mercredi 6 mars 2013

Le Convoi / Convoy

  
                                 Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site filmscoremonthly.com

de Sam Peckinpah. 1978. U.S.A/Angleterre. 1h47. Avec Kris Kristofferson, Ali MacGraw, Burt Young, Ernest Borgnine, Seymour Cassel, Franklyn Ajaye.

Sortie salles France: 16 Août 1978. U.S: 28 Juin 1978

FILMOGRAPHIE: Sam Peckinpah est un scĂ©nariste et rĂ©alisateur amĂ©ricain, nĂ© le 21 FĂ©vrier 1925, dĂ©cĂ©dĂ© le 28 DĂ©cembre 1984. 1961: New Mexico, 1962: Coups de feu dans la Sierra. 1965: Major Dundee. 1969: La Horde Sauvage. 1970: Un NommĂ© Cable Hogue. 1971: Les Chiens de Paille. 1972: Junior Bonner. Guet Apens. 1973: Pat Garrett et Billy le Kid. 1974: Apportez moi la tĂŞte d'Alfredo Garcia. 1975: Tueur d'Elite. 1977: Croix de Fer. 1978: Le Convoi. 1983: Osterman Week-end.


Avant-dernier film de Peckinpah, Le Convoi est un western moderne conçu pour divertir tout en distillant un sous-texte social contestataire. Le cinĂ©aste s’intĂ©resse ici Ă  la condition des prolĂ©taires, tributaires d’une politique insidieuse : un gouverneur opportuniste exploite la renommĂ©e d’un routier pour capter la sympathie ouvrière et engranger des voix. Longtemps sous-estimĂ© pour son ton dĂ©calĂ© et cartoonesque, le film a dĂ©routĂ© la critique qui s’attendait Ă  une « horde sauvage » contemporaine. Pourtant, il s’impose comme un road movie homĂ©rique, d’une jubilation insolente, oĂą les flics sont raillĂ©s sans rĂ©pit, toujours Ă  bout de souffle dans leur dĂ©sir d’oppression. D'ailleurs on peut rappeler qu'en matière de potentiel ludique, le public, lui, fut conquis puisqu'il s'agit du plus grand succès commercial de son auteur. 


Entre bastons de saloon, cascades effrĂ©nĂ©es et poursuites intrĂ©pides, Le Convoi ressuscite des figures familières du cinĂ©ma de genre : le baroudeur Kris Kristofferson, les vĂ©tĂ©rans Ernest Borgnine et Burt Young, sans oublier le charme lascif d’Ally McGraw, radieuse dans sa trentaine assumĂ©e. Le rĂ©cit, qui dĂ©marre sur une simple infraction pour excès de vitesse, dĂ©gĂ©nère en cavale : Duck, routier frondeur, fuit vers le Nouveau-Mexique, rejoint en chemin par une horde de camionneurs solidaires. Tandis que son prestige grandit et rallie la population, un flic rancunier dĂ©chaĂ®ne toutes les forces de police, et un politicard vĂ©reux tente de rĂ©cupĂ©rer cette rĂ©volte pour sa propre gloire.

Certes, le scĂ©nario bancal, souvent improbable, se rĂ©sume Ă  une longue traque automobile entre un cow-boy marginal et un shĂ©rif imbu de pouvoir. Mais la grande efficacitĂ© du spectacle, la maĂ®trise de sa rĂ©alisation, la bonhomie attachante des personnages et l’humour dĂ©bridĂ© qui en jaillit confèrent au film une Ă©nergie extrĂŞmement communicative.


Pamphlet contre l’autoritĂ© dĂ©voyĂ©e au cĹ“ur d’une AmĂ©rique raciste, Le Convoi rend hommage aux routiers exploitĂ©s par un gouvernement mĂ©galo oĂą seul le pouvoir compte. On pouvait Ă©videmment espĂ©rer plus de densitĂ© de Peckinpah, mais le film, un brin mĂ©lancolique dans sa seconde partie dĂ©sabusĂ©e, demeure un sacrĂ© moment de dĂ©tente exaltĂ©, nourri d’ironie, d'amertume et d’action : un western d’asphalte oĂą les camions grondent comme des chevaux d’acier, guidĂ©s par des trognes tĂ©mĂ©raires et fraternelles. ShĂ©rif, fais-moi peur n’est pas loin, et je ne m'en plaindrai jamais.

P.S: sacré revirement de ton dans sa version originale STF.

— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir

14.09.25. 5èx. 4K VOST
06.03.13.


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