jeudi 26 juillet 2012

House. Prix de la Critique Avoriaz. Grand Prix au Rex, 1986.

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Cinemovies.fr

de Steve Miner. 1986. U.S.A. 1h32. Avec William Katt, George Wendt, Richard Moll, Kay Lenz, Mary Stavin, Michael Ensign, Erik Silver, Mark Silver, Susan French, Alan Autry, Steven Williams.

Sortie salles France: 4 Juin 1986. U.S: 28 Février 1986

FILMOGRAPHIE: Steve Miner est un réalisateur américain, né le 18 Juin 1951 à Westport, dans le Connecticut. 1981: Le Tueur de Vendredi. 1982: Meurtres en 3 dimensions. 1986: House. 1986: Soul Man. 1989: Warlock. 1991: A coeur vaillant rien d'impossible. 1992: Forever Young. 1994: Sherwood's Travels. 1994: My Father ce Héros. 1996: Le Souffre douleur. 1998: Halloween, 20 ans après. 1999: Lake Placid. 2001: The Third Degree (télé-film). 2001: Texas Rangers, la revanche des Justiciers. 2002: Home of the Brave (télé-film). 2006: Scarlett (télé-film). 2007: Day of the Dead.


RĂ©compensĂ© Ă  Avoriaz et au Rex après avoir remportĂ© un joli succès en salles, House surfe sur le dĂ©moniaque Evil-dead depuis une nouvelle tendance d'horreur cartoonesque. Conçu Ă  l'instar d'un train fantĂ´me Ă©maillĂ© de chausse-trappe et revirements dĂ©lirants, cette sĂ©rie B typiquement ludique s'approprie du thème de la demeure hantĂ©e en transcendant ses conventions auprès d'une dĂ©rision sarcastique assez finaude.  Après la disparition inexpliquĂ©e de son fils Jimmy qui aboutira au divorce de sa femme, et après la mort de sa tante, le cĂ©lèbre Ă©crivain Roger Cobb s'installe dans la demeure de la dĂ©funte pour Ă©crire son dernier roman. Mais des phĂ©nomènes surnaturelles vont se manifester prouvant notamment que son fils est bel et bien toujours vivant, retenu prisonnier dans une dimension inconnue. Loufoque et dĂ©bridĂ© avec une gĂ©nĂ©rositĂ© permanente, House constitue le divertissement idĂ©al du samedi soir bâti sur un scĂ©nario inventif allĂ©guant un dĂ©ploiement de monstres ricaneurs en tous genres. Avec comme point de dĂ©part l'argument horrifique d'une demeure hantĂ©e occultant une disparition inexpliquĂ©e, Steve Miner dynamite les traditionnels clichĂ©s lors d'une succession de gags euphorisants.


La caractĂ©risation des personnages excentriques Ă©tant exploitĂ©e Ă  bon escient auprès de leur complicitĂ© amicale sournoise. Ainsi, notre vĂ©nĂ©rable romancier se retrouve Ă©piĂ© par un voisin de palier investigateur et pleutre, quand bien mĂŞme une bimbo dĂ©sinvolte usera un peu plus tard de son charme pour lui soumettre la garde de son rejeton. Les vicissitudes improvisĂ©es qui en Ă©manent, telle l'investigation des flics dans la maison de Roger, la visite surprise de son ex Ă©pouse ou encore la main baladeuse agrippĂ©e au dos du bambin, sont habilement acheminĂ©es avec une efficacitĂ© roublarde. La comĂ©die horrifique aurait Ă©galement pu se prĂ©nommer Monster in the Closet tant la maison recèle de pièces secrètes et sombres placards investis par des hordes d'esprits farceurs ! L'esprit cartoonesque ambiant (d'autant plus que la maison gothique ressemble en quelque sorte Ă  un jouet grandeur nature), la fantaisie naĂŻve que nos protagonistes nous expriment en toute spontanĂ©itĂ© rendent l'aventure diablement rĂ©jouissante par son esprit dĂ©jantĂ©. EpaulĂ© d'effets spĂ©ciaux artisanaux, tant pour la confection singulière des monstres en latex que de l'environnement surnaturel d'une maison au seuil d'une 4è dimension (le saut dans le vide prĂ©cipitĂ© par Roger de sa salle de bain abouti au repère hostile d'une jungle vietnamienne !), House dĂ©payse, dĂ©tonne et surprend avec une inventivitĂ© dĂ©complexĂ©e.


Bougrement sympathique, atmosphĂ©rique et donc dĂ©paysant, House festoie autour d'une horreur cartoonesque, de par son script dingo et ces comĂ©diens avenants Ă  la bonne humeur expansive. Quant Ă  la contribution musicale de l'Ă©minent Harry Manfredini, il y transfigure une cadence entĂŞtante afin de renforcer l'intensitĂ© toujours plus barrĂ©e d'un train fantĂ´me envahit d'itinĂ©rants rĂ©calcitrants.

*Bruno Matéï
26.07.12. 
31.05.22. 6èx

Récompenses: Prix de la Critique à Avoriaz, 1986
Grand Prix au Rex de Paris, 1986

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