vendredi 1 mars 2013

L'HOMME DE L'ATLANTIDE : L'ARRIVEE (The Man From Atlantis)

                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site space1970.blogspot.com

Télé-film "pilote" de Lee H. Katzin. 1977. U.S.A. 1h32. Avec Patrick Duffy, Belinda Montgomery,Victor Buono, Alan Fudge, Jean Marie Hon, J. Victor Lopez, Robert Lussier, Dick Anthony Williams.

Diffusion d'origine: 4 Mars 1977 - 6 Juin 1978. 1ère diffusion en France: 29 Janvier 1979

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Lee H. Katzin est un rĂ©alisateur amĂ©ricain nĂ© le 12 Avril 1935 Ă  DĂ©troit, Michigan (Etats-Unis), dĂ©cĂ©dĂ© le 30 Octobre 2002 Ă  Beverly Hills (Californie).
1959: Bonanza (sĂ©rie). 1965: Le Proscrit (sĂ©rie). 1965: Les Mystères de l'Ouest (sĂ©rie). 1966: Brigade Criminelle (sĂ©rie). 1968: OpĂ©ration vol (sĂ©rie). 1969: Qu'est-il arrivĂ© Ă  tante Alice. 1970: Along came a spider (tĂ©lĂ©-film). 1971: Le Mans. 1973: Police Story (sĂ©rie). 1974: Chasse Tragique (tĂ©lĂ©-film). 1976: Alien Attack (tĂ©lĂ©-film). 1976: The Quest (tĂ©lĂ©-film). 1977: L'Homme de l'Atlantide (tĂ©lĂ©-film / SĂ©rie TV). 1977: Chips (sĂ©rie). 1982: Chicago Story (sĂ©rie). 1984: Deux Flics Ă  Miami (sais 1. Epis 4 et 7). 1985: MacGyver (sĂ©rie. Sais 1, Epis 3/4/5). 1987: Les 12 Salopards, mission suicide (tĂ©lĂ©-film). 1992: Raven (sĂ©rie). 1992: Le Rebelle (sĂ©rie).  1999! Restraining Order.


Série culte pour toute une génération de spectateurs alors qu'elle fut boudé outre-atlantique, L'Homme de l'Atlantide bénéficia d'une seule saison de 13 épisodes précédée de 4 télé-films.
Mélange de science-fiction et de fantastique militant pour l'écologie, ce feuilleton créé par Herbert F. Solow doit sa réussite à un argument plutôt original, la découverte du dernier homme de l'atlantide !
Des experts en ocĂ©anographie dĂ©couvrent sur une plage un homme agonisant qu'ils rĂ©ussissent Ă  sauver d'une mort certaine. Après l'avoir Ă©tudiĂ©, il s'agirait d'un humanoĂŻde aquatique pourvu de mains palmĂ©s et de yeux fluorescents afin de vivre sous l'eau. Le gouvernement dĂ©cide de l'exploiter pour une mission de sauvetage. C'est Ă  dire retrouver un appareil de plongĂ©e et ses deux occupants ayant disparu du fond de l'ocĂ©an.  


Pour ce premier télé-film, l'Homme de l'Atlantide attise sans peine la sympathie et la curiosité dans sa sobre habileté à nous convaincre que le dernier survivant d'une île mythologique a réussi à survivre depuis des millénaires. Ce qui frappe d'emblée quand on revoit ce pilote (diffusé pour la 1ère fois dans le cadre de la célèbre émission "l'avenir du futur !), c'est l'intégrité à laquelle le réalisateur s'emploie pour nous concocter une intrigue d'espionnage et de science-fiction fertile en suspense et péripéties. En prime, le soin octroyé aux effets spéciaux simplistes (les fameux doigts palmés, la couleur de ses yeux, sa rapidité à nager sous l'eau) s'avèrent crédibles et aussi efficaces que sa structure narrative.
PortĂ© Ă  bout de bras par l'interprĂ©tation de Patrick Duffy pour le rĂ´le titre, l'acteur insuffle aisĂ©ment une prĂ©sence mutique aussi Ă©trange que rĂ©ellement attachante. Sa capacitĂ© Ă  pouvoir respirer dans l'eau, sa manière de nager comparable Ă  celle du dauphin, son acuitĂ© visuelle Ă  pouvoir pĂ©nĂ©trer l'obscuritĂ©, ainsi que sa force agile nous fascinent de ces exploits surnaturels. A contrario, s'il s'expose plus de 12 heures hors de l'eau, des signes de dĂ©tĂ©rioration apparaissent comme la coloration bleue de l'Ă©piderme. Pire encore, s'il reste entre 12 et 20 heures Ă©loignĂ© de tout environnement aquatique, il souffrira de craquèlement de la peau, d'insuffisance pulmonaire et enfin d'arrĂŞt cardiaque l'entraĂ®nant vers l'inĂ©luctable ! Tous ces dĂ©tails richement documentĂ©s par nos scientifiques renforcent donc le  caractère crĂ©dible du personnage, peu Ă  peu Ă©pris d'altruisme pour les ĂŞtres humains. En fin de mission, le rĂ©alisateur aborde d'ailleurs une rĂ©flexion sur la mĂ©moire, notre rapport Ă©motif aux rĂ©miniscences et Ă  l'amitiĂ©. Mark Harris souffrant d'une lĂ©gère amnĂ©sie va rĂ©ussir Ă  Ă©prouver de l'empathie puis davantage s'humaniser en se remĂ©morant ces souvenirs les plus intenses par le biais d'une femme attristĂ©e de son dĂ©part.  
Dans le rĂ´le du mĂ©decin pacifiste Ă©prise de sentiments pour Mark, le charme docile de Belinda Montgomery ajoute un cachet romanesque Ă  l'aventure mĂŞme si l'actrice cède parfois Ă  un sentimentalisme un peu trop appuyĂ© dans un final nĂ©anmoins Ă©mouvant. Enfin, qui pourrait oublier la mĂ©morable apparition de Victor Buono dans celui du savant Schubert. En hĂ©ritier du capitaine Nemo, l'acteur bedonnant campe avec ironie sardonique un utopiste mĂ©galo planquĂ© Ă  l'intĂ©rieur d'un sous-marin pour s'entreprendre d'annihiler la terre. Avec esprit d'arrogance, le comĂ©dien Ă©prouve un malin plaisir Ă  s'exclamer de manière mesquine dans une posture totalitaire.


Renouer aujourd'hui avec les aventures de l'Homme de l'atlantide, ne serait-ce que pour distinguer l'implication sincère de ce tĂ©lĂ©-film pilote, prouve Ă  quel point certaines sĂ©ries des seventies possĂ©daient cette alchimie Ă  nous faire rĂŞver en toute modestie. L'efficacitĂ© de son intrigue habilement troussĂ©e, la caractĂ©risation attachante des personnages et surtout la prĂ©sence magnĂ©tique de Patrick Duffy dĂ©gagent un charme vintage aussi naĂŻf que mĂ©lancolique. A l'Ă©coute de son paisible score musical concoctĂ© par Fred Karlin.

01.03.13
Bruno Matéï


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