mercredi 29 août 2012

Affreux, sales et méchants / Brutti, sporchi e cattivi. Prix de la mise en scène à Cannes.

                                                    Photo empruntée sur Google, appartenant au site Cinemovies.fr

de Ettore Scola. 1976. Italie. 1h49. Avec Nino Manfredi, Maria Luisa Santella, Francesco Anniballi, Maria Bosco, Giselda Castrini, Alfredo D'Ippolito, Giancarlo Fanelli, Marina Fasoli.

Sortie salles France: 15 Décembre 1976

Récompense: Prix de la Mise en scène à Cannes, 1976.

FILMOGRAPHIE: Ettore Scola est un réalisateur et scénariste italien, né le 10 Mai 1931 à Trevico, province d'Avellino en Campanie. 1964: Parlons Femmes. 1965: Belfagor le Magnifique. 1968: Nos héros réussiront-ils à retrouver leur ami mystérieusement disparu en Afrique ? 1969: Le Commissaire Pepe. 1970: Drame de la Jalousie. 1972: La Plus belle soirée de ma vie. 1973: Voyage dans le Fiat-Nam. 1974: Nous nous sommes tant aimés. 1976: Affreux, sales et méchants. 1977: Bonsoir Mesdames et Messieurs. 1977: Une Journée Particulière. 1978: Les Nouveaux Monstres. 1980: La Terrasse. 1981: Passion d'Amour. 1982: La Nuit de Varennes. 1983: Le Bal. 1985: Macaroni. 1987: La Famille. 1988: Splendor. 1989: Quelle heure est-il ? 1990: Le Voyage du Capitaine Fracasse. 1993: Mario, Maria, Mario. 1995: Le Roman d'un jeune homme pauvre. 1998: Le Dîner. 2001: Concurrence Déloyale. 2003: Gente di Roma.

Comédie cynique d’une cruauté inouïe, Affreux, sales et méchants dresse le portrait au vitriol d’une famille précaire vivant dans l’insalubrité d’un bidonville romain. Giacinto, patriarche sexagénaire d’une tribu entassée dans un taudis, garde jalousement un butin qu’il dissimule un peu partout dans la baraque, craignant que les siens ne viennent le dépouiller. Lorsqu’il invite chez lui une inconnue aguicheuse rencontrée par hasard, il déclenche la fureur de son épouse et la défiance de toute la communauté. De plus en plus détesté, Giacinto se retrouve bientôt pris au piège d’un ignoble complot familial.

Peinture glauque et sordide d’une banlieue déshéritée, Ettore Scola livre ici le portrait impitoyable d’une famille gangrenée par la misère morale. Viol, prostitution, marché noir, vandalisme, inceste : autant d’exutoires quotidiens pour ces laissés-pour-compte, condamnés à la bassesse pour tenter de survivre dans un monde blafard où l’espoir s’est évaporé.

En exposant la déshumanisation des plus pauvres, victimes du chômage et du mépris social, Scola emprunte la voie d’un humour noir féroce pour mieux dénoncer l’exclusion et la marginalisation. À travers la caricature burlesque d’une famille aussi mesquine qu’immorale, il orchestre un jeu de massacre d’un cynisme éclatant. Certaines séquences demeurent inoubliables : le repas estival virant à la farce macabre, le rêve édénique de Giacinto imaginant une vie prospère, ou la bataille grotesque de deux clans s’arrachant une parcelle de terrain.

Et pour conclure, Scola choisit l’amertume. Une dernière image incestueuse scelle le destin de ces êtres brisés. Une mélodie maussade accompagne le générique, tandis qu’en arrière-plan, un terrain désolé s’efface derrière l’horizon d’une urbanisation florissante. Inoubliable.

Entre rire grinçant et drame social, Affreux, sales et méchants rend hommage à ces infortunés sans jamais leur refuser une part d’empathie.


"Une vie moins ordinaire
."
Cruellement drôle et bouleversant par sa misère humaine en perdition, odieux par l’immoralité de ses personnages, Affreux, sales et méchants est un chef-d’œuvre de la comédie italienne, d’une puissance pittoresque et terriblement grinçante. L’interprétation satirique de Nino Manfredi en patriarche infâme, entouré d’une galerie de trognes burinées, confère au film un réalisme poignant et une détresse d’une actualité troublante qui hante à jamais. 

Difficile d’en ressortir indemne.

— le cinéphile du cœur noir

29.08.12. 3èx

1 commentaire:

  1. Deux amoureux

    Elle lui sourit. Il lui répondit par un regard étonné. A son tour il lui sourit avec une contenance de circonstance : le port altier, la tête légèrement de côté, le regard sûr. Geste maladroit mais sincère. C'était la première fois qu'ils se rencontraient. Le hasard venait de les réunir dans un jardin public, par un après-midi de printemps.

    Réservés, ils se tenaient l'un à côté de l'autre à distance formelle : c'étaient des honnêtes gens.

    Une brise souleva mollement les longs cheveux de la femme. Une mèche vint s'enfouir dans le creux de ses seins à demi dévoilés. Du coin de l'oeil, l'homme esquissa un léger signe d'intérêt. La gorge était profonde, le décolleté osé. Se sentant désirée, la belle appuya son sourire. Le vent chassa la mèche indiscrète qui alla s'enrouler dans le vide. Et tantôt ses longs cheveux flottaient devant son visage, tantôt son front se dégageait avec grâce au gré de la brise... La scène était impromptue, charmante. Leurs regards se croisaient, se décroisaient, se cherchaient, se trouvaient. Le jeu se prolongea assez longtemps. Ils n'avaient pas prononcé le moindre mot. C'était adorable et puéril, tendre et émouvant.

    Ces deux-là se plaisaient, c'était évident.

    Les tourtereaux s'étaient rapprochés l'un de l'autre. Alors l'homme prit la main de son élue. Tacitement elle passa son bras sous le bras du galant. Il n'y avait pas d'hésitation dans leur étreinte, les deux amants s'étaient reconnus comme des semblables.

    Enfin ils s'en furent, tendrement enlacés parmi les roseraies, confusément émus, l'allure lente mais sûre, à petits pas vers un avenir plein de promesses... Deux silhouettes attendrissantes dans le parc qu'accompagnait le chant des oiseaux.

    La femme déplaçait avec difficulté ses cent-quarante kilos. Lui, claudiquait nerveusement avec sa bosse sur le dos.

    VOIR LA VIDEO :

    http://www.dailymotion.com/video/xnct9t_deux-amoureux-raphael-zacharie-de-izarra_news

    Raphaël Zacharie de IZARRA

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