mardi 15 août 2017

DEUX YEUX MALEFIQUES

                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site wrongsideoftheart.com

"Due occhi diabolici / Two Evil Eyes" de George A. Romero et Dario Argento. 1990. U.S.A/Italie. 1h59. Avec Adrienne Barbeau, Ramy Zada, Bingo O'Malley, Jeff Howell, Harvey Keitel, Madeleine Potter, John Amos, Sally Kirkland, Kim Hunter.

Sortie salles France : 8 juillet 1992. États-Unis : 25 octobre 1991. Italie : 25 janvier 1990

FILMOGRAPHIE: Dario Argento est un réalisateur et scénariste italien né le 7 septembre 1940, à Rome (Italie). 1969: l'Oiseau au plumage de Cristal, 1971: Le Chat à 9 queues, Quatre mouches de velours gris, 1973: 5 Jours à Milan, 1975, Les Frissons de l'Angoisse, 1977: Suspiria, 1980: Inferno, 1982: Ténèbres, 1985: Phenomena, 1987: Opera, 1990: 2 yeux Maléfiques, 1993: Trauma, 1996: Le Syndrome de Stendhal, 1998: Le Fantome de l'Opéra, 2001: Le Sang des Innocents,2004: Card Player, 2005: Aimez vous Hitchcock ?, 2005: Jennifer (épis Masters of Horror, sais 1), 2006: J'aurai leur peau (épis Masters of Horror, sais 2), 2006: Mother of Tears, 2009: Giallo, 2011: Dracula 3D.
George Andrew Romero est un réalisateur, scénariste, acteur, auteur américain, né le 4 Février 1940 à New-York, et décédé le 16 juillet 2017 à Toronto. 1968: La Nuit des Morts-vivants. 1971: There's Always Vanilla. 1972: Season of the Witch. 1973: The Crazies. 1977: Martin. 1978: Zombie. 1981: Knightriders. 1982: Creepshow. 1985: Le Jour des Morts-vivants. 1988: Incidents de parcours. 1990: Deux Yeux Maléfiques. 1992: La Part des Ténèbres. 2000: Bruiser. 2005: Land of the Dead. 2008: Diary of the Dead. 2009: Survival of the Dead. 2011: Deep Red.


InspirĂ© de deux nouvelles d'Edgar Allan Poe, les maĂ®tres de l'horreur George A. Romero et Dario Argento s'Ă©taient rĂ©unis en 1990 pour un diptyque. A savoir la conjugaison de deux segments d'une durĂ©e de 55 minutes chacune, pour le meilleur et le moins bon. On commence donc avec le plus faible, La VĂ©ritĂ© sur le cas de Monsieur Valdemar que George Romero nous emballe sans trop de fougue en dĂ©pit de l'originalitĂ© d'un pitch dĂ©jĂ  beaucoup mieux traitĂ© dans le formidable Empire de la Terreur de Roger Corman (saisissante interprĂ©tation de Vincent Price en sus dans le rĂ´le Ă©ponyme !). En gros, un couple d'amants tente d'escroquer le mari alitĂ© par le pouvoir de l'hypnose. Seulement, alors qu'ils salivent d'impatience Ă  empocher l'hĂ©ritage, ce dernier succombe prĂ©maturĂ©ment Ă  sa maladie. Ce qui remet en question le complot machiavĂ©lique des amants maudits. Au-delĂ  du jeu parfaitement convaincant de Ramy Zada (en amant meurtrier burnĂ©) et d'Adrienne Barbeau (en complice pleutre hantĂ©e par le remord), La vĂ©ritĂ© sur le cas de Mr Valdamar peine Ă  insuffler de l'intensitĂ© dans son rĂ©cit macabre faisant intervenir au terme la figure du mort-vivant (une sĂ©quence d'autant plus fade dans son effet de surprise recherchĂ© !). Toutefois mis en scène avec un certain savoir-faire par son ambiance d'Ă©trangetĂ© quelque peu palpable, ce sketch se suit sans dĂ©plaisir et Ă©veille mĂŞme la stupeur lors d'une scène gore incroyablement percutante que Tom Savini transcende avec son habituel professionnalisme.


Le second sketch, le Chat Noir nous illustre la dĂ©rive meurtrière d'un photographe Ă  sensations superbement campĂ© par un Harvey Keitel transi de fascination morbide, et ce avant de succomber au vice le plus rĂ©prĂ©hensible ! En collaboration avec la police, il opère les clichĂ©s de victimes retrouvĂ©es sauvagement agressĂ©es sur la scène du crime mais finit peu Ă  peu par se laisser sĂ©duire par le vertige du voyeurisme malsain ! Par l'entremise de cette dĂ©viance immorale, Savini nous concocte quelques visions horrifiques du plus bel effet ! Vivant paisiblement avec sa maĂ®tresse, Roderick Fisher est aujourd'hui agacĂ© par l'intrusion d'un chat que celle-ci vient d'adopter. De plus en plus soupe au lait car irritĂ© par son omniprĂ©sence, il dĂ©cide de se dĂ©barrasser de l'animal avant de sombrer dans une folie meurtrière. Original, dĂ©bridĂ© (notamment ce cauchemar Ă©veillĂ© que ce dernier subit durant l'Ă©poque mĂ©diĂ©vale en guise de châtiment !), pervers et sadique, Le Chat Noir est menĂ© sur un rythme sans faille sous l'impulsion orgueilleuse d'un Harvey Keitel aussi bien dĂ©testable que couard ! EmaillĂ© de scènes chocs une fois de plus incisives et très sanglantes, ce rĂ©cit dĂ©pravĂ© illustrant la dĂ©chĂ©ance sadique du photographe obsĂ©dĂ© par la superstition du chat captive jusqu'Ă  sa chute prĂ©visible mais pour autant dĂ©tonante lorsque Dario Argento y apporte Ă  nouveau sa patte personnelle Ă  une conclusion dĂ©jĂ  connue. Car nonobstant une partition franchement peu inspirĂ©e, pour ne pas dire inadĂ©quate, le Chat Noir nous entraĂ®ne dans une vĂ©nĂ©neuse descente aux enfers parmi la compagnie secondaire de chats dĂ©lĂ©tères dans leur esprit de revanche.


Si Deux yeux malĂ©fiques n'est pas le sommet horrifique escomptĂ© de la part des deux grands maĂ®tres, le segment du Chat Noir s'avère suffisamment ludique, audacieux, fou et surtout redoutablement pervers sous l'impulsion viciĂ©e d'Argento et Keitel en Ă©troite complicitĂ© dĂ©moniaque.  

Eric Binford.
3èx

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