vendredi 8 septembre 2017

LEGEND

                                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Ridley Scott. 1985. Angeterre/U.S.A. 1h53. Avec Tom Cruise, Mia Sara, Tim Curry, David Bennent, Alice Playten, Billy Barty, Cork Hubbert, Peter O'Farrell, Kiran Shah, Annabelle Lanyon, Robert Picardo.

Sortie salles en France: 28 AoĂ»t 1985. U.S: 18 Avril 1986
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FILMOGRAPHIERidley Scott est un rĂ©alisateur et producteur britannique nĂ© le 30 Novembre 1937 Ă  South Shields. 1977: Duellistes. 1979: Alien. 1982: Blade Runner. 1985: Legend. 1987: TraquĂ©e. 1989: Black Rain. 1991: Thelma et Louise. 1992: 1492: Christophe Colomb. 1995: Lame de fond. 1997: A Armes Egales. 2000: Gladiator. 2001: Hannibal. 2002: La Chute du faucon noir. 2003: Les AssociĂ©s. 2005: Kingdom of heaven. 2006: Une Grande AnnĂ©e. 2007: American Gangster. 2008: Mensonges d'Etat. 2010: Robin des Bois. 2012: Prometheus.
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Quatre ans après l'anticipation visionnaire Blade Runner, Ridley Scott aborde la Fantasy et le merveilleux avec Legend sorti en 1985. Entièrement tournĂ© en studio, le tournage est pour autant entachĂ© de divers incidents comme celui de l'incendie du plateau 007 de Pinewood (le dĂ©cor de la forĂŞt !). Le rĂ©alisateur est alors contraint de modifier certaines sĂ©quences. Au final, après des projections tests pĂ©joratives, il raccourcit son oeuvre de 20 bonnes minutes et remplace le score de Goldsmith par celui de Tangerine Dream. Comme pour son prĂ©cĂ©dent mĂ©trage, Legend se solde alors par un sĂ©vère Ă©chec public et une critique mitigĂ©e, et ce en dĂ©pit d'une poignĂ©e d'aficionados Ă©blouis par son esthĂ©tisme formel. Trois montages distincts auront vu le jour depuis et ce n'est qu'au prĂ©mices des annĂ©es 2000 qu'un fameux Director's cut pu enfin aboutir (copie zĂ©ro original) pour ĂŞtre commercialisĂ© en Dvd aux States. Aujourd'hui, grâce au support HD du Blu-ray, cette version intĂ©grale tant escomptĂ©e est enfin disponible sur notre territoire ! Au royaume des tĂ©nèbres, Darkness envisage de s'emparer de deux licornes, symboles de puretĂ© rĂ©gnant en harmonie dans une forĂŞt enchantĂ©e. Au sein de cette contrĂ©e fĂ©erique, Lily est une jeune princesse Ă©prise d'amour pour Jack. Alors qu'elle tente d'approcher une licorne pour la caresser, les gobelins, sbires du prince des tĂ©nèbres, lancent une flèche empoisonnĂ©e vers l'animal pour s'emparer de sa corne. Alors que Lily est retenue prisonnière dans l'antre du prince des TĂ©nèbres, Jack et ses acolytes vont tenter de la dĂ©livrer, tuer le dĂ©mon et rĂ©cupĂ©rer la corne d'argent. 
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StylisĂ© dans sa fulgurance fĂ©erique Ă  damner un saint (un paradoxe quand on apprend que la nature exaltante et sa flore si dĂ©taillĂ©e ont Ă©tĂ© soigneusement reconstituĂ©es en studio !), Legend est une splendeur visuelle restĂ©e inĂ©galĂ©e pour le genre, et ce en dĂ©pit du classicisme d'un scĂ©nario rachitique il faut avouer et de personnages dĂ©nuĂ©s de profondeur ! Le cheminement hĂ©roĂŻque de Jack et de ses compagnons (de sympathiques elfes accompagnĂ©s d'une petite fĂ©e envieuse !) pâtissant d'un manque de conviction et d'Ă©motions dans leur tentative (trop) timorĂ©e de secourir Lily et la licorne. A la fois baroques et flamboyantes, leurs aventures nous transportent nĂ©anmoins dans un conte fantastique tantĂ´t vertigineux si je me rĂ©fère Ă  quelques morceaux d'anthologie vus nulle part ailleurs ! A l'instar de la scĂ©nographie tĂ©nĂ©breuse du palais de Darkness amĂ©nagĂ© de vastes sculptures historiques, ou encore de la danse des ombres lorsque Lily se laisse enivrer par le charme sĂ©pulcral d'une silhouette sans visage. Alors que quelques instants plus tard, le prince des tĂ©nèbres nous rĂ©vĂ©lera enfin son vrai profil dĂ©moniaque par le truchement d'une glace dĂ©formante. Sachant que toutes ses interventions emphatiques nous transi de stupeur et de fascination, de par la qualitĂ© minutieuse des maquillages artisanaux et de l'expressivitĂ© Ă©motionnelle que dĂ©gage Tim Curry littĂ©ralement mĂ©connaissable dans son costume flamboyant. Et a cet Ă©gard, on peut franchement saluer une vraie performance d'acteur ! D'une beautĂ© aussi gracile qu'opaque, ces morceaux de bravoure confinent au sublime en dĂ©pit de l'aspect languissant d'une aventure peu intense, notamment par son absence de rebondissements et de dimension Ă©pique. Outre la prĂ©sence iconique du plus beaux prince des tĂ©nèbres jamais vu sur un Ă©cran, le nĂ©ophyte Tom Cruise s'en sort assez bien dans la peau du prince charmant pĂ©tri d'innocence et de puretĂ©, et ce en dĂ©pit de sa fonction hĂ©roĂŻque perfectible car pas si vĂ©loce que prĂ©vu lors de ses prises de risque inconsidĂ©rĂ©es. On pardonne toutefois son jeu en demi-teinte et on se rĂ©conforte auprès de la suave et sensuelle Mia Sara lui partageant la vedette en jeune princesse avec une fraĂ®cheur candide pleine d'onirisme.


Formellement Ă©purĂ© et immaculĂ© au sein d'une fantasmagorie binaire, entre fĂ©erie et dark fantasy, Legend se permet en prime de parfaire des morceaux de bravoure très impressionnants lorsque Darkness entre en scène dans l'intimitĂ© de son royaume domestique. InachevĂ©, bancal et dĂ©nuĂ© de tension dramatique, Legend n'en demeure pas moins un fabuleux livret d'images Ă©maillĂ© d'instants de grâce et de rencontres inoubliables (la rencontre de Jack parmi les elfes, l'apparition blafarde de la sorcière des marais, la mĂ©lopĂ©e que Lily fredonne Ă  la licorne, la bague que Jack parvient enfin Ă  extraire de la rivière pour l'offrir Ă  celle-ci, Darkness dĂ©clarant sa flamme Ă  Lily dans une posture aussi vaniteuse que phallocrate).  

Bruno Matéï
08/09/17. 5èx
15.02.12

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