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de William Lustig. 1988. U.S.A. 1h25. Avec Tom Atkins, Bruce Campbell, Laurene Landon, Richard Roundtree, William Smith, Robert Z'dar, Sheree North.
Sortie salles France:
22 Juin 1988
FILMOGRAPHIE:
William Lustig est un réalisateur américain né le 1er février 1955 dans Le Bronx à New York. Il est le neveu du boxeur Jake La Motta. 1980: Maniac. 1983: Vigilante. 1988:
Maniac Cop. 1990: Maniac Cop 2. 1993: Maniac Cop 3. 1997: Uncle Sam.

Habile franc-tireur signataire du mythique Maniac et du classique de l'autodéfense Vigilante, William Lustig continue de verser dans la série B horrifique avec Maniac Cop, d'après un scénario du célèbre Larry Cohen. Justement, c'est bien là la qualité première de cet efficace psycho-killer dont l'intrigue habilement construite enchaîne avec fluidité poursuites, cascades, rebondissements en pagaille et crimes en série autour de l'itinéraire meurtrier d'un flic psychopathe. Qui plus est, pour intensifier l'enjeu dramatique, un faux coupable est sévèrement malmené par la police et le tueur afin que ce dernier puisse librement poursuivre ses exactions dans une unité de temps resserrée. En empruntant le thème du zombie inscrit dans notre réalité quotidienne, Larry Cohen réussit à crédibiliser son intrigue bâtie sur la vengeance meurtrière de l'officier Matt Cordell, préalablement condamné à tort pour abus de pouvoir puis enfermé dans une cellule parmi les assassins qu'il avait autrefois alpagués.

Avec une dose d'ironie macabre, l'intrigue illustre un véritable pied de nez au corps policier lorsque ce flic déchu de ses fonctions se dissimule derrière son insigne pour mieux endosser le rôle d'un psychopathe et semer la zizanie urbaine. Les quidams, gagnés par une paranoïa collective, n'osent alors plus approcher les représentants de l'ordre de peur de se faire égorger, quand bien même certains d'entre eux finissent par se laisser gagner par une forme de justice individuelle. Car c'est affublé d'une arme blanche que le maniaque accomplit ses méfaits en sillonnant les ruelles crépusculaires de New York. Sur ce point, l'atmosphère d'insécurité qui émane de ses quartiers les plus sombres renvoie au climat envoûtant magnifiquement dépeint dans le premier chef-d'œuvre de Lustig, Maniac, ou encore au cinéma de Friedkin et Ferrara.
Bien avant que les violences policières ne deviennent un sujet central du débat public américain, Maniac Cop interroge déjà la confiance aveugle accordée à l'autorité et la possibilité qu'un représentant de l'ordre puisse devenir une menace. Lorsqu'un policier zélé n'hésite plus à sortir son arme pour abattre un quidam désarmé, le film semble ainsi esquisser une réflexion sur les dérives d'un pouvoir devenu incontrôlable.
Épaulé par une poignée de comédiens familiers du genre, Tom Atkins et Bruce Campbell en tête, le film affiche une patine bis irrésistible dans la manière rustre, machiste et parfois naïve dont ses personnages s'expriment. Du point de vue extradiégétique, William Lustig fait de nouveau appel à son compositeur fétiche, Jay Chattaway, pour soutenir une partition tantôt percutante, tantôt entêtante dans sa mélodie lancinante, laquelle se prête admirablement à l'onirisme macabre reflétant les états d'âme du justicier d'outre-tombe rongé par la haine et l'injustice. Une icône horrifique d'autant plus fascinante car le mystère demeure entier, tant on ignore encore les raisons exactes de son retour parmi les vivants.

Efficace et carré, nerveux et haletant, inventif et surtout atmosphérique grâce à sa géniale ambiance urbaine crépusculaire, Maniac Cop remplit haut la main le cahier des charges du psycho-killer de série B tout en se distinguant par l'originalité de son script affûté et la sympathie de ses seconds couteaux issus du ciné bis. Fun et percutant, on en redemande. Ça tombe bien : sa suite est peut-être même supérieure au modèle.
— Celui du cÅ“ur noir des images 🖤
01.06.26. 4èx
Encore un bien belle Maniac chro !
RépondreSupprimerEt ca tombe d'autant mieux que je suis très fan de ce cher bill lustig , dont le pic de carriére demeure a mes yeux "Maniac ". Mais j'ai beaucoup d'affection pour ce maniac cop , qui étrangement n'a pas fait l'objet de reboot remake (en dehors des suites ) , alors que je pense que le personnage et cet univers schizophrène , oppressant pourraient servir un bon scénar modernisé ...d'autant plus que , comme tu le souligne très bien , cela pourrait être un transmetteur parabolique avec l'actu ..et , au fond, c'est peut être ce qui me déplairait , car certaines œuvres ne gagnent pas a quitter leur époque . Pour preuve , justement le maniac de kalfhoun , qui perd la noirceur des bas fonds new-yorkais 80's (en plus de la psyché traumatique du tueur avec la vue subjective) .
donc non, apprécions l'œuvre originelle que tu vends très bien pour ceux qui ne connaissent pas ,ca nous évitera un maniac toc , avec un slasher défonceur d'ados ricains niais (pléonasme ?!) .
allez , a la douche MATT !
J'adore la manière de filmer la ville, l'ambiance urbaine propre à Lustig depuis Maniac.
RépondreSupprimerLe film est vraiment un régal pour amateur de série B. Je ne sais pas pourquoi je l'ai longtemps confondu avec le Buddy movie "flic ou zombie" alors que ça n'a pas grand chose à voir franchement.
Le maniac cop 2 m'a laissé un bon souvenir également.