vendredi 22 mai 2015

TRAINSPOTTING

                                                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site imgkid.com

de Danny Boyle. 1996. Angleterre. 1h34. Avec Ewan McGregor, Ewen Bremner, Jonny Lee Miller, Robert Carlyle, Kevin McKidd, Kelly Macdonald, Peter Mullan, James Cosmo.

Sortie salles France: 19 Juin 1996. Angleterre: 23 Février 1996

FILMOGRAPHIE: Danny Boyle est un réalisateur Britannique, né le 20 Octobre 1946 à Manchester.
1994: Petits Meurtres entre amis. 1996: Trainspotting. 1997: Une Vie moins Ordinaire. 2000: La Plage. 2002: 28 Jours plus tard. 2004: Millions. 2007: Sunshine. 2008: Slumdog Millionaire. 2010: 127 Hours. 2013: Trance. 2015: Steve Jobs.


ComĂ©die caustique au succès international et objet de culte auprès d'une gĂ©nĂ©ration de cinĂ©philes, Trainspotting est la consĂ©cration de Danny Boyle, cinĂ©aste anglais prĂ©alablement rĂ©vĂ©lĂ© avec un petit thriller d'humour noir, Petits meurtres entre amis. Pourvu d'un sens de dĂ©rision dĂ©calĂ© afin de se dĂ©marquer des clichĂ©s concernant le thème Ă©culĂ© de la drogue, Trainspotting parvient Ă  tirer parti de son originalitĂ© par la dĂ©marche dĂ©jantĂ©e de cinq hĂ©roĂŻnomanes condamnĂ©s Ă  s'Ă©pauler et se trahir pour le compte perfide de leur dope. Vivant mutuellement une existence misĂ©reuse dans leur bourgade Ă©cossaise touchĂ©e par la dĂ©pression Ă©conomique, ils passent leur temps Ă  flâner, voler, dealer et se shooter entre deux tentatives de dĂ©crochage que leur leader Mark Renton essaie dĂ©sespĂ©rĂ©ment d'appliquer malgrĂ© l'influence de l'entourage.  


Nanti d'une mise en scène inventive et expĂ©rimentale afin de mieux nous immerger dans les effets dĂ©sirables (orgasme extatique Ă  l'intraveineuse, hallucinations Ă©dĂ©niques) et indĂ©sirables de l'hĂ©roĂŻne (impuissance sexuelle, perte de sens avec la rĂ©alitĂ©, bad-trip, overdose, crise de manque insoutenable), Danny Boyle rĂ©ussit Ă  allier fascination et rĂ©pulsion quant Ă  la perversitĂ© du produit que nos hĂ©ros s'injectent obstinĂ©ment sans prĂŞter attention Ă  la vivacitĂ© du monde extĂ©rieur. A l'instar de la sĂ©quence traumatisante auquel une mère dĂ©foncĂ©e se rend subitement compte que son bĂ©bĂ© est mort de dĂ©nutrition ! Une situation cauchemardesque d'une intensitĂ© dramatique Ă©prouvante, le cinĂ©aste n'hĂ©sitant pas Ă  filmer explicitement le cadavre nĂ©crosĂ© du bambin. Aussi rĂ©aliste que dĂ©calĂ© dans les stratagèmes audacieux que nos junkies se contraignent de pratiquer pour obtenir leur produit, Ă  l'instar de leur transaction pour 2 kilos d'hĂ©roĂŻne, Danny Boyle ne cesse d'enjoliver sa mise en scène Ă  l'aide d'un esthĂ©tisme poĂ©tico-baroque (la fameuse plongĂ©e sous-marine dans la cuvette de toilette insalubre, les hallucinations cauchemardesques de Mark durant son sevrage !). Notamment en jouant avec la saturation / dĂ©saturation de dĂ©cors tantĂ´t psychĂ©dĂ©liques, tantĂ´t glauques au sein du refuge familier des droguĂ©s. Une manière d'Ă©tablir un contraste entre l'illusion de leur bonheur et la rĂ©alitĂ© sordide de leur misĂ©reux quotidien. Si certaines sĂ©quences dĂ©bridĂ©es prĂŞtent Ă  la rigolade dans leur sens du gag vitriolĂ© (le châtiment scatologique invoquĂ© Ă  Spud par sa compagne, le vol de la cassette porno que Mark a Ă©changĂ© chez le domicile de Tommy), d'autres moments exaltent un humour noir assez cru (la disparition d'un de leurs amis mort dans une circonstance aussi sordide que singulière). 


MenĂ© avec entrain par une galerie de junkies dĂ©lurĂ©s plongĂ©s dans l'illusion de la came, Trainspotting parvient Ă  alerter le cercle infernal et dĂ©vastateur de la drogue avec une inventivitĂ© et une dĂ©rision aussi acerbe que grinçante (Ă  l'instar du dĂ©nouement cynique de l'Ă©pilogue inscrit dans la dĂ©sillusion). ScandĂ© par une BO Ă©clectique alternant la pop et la techno Ă  une cadence mĂ©tronomique et dominĂ© par la prestance spontanĂ©e de comĂ©diens au caractère bien trempĂ© (mention particulière Ă  Robert Carlyle en psychopathe avili par son alcoolisme et sa violence convulsive et Ă  la prĂ©sence ambivalente d'Ewan McGregor en junkie intarissable !), Trainspotting continue d'insuffler son emprise de bad-trip par le biais d'un rĂ©alisme dĂ©sincarnĂ© !

Bruno Matéï
4èx

Récompenses:
Prix du meilleur film et du meilleur réalisateur au Festival international du film de Seattle de 1996.
BAFTA Award du meilleur scénario adapté en 1996.
BSFC Award du meilleur film en 1996.
Empire Awards du meilleur film britannique, du meilleur réalisateur britannique, du meilleur acteur britannique (Ewan McGregor) et du meilleur espoir (Ewen Bremner) en 1997.
BAFTA Scotland Awards du meilleur film et du meilleur acteur (Ewan McGregor) en 1997.
Bodil du meilleur film non-américain en 1997.
Lion tchèque du meilleur film étranger en 1997.
Brit Award de la meilleure bande-originale de film en 1997.
London Critics Circle Film Awards du meilleur acteur (Ewan McGregor) et du meilleur producteur en 1997

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire