĂ©e infernale.


PortĂ© par un casting de visages mĂ©connus mais sincères dans la panique, une bande-son Ă©lectro diaboliquement atmosphĂ©rique, une photo dĂ©saturĂ©e Ă  l’Ă©clairage parfois soignĂ© (tout du moins en Blu-ray) et un montage chaotique - volontairement ? - Redeemer ne ressemble Ă  rien de connu. Il Ă©lève le psycho-killer vers une dimension hermĂ©tique : celle d’un puritanisme se muant en expiation sanguinaire. Ă€ redĂ©couvrir d’urgence.


Remerciement Ă  feu Lupanars Visions.

Bruno Matéï
22.06.25. 3èx

samedi 23 septembre 2017

CA

                                                  Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

"It" de Andrés Muschietti. 2017. U.S.A. 2h15. Avec Bill Skarsgård, Jaeden Lieberher, Jeremy Ray Taylor, Sophia Lillis, Finn Wolfhard, Wyatt Oleff, Chosen Jacobs.

Sortie salles France: 20 Septembre 2017. U.S: 8 Septembre 2017

FILMOGRAPHIEAndrés Muschietti est un scénariste et réalisateur argentin, né le 26 août 1973
2013: Mama. 2017: Ça.


« Le remake de Ça d'Andy Muschietti rĂ©ussit Ă  aller au-delĂ  de mes attentes. Relaxez. Attendez. Et apprĂ©ciez. ». Stephen King. 
Meilleur dĂ©marrage de tous les temps pour un film d'horreur (50 425 786 $ pour son premier jour d'exploitation) qui plus est renforcĂ© de critiques Ă©logieuses outre-atlantique, Ca est la 1ère adaptation cinĂ© du cĂ©lèbre roman de Stephen King après que Tommy Lee Wallace se soit prĂŞtĂ© Ă  un (sympathique) traitement tĂ©lĂ©visuel en 1990. RĂ©cit d'aventures initiatiques au sein d'une horreur cartoonesque, Ca constitue une fabuleuse pochette surprise dans son melting-pot d'action et d'Ă©pouvante en roue libre. PlongĂ©e en apnĂ©e dans le dĂ©sagrĂ©ment de la peur du point de vue d'ados Ă  la fois chĂ©tifs et dĂ©brouillards, Ca exploite les thèmes du dĂ©passement de soi, de la maturitĂ©, de la solidaritĂ©, voir aussi de l'inceste avec une efficacitĂ© permanente. Car si les sĂ©quences horrifiques scandĂ©es d'une bande-son assourdissante et d'un montage percutant ne font pas preuve de subtilitĂ©, AndrĂ©s Muschietti est suffisamment habile et talentueux pour ne pas faire sombrer le navire dans une redondance rĂ©barbative. Et ce grâce en prioritĂ© Ă  la prestance sardonique du clown habituellement conçu pour amuser et faire rire la galerie comme il est de coutume dans les festivitĂ©s du cirque.


DĂ©tournĂ© en l'occurrence au profit d'une horreur malsaine par ses exactions cannibales (le traitement impitoyable rĂ©servĂ© aux ados s'avère d'autant plus rigoureux notamment lorsqu'il s'agit de dĂ©noncer en filigrane l'inceste d'un père abusif !), ce nouvel archĂ©type railleur constitue donc un solide alibi pour cumuler les poursuites et situations horrifiques que chaque ado endure indĂ©pendamment avant de s'allier pour mieux combattre leur cause. Le clown, maĂ®tre chanteur et affabulateur, manipulant d'autant mieux leur psychĂ© au grĂ© d'hallucinations collectives que ceux-ci matĂ©rialisent par leur manque de confiance, leurs sentiments de crainte de l'inconnu et de la peur du noir. Des sĂ©quences chocs originales, inventives, Ă©piques et terrifiantes sensiblement influencĂ©es par l'imagerie dĂ©bridĂ©e de Evil-dead et de la saga Freddy. Toutes ces pĂ©ripĂ©ties savamment coordonnĂ©es et brillamment rĂ©alisĂ©es Ă©vitent donc la gratuitĂ© (chaque ado contraint d'affronter avec un courage inouĂŻ une terreur morbide Ă  moult visages !) pour persĂ©vĂ©rer ensuite dans la vigueur d'une Ă©preuve de force communautaire que ces derniers vont transcender durant un second round affolant. Outre la facture (diablement) ludique de leurs vicissitudes incessamment cauchemardesques, Ca bĂ©nĂ©ficie en prime d'une Ă©tude de caractère scrupuleuse (au sein de l'Ă©poque des annĂ©es 80 !) si bien que les ados Ă  l'esprit autonome s'avèrent censĂ©s (Bill, l'aĂ®nĂ© non dupe du stratagème de grippe-sou Ă  se fondre dans le corps de son dĂ©funt frère !), expressifs, pugnaces (au sens viscĂ©ral !) et profondĂ©ment humains dans leurs bravoures de dernier ressort ! De par leur fragilitĂ© Ă  se mesurer Ă  plus fort que soi (notamment ce trio de dĂ©linquants littĂ©ralement lâche et fielleux qu'ils doivent en prime contrecarrer), leur Ă©lan de solidaritĂ© et leur Ă©veil amoureux (l'Ă©pilogue des "au-revoir" insufflant une Ă©motion candide bouleversante auprès d'un duo en Ă©closion sentimentale).


Horror Circus
Sorte de Stand by Me au vitriol (notamment pour ses thèmes tournant autour du difficile cap de la perte de l'ĂŞtre cher et du passage Ă  l'âge adulte), Ca gĂ©nère Ă©motions fortes et poignantes quant Ă  au sort prĂ©caire de nos hĂ©ros sĂ©vèrement ballottĂ©s par un clown sans vergogne. Et Ă  cet Ă©gard, et par son regard aussi patibulaire que magnĂ©tique, la prestance charismatique de Bill SkarsgĂĄrd (nouvel icone diablotin du cinĂ©ma d'horreur !) provoque un malaise persistant lors de la plupart de ses apparitions (d'une gestuelle) outrancière(s), Ă  l'instar du prologue anthologique n'hĂ©sitant pas Ă  recourir Ă  une horreur inopinĂ©ment dĂ©monstrative lorsqu'il s'agit d'y sacrifier l'innocence. Une sĂ©quence glaçante, terriblement dĂ©rangeante, assurĂ©ment le moment le plus choc et douloureux du film. Divertissement horrifique Ă  la fois intelligent et audacieux par son climat sombre, malsain et terrifiant Ă©voluant dans un cadre enfantin, Ca traite enfin et surtout de l'handicap de la peur du point de vue transitoire d'une adolescence en quĂŞte d'affirmation et de respect de l'autre. Une excellente première partie donc, en escomptant un second segment autrement plus adulte et encore plus Ă©prouvant. 

Eric Binford

La critique de Peter Hooper
NO SPOLIER !
Note : 5 / 6
// Grime story //
Ou cas ou vous maniganceriez de m’attendre tapis dans l’ombre, grossièrement accoutrĂ© en Bozo et prĂ©s a bondir dans le but de m’effrayer : je ne souffre pas de coulrophobie! MĂŞme si vos intentions s’avĂ©raient nobles, ne mangeant pas non plus de bonbons, vous risqueriez une dĂ©charge de Taser. Vous voila a prĂ©sent au courant : ne passez pas a 5000 volts !
ImmunisĂ© contre cette phobie je pouvais donc dĂ©couvrir cette nouvelle version du roman Ă©ponyme de MaĂ®tre King, sans peur mais Ă©galement sans reproche, car je n’ai jamais cachĂ© l’attente d’une relecture modernisĂ©e de celle de Tommy Lee Wallace. Bien que (forcĂ©ment) grand fan, son fort datage du dĂ©but des 90 et son format tĂ©lĂ©filmesque ouvraient quelques belles perspectivistes, surtout lorsque l’on connaĂ®t le contenu prolixe de l’Ĺ“uvre de rĂ©fĂ©rence.
Après sa mère veilleuse fantastico/Ă©pouvantable « Mama » (2013) , sĂ©duisante mais imparfaite Bisserie, on attendait une confirmation du talent d’AndrĂ©s Muschietti, dĂ©tectĂ© a travers quelques plans. Si la scène introductive du gamin Ă  la poursuite d’un bateau en papier achevant son voyage dans l’Ă©gout, constitue l’incontournable point d’ancrage roman/tĂ©lĂ©film, un nouveau traitement s’avĂ©rait forcĂ©ment très piĂ©geur. La forme originelle, aurĂ©olĂ©e d’un statut culte, pouvait suffire Ă  dĂ©molir en cinq minutes les cent trente suivantes. Sans dĂ©voiler quoi que se soit puisqu’elle est omniprĂ©sente dans tout les trailers, je m’avancerai juste a dire qu’il y manque un « morceau » de choix, rĂ©servĂ© aux spectateurs en salle, et qui a lui seul permettra sĂ»rement de « dĂ©tacher » celle des 90’s de vos esprits…D’autant que l’on y dĂ©couvre Ă©galement le nĂ©o grippe-sou...sur lequel je reviendrai plus loin. Ce coup de maĂ®tre introduit une rĂ©ussite qui va s’avĂ©rer totale : nous sommes sans l’ombre d’un doute face a une Ĺ“uvre charnière dans l’horreur post-moderne, je pèse mes mots.
Muschietti va respecter le background de l’histoire, mais en choisissant de la situer entièrement en 1988, le point d’arrivĂ©e du film de Wallace.
C’est la que l’on dĂ©couvre le nouveau « club des ratĂ©s », un bande de jeunes dont les grossiers (et volontaires) stĂ©rĂ©otypes vont se lisser très rapidement jusqu'Ă  devenir la toile de fond absolument parfaite pour la mise en place de cette intrigue horrifique. Un excellent casting et une direction d’acteurs millimĂ©trĂ©e qui vont contribuer, avec une reconstitution pertinente des annĂ©es 80, Ă  une parfaite immersion. Toute la force de la narration va reposer sur ces jeunes dont la caractĂ©risation, entre ceux de « Stand by me » et des « Goonies », va leur donner toute lĂ©gitimitĂ© pour arriver a surmonter leur peur et terrasser le « mal ». Du « petit gros » victimaire, au frère bègue du disparu en passant par le dĂ©conneur de service, sans oublier la nana de l’Ă©quipe, tous rĂ©insufflent le parfum savoureux d’un teen movie vidĂ©o-clubien, brillamment reconditionnĂ© pour ĂŞtre respirĂ© et acceptĂ© par toutes les gĂ©nĂ©rations.
On sait que le roman de king, dans la première partie exploitĂ©e ici, portait sur le message du passage Ă  l’age adulte. Muschietti va faire briller la mĂ©taphore. A ce titre le personnage de Beverly est le plus intĂ©ressant. La jolie Sophia Lillis, portrait crachĂ© de la Molly de « Breakfast club »(ce que ne manque pas de lui rappeler Richie -Finn Wolfhard- celui qui a « avalĂ© un clown »…), est victime d’un père « très entreprenant », l’occasion de la scène la plus choquante du film ou dans une explosion d’hĂ©moglobine très shining-ienne(…) se confondent le trouble des premières règles et la violence d’un possible viol : aussi puissamment graphique qu’incroyablement suggestif !
Et le clown dans tout « ça » ? Zut, J’allais oublier….
Exit la tenue iconique du personnage, idĂ©ale pour abuser de la confiance des enfants avec ses couleurs gaies et son air faussement amuseur. Le boogeyman malĂ©fique est ici vĂŞtu d’un costume dĂ©fraĂ®chi et usĂ© lui confĂ©rant une allure théâtralisĂ©e le renvoyant au pittoresque clown blanc, sorte de Pierrot plus lunatique que lunaire. Chacune des scènes ou Grippe-sou ramène sa « fraise » on retient son souffle, surtout dans les gros plans sur son visage, sorte de mixe entre le faciès Joker-ien de Nicholson, et le regard de D'Onofrio pĂ©tant les plombs dans « Full metal jacket ». Une coquetterie dans l’Ĺ“il lui confère un air dĂ©finitivement effrayant. Si ce personnage est parfaitement rĂ©ussit on le doit Ă  la mise en scène de Muschietti, qui le renvoie volontiers Ă  son statut originel de bouffon (sidĂ©rante scène ou on le voit gesticuler dans une roulotte en feu !), l’humour et les attitudes jamais très loin des putasseries d’un Freddy Krueger (clin d’Ĺ“il fortement appuyĂ© par cette affiche de « Nightmare on elm street » a l’entrĂ©e d’un cinĂ©…). On pouvait rĂŞver de le voir un peu plus souvent, mais le rĂ©cit est si tellement intelligemment articulĂ© autour de ces « ratĂ©s » que cela aurait probablement Ă©tĂ© nĂ©faste pour le liant de l’histoire, et l’ensemble aurait perdu l’oxygène nĂ©cessaire pour rĂ©ussir a affronter le monstre dans les Ă©gouts de la ville. Bill SkarsgĂĄrd accomplit l’exploit (lui aussi…) de faire oublier Tim Curry. Son antre ou le rĂ©alisateur nous livre un bouquet final très Lovecraftien est esthĂ©tiquement Ă©poustouflante, comme pas mal d'autres plans !
AndrĂ©s Muschietti nous livre la meilleure car la plus sĂ©rieuse bobine horrifique vue depuis (très) longtemps. En rĂ©orchestrant habilement les nouveaux codes du genre a base de Jump scares ( assez rares pour fonctionner ), sans (trop) forcer sur le volume d’un sound design devenu au fil des annĂ©es une simple agression auditive, sa mise en scène inspirant le respect a la fois des amoureux des fantasmes littĂ©raires de Stephen King, des nostalgique du film de Wallace, ceux des 80’s (celle de mes annĂ©es lycĂ©es) et des fĂ©tichistes de la VHS, et plus globalement celui des cinĂ©philes exigeants.
Avec ce Teen-horror-movie, respectueux de l’esprit originel, il Ă©chappe aux peaux de bananes de la classification PG-13 – pour une Ĺ“uvre qui rĂ©ussit Ă  ĂŞtre aussi effrayante sur le fond qu’hypnotique sur la forme. A en devenir coulorphile : Magistral !

vendredi 22 septembre 2017

REVEILLON SANGLANT / LES MUTANTS DE LA SAINT SYLVESTRE

                                          Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site horreurdvd.blogspot.fr

"Bloody New Year" de Norman J. Warren. 1987. Angleterre. 1h29. Avec Suzy Aitchison, Nikki Brooks, Colin Heywood, Mark Powley, Catherine Roman.

Sortie salles France: 11 Mai 1987

FILMOGRAPHIE: Norman J. Warren est un réalisateur, producteur, scénariste et monteur anglais, né le 25 Juin 1942 à Londres. 1962: The Dock Brief (troisième assistant réalisateur). 1965: Fragment. 1966: La Nuit des Généraux (troisième assistant réalisateur). 1967: Sailor from Gibraltar (troisième assistant réalisateur). 1967: Her Private Hell. 1968: Loving Feeling. 1976: L'Esclave de Satan. 1977: Le Zombie venu d'ailleurs. 1979: Outer Touch. 1979: La Terreur des Morts-vivants. 1981: Inseminoid. 1984: Warbirds Air Display. 1985: Person to Person. 1986: Gunpowder. 1987: Réveillon Sanglant. 1992: Meath School. 1993: Buzz.


Aberration filmique signĂ©e Norman J. Warren, petit artisan british Ă  qui l'on doit les classiques bisseux Inseminoid, Le zombie venu d'ailleurs et le non moins sympathique l'Esclave de Satan, RĂ©veillon sanglant demeure une sĂ©rie Z aussi insipide que poussive. Car il faut bien avouer il n'y a quasiment rien Ă  sauver au sein de ce naufrage, croisement risible entre Evil-Dead, la Croisière s'amuse et le Carnaval des Ames ! Des comĂ©diens inexpressifs incarnant des personnages bĂŞtas dĂ©nuĂ©s de distinction en passant par un pitch grotesque Ă©ludĂ© de cohĂ©rence (notamment cette faille spatio-temporelle afin de justifier la routine des fantĂ´mes figĂ©s en 1959 lors d'un bal de St-Sylvestre !), RĂ©veillon Sanglant dĂ©cuple l'ennui au grĂ© de situations redondantes Ă  la fois grand-guignolesques et rĂ©barbatives (3 jeunes couples rĂ©fugiĂ©s sur une Ă®le seront persĂ©cutĂ©s par des zombies jusqu'Ă  ce que mort s'ensuive !). On se console modestement sur la poĂ©sie morbide de certaines scènes chocs particulièrement dĂ©bridĂ©es (voire tantĂ´t gores) en escomptant son gĂ©nĂ©rique de fin d'une rare platitude.


Une ânerie dégingandée à réserver uniquement aux nostalgiques de la Cinq... ^^

Bruno Matéï
3èx

mercredi 20 septembre 2017

CA ("il" est revenu)

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site lazy-bum.com

"It" de Tommy Lee Wallace. 1990. U.S.A/Canada. 3h04. Avec Harry Anderson, Dennis Christopher, Richard Masur, Annette O'Toole, Tim Reid, John Ritter, Richard Thomas, Tim Curry.

Diffusion TV, U.S: 18 Novembre 1990

FILMOGRAPHIETommy Lee Wallace est un rĂ©alisateur, monteur, acteur et scĂ©nariste amĂ©ricain, nĂ© en 1949 Ă  Somerset, dans le Kentucky (Etats-Unis). 1982: Halloween 3. 1988: Aloha Summer. 1988: Vampires, vous avez dits vampires 2. 1990: Ca (tĂ©lĂ©-film). 1991: And the sea will tell (tĂ©lĂ©-film). 1992: The Comrades of Summer (tĂ©lĂ©-film). 1992: Danger Island (tĂ©lĂ©-film). 1994: Witness to the execution (tĂ©lĂ©-film). 1994: Green Dolphin Beat (tĂ©lĂ©-film). 1996: Born Free: A New Adventure (tĂ©lĂ©-film). 1996: Alliance Interdite (tĂ©lĂ©-film). 1997: Steel Chariots (tĂ©lĂ©-film). 1998: Une Voleuse de charme (tĂ©lĂ©-film). 1998: l'Ultime Verdict (tĂ©lĂ©-film). 2002: Vampires 2 - Adieu Vampires. 2010: Helliversity.


Conçu pour la TV, Ca est l'adaptation Ă©dulcorĂ©e d'un copieux roman de Stephen King publiĂ© en 1986. PrĂ©cĂ©dĂ© d'une rĂ©putation notable auprès d'une certaine gĂ©nĂ©ration de spectateurs, particulièrement impressionnĂ©s par la physionomie effrayante de son boogeyman cloownesque, cette variation sur l'affres de la peur rĂ©ussit en partie Ă  provoquer l'effet escomptĂ©. Après ĂŞtre parvenus Ă  dĂ©truire un mystĂ©rieux clown kidnappeur d'enfants, sept amis se rĂ©unissent 30 ans plus tard afin de combattre une ultime fois leur terreur infantile. ScindĂ© en deux parties distinctes, l'action se situe de prime abord Ă  la fin des annĂ©es 50 dans une contrĂ©e bucolique du Maine des Etats-Unis. A travers des flash-back alternant passĂ© et prĂ©sent, l'intrigue nous remĂ©more l'amitiĂ© solidaire d'un groupe de 7 enfants (surnommĂ©s "le Club des ratĂ©s" !), incessamment persĂ©cutĂ©s par un clown diabolique planquĂ© sous les Ă©gouts. Epris d'hallucinations collectives Ă©manant de ces pouvoirs surnaturels mais Ă©galement victimes de brimades envers un trio hostile de durs Ă  cuire, nos petits hĂ©ros vont devoir s'unifier afin de mieux se prĂ©munir et repousser leurs pires frayeurs. Visuellement soignĂ© dans sa reconstitution archaĂŻque des fifties, Tommy Lee Wallace souhaite nous confronter Ă  l'inquiĂ©tude grandissante de cette poignĂ©e de hĂ©ros juvĂ©niles aussi couards que vaillants Ă  repousser le Mal.


De manière introspective, le rĂ©alisateur nous confronte Ă  leurs tourments cĂ©rĂ©braux, leurs doutes et leur crainte pour tenter de dĂ©jouer un ignoble clown dĂ©voreur d'enfants. BaptisĂ© "Grippe-sou" ou "Ca", il s'approprie lâchement de la peur candide des enfants pour les entraĂ®ner vers les sous-sols d'un Ă©gout Ă©rigĂ© sous les Lumières-Mortes. La bonhomie attachante des personnages juvĂ©niles confrontĂ©s Ă  moult Ă©vènements terrifiants (visions sanglantes d'hallucinations surnaturelles que seul un enfant apeurĂ© peut percevoir) et leur caractère bien distinct vĂ©hiculent chez le spectateur une indĂ©niable empathie. D'autant plus qu'ici le monstre hybride auquel il s'opposent adopte une forme rassurante de clown railleur. Une entitĂ© machiavĂ©lique aussi insidieuse que perfide pour tenter d'amadouer l'enfant candide, proie facilement plus influençable que la responsabilitĂ© de l'adulte. La seconde partie restitue l'action du faubourg de Derry au dĂ©but des annĂ©es 90, c'est Ă  dire 30 ans après que les sombres Ă©vènements s'y soient dĂ©roulĂ©s. Nous retrouvons donc l'existence esseulĂ©e de chacun de nos protagonistes confrontĂ©s Ă  une piètre vie amoureuse et amicale mais nantis d'une situation professionnelle plutĂ´t avantageuse. RĂ©unis une seconde fois après l'engagement commun d'un pacte si Ca Ă©tait amenĂ© Ă  renaĂ®tre un jour, nos hĂ©ros aujourd'hui adultes vont renouer avec leur rĂ©miniscence traumatique afin d'exorciser leur pire terreur Ă  double visage ! A savoir, combattre Spoil ! une entitĂ© arachnide venue d'un autre monde Fin du Spoil derrière sa dĂ©froque criarde de clown (un subterfuge vestimentaire afin d'amadouer la naĂŻvetĂ© de ces proies innocentes).


Grâce Ă  l'originalitĂ© de son intrigue habilement conditionnĂ©e autour d'une icĂ´ne dĂ©moniaque que nos hĂ©ros molestĂ©s dĂ©jouent avec une densitĂ© psychologique aussi fragile que pugnace, Ca traite efficacement de l'esprit de cohĂ©sion et d'amour pour repousser nos terreurs les plus prĂ©judiciables. Par l'entremise singulière d'un clown brocardeur se nourrissant de nos craintes et de notre chair, Tommy Lee Wallace aborde enfin une rĂ©flexion sur le courage de vaincre notre lâchetĂ© afin de braver la duperie du Mal. Sympathique, ludique, assez prenant et parfois anxiogène Ă  dĂ©faut d'ĂŞtre transcendant pour laisser une empreinte indĂ©lĂ©bile dans le genre horrifique. 

Bruno Matéï
31.12.12. 2èx (120 v)

mardi 19 septembre 2017

DANS LES GRIFFES DE LA MOMIE

                                           Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site thetelltalemind.com

"The Mummy's Shroud" de John Gilling. 1967. Angleterre. 1h30. Avec André Morell, John Phillips, David Buck, Elizabeth Sellars, Maggie Kimberly, Michael Ripper, Tim Barrett.

Sortie salles Angleterre: 18 Juin 1967

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: John Gilling est un réalisateur et scénariste anglais, né le 29 Mai 2012 à Londres, décédé le 22 Novembre 1984 à Madrid (Espagne). 1957: Pilotes de haut-vol. 1958: Signes particuliers: néant. 1959: L'Impasse aux Violences. 1961: Les Pirates de la Nuit. 1962: L'Attaque de San Cristobal. 1966: L'Invasion des Morts-Vivants. 1966: La Femme Reptile. 1967: Dans les Griffes de la Momie. 1975: La Cruz del diablo.


Troisième et dernier opus consacrĂ© Ă  la "momie", Dans les Griffes de la Momie surpasse de loin et Ă  tous les niveaux le mĂ©diocre Les MalĂ©fices de la Momie tournĂ© en 64. RĂ©alisĂ© par l'illustre John Gilling, (l'Impasse aux Violences, l'Invasion des Morts-vivants, la Femme Reptile), Dans les griffes de la Momie bĂ©nĂ©fice de savoir-faire dans sa rĂ©alisation studieuse oĂą rien n'est laissĂ© au hasard quand bien mĂŞme sa structure narrative donne chair Ă  ses personnages sous le pivot d'une discorde familiale. 1920, Egypte. Stanley Preston, son Ă©pouse et quelques archĂ©ologues tentent de retrouver la sĂ©pulture du pharaon Kah-To-Bey. Sur place, avec une longueur d'avance, son jeune fils Ă©paulĂ© de Sir Basil Walden parviennent Ă  dĂ©nicher son tombeau. Si ensuite les retrouvailles entre le fils et le père font d'abord preuve d'enthousiasme après une dĂ©couverte aussi historique, la cupiditĂ© de ce dernier motive un geĂ´lier Ă  rĂ©veiller la momie afin de se venger de sa profanation. 


Efficace est le maître mot de cette intrigue à suspense décrivant avec attention les dissensions morales entre un fils et son père opportuniste alors qu'autour d'eux les morts pleuvent. Tout l'intérêt résidant dans leur contradiction houleuse à se disputer la meilleure conduite morale au moment même où une ambiance d'insécurité gagne du terrain au fil de crimes non élucidés. Par le biais de ces découvertes macabres exercées par une cause surnaturelle, nous en apprendrons un peu plus sur le comportement vaniteux, condescendant (ses rapports castrateurs avec son adjoint), égotiste et cupide de Stanley Preston avide de rentrer au bercail en compagnie de son trophée tant convoité. Alors que le fils, loyal et d'une saine raison, tentera vainement de le résonner, faute de son attitude aussi lâche qu'ingrate (notamment celle d'avoir envoyé en psychiatrie Sir Basil Walden après qu'il eut été mordu par un serpent). Au centre de leurs rapports intraitables, les épouses de ces derniers vont observer avec gravité et dépit cette déchéance familiale avant de se résigner à réagir de la manière la plus équitable. Emaillé de séquences chocs assez cruelles pour la mise à mort des victimes lâchement sacrifiées, Dans les griffes de la momie fait naître une empathie auprès de deux personnages qui ne méritaient pas pareil traitement alors que son angoisse sous-jacente séduit en intermittence avant de nous impressionner lors des apparitions cinglantes de la momie superbement maquillé sous ses épais bandages.


SĂ©rie B mineure au sein de l'industrie de la prestigieuse Hammer, Dans les griffes de la momie n'en demeure pas moins un excellent divertissement horrifique d'un esthĂ©tisme exotique fulgurant (aussi bien ses dĂ©cors naturels que domestiques assortis d'une photo polychrome), notamment de par son efficacitĂ© narrative soutenue Ă  mettre en exergue une cellule familiale en crise.  

Eric Binford.
2èx

lundi 18 septembre 2017

La Ruée des Vikings / Gli invasori / Erik The Conqueror: Land Of Vikings

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site intemporel.com


de Mario Bava. 1961. Italie. 1h26. Avec Cameron Mitchell, Alice Kessler, Ellen Kessler, George Ardisson, Andrea Checchi, Jean-Jacques Delbo.

Sortie salles France: 10 Juillet 1963. Italie: 7 décembre 1961

FILMOGRAPHIE:  Mario Bava est un rĂ©alisateur, directeur de la photographie et scĂ©nariste italien, nĂ© le 31 juillet 1914 Ă  Sanremo, et dĂ©cĂ©dĂ© d'un infarctus du myocarde le 27 avril 1980 Ă  Rome (Italie). Il est considĂ©rĂ© comme le maĂ®tre du cinĂ©ma fantastique italien et le crĂ©ateur du genre dit giallo. 1946 : L'orecchio, 1947 : Santa notte, 1947 : Legenda sinfonica, 1947 : Anfiteatro Flavio, 1949 : Variazioni sinfoniche, 1954 : Ulysse (non crĂ©ditĂ©),1956 : Les Vampires (non crĂ©ditĂ©),1959 : Caltiki, le monstre immortel (non crĂ©ditĂ©),1959 : La Bataille de Marathon (non crĂ©ditĂ©),1960 : Le Masque du dĂ©mon,1961 : Le Dernier des Vikings (non crĂ©ditĂ©),1961 : Les Mille et Une Nuits,1961 : Hercule contre les vampires,1961 : La RuĂ©e des Vikings, 1963 : La Fille qui en savait trop,1963 : Les Trois Visages de la peur, 1963 : Le Corps et le Fouet, 1964 : Six femmes pour l'assassin, 1964 : La strada per Fort Alamo, 1965 : La Planète des vampires, 1966 : Les Dollars du Nebraska (non cĂ©ditĂ©), 1966 : Duel au couteau,1966 : OpĂ©ration peur 1966 : L'Espion qui venait du surgelĂ©, 1968 : Danger : Diabolik ! , 1970 : L'ĂŽle de l'Ă©pouvante ,1970 : Une hache pour la lune de miel ,1970 : Roy Colt e Winchester Jack, 1971 : La Baie sanglante, 1972 : Baron vampire  , 1972 : Quante volte... quella notte, 1973 : La Maison de l'exorcisme, 1974 : Les Chiens enragĂ©s,1977 : Les DĂ©mons de la nuit (Schock),1979 : La Venere di Ille (TV).

 
RĂ©alisĂ© par le maĂ®tre du gothisme italien, La RuĂ©e des Vikings surfe sur le succès du chef-d’Ĺ“uvre de Richard Fleischer, Les Vikings, avec un talent formel Ă  damner un saint. Marque de fabrique de ce gĂ©nie artisanal qu’est Mario Bava, amoureux et soigneux jusqu’Ă  l’obsession, qui cisèle ici une sĂ©rie B conjuguant aventure historique et romance, au cĹ“ur d’un onirisme fantastique si cher Ă  son Ĺ“il fĂ©brile. Rien que pour son aspect visuel - infiniment baroque, enluminĂ© de cadres picturaux toujours avisĂ©s, toujours inventifs - c’est un bonheur perpĂ©tuel pour les mirettes. Qui plus est, le film regorge de sĂ©quences d’action Ă  la fois (Ă©tonnamment) vĂ©loces - quitte Ă  forcer le tempo par quelques accĂ©lĂ©rations furtives -, violentes et sauvages : rien que le prologue, oĂą une femme se fait empaler par une lance en serrant son enfant contre son sein, glace d’effroi par l’intolĂ©rable cruautĂ© de sa surprise. La RuĂ©e des Vikings sent bon le divertissement du samedi soir, celui qu’Eddie Mitchell et sa Dernière SĂ©ance ont gravĂ© dans la mĂ©moire d’une gĂ©nĂ©ration 8.
 
                                        
 
Mais ce qui le rend aussi fascinant, attirant, captivant - voire mĂŞme poignant -, c’est sa charge romanesque que Bava distille tout au long du pĂ©riple guerrier, jusqu’Ă  un point culminant de lyrisme Ă©lĂ©giaque, presque hypnotique. IrriguĂ© de gĂ©latines flamboyantes dans un scope rĂ©vĂ©rencieux, La RuĂ©e des Vikings est un ravissement pour quiconque vĂ©nère la bisserie transalpine soucieuse du dĂ©tail (technique autant que visuel), respirant l’amour et la passion de la pellicule avec une sincĂ©ritĂ© indĂ©fectible. Dire que Mario Bava fut un gĂ©nie relève du plĂ©onasme : il est, aujourd’hui, un dieu vivant, quelques dĂ©cennies après son trĂ©pas.

P.S. : À (re)découvrir impérativement en HD - tout autre écrin serait un sacrilège.
 
*Bruno
2èx. Vistr


vendredi 15 septembre 2017

MARY. Prix du Public, Deauville 2017

                                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

"Gifted" de Marc Webb. 2017. U.S.A. 1h41. Avec Chris Evans, Mckenna Grace, Jenny Slate, Octavia Spencer, Lindsay Duncan, Julie Ann Emery.

Sortie salles France: 13 Septembre 2017. U.S: 7 Avril 2017

FILMOGRAPHIEMarc Webb est un réalisateur américain né le 31 août 1974. 2009 : (500) jours ensemble. 2012 : The Amazing Spider-Man. 2014 : The Amazing Spider-Man : Le Destin d'un héros. 2017 : Mary. 2017 : The Only Living Boy in New York.


Prenant pour thème l'Ă©ducation parentale du point de vue d'une surdouĂ©e infantile que l'oncle et la grand-mère vont se disputer la garde devant un tribunal, Mary Ă©vite intelligemment les clichĂ©s usuels du mĂ©lo Ă  faire pleurer dans les chaumières et du film de procès grâce Ă  sa mise en scène ciselĂ©e, Ă  son casting inscrit dans la sobriĂ©tĂ© et Ă  ces enjeux d'une adversitĂ© parentèle imputĂ©e Ă  une cause filiale. A savoir, doit-on rĂ©server un traitement particulier chez les enfants surdouĂ©s quant Ă  leur carrière scolaire ou au contraire les adapter Ă  la sociĂ©tĂ© en compagnie d'enfants normaux ? Et comment peut-on rĂ©tablir un Ă©quilibre parental au sein du foyer lorsque la mère n'est plus ? Durant l'intense confrontation entre le fils et la mère se rĂ©signant Ă  emporter la mise, le rĂ©alisateur Ă©pargne d'autant mieux les stĂ©rĂ©otypes en nous brossant des personnages lucides au caractère fort mais d'une colère contenue afin d'Ă©viter la fanfaronnade pour nous impressionner. Avec son visage de jeune bellâtre, Chris Evans parvient aisĂ©ment Ă  faire oublier sa photogĂ©nie "tape Ă  l'oeil" par le biais d'une dimension humaine toute en retenue comme le soulignent les moments les plus bouleversants qu'il doit traverser lorsque ce dernier se rĂ©signe Ă  placer sa nièce dans une famille d'accueil après un dilemme moral. Dans celle de la petite Mary, gĂ©nie de la mathĂ©matique, Mckenna Grace crève littĂ©ralement l'Ă©cran par son naturel Ă©tonnamment mature pour un si jeune âge (7 ans s'il vous plait !) si bien que sa fraĂ®cheur, sa spontanĂ©itĂ© mais aussi son dĂ©sarroi de se voir ballottĂ©e d'un foyer Ă  un autre arracheront les larmes aux plus sensibles. Par son jeu expressif aussi bien dĂ©gourdi que sensible mais aussi par la maĂ®trise de ses sentiments, on peut peut-ĂŞtre prĂŞter une allusion Ă  l'acteur Ricky Schroeder lors de sa rĂ©vĂ©lation du dĂ©chirant Champion, remake signĂ© Franco Zeffirelli (et au sujet similaire - la dissension parentale pour la garde d'un enfant -).


Un joli mĂ©lo donc rĂ©alisĂ© avec soin, efficacitĂ©, pudeur et humilitĂ©, et ce afin d'Ă©pargner sinistrose et pathos sous le pilier d'une intrigue intensĂ©ment humaine militant contre l'exploitation (scientifique) d'un enfant grâce Ă  l'amour d'une dignitĂ© paternelle.  

Eric Binford

jeudi 14 septembre 2017

La Rose et la Flèche / Robin and Marian

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Senscritique.com

de Richard Lester. 1976. U.S.A. 1h46. Avec Sean Connery, Audrey Hepburn, Robert Shaw, Richard Harris, Nicol Williamson, Denholm Elliott, Ronnie Barker.

Sortie salles France: 26 Octobre 1977. U.S: 21 Avril 1976

FILMOGRAPHIE: Richard Lester est un cinéaste américain né le 19 janvier 1932 à Philadelphie. 1962 : It's Trad, Dad! 1963 : La Souris sur la Lune. 1964 : Quatre garçons dans le vent. 1965 : Le Knack... et comment l'avoir. 1965 : Au secours! 1966 : Le Forum en folie. 1967 : Comment j'ai gagné la guerre.1968 : Petulia. 1969 : L'ultime garçonnière. 1973 : Les Trois Mousquetaires. 1974 : Terreur sur le Britannic. 1974 : On l'appelait Milady. 1975 : Le Froussard héroïque. 1976 : The Ritz. 1976 : La Rose et la Flèche. 1979 : Cuba. 1979 : Les Joyeux Débuts de Butch Cassidy et le Kid. 1980 : Superman 2. 1983 : Superman 3. 1984 : Cash-Cash. 1989 : Le Retour des Mousquetaires. 1991 : Get Back.


"Tu me trouves vieille et laide ? Tu aimes quelque chose en moi ? Il y a si longtemps que je n'ai rien ressenti. Je donnerai tout pour retourner 5 minutes dans le passĂ©. Robin, sois mĂ©chant, fais moi pleurer !" 
Lady Marianne.
Sommet d'Ă©motions inconsolables, La Rose et la Flèche fait parti de ses oeuvres maudites, de par sa raretĂ© Ă©hontĂ©e et le manque de reconnaissance du public et de la critique aussi discrets que timorĂ©s. D'une fragilitĂ© Ă  fleur de peau pour ses thèmes opposant l'amour et la vieillesse du point de vue du couple, la Rose et la Flèche affiche le lĂ©gendaire Robin des bois sous son aspect le plus humainement fragile en dĂ©pit de sa persuasion d'y braver l'usure du temps. L'intrigue relatant avec une Ă©vidente nostalgie ses moments intimistes avec son amour retrouvĂ© puis sa dernière bataille contre le le shĂ©rif de Nottingham quand bien mĂŞme Marianne (superbement campĂ©e par la dĂ©licieuse Audrey Hepburn en bonne soeur candide) le suppliera de renoncer Ă  ce dernier affront afin de rattraper leur temps perdu d'un amour galvaudĂ©. Car en l'occurrence, et après avoir combattu sans relâche durant plus de 20 ans, Robin est persuadĂ© de perdurer ses exploits hĂ©roĂŻques pour Ă  nouveau vaincre son ennemi, et ce en dĂ©pit de son âge avancĂ©.


Ainsi donc, derrière ce rĂ©cit d'aventures mĂ©diĂ©vales entrecoupĂ© de scènes d'actions aussi intenses que spectaculaires (outre la lourde tâche de Robin et Petit Jean d'escalader le rempart d'un château, on est surpris de la sauvagerie finale du mano a mano Ă  l'Ă©pĂ©e que s'infligent jusqu'Ă  Ă©puisement le shĂ©rif et Robin) se tisse donc une fable sur le refus de vieillir et la peur du trĂ©pas. PĂ©tris d'amour l'un pour l'autre mais terriblement amères et nostalgiques de leur passĂ© rĂ©volu, Robin et Marianne tentent vainement de renouer avec leur amour d'autrefois, faute de la vanitĂ© de ce dernier obstinĂ© Ă  prouver Ă  lui mĂŞme et ses acolytes qu'il reste encore la lĂ©gende de toujours. Or, Ă  travers ses sentiments d'orgueil, d'entĂŞtement et d'Ă©goĂŻsme, Sean Connery se contredit face camĂ©ra avec un humanisme prude derrière son apparence virile car entachĂ© d'un physique vieillissant et du regret d'ĂŞtre passĂ© Ă  cĂ´tĂ© de l'amour de sa vie. Bouleversant, pour ne pas dire dĂ©chirant lors de ses rapports avec sa douce Marianne, l'acteur nous transmet un tsunami d'Ă©motions quant Ă  son acceptation finale de cĂ©der Ă  une rĂ©demption innatendue. Grand moment de cinĂ©ma qui arrachera des larmes aux plus sensibles (le magnifique score gracile de John Barry y doit aussi beaucoup il faut dire), La Rose et la flèche se clĂ´ture de manière aussi belle qu'inique derrière le mythe d'un philanthrope aujourd'hui mis Ă  nu face Ă  ses propres sentiments de dĂ©pit !


D'une sensibilité, d'une fragilité et d'un lyrisme bouleversants, La Rose et la Flèche transfigure le cinéma d'aventures rétro avec réalisme, audace et intelligence, et ce tout en respectant les normes du divertissement. Car derrière ce poème sur l'atavisme de la vieillesse, les regrets du passé et la désillusion d'une jeunesse perdue s'y dévoile l'une des plus belles tragédies romantiques que le cinéma nous ait offert. Ambitieux mais modeste à immortaliser de manière couillue le personnage de Robin des Bois, Richard Lester nous prodigue un chef-d'oeuvre de mélancolie et de tendresse sous l'impulsion du duo incandescent Audrey Hepburn / Sean Connery

Clin d'oeil Ă  Gilles Vannier et Berangere S. De Condat-Rabourdin 

*Bruno 
3èx

mercredi 13 septembre 2017

LA VACHE ET LE PRISONNIER

                                                 Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

d'Henri Verneuil. 1959. France. 1h52. Avec Fernandel, René Havard, Ingeborg Schöner, Bernard Musson, Ellen Schwiers, Pierre Louis, Franziska Kinz, Maurice Nasil.

Sortie salles France: 16 Décembre 1959

FILMOGRAPHIEHenri Verneuil (Achod Malakian) est un réalisateur et scénariste français d'origine arménienne, né le 15 octobre 1920 à Rodosto (Turquie), décédé le 11 janvier 2002 à Bagnolet. 1951: La Table aux crevés. 1952: Le Fruit Défendu. 1952: Brelan d'As. 1953: Le Boulanger de Valorgue. 1953: Carnaval. 1953: l'Ennemi public numéro 1. 1954: Le Mouton a 5 pattes. 1955: Les Amants du Tage. 1955: Des Gens sans importance. 1956: Paris, palace Hôtel. 1957: Une Manche et la belle. 1958: Maxime. 1959: Le Grand Chef. 1959: La Vache et le Prisonnier. 1960: l'Affaire d'une Nuit. 1961: Le Président. 1961: Les Lions sont lâchés. 1962: Un Singe en Hiver. 1963: Mélodie en sous-sol. 1963: 100 000 Dollars au Soleil. 1964: Week-end à Zuydcoote. 1966: La 25è Heure. 1967: La Bataille de San Sebastian. 1969: Le Clan des Siciliens. 1971: Le Casse. 1972: Le Serpent. 1975: Peur sur la ville. 1976: Le Corps de mon ennemi. 1979: I comme Icare. 1982: Mille Milliards de Dollars. 1984: Les Morfalous. 1991: Mayrig. 1992: 588, rue du Paradis.


Record de l'annĂ©e 1959 puisqu'il engrange plus de 8 844 199 entrĂ©es (excusez du peu !), La Vache et le Prisonnier s'est taillĂ© depuis sa sortie triomphante une rĂ©putation de grand classique de la comĂ©die populaire comme le souligne Ă©galement ses multi rediffusions tĂ©lĂ©visuelles. D'après une histoire vraie aussi insolite qu'improbable, la Vache et le prisonnier relate les pĂ©rĂ©grinations champĂŞtres du prisonnier de guerre français, Charles Bailly, accompagnĂ© d'une vache allemande, Marguerite, afin de passer incognito devant l'ennemi allemand. Son pĂ©riple semĂ© d'embĂ»ches et de rencontres impromptues vont aboutir Ă  un dĂ©nouement particulièrement ubuesque si bien que le rĂ©cit au suspense subitement progressif s'alloue d'une tonalitĂ© inopinĂ©ment caustique Spoil ! quant aux subterfuges infructueux de Charles Ă  regagner la France de son plein grĂ© fin du Spoil. IncarnĂ© par le monstre sacrĂ© Fernandel d'une spontanĂ©itĂ© sĂ©millante dans celui d'un prisonnier au grand coeur pour autant empotĂ©, La Vache et le Prisonnier conjugue humour et tendresse derrière une sombre page de notre histoire (stock-shots explosifs en sus afin de mettre en exergue le constat alarmiste d'une Allemagne en conflit mondial).


A travers un rĂ©cit initiatique que le hĂ©ros inculque d'après l'amour de son animal de compagnie (son "passe-partout"dira t'il !), Henri Verneuil nous interpelle en filigrane sur la condition animale destinĂ©e Ă  finir dans nos assiettes lorsqu'il s'agit d'une vache que Charles se promet de respecter en guise d'adieu. A savoir, s'abstenir au final de manger du veau pour le restant de ses jours grâce Ă  leurs sentiments partagĂ©s. Poignant et Ă©mouvant Ă  travers ses sĂ©quences intimistes de tendresse et de complicitĂ© amicale, Henri Verneuil Ă©vite l'Ă©cueil d'une Ă©motion programmĂ©e grâce Ă  la sobriĂ©tĂ© d'un Fernandel profondĂ©ment attachant (mais jamais mielleux dans son regard grave, voir bouleversĂ©) et Ă  l'intelligence de sa rĂ©alisation ne grossissant jamais le trait de la dramaturgie lors des sĂ©quences les plus Ă©motives. Alternant les situations parfois cocasses (la tentative de Charles Ă  rebrousser chemin d'un pont que les allemands vont traverser alors que Marguerite refuse Ă  faire marche arrière) avec d'autres moments plus intenses de par son contexte de survie prĂ©caire (la dĂ©marche couillue de Charles Ă  dĂ©rober de la nourriture aux allemands lors d'une nuit diluvienne), La Vache et le prisonnier insuffle un rythme soutenu au sein d'une aventure onirique (noir et blanc expressif Ă  l'appui). Tant auprès des magnifiques dĂ©cors d'une campagne solaire que nos hĂ©ros traversent sans se presser que des forĂŞts nocturnes d'un crĂ©puscule tantĂ´t fĂ©erique lors des trĂŞves de sommeil.


RĂ©alisĂ© avec une attention scrupuleuse par le maĂ®tre touche-Ă -tout Henri Verneuil, La Vache et le Prisonnier s'octroie d'une belle simplicitĂ© pour nous narrer une Ă©vasion de longue haleine aussi pittoresque que singulière sous l'impulsion sentimentale de l'homme et l'animal. Un message de tolĂ©rance en somme, une rĂ©flexion sur le vĂ©gĂ©tarisme si je me rĂ©fère au triste sort rĂ©servĂ© Ă  nos bovins alors qu'ici cette histoire vraie tend Ă  prouver que ces derniers pourraient bĂ©nĂ©ficier d'un traitement de faveur aussi Ă©quitable que le chien et le chat si nous savions en tirer une leçon d'Ă©thique. 

Bruno Matéï
2èx 

mardi 12 septembre 2017

BABY DRIVER

                                                       Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

d'Edgar Wright. 2017. U.S.A. 1h53. Avec Ansel Elgort, Kevin Spacey, Lily James, Jon Hamm, Jamie Foxx, Eiza González, Jon Bernthal.

Sortie salles France: 19 Juillet 2017. U.S: 28 Juin2017

FILMOGRAPHIE: Edgar Wright est un réalisateur et scénariste britannique, né le 18 avril 1974 à Poole, dans le Dorset (Royaume-Uni). 1994 : A Fistful of Fingers. 2005 : Shaun of the Dead. 2007 : Hot Fuzz. 2010 : Scott Pilgrim. 2013 : Le Dernier Pub avant la fin du monde. 2017 : Baby Drive.


Divertissement bourrin taillĂ© sur mesure pour le grand public si je me rĂ©fère Ă  sa pĂ©tulante bande-annonce, Baby Driver est beaucoup plus qu'un simple produit pop-corn (façon Fast and Furious) conçu pour rameuter les foules. RĂ©alisĂ© par le surdouĂ© Edgar Wright dont on ne compte plus les rĂ©ussites (sa filmo ressemble Ă  un arc en ciel pour son amour du cinĂ© de genre), Baby Driver est une madeleine de Proust aussi jouissive qu'intelligente dans le paysage aseptique de l'actionner movie. Et ce en dĂ©pit d'Ă©clairs de violence assez rĂ©alistes qui pourrait toutefois impressionner le plus jeune public alors que sa facture dĂ©tonante (et hybride) de conte de fĂ©e fait preuve d'une franche tendresse auprès du couple en Ă©treinte (son final romantique s'avĂ©rant d'une vibrante Ă©motion sans tirer pour autant sur la corde du sirupeux !). En tablant sur une idĂ©e empruntĂ©e Ă  Driver et Drive (un chauffeur de braqueurs, as de la conduite, multiplie les poursuites effrĂ©nĂ©es sans jamais se faire alpaguer par la police), Baby Driver dresse l'attachant portrait d'un jeune orphelin pris dans la tourmente de la pègre et de la criminalitĂ© depuis la mort de ses parents. Le rĂ©alisateur prenant notamment soin de nous renseigner sur son passĂ© infantile par le biais de flash-back concis assez poignants. Sa grande particularitĂ© (pour ne pas dire son addiction justifiĂ©e d'un passĂ© traumatique) est d'Ă©couter Ă  plein volume de la musique sur son Ipod Ă  chacune de ses missions jonchĂ©es d'embardĂ©es. Et sur ce point, Edgar Wright maĂ®trise admirablement la lisibilitĂ© des poursuites vertigineuses et gunfights par le biais du montage ciselĂ©.


Contraint de rembourser une dette Ă  son boss, Baby est bientĂ´t apte Ă  retrouver son autonomie au moment mĂŞme de s'Ă©prendre de la jeune serveuse, Debora. Mais son patron bien conscient de son statut de surdouĂ© de la vitesse n'entend pas libĂ©rer de sitĂ´t son poulain. Pourvu d'un scĂ©nario simpliste contrebalancĂ© de rebondissements et d'idĂ©es retorses souvent surprenants, Baby Driver ne cède jamais Ă  la facilitĂ© d'une vaine esbroufe grâce Ă  une structure narrative solide. MenĂ© sur le rythme trĂ©pidant d'une bande-son alternant constamment la soul et la pop-rock, la rĂ©alisation fringante d'Edgar Wright multiplie les expĂ©rimentations techniques avec une invention en roue libre. ColorĂ© et fun au sein d'une citĂ© urbaine en Ă©bullition, truffĂ© de dialogues crĂ©atifs par des personnages hauts en couleur formant une complicitĂ© davantage dĂ©lĂ©tère (mĂŞme Jamie Foxx s'avère convaincant dans un second-rĂ´le Ă©gotiste !), Baby Driver carbure Ă  l'adrĂ©naline de la vitesse et de l'action explosive sous l'impulsion humaine d'un anti-hĂ©ros en quĂŞte de rĂ©demption. A cet Ă©gard iconique, le jeune acteur Ansel Elgort retransmet avec une belle dignitĂ© son dilemme de se compromettre Ă  nouveau Ă  la corruption au moment mĂŞme d'une remise en question amoureuse et parentale (son attention scrupuleuse portĂ©e Ă  son père adoptif). A travers son pĂ©riple jonchĂ© de bĂ©vues meurtrières et de soumission morale, on peut d'ailleurs y dĂ©celer une mĂ©taphore sur le passage Ă  l'âge adulte après l'acceptation du deuil parental.


GĂ©nĂ©reux en diable par son action chorĂ©graphique Ă©poustouflante de vigueur et de maestria (nous nous accrochons Ă  notre fauteuil au moindre Ă©cart de conduite !), et semĂ© d'instants de cocasserie et de tendresse (le couple formĂ© par Baby/Debora dĂ©gage une innocence parfois bouleversante quant Ă  leur destinĂ©e indĂ©cise), Baby Driver redynamise le VRAI spectacle du samedi soir sous l'autoritĂ© infaillible d'un nouveau maĂ®tre du divertissement pĂ©tri d'amour et de sincĂ©ritĂ© envers son public. Une authentique fable Rock'n Roll en somme assorti d'un brio technique Ă©tourdissant ! 

Bruno Dussart.

lundi 11 septembre 2017

COURS APRES MOI SHERIF

                                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Senscritique.com

"Smokey and the Bandit" de Hal Needham. 1977. U.S.A. 1h36. Avec Burt Reynolds, Jackie Gleason, Sally Field, Jerry Reed, Mike Henry, Paul Williams, Pat McCormick.

Sortie salles France: 21 DĂ©cembre 1977. U.S: 21 Mai 1977

FILMOGRAPHIE: Hal Needham est un cascadeur, acteur, producteur, réalisateur et scénariste américain, né le 6 mars 1931 à Memphis dans le Tennessee (États-Unis) et mort le 25 octobre 2013. 1977 : Cours après moi shériff. 1978 : La Fureur du danger. 1979 : Cactus Jack. 1979 : Autoroute pour la mort. 1980 : Stunts Unlimited (TV). 1980 : Tu fais pas le poids, shérif! 1981 : L'Équipée du Cannonball. 1981 : The Stockers (TV). 1982 : Megaforce. 1983 : Stroker Ace (en). 1984 : Cannon Ball 2. 1986 : Rad. 1987 : Body Slam. 1994 : L'As des aventuriers: Bandit au Far West. 1994 : Bandit: Bandit Bandit (TV). 1994 : Bandit: Beauty and the Bandit (TV). 1994 : Bandit: Bandit's Silver Angel (TV). 1996 : Street Luge.


Responsable des cĂ©lèbres La Fureur du Danger, l'EquipĂ©e du Cannonball et Cannonball 2, Hal Needham se fit connaĂ®tre auprès du public avec un premier mĂ©trage au succès considĂ©rable; Cours après moi ShĂ©rif si bien que deux autres suites seront rapidement mises en chantier (sans compter son illustre sĂ©rie TV !). Un Road movie en roue libre fondĂ© sur des courses poursuites et cascades en règle que se disputent le routier Bandit et son ami cibiste Snowman contre une escouade de flics. ChargĂ© de ramener 400 cartons de bière en 28 heures dans la contrĂ©e du Texas Ă  la suite d'un pari, Bandit multiplies les risques et illĂ©galitĂ©s en se raillant de la police lancĂ©e sans relâche Ă  ses trousses. Durant son cheminement truffĂ© de barrages de police, il prend en stop une jeune mariĂ©e en fuite aussi dĂ©complexĂ©e et avide de libertĂ© que lui. Bonnard et parfois Ă©maillĂ©e d'instants de tendresse, Cours après moi shĂ©rif ne s'embarrasse pas de subtilitĂ© ni d'inventivitĂ© pour divertir le spectateur. Le schĂ©ma narratif redondant ne cessant d'exploiter son faible filon avec nĂ©anmoins une certaine efficacitĂ©, et ce en dĂ©pit d'une rĂ©alisation acadĂ©mique (marque de fabrique de son auteur). Pour autant, ce petit B movie sans prĂ©tention s'avère suffisamment pittoresque et attachant sous l'impulsion de comĂ©diens spontanĂ©s s'en donnant Ă  coeur joie dans les provocations et railleries de comptoir. Et Ă  ce p'tit jeu insolent, le trio formĂ© par Burt Reynolds, la pĂ©tillante et suave Sally Fiel et Jerry Reed ne manque pas de peps dans leur naturel spontanĂ©, quand bien mĂŞme le charismatique Jackie Gleason leur partage la vedette avec un surjeu vaniteux assez irrĂ©sistible dans celui du shĂ©rif braillard. Ce dernier accompagnĂ© d'un fils inconsĂ©quent ne cessant d'ĂŞtre ridiculisĂ©s durant l'itinĂ©raire routier, tant auprès de ses rivaux volontiers arrogants que de la populace se prenant au jeu de leur compĂ©tition en vantant les mĂ©rites du pilote Ă©mĂ©rite Bandit.


Un peu datĂ© mais assez distrayant autour d'un incessant jeu de courses poursuites entre flics et (gentils) voyous, Cours après moi shĂ©rif est une honnĂŞte comĂ©die menĂ©e tambour battant que les nostalgiques de l'Ă©poque devraient surtout continuer d'apprĂ©cier. 

Eric Binford.

vendredi 8 septembre 2017

LEGEND

                                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Ridley Scott. 1985. Angeterre/U.S.A. 1h53. Avec Tom Cruise, Mia Sara, Tim Curry, David Bennent, Alice Playten, Billy Barty, Cork Hubbert, Peter O'Farrell, Kiran Shah, Annabelle Lanyon, Robert Picardo.

Sortie salles en France: 28 AoĂ»t 1985. U.S: 18 Avril 1986
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FILMOGRAPHIERidley Scott est un rĂ©alisateur et producteur britannique nĂ© le 30 Novembre 1937 Ă  South Shields. 1977: Duellistes. 1979: Alien. 1982: Blade Runner. 1985: Legend. 1987: TraquĂ©e. 1989: Black Rain. 1991: Thelma et Louise. 1992: 1492: Christophe Colomb. 1995: Lame de fond. 1997: A Armes Egales. 2000: Gladiator. 2001: Hannibal. 2002: La Chute du faucon noir. 2003: Les AssociĂ©s. 2005: Kingdom of heaven. 2006: Une Grande AnnĂ©e. 2007: American Gangster. 2008: Mensonges d'Etat. 2010: Robin des Bois. 2012: Prometheus.
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Quatre ans après l'anticipation visionnaire Blade Runner, Ridley Scott aborde la Fantasy et le merveilleux avec Legend sorti en 1985. Entièrement tournĂ© en studio, le tournage est pour autant entachĂ© de divers incidents comme celui de l'incendie du plateau 007 de Pinewood (le dĂ©cor de la forĂŞt !). Le rĂ©alisateur est alors contraint de modifier certaines sĂ©quences. Au final, après des projections tests pĂ©joratives, il raccourcit son oeuvre de 20 bonnes minutes et remplace le score de Goldsmith par celui de Tangerine Dream. Comme pour son prĂ©cĂ©dent mĂ©trage, Legend se solde alors par un sĂ©vère Ă©chec public et une critique mitigĂ©e, et ce en dĂ©pit d'une poignĂ©e d'aficionados Ă©blouis par son esthĂ©tisme formel. Trois montages distincts auront vu le jour depuis et ce n'est qu'au prĂ©mices des annĂ©es 2000 qu'un fameux Director's cut pu enfin aboutir (copie zĂ©ro original) pour ĂŞtre commercialisĂ© en Dvd aux States. Aujourd'hui, grâce au support HD du Blu-ray, cette version intĂ©grale tant escomptĂ©e est enfin disponible sur notre territoire ! Au royaume des tĂ©nèbres, Darkness envisage de s'emparer de deux licornes, symboles de puretĂ© rĂ©gnant en harmonie dans une forĂŞt enchantĂ©e. Au sein de cette contrĂ©e fĂ©erique, Lily est une jeune princesse Ă©prise d'amour pour Jack. Alors qu'elle tente d'approcher une licorne pour la caresser, les gobelins, sbires du prince des tĂ©nèbres, lancent une flèche empoisonnĂ©e vers l'animal pour s'emparer de sa corne. Alors que Lily est retenue prisonnière dans l'antre du prince des TĂ©nèbres, Jack et ses acolytes vont tenter de la dĂ©livrer, tuer le dĂ©mon et rĂ©cupĂ©rer la corne d'argent. 
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StylisĂ© dans sa fulgurance fĂ©erique Ă  damner un saint (un paradoxe quand on apprend que la nature exaltante et sa flore si dĂ©taillĂ©e ont Ă©tĂ© soigneusement reconstituĂ©es en studio !), Legend est une splendeur visuelle restĂ©e inĂ©galĂ©e pour le genre, et ce en dĂ©pit du classicisme d'un scĂ©nario rachitique il faut avouer et de personnages dĂ©nuĂ©s de profondeur ! Le cheminement hĂ©roĂŻque de Jack et de ses compagnons (de sympathiques elfes accompagnĂ©s d'une petite fĂ©e envieuse !) pâtissant d'un manque de conviction et d'Ă©motions dans leur tentative (trop) timorĂ©e de secourir Lily et la licorne. A la fois baroques et flamboyantes, leurs aventures nous transportent nĂ©anmoins dans un conte fantastique tantĂ´t vertigineux si je me rĂ©fère Ă  quelques morceaux d'anthologie vus nulle part ailleurs ! A l'instar de la scĂ©nographie tĂ©nĂ©breuse du palais de Darkness amĂ©nagĂ© de vastes sculptures historiques, ou encore de la danse des ombres lorsque Lily se laisse enivrer par le charme sĂ©pulcral d'une silhouette sans visage. Alors que quelques instants plus tard, le prince des tĂ©nèbres nous rĂ©vĂ©lera enfin son vrai profil dĂ©moniaque par le truchement d'une glace dĂ©formante. Sachant que toutes ses interventions emphatiques nous transi de stupeur et de fascination, de par la qualitĂ© minutieuse des maquillages artisanaux et de l'expressivitĂ© Ă©motionnelle que dĂ©gage Tim Curry littĂ©ralement mĂ©connaissable dans son costume flamboyant. Et a cet Ă©gard, on peut franchement saluer une vraie performance d'acteur ! D'une beautĂ© aussi gracile qu'opaque, ces morceaux de bravoure confinent au sublime en dĂ©pit de l'aspect languissant d'une aventure peu intense, notamment par son absence de rebondissements et de dimension Ă©pique. Outre la prĂ©sence iconique du plus beaux prince des tĂ©nèbres jamais vu sur un Ă©cran, le nĂ©ophyte Tom Cruise s'en sort assez bien dans la peau du prince charmant pĂ©tri d'innocence et de puretĂ©, et ce en dĂ©pit de sa fonction hĂ©roĂŻque perfectible car pas si vĂ©loce que prĂ©vu lors de ses prises de risque inconsidĂ©rĂ©es. On pardonne toutefois son jeu en demi-teinte et on se rĂ©conforte auprès de la suave et sensuelle Mia Sara lui partageant la vedette en jeune princesse avec une fraĂ®cheur candide pleine d'onirisme.


Formellement Ă©purĂ© et immaculĂ© au sein d'une fantasmagorie binaire, entre fĂ©erie et dark fantasy, Legend se permet en prime de parfaire des morceaux de bravoure très impressionnants lorsque Darkness entre en scène dans l'intimitĂ© de son royaume domestique. InachevĂ©, bancal et dĂ©nuĂ© de tension dramatique, Legend n'en demeure pas moins un fabuleux livret d'images Ă©maillĂ© d'instants de grâce et de rencontres inoubliables (la rencontre de Jack parmi les elfes, l'apparition blafarde de la sorcière des marais, la mĂ©lopĂ©e que Lily fredonne Ă  la licorne, la bague que Jack parvient enfin Ă  extraire de la rivière pour l'offrir Ă  celle-ci, Darkness dĂ©clarant sa flamme Ă  Lily dans une posture aussi vaniteuse que phallocrate).  

Bruno Matéï
08/09/17. 5èx
15.02.12