
Avec Christopher George, Lynda Day George, Frank Braña, Edmund Purdom, Ian Sera.
Sortie salles France: 7 Décembre 1983
FILMOGRAPHIE: Juan Piquer Simón est un réalisateur et scénariste espagnol né le 16 Février 1935 à Valence (Espagne), décédé le 8 janvier 2011. 1964 : España violenta : Scénariste et réalisateur. 1965 : Vida y paz : Scénariste et réalisateur. 1976 : Le Continent fantastique. 1979 : Supersonic Man 1980 : Au-delà de la terreur. 1981 : Le Mystère de l'île aux monstres. 1982 : Los diablos del mar. 1982 : Le Sadique à la tronçonneuse. 1983 : L'Éclosion des monstres ou Visitor. 1984 : Guerra sucia. 1988 : Mutations. 1990 : Magie noire. 1990 : L'Abîme. 1999: la ciudad de oro.
Il fallait oser. Juan Piquer Simón l’a fait.
Surfer sur le succès de Massacre à la tronçonneuse, huit ans après sa sortie scandale, relevait déjà de l’inconscience. D’autant plus que Le Sadique à la tronçonneuse lorgne davantage du côté du giallo et du psycho-killer, avec ce tueur au chapeau, intégralement vêtu de noir, brandissant une tronçonneuse jaune qu’il dissimule parfois derrière son dos pour mieux duper ses victimes effarouchées. Croyez moi, il faut le voir pour le croire.

Car si Le Sadique à la tronçonneuse s’avère aussi fun que jubilatoire - voire étonnamment inspiré lors d'une occasion surréaliste (l’agression sur un matelas gonflable au bord d’une piscine, digne du cinéma onirique d’Argento) - il le doit en grande partie à son humour involontaire, fusant tous azimuts. Par moments, on en vient même à se demander si le réalisateur ibérique ne flirte pas avec la semi-parodie. À l’image de cette confrontation ahurissante, totalement dénuée de sens, où un sosie de Bruce Lee s’en prend à une journaliste dans une ruelle nocturne. Truffé d’incohérences, de clichés en pagaille et de situations triviales typiques du cinéma d’exploitation, le film repose sur un pitch d’une banalité affligeante, mais s’impose comme une véritable pochette surprise.
Aujourd’hui encore, il dégage un charme supérieur à celui de sa sortie, précisément parce qu’il appartient à une époque révolue où l'on pouvait tout se permettre. Les visages familiers du cinéma bis raviront les aficionados, reconnaissables à leurs postures génialement stéréotypées, sublimées par un doublage VF absolument hilarant. À cette hystérie quasi collective s’ajoute un score hybride (parfois carrément en décalage par sa rupture de ton !) envoûtant, typiquement italien, signé Librado Pastor (et consorts), qui nous entraîne dans ce périple horrifique séculaire, échappant à toute logique pour le plus grand bonheur du cinéphile masochiste.
Quant aux fameuses séquences sanglantes, irriguant le récit entre deux ou trois poitrines dénudées de rigueur, qu’on se rassure : elles sont nombreuses et tapissent l’écran avec une complaisance réjouissante. Les trucages artisanaux oscillent entre le crédible et le perfectible, mais les tueries, toutes plus excessives les unes que les autres, séduisent par leur outrance constamment festive, jusqu’à un climax tétanisant, partagé entre l’effroi et le fou rire bienveillant.
Vous l’aurez compris, Le Sadique à la tronçonneuse est une perle rare que les amateurs éclairés se doivent de posséder, depuis qu’ESC a eu l’idée couillue de l’éditer dans un somptueux écrin HD.
— le cinéphile du cœur noir 🖤
06.02.26. VF. 26.01.21 VE



Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire