lundi 31 mars 2025

The last Showgirl

                                             
                                          Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Gia Coppola. 2024. U.S.A. 1h29. Avec Pamela Anderson, Dave Bautista, Jamie Lee Curtis, Billie Lourd, Jason Schwartzman, Kiernan Shipka.

Sortie salles France: 12 Mars 2025. U.S: 13 Décembre 2024

FILMOGRAPHIEGia Coppola, née le 1er janvier 1987 à Los Angeles en Californie, est une réalisatrice, scénariste et actrice américaine. 2013 : Palo Alto. 2020 : Mainstream. 2024 : The Last Showgirl. 


Le Chant du Cygne.
Il y a des films... Et puis il y a des moments de cinéma en apesanteur qui vous placent dans un état collapsé, dans une sorte d'état second qu'on est incapable d'évacuer quand on se sent si impliqué, émotionnellement parlant, dans le désarroi d'une quinquagénaire totalement égarée dans sa solitude feutrée sans oxygène. 
Prix spécial du Jury au Festival international du film de Saint-Sébastien alors qu'il s'agit du 3è essai de Gia Coppola (petite fille de Francis...), The Last Showgirl privilégie l'implacable réalisme du docu-vérité pour traiter avec une pudeur infinie du déclin d'une showgirl à la carrière aussi longue (30 ans d'expérience) que fulgurante. 
Pamela Anderson se livrant corps et âme face caméra avec une vérité démunie constamment capiteuse car on se laisse inonder par nos larmes (pourtant contenues) 1h21 durant sans pouvoir faire face ni se retenir. Une émotion pure jamais programmée donc ne comptant que sur le tact de la mise en scène circonspecte et sur le talent de ses actrices étoilées (notamment auprès d'une Jamie Lee Curtis aussi méconnaissable qu'autrement aigrie de sa condition sclérosée) pour nous immerger dans leur routine quotidienne à court de carburant. 


Car transpirante de nonchalance mélancolique, de douceur féminine, entre fragilité timorée, rage contestataire, sensibilité écorchée vive, Pamela Anderson bouleverse à corps perdu avec une expressivité naturelle somme toute viscérale. 
La sublime photo scope, subtilement onirique, stylisée, granuleuse renforçant ses expressions striées à travers son regard de grâce déchue si bien que Pamela arpente avec une résilience désespérée son chemin de croix en perdition jamais plombant de sinistrose funeste. Pour preuve notamment avec ce final luminescent d'une déchirante tendresse dépouillée épaulée d'une temporalité entravée d'effet de ralenti. 
Etoile vieillissante incapable de tirer le rideau sur son passé pailleté faute de son refus de vieillir et de s'y éclipser au profit d'une jeune postulante plus guillerette, provoc et sexy, The Last Showgirl radiographie avec un naturalisme terriblement communicatif ce profil chétif avec une grâce poétique inconsolable pour cette femme désireuse enivrée de désillusion. 
Et si The Last Showgirl est peut-être l'une des oeuvres les plus mélancoliques du monde auprès de la carrière si tourmentée de cette danseuse en berne ayant tout sacrifiée pour accéder à la notoriété, elle cède néanmoins à une lueur d'espoir pour se conforter à l'amitié et aux valeurs familiales que Gia Coppola a su retranscrire avec brio, vérité crue, sincérité indéfectible. 
Et pour tout cela, même si si peu vient d'être ici épluché, The Last Showgirl restera sans nulle réserve pour moi l'un des plus beaux moments d'émotion dans ma vie de cinéphile écorché vif.
Et puis il y a enfin surtout l'essentiel, le rôle d'une vie: "Pamela, je t'aime". 

*Bruno

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Ci-joint la critique de Julien Flores
Aujourd’hui, le cinéma, pour moi, est un refuge; c’est vivre par procuration. Alors, je vais voir des films, écouter des réalisateurs et réalisatrices me raconter leurs histoires. Et parfois, j’ai l’impression d’y croiser un ange.
C’est exactement ce que j’ai ressenti en regardant The Last Showgirl. J’ai eu l’impression d’être aux côtés de Pamela Anderson dans ce film dramatiquement magnifique. Elle y incarne une meneuse de revue dans un cabaret de Las Vegas au sein duquel elle doit faire ses derniers shows.
Voir Pamela Anderson ainsi, maquillée, coiffée, sublimée pour la scène, m’a troublé. Dans la vraie vie, à 57 ans, elle a choisi d’apparaître sans artifice. Il y a même un moment dans le film où l’on croit la revoir 20 ans en arrière. Une scène touchante, très bien pensée par la réalisatrice, qui résonne avec ce que traverse son personnage à cet instant. Je n’en dis pas plus pour ne rien dévoiler.
Quand à son amie interprétée par Jamie Lee Curtis, serveuse dans un casino, est également bouleversante. Elle semble plus âgée, peut-être 65 ou 70 ans, et on perçoit la difficulté de sa situation. Le film soulève aussi des questions sociales : aux États-Unis, sans cotisations, pas de retraite, pas de sécurité sociale. Perdre son travail c’est connaitre la misère. La scène, c’est ce qui les raccroche à la vie, et la dernière représentation d’un spectacle peut ressembler à une mort. Je comprends ce sentiment. J’ai toujours aimé les débuts de projets et redouté leurs fins. Pour moi, terminer quelque chose, c’est comme une petite mort. Je réalise même que dans ma vie, je n’aime que les commencements, les prémices, les préliminaires et ce qui précède, mais jamais la fin ni l’après.
Ce film est un drame puissant, bouleversant, qui interroge aussi la place d’une mère. Aujourd’hui, j’ai vu deux films, deux figures maternelles opposées. Dans l’un, Leïla Bekhti incarne une mère étouffante. Pamela Anderson est  l’inverse : une femme qui semble avoir sacrifié sa famille pour briller sur scène quitte à vivre seule dans un petit appartement au rythme de sa passion pour la danse. Malgré ses 30 ans passés au cabaret, elle garde une jeunesse intacte, la magie du début. On a parfois l’impression de voir une adolescente de 57 ans. Et c’est beau de ne pas être la personne que l’on attend à cet âge-là…
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L'avis de Thierry Savastano
The Last Showgirl est un voyage tendre, sentimental et sinueux à travers les théâtres de Las Vegas, une tranche de vie brute et triste. Un film abordant le thème du passage à la cinquantaine, réalisé par Gia Coppola, petite-fille de Francis Ford Coppola, qui met en avant Pamela Anderson, offrant peut-être une nouvelle opportunité pour sa carrière.
La prestation de Pamela Anderson est touchante, elle ma vraiment bluffé, Jamie Lee Curtis est tout aussi génial dans le rôle d'Anette son talent n'est plus a confirmé, on y retrouve Dave Bautista dans un rôle a contre emploi qui le rend très surprenant.
Ce que j'apprécie dans cette histoire, c'est qu'elle nous offre le point de vue de plusieurs femmes aux parcours variés.


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