jeudi 3 septembre 2026

Arac Attack / Eight Legged Freaks de Ellory Elkayem. 2002. U.S.A. 1h38.

  (CrĂ©dit photo : image trouvĂ©e via google, provenant du site imdb. UtilisĂ©e ici Ă  des fins non commerciales et illustratives)
 
À la revoyure, quelle ne fut pas ma surprise de constater le plaisir qu'est parvenu à me procurer Arac Attack, d'Ellory Elkayem ! Ce qui était loin d'être le cas à l'époque ! Cette série B hollywoodienne se révèle être un vibrant hommage aux films de monstres des années 50, en mode ici franchement fun et drôle, puisque Arac Attack est une pure bande dessinée, un véritable cartoon en prises de vues réelles, avec ses araignées de toutes tailles et de différentes espèces qui pullulent à l'écran et envahissent l'espace sans la moindre modération.

Et si la première demi-heure prend tranquillement son temps pour installer l'intrigue et présenter les personnages, Arac Attack embraye ensuite vers une action effrénée durant quasiment une heure non-stop. Tout cela pour dire que le rythme devient infernal, l'action étant pratiquement ininterrompue. Il est donc bien difficile de s'ennuyer face à cette réjouissante bande dessinée live, à laquelle les comédiens s'adonnent à cœur joie.
 

On sent d'ailleurs qu'ils sont ravis de participer à cette aventure horrifique avec allégresse et ironie, à l'instar de David Arquette, Kari Wuhrer, mais aussi de la toute jeune Scarlett Johansson, ici dans le rôle d'une adolescente intervenant en second plan, notamment à travers ses péripéties sentimentales avec son compagnon quelque peu lubrique et inopinément héroïque.

Ainsi donc, Arac Attack est une formidable série B à l'ancienne, qui doit beaucoup de sa fantaisie et de son charme à l'invasion de ces araignées géantes, quasiment omniprésentes. Et même si la plupart des effets numériques ont aujourd'hui quelque peu vieilli et demeurent perfectibles, l'enthousiasme communicatif qui anime ces arachnides, mais aussi les personnages courant tous azimuts comme des poulets sans tête, nous fait rapidement passer outre ces défauts techniques.
 

D'autant que certains effets sont autrement plus convaincants et réalistes, à l'instar des tarentules velues qu'Ellory Elkayem filme avec beaucoup plus de soin et de précision. C'est d'ailleurs dans ces créatures plus proches du réel que le film parvient parfois à susciter un véritable sentiment de répulsion et de fascination.

Évidemment, si les clichés pullulent, c'est pour mieux rendre hommage à tous ces classiques des années 50, et c'est précisément cet enthousiasme euphorisant qui finit par nous contaminer. On ressort de cette joyeuse invasion avec un sourire de gosse presque enchanteur.
 

C'est dire si Arac Attack n'a finalement rien perdu de son pouvoir ludique ni de son charme vintage, ici modernisés par des effets spéciaux à la fois perfectibles et réussis. Car malgré leur caractère improbable, on finit néanmoins par croire à ce que l'on voit, aussi invraisemblables soient ces situations cauchemardesques, que le réalisateur filme avec énormément de distance, d'humour et surtout de sympathie, tant pour ces créatures et ses héros de fortune que pour son petit univers de bourgade ricaine pleine de charme et d'insolence. On pense même souvent à Gremlins, notamment d'un point de vue auditif lorsque les araignées poussent leurs petits cris stridents et leurs couinements étranges, presque enfantins, qui renforcent encore davantage le caractère à la fois ludique et cartoonesque de cette invasion arachnéenne.

đź•·️ Et finalement, le plus important bien entendu : on s'amuse comme des gosses !
 
— Celui du cĹ“ur noir des images đź–¤

Paradise Lost / Turistas de John Stockwell. 2006. U.S.A. 1h33.

(Crédit photo : image trouvée via google, provenant du site imdb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)
 
Hier soir, révision de Paradise Lost de John Stockwell, l'illustre acteur de Christine de John Carpenter, mais aussi le réalisateur du fort sympathique Bleu d'Enfer.

À noter que Paradise Lost est uniquement le titre adopté en France, en Irlande, à Malte et au Royaume-Uni, puisque le film est sorti ailleurs sous son titre original, Turistas.

Ainsi donc, il me paraît toujours aussi incompréhensible que cette série B soit à ce point méprisée et occultée depuis maintenant vingt ans, alors qu'il s'agit d'un divertissement horrifique particulièrement efficace : un survival tropical maîtrisé, efficacement mené et parfois d'un réalisme sordide particulièrement difficile, notamment à travers une séquence chirurgicale choc résolument éprouvante n'ayant rien à envier aux dérives putassières d'un Saw ou d'un Hostel
 

Paradise Lost est d'autant plus convaincant qu'il bénéficie d'une jeune distribution parfaitement impliquée dans cette descente aux enfers. Nos personnages, pris à partie par de dangereux trafiquants d'organes au cœur de la forêt équatoriale brésilienne, sont confrontés à une course pour la survie. Rappelons d'ailleurs que le film s'appuie sur une réalité malheureusement bien réelle à travers le monde concernant la criminalité et le trafic d'organes, même si l'histoire racontée ici demeure évidemment fictive.

Paradise Lost est également un véritable régal visuel (ce qui fut déjà le cas avec Bleu d'Enfer). John Stockwell exploite à merveille son décor idyllique, c'est peu de le dire, nous immergeant complètement dans cette région touristique du Brésil avant de progressivement transformer ce cadre paradisiaque en territoire de cauchemar qui ne plaisante pas. Et le réalisateur ne laisse pratiquement aucune place à l'ennui, malgré deux séquences d'agression malheureusement techniquement illisibles. Un couac d'autant plus regrettable que ces scènes sont pourtant réalistes, intenses et tendues.
 
 

En revanche, les séquences sous-marines sont autrement plus impressionnantes et magnifiquement filmées. John Stockwell y instaure une véritable sensation de claustrophobie, notamment lorsqu'il filme ses personnages dans des endroits caverneux, exigus et presque irrespirables. On ressent physiquement cet effet d'étouffement à travers cette course pour la survie que nos héros juvéniles poursuivent avec courage, résistance et une angoisse à bout de souffle.

Ainsi donc, Paradise Lost, à la revoyure, demeure une formidable petite série B, un survival mené avec savoir-faire et efficacité, où la menace humaine, nous glace le sang, sous l'impulsion d'une communauté d'acteurs impliqués dans leurs rôles, à la fois soumis et stoïques face à l'horreur qui les entoure.
 

Et c'est justement ce côté effréné de la survie qui fonctionne particulièrement bien, notamment auprès des personnages les plus vaillants, les plus résistants et, surtout, ceux qui auront le plus de chance. Car Paradise Lost leur confère également une véritable dimension humaine qui n'est certainement pas à négliger.

Nous n'avons donc jamais affaire à de jeunes adultes décervelés, comme le cinéma de genre nous en sert parfois à la pelle. C'est tout l'inverse que nous propose John Stockwell - on sent qu'il aime ses personnages - avec ce survival tropical aussi dépaysant qu'éprouvant.
 

Alors oui, Paradise Lost est une petite série B du samedi soir, mais un film d'exploitation particulièrement efficace, tendu, immersif, soigné et généreux en actions, injustement méprisée pour des raisons qui m'échapperont toujours.

Une excellente surprise donc à la revoyure. Alors pourquoi tant de fiel et d'indifférence ?
 
 — Celui du cĹ“ur noir des images đź–¤