vendredi 24 février 2012

LA PUNITION


de Pierre Alain Jolivet. 1973. France. 1h30. Avec Karin Schubert, Georges Géret, Amidou, Marcel Dalio, Claudie Lange, Anne Jolivet, Jean-Pierre Maurin, Jean Lescot.

Sortie Salle France: 28 Juin 1973 (Int - 18 ans)

FILMOGRAPHIE: Pierre Alain Jolivet est un réalisateur et scénariste français né en 1935.
1968: Bérénice. 1969: Le Grand Cérémonial. 1971: Ca. 1973: La Punition. 1981: Haute Surveillance.
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Ovni filmique introuvable (au passage, merci l'Antre !), La Punition est l'adaptation du roman autobiographique de Xavière  Lafont, jeune call-girl prĂ©alablement molestĂ©e par un proxĂ©nète dans la mĂ©tropole Parisienne. RĂ©alisĂ© par un cinĂ©aste ignorĂ©, co-scĂ©narisĂ© et dialoguĂ© par Richard Bohringer, cette oeuvre insolite est rehaussĂ©e der la prĂ©sence de Karin Shubert, actrice allemande discrĂ©ditĂ©e par un destin infortunĂ©. Britt, jeune prostituĂ©e est livrĂ©e de force Ă  l'allĂ©geance d'une clientèle crapuleuse car contrainte de subir sĂ©vices et humiliations dans une demeure dĂ©crĂ©pite. RĂ©sumable en une ligne, la trame de La Punition aurait pu sombrer dans le vulgaire produit d'exploitation parmi son alliage de sexualitĂ© dĂ©viante et de scènes de violence crues. SauvĂ© par la mise en scène expĂ©rimentale de Pierre Alain Jolivet, multipliant les angles de vue alambiquĂ©s et prĂ©conisant un climat malsain Ă©rigĂ© autour de son dĂ©cor exigu, La Punition fascine et dĂ©range irrĂ©mĂ©diablement. La galerie cynique de personnages extravagants, tous plus tordus les uns des autres, ainsi que son Ă©lĂ©gie musicale composĂ©e par Bookie Binkley nous entraĂ®nant dans une lancinante descente aux enfers.
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 Le rĂ©alisateur parvient donc Ă  insuffler une atmosphère atypique en centrant son dĂ©cor principal dans l'insalubritĂ© d'une salle de sĂ©jour vide de meubles, Ă  l'exception d'un toilette adjacent et d'un matelas dĂ©posĂ© au coeur de la pièce. Le scĂ©nario oscillant une succession de violences physiques, humiliations et viols rĂ©cursifs perpĂ©trĂ©s contre la jeune prostituĂ©e par des misogynes putassiers. Mais la rĂ©alisation inventive particulièrement agressive parvient Ă  distiller une atmosphère baroque souvent Ă©touffante et diaphane, quand bien mĂŞme sa bande-son parfois stridente privilĂ©gie une sonoritĂ© hostile afin de renforcer son climat licencieux, surtout lorsque l'on perçoit d'une pièce adjacente les hurlements moribonds d'une autre prostituĂ©e davantage prostrĂ©e. Au niveau du casting, la prĂ©sence lascive de la sublime Karin Schubert accentue ce sentiment de nonchalance d'ĂŞtre tĂ©moin voyeur de son corps flagellĂ© par un cercle d'amants viciĂ©s et masochistes. Souvent mutique, hagarde et dĂ©sorientĂ©e par les exactions masochistes de ces clients dĂ©pravĂ©s, elle rĂ©ussit Ă  attendrir et Ă©branler le spectateur jamais indiffĂ©rent de son dĂ©sarroi et de sa beautĂ© charnelle. Une comĂ©dienne loin d'ĂŞtre la triviale potiche de service donc car Ă©purĂ©e par sa dimension humaine lunatique et dĂ©chue.


Au final, une oeuvre hermĂ©tique, glauque et volontairement dĂ©stabilisante qui ne peut laisser indiffĂ©rent dans sa tentative Ă  la fois ambitieuse, couillue et personnelle de renouer avec un cinĂ©ma marginal. Une Ă©preuve de force difficile d'accès qui ne pourra convaincre qu'un public averti. Mais pour autant, La Punition est notamment transcendĂ©e par sa rĂ©alisation fertile et sa thĂ©matique sur la phallocratie que la femme esclave Ă©prouve auprès d'une communautĂ© de notables. Issu de l'hexagone, on aurait tort de se priver de cet ovni aussi insolent que scabreux. 
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24.02.12
Bruno Matéï 



La Folie des Grandeurs... Karin Shubert...Un destin brisé ! (info: antredubis)

Drôle de destin qui fut réservé à cette magnifique jeune femme.

C'est en 1971, avec la folie des grandeurs de Gerard Oury que les spectateurs remarquent pour la première fois cette magnifique actrice allemande dans le rôle de La Reine Marie Anne de Neubourg, où, resplendissante elle fait tourner les têtes d'Yves Montand et de Louis de Funès. C'est aussi la première fois qu'elle est créditée à un générique, malgré ses participations à Samoa, fille sauvage et Companeros pour les titres les plus connus.

En 1972, nous la retrouvons dans « Barbe-bleue » d’ d’Edward Dmytryk, « L’Attentat » d’Yves Boisset et au cotĂ© de la charmante Edwige Fenech dans la comĂ©die Ă©rotique « Quel gran pezzo dell'Ubalda tutta nuda e tutta calda ».

C’est en 1973, avec son rĂ´le de prostituĂ©e sĂ©questrĂ©e que sa carrière va prendre un tournant surprenant, car malgrĂ© sa prestation remaquable, Karin Shubert ne rĂ©ussira jamais Ă  retrouver sa place dans le monde du cinĂ©ma plus classique et se retrouvera dĂ©sormais cantonnĂ©e Ă  des rĂ´les dans des films Ă©rotiques comme plusieurs Ă©pisodes de la sĂ©rie Black Emanuelle ou de sĂ©rie B .

Les rangers dĂ©fient les karateka, Comment je suis tombĂ© si bas, le baiser d’une morte, Black Emanuelle en Afrique, A seize ans dans l’enfer d’Asmterdam pour ne citer que les plus connus seront parmi les films qui jalonneront sa carrière jusqu’en 1985 ou elle basculera dĂ©finitivement dans le monde du X.

Elle obtiendra un contrat annuel de 180 000 Deutchmark en imposant aux producteurs et rĂ©alisateurs certaines clauses comme pas de sodomie, de scènes avec des noirs et des animaux. Elle poursuivra dans le monde du porno jusqu’en 1994 date de son dernier film. Elle l’a alors 50 ans.

Son premier film pornographique datant de 1985 est Morbosamente vostra. Suivront pour les titres les plus farfelus, Le vice dans le ventre, Devil in mister Holmes, La Parisienne, Le avventure erotix di Cappuccetto Rosso et pour finir en 1994 Enfoncées bien à fond. Elle tente de se suicider en 1995.

Pourquoi ĂŞtre devenue actrice de X ? Le cinĂ©ma de genre Italien touchant Ă  sa fin et son fils Ă©tant toxicomane, le manque d’argent l’aurait poussĂ© Ă  suivre cette branche afin de pouvoir le soigner.

Cette Jolie Reine d'Espagne est actuellement internée dans un hôpital Psychiatrique.


3 commentaires:

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  2. Très bonne analyse du film qui va certainement donner envie à beaucoup de le découvrir.

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  3. Ah merci Sevenko, et justement cette critique fait partie des plus consultées depuis ce matin ! ^^

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