mardi 12 mai 2015

MAGGIE

                                                       Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site journaldugeek.com

de Henry Hobson. 2015. U.S.A. 1h35. Avec Arnold Schwarzenegger, Abigail Breslin, Joely Richardson, Aiden Flowers, Carsen Flowers, J.D. Evermore.

Sortie salles France: 27 Mai 2015. U.S: 8 Mai 2015

FILMOGRAPHIE: Henry Hobson est un réalisateur américain.
2015: Maggie.


A cause d'une pandĂ©mie en roue libre et avec le soutien du mĂ©decin, un père envisage de se reclure dans sa demeure familiale afin d'Ă©viter le placement en quarantaine de sa fille infectĂ©e. Progressivement, la transformation morale et physique de cette dernière gagne du terrain... Prenant pour thème l'infection du point de vue du zombie, Maggie tente de dĂ©poussiĂ©rer le genre horrifique dans une forme intimiste afin de se dĂ©marquer de la surenchère que nombre de rĂ©alisateurs ont le plus souvent trivialisĂ© dans les sĂ©ries B d'exploitation.



Baignant dans une mélancolie existentielle où la nature désaturée se défraîchie devant le témoignage sentencieux de métayers, la première oeuvre de Henry Hobson fait inévitablement preuve d'intentions louables par sa sincérité à privilégier l'étude de caractère et le climat dépressif en décrépitude. Confinant l'essentiel de son action sur les rapports familiaux en huis-clos d'un père et de sa fille prochainement destinés à se séparer face à la maladie, le film est contrebalancé d'un score élégiaque aussi sensible qu'infructueux. Métaphore sur le cancer et le crédit du temps présent, Maggie tente de provoquer une émotion candide quant à la situation désespérée de cette adolescente en phase terminale, quand bien même le père ("joué" par un Schwarzzie aussi apathique que stérile, alors que tout le monde s'attendait enfin à LA révélation de sa carrière !) observe sa dégénérescence avec une empathie bouleversée. Chargé de sinistrose pour la condition démunie de cette victime en quête d'amour de dernier ressort et de rédemption, Henry Hobson n'insuffle jamais une quelconque émotion, faute d'une direction d'acteurs jamais investis dans leur fonction altruiste et surtout d'une réalisation austère survolant un cheminement narratif en perte de vitesse. Il en émane un sentiment de frustration permanent quant aux intentions sincères de mettre en valeur les ressorts dramatiques de l'amour filial et la crainte de la mort auquel le script, futile, ne réserve jamais d'éventuels surprises pour la fatalité de Maggie.


Poussif, jamais empathique ou poignant (ou alors avec parcimonie en de brèves occasions) et ennuyeux Ă  force de ressasser la relation prĂ©caire d'un père et de sa progĂ©niture en mutation, Maggie rate le coche de ses intentions intègres, faute d'un scĂ©nario dĂ©faillant, d'une interprĂ©tation anĂ©mique et d'une rĂ©alisation inexpressive. Reste quelques belles images de poĂ©sie bucolique et un soupçon d'esthĂ©tisme envoĂ»tant au sein de sa nature dĂ©charnĂ©e. 

Bruno Matéï

2 commentaires:

  1. Ah, dommage! Ce film avait suscité ma curiosité quand j'en ai entendu parlé!...
    Je le regarderai malgré tout pour me faire une idée! :)

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  2. J'en attendais aussi beaucoup Jekyll. A toi de le découvrir maintenant ! ^^

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