mardi 14 juin 2016

Saturn 3

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site saturn3makingof.com

de Stanley Donen. 1980. Angleterre. 1h28. Avec Farrah Fawcett, Kirk Douglas, Harvey Keitel, Ed Bishop, Roy Dotrice.

Sortie salles France: 28 Mai 1980. U.S: 15 Février 1980.

FILMOGRAPHIE: Stanley Donen est un réalisateur américain, né le 13 avril 1924 à Columbia (Caroline du Sud).1949 : Un jour à New York (On the Town). 1951 : Mariage royal. 1952 : Love Is Better Than Ever. 1952 : Chantons sous la pluie . 1952 : L'Intrépide. 1954 : Donnez-lui une chance. 1954 : Les Sept Femmes de Barbe-Rousse. 1954 : Au fond de mon cœur. 1955 : Beau fixe sur New York. 1955 : Kismet (non-credité au générique). 1957 : Drôle de frimousse. 1957 : Pique-nique en pyjama. 1957 : Embrasse-la pour moi. 1958 : Indiscret. 1958 : Cette satanée Lola. 1960 : Chérie recommençons. 1960 : Un cadeau pour le patron. 1960 : Ailleurs l'herbe est plus verte. 1963 : Charade. 1966 : Arabesque. 1967 : Voyage à deux. 1967 : Fantasmes. 1969 : L'Escalier. 1974 : Le Petit Prince. 1975 : Les Aventuriers du Lucky Lady. 1978 : Folie Folie. 1980 : Saturn 3. 1984 : La Faute à Rio.


Quand on pense que derrière Saturn 3 se planque le rĂ©alisateur de Chantons sous la Pluie, on peine Ă  le croire tant le spectacle kitchissime s'Ă©rige en sĂ©rie B du Samedi soir. De par son intrigue aussi futile que niaise, du jeu cabotin d'acteurs notoires mais attachants et de dĂ©cors high-tech Ă©tonnamment soignĂ©es pour l'Ă©poque (merci John Barry, dĂ©corateur de la Guerre des Etoiles et de Superman alors qu'il quitta ici prĂ©cipitamment les commandes de la rĂ©alisation après seulement 1 semaine de tournage !), Saturn 3 fait office d'ovni saugrenu. A mi-chemin entre l'Ă©pigone trivial d'Alien et du prĂ©curseur "docile" de Terminator. Visez un peu le pitch d'après un concept de John Barry himself ! Un capitaine sans vergogne s'est invitĂ© dans la station de recherche Ă©colo d'Adam et Axelle afin de tester la technologie d'un androĂŻde tĂ©lĂ©guidĂ© par transmission de pensĂ©e. Bien Ă©videmment, le robot finit par Ă©chapper Ă  son contrĂ´le et sème le zouc auprès du duo agronome. DiffusĂ© un lundi soir dans le cadre de l'Ă©mission culte l'Avenir du FuturSaturn 3 fit son p'tit effet ludique lors de sa diffusion au dĂ©but des annĂ©es 80. 


Aujourd'hui encore, et malgrĂ© son caractère naĂŻf et obsolète, le film parvient Ă  divertir aimablement d'après son lot de courses poursuites censĂ©es susciter l'angoisse depuis que nos deux survivants tentent de contredire l'arrogance d'Hector le robot. MalgrĂ© l'aspect redondant de sa narration faiblarde en soubresauts, Saturn 3 nous tient en Ă©veil sous l'impulsion complice (et Ă©galement improbable !) de Kirk Douglas et Farrah Fawcet. Un couple en Ă©treinte amoureuse que le capitaine James s'efforce de nuire en guise de jalousie et d'Ă©rotomanie. Harvey Keitel incarnant Ă  merveille ce rĂ´le antipathique Ă  l'aide d'une gouaille dĂ©testable. D'autre part, grâce Ă  l'aspect immersif du dĂ©corum futuriste faisant office de cocon domestique et grâce Ă  la posture quelque peu fascinante d'Hector lĂ  aussi convaincant de par son anatomie humanoĂŻde truffĂ©e de dĂ©tails techniques, Saturn 3 amuse gentiment avec une fantaisie parfois dĂ©bridĂ©e. Les dĂ©placements atones de celui-ci cultivant un certain charisme hostile Ă  daigner nuire Ă  autrui sous la mainmise de son crĂ©ateur dĂ©nuĂ© de vergogne. Le score aux accents horrifiques d'Elmer Bernstein renforçant notamment l'aspect menaçant de la crĂ©ature de mĂ©tal lors de ces affrontements bellicistes. On apprĂ©cie enfin en guise de cerise sur le gâteau l'intrusion (toutefois) concise d'effets gores assez rĂ©ussis (le cadavre dĂ©chiquetĂ© par les câbles lors du prologue, une main sectionnĂ©e ainsi que la tĂŞte humaine implantĂ©e sur la tĂŞte d'Hector !).


Dans l'espace, Hector joue au phallocrate !
SĂ©rie B relativement plaisante, un tantinet sexy (les tenues frivoles de Farraw, le cul nu de Douglas !) et atmosphĂ©rique, Saturn 3 compte sur l'autoritĂ© altruiste du vĂ©tĂ©ran Kirk Douglas, le sex-appeal de Farraw Fawcett et le charisme hiĂ©ratique d'Hector pour nous divertir sans prĂ©tention. Quelque peu loufoque mais aussi fascinant grâce Ă  son esthĂ©tisme formel immersif, Saturn 3 saura encore contenter les amateurs de plaisir innocent en prime d'y distraire les passĂ©istes de l'Avenir du Futur marquĂ©s Ă  jamais par cette prod hybride, aussi mineur soit son contenu prĂ©visible (Ă  l'instar de son final pas aussi spectaculaire que prĂ©vu mais nĂ©anmoins avenant). 

*Eric Binford.
14.06.16
07.10.21

lundi 13 juin 2016

THE QUIET

                                                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Jamie Babbit. 2005. U.S.A. 1h34. Avec Elisha Cuthbert, Camilla Belle, Edie Falco, Martin Donovan, Shawn Ashmore, Katy Mixon :

Sortie salles: 1er Septembre 2006

FILMOGRAPHIEJamie Babbit, nĂ©e le 16 novembre 1970 Ă  Shaker Heights dans l'Ohio, est une rĂ©alisatrice amĂ©ricaine. 1999 : But I'm a Cheerleader. 2005 : The Quiet. 2007 : Itty Bitty Titty Committee. 2013 : Breaking the Girls. 2014 : Untitled Riddle/Salahuddin Project (tĂ©lĂ©film)
2015 : Addicted to Fresno.


Inédit en salles en France, The Quiet emprunte la thématique de la famille dysfonctionnelle par le biais de l'inceste. Depuis la récente mort de son père, Dot part se réfugier chez son oncle en se faisant passer pour une sourde et muette. Nina, jeune adolescente au physique de poupon est victime d'abus sexuels par ce dernier alors que sa mère dépressive préfère l'ignorer. Si au départ Dot devient le souffre douleur de Nina lors d'incessantes brimades scolaires, une amitié commence à s'instaurer entre elles au fil de confidences tenues secrètes.


Drame psychologique Ă  l'ambiance aussi trouble que vĂ©nĂ©neuse, The Quiet a de quoi surprendre sous son aspect ludique de thriller (faussement) commercial. La rĂ©alisatrice parvenant Ă  structurer une intensitĂ© dramatique au fil d'un cheminement criminel oĂą le suspense latent se tĂ©lescope avec les apartĂ©s des deux ados perturbĂ©es. Sans cĂ©der Ă  la facilitĂ© d'une mĂ©canique Ă  suspense Ă©culĂ©e (l'expectative du meurtre), Jamie Babbit prĂ©fère souligner les rapports ambigus impartis aux deux ados en quĂŞte d'exutoire. Dot endossant depuis la mort de ses parents le rĂ´le d'une sourde/muette afin de se faire oublier alors que Nina tente de tolĂ©rer ses pulsions d'amour/rĂ©pulsion avec son père en humiliant cette dernière. Abordant la sexualitĂ© adolescente (tant du point de vue de Dot et de Nina que celui introverti de Connor), The Quiet dĂ©range par son atmosphère malsaine oĂą la dĂ©viance morale d'un père va finalement permettre de consolider une Ă©trange histoire d'amitiĂ©. Dot et Nina se rapprochant toujours un peu plus au fil de confidences oĂą la haine ose prĂ©mĂ©diter une stratĂ©gie criminelle. Cette ambiance trouble de malaise existentiel, de perversitĂ© sexuelle et de dĂ©sir morbide est renforcĂ© du jeu sobre des comĂ©diennes insufflant de la spontanĂ©itĂ© dans leur fonction torturĂ©e.


Captivant et dĂ©rangeant au fil d'une intrigue criminelle censĂ©e provoquer la rĂ©demption, The Quiet surprend par son parti-pris de souligner les rapports fragiles de deux ados perturbĂ©es par leur Ă©veil sexuel plutĂ´t que d'afficher un thriller convenu. Une Ă©tonnante dĂ©couverte donc dont l'ambiance hermĂ©tique et parfois envoĂ»tante nous laisse un goĂ»t amer dans la bouche. 

vendredi 10 juin 2016

SHOTGUN STORIES

                                                                     Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site ecranlarge.com  

de Jeff Nichols. 2007. U.S.A. 1h31. Michael Shannon, Douglas Ligon, Barlow Jacobs, Natalie Canerday, Glenda Pannel, Lynnsee Provense, Michael Abbott Jr.

Sortie salles France: 2 Janvier 2008

FILMOGRAPHIE: Jeff Nichols est un réalisateur et scénariste américain né le 7 Décembre 1978 à Little Rock, Arkansas (Etats-Unis).
2007: Shotgun Stories. 2011: Take Shelter. 2012: Mud. 2016: Midnight Special. 2016: Loving.


ConsidĂ©rĂ© aujourd'hui comme un nouveau maĂ®tre du cinĂ©ma amĂ©ricain, Jeff Nichols avait dĂ©jĂ   amorcĂ© son talent personnel Ă  travers Shotgun Stories rĂ©alisĂ© en 2007. A mi-chemin entre le cinĂ©ma de James Foley (pour les thèmes et le lyrisme hĂ©ritĂ©s de Comme un chien enragĂ©) et celui de Terence Mallick pour sa manière sensitive de filmer une nature sereine, Shotgun Stories empreinte le schĂ©ma du film de vengeance avec une rare intelligence. De par son parti-pris Ă  rĂ©futer une violence dĂ©monstrative au profit de l'identitĂ© psychologique d'une famille dĂ©soeuvrĂ©e au sein d'une AmĂ©rique profonde. 


AbandonnĂ©s par leur père dès leur plus jeune âge et dĂ©laissĂ©s par la mère, trois frères tentent de survivre en s'Ă©paulant mutuellement. A la suite du dĂ©cès du patriarche, une rivalitĂ© entre eux et les demi-frères Ă©clate lors des funĂ©railles. CommunĂ©ment trop fiers de cĂ©der aux intimidations, leur discorde morale va entraĂ®ner un règlement de compte meurtrier. Drame psychologique d'une intensitĂ© dramatique inscrite dans la pudeur et le non-dit, Shotgun Stories aborde l'exclusion d'une dĂ©linquance juvĂ©nile depuis l'abandon parental. RĂ©flexion sur l'engrenage de la violence sous la bannière d'une rancune intraitable, cette dĂ©rive criminelle dresse le constat social d'une jeunesse laissĂ©e pour compte oĂą le chĂ´mage, l'incommunicabilitĂ© et l'absence d'amour vont extĂ©rioriser chez eux un sentiment de rĂ©volte destructrice. Fort d'une distribution criante de vĂ©ritĂ© humaine, les trois acteurs composant la fratrie portent le film sur leurs Ă©paules avec une humilitĂ© poignante. Leur prĂ©sence naturelle Ă©tant renforcĂ©e par un jeu de regards oscillant l'amertume et la tendresse timorĂ©e. En frère aĂ®nĂ© hantĂ© par la colère et l'injustice, Michael Shannon (Bug, Take Shalter, Midnight Special) livre Ă  nouveau une prestance compacte pour se glisser dans la peau d'un leader protecteur avec un charisme placide. Au sein d'une nature paisible auquel ils Ă©voluent depuis leur enfance, Jeff Nichols met en contraste leur solitude existentielle avec un onirisme nonchalant (mĂ©lodie Ă©lĂ©giaque en sus durant tout leur cheminement !). 


"Le chemin qui mène à la sagesse est long, tortueux et semé d'obstacles".
Affichant un climat rĂ©aliste de poĂ©sie existentielle sous l'impulsion d'acteurs en posture sentencieuse , Shotgun Stories renouvelle le drame familial avec pudeur et sobriĂ©tĂ© afin de scruter les âmes torturĂ©es d'une fratrie noyĂ©e de solitude et de mal-ĂŞtre depuis l'abandon parental. 

jeudi 9 juin 2016

EVENT HORIZON: LE VAISSEAU DE L'AU-DELA. Prix du public, Bruxelles 98.

                                                                                 Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site impawards.com

de Paul W. S. Anderson. 1997. 1h36. Avec Laurence Fishburne, Sam Neill, Kathleen Quinlan, Joely Richardson, Richard T. Jones, Jack Noseworthy, Jason Isaacs.

Sortie salles France: 6 Mai 1998. U.S: 15 Août 1997

FILMOGRAPHIE: Paul William Scott Anderson, né le 4 mars 1965 à Newcastle upon Tyne est un producteur, réalisateur et scénariste britannique. 1994 : Shopping. 1995 : Mortal Kombat. 1997 : Event Horizon, le vaisseau de l'au-delà. 1998 : Soldier. 2000 : The Sight. 2002 : Resident Evil. 2004 : Alien vs Predator. 2008: Death Race. 2010 : Resident Evil: Afterlife. 2011 : Les Trois Mousquetaires 3D. 2012 : Resident Evil : Retribution 3D. 2014 : Pompéi. 2016 : Resident Evil : Chapitre final.


Echec public et critique lors de sa discrète sortie en salles, Event Horizon constitue une oeuvre maudite si on se réfère à l'indiscutable savoir-faire de Paul Anderson particulièrement impliqué à façonner un grand huit cauchemardesque. Tant par l'efficacité de sa mise en scène cultivant une angoisse en apesanteur que de son esthétisme léché sublimant l'architecture baroque des corridors du vaisseau. A mi chemin entre Hellraiser pour la représentation d'un Enfer SM et la Maison du Diable pour son aura diabolique sous-jacente, Event Horizon parvient à nous captiver dans son enchaînement de situations hostiles où la mort insidieuse ne laissera aucun répit aux victimes.


Durant 1h30, une poignée d'astronautes va tenter de percer le mystère de l'Event Horizon depuis que les passagers de l'ancienne expédition n'avaient plus donné signe de vie. Au fil de leur découverte macabre, une présence diabolique plane sur leurs épaules si bien que un à un, ils vont sombrer dans une paranoïa collective depuis leurs hallucinations plus vraies que nature. Ce sentiment d'insécurité permanent et cette manière vénéneuse de provoquer nos protagonistes en faisant appel aux réminiscences familiales, Paul Anderson le met en exergue parmi le pouvoir de suggestion. La présence invisible mais palpable redoublant de cynisme à bizuter ces derniers avant de posséder leurs âmes. Qui plus est, en jouant sur la dimension parallèle du trou noir, une vision de l'enfer nous est suggérée sous l'impulsion d'une machine rotative et d'hallucinations hystériques de victimes écorchées vives ! Au-delà du réalisme formel imparti à sa scénographie spatiale et de son climat anxiogène, Event Horizon tire parti d'une distribution solide pour renforcer la crédibilité des enjeux humains. Particulièrement Laurence Fishburne et Sam Neill se disputant l'autorité avec sang froid et une pugnacité en chute libre. Et si sa dernière partie homérique cède un peu à la facilité de l'esbroufe (FX renversants à l'appui à base d'explosions dantesques et d'atrocités corporelles !), Paul Anderson nous avive encore l'attention par le principe d'un survival aussi nerveux qu'escarpé.


Pur divertissement de sĂ©rie B classieuse comme le caractĂ©rise l'excentricitĂ© des dĂ©cors futuristes, Event Horizon nous propose un spectacle de haute tenue dans son format de science-fiction horrifique ne lĂ©sinant pas sur un gore viciĂ©. A redĂ©couvrir avec un vif intĂ©rĂŞt si bien qu'il s'agit (de loin) du meilleur film du très inĂ©gal Paul Anderson

Récompense: Prix du Public au Festival du Film Fantastique de Bruxelles, 1998

mercredi 8 juin 2016

FIRESTARTER

                                                                      Photo empruntĂ©e sur Google, rattachĂ©e au site impawards.com

"Charlie" de Mark L. Lester. 1984. U.S.A. 1h53. Avec David Keith, Drew Barrymore, Freddie Jones, Heather Locklear, Martin Sheen, George C. Scott.

Sortie salles U.S: 11 Mai 1984 

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Mark Lester est un réalisateur, producteur et scénariste américain, né le 26 Novembre 1946 à Cleveland, Ohio.
1971: Twilight of the Mayas. 1973: Steel Arena. 1982: Class 84. 1984: Firestarter. 1985: Commando. 1986: Armé et Dangereux. 1990: Class of 1999. 1991: Dans les Griffes du Dragon Rouge. 1996: Public Ennemies. 2000: Blowback. 2000: Sacrifice (télé-film). 2000: Guilty as Charged (télé-film). 2002: Piège sur Internet. 2003: Trahisons. 2003: Ruée vers la Blanche. 2005: Ptérodactyles.


Un an avant Commando, Mark Lester s'essaie au genre fantastique en transposant à l'écran le roman de Stephen King, Charlie. Série B dénuée de prétention malgré une distribution alléchante (on y croise David Keith, Drew Barrymore, Martin Sheen, George C. Scott), Firestarter relate dans un schéma narratif orthodoxe les vicissitudes d'un père et de sa fille pourchassés par des agents gouvernementaux depuis que cette dernière cultive des pouvoirs pyromanes. Ses dons meurtriers émanant des expériences scientifiques que ses parents ont autrefois toléré afin de servir la science. Par l'influence surnaturelle de son esprit fulminant, Charlie parvient furtivement à enflammer ses rivaux. Ce qui nous vaut des séquences d'embrasement assez réussies, à l'instar de son final particulièrement homérique dont les effets spéciaux délirants font preuve de réalisme. Avec l'aide d'un tueur professionnel, le capitaine Hollister finit par kidnapper les deux fugitifs afin d'exploiter à des fins belliqueuses le don de la petite Charlie.


Par le biais d'un cheminement narratif assez efficace, suspense et fantastique se chevauchent autour du sort prĂ©caire de Charlie et de son père, communĂ©ment soudĂ©s par les liens familiaux. Mark Lester accordant beaucoup de crĂ©dit Ă  leur relation affective alors que ces derniers seront sĂ©parĂ©ment cloisonnĂ©s dans les chambres d'un institut expĂ©rimental. Grâce Ă  la conviction d'une distribution charismatique (en particulier George C Scott, Martin Sheen et David Keith), Firestarter parvient Ă  nous convaincre de son propos fantastique pointant du doigt la menace du nuclĂ©aire sous le ressort de la tĂ©lĂ©kinĂ©sie. Qui plus est, le jeu dĂ©gourdi de Drew Barrymore s'avère assez crĂ©dible dans sa fonction candide de victime infortunĂ©e s'efforçant de canaliser ses pouvoirs depuis l'enseignement loyal de son père. HĂ©las, et en dĂ©pit du caractère attachant de ce duo servile, Firestarter manque sĂ©vèrement d'intensitĂ© et d'enjeux dramatiques pour immerger le spectateur dans une palpitante course contre la survie. Car si le spectacle s'avère agrĂ©able et jamais ennuyeux, il ne fait que survoler un scĂ©nario mal exploitĂ© et dĂ©nuĂ© de surprises. On se rabat alors sur la compassion que suscitent fĂ©brilement le père et sa fille depuis leur maltraitance d'une confrĂ©rie avide de totalitarisme.


Soutenu par la partition envoĂ»tante de Tangerine Dream, Firestarter constitue une aimable sĂ©rie B fantastique Ă©maillĂ©e de sĂ©quences d'incendies parfois fulgurantes et de plages de tendresse que le couple parental endosse avec une certaine densitĂ© humaine. 

mardi 7 juin 2016

EDDIE THE EAGLE

                                                                     Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site sallesobscures.com

de Dexter Fletcher. 2016. Angleterre/Allemagne/U.S.A. 1h45. Avec Taron Egerton, Hugh Jackman,
Keith Allen, Jo Hartley, Iris Berben.

Sortie salles France: 4 Mars 2016. U.S: 26 Février 2016

FILMOGRAPHIE: Dexter Fletcher est un acteur et rĂ©alisateur anglais, nĂ© le 31 janvier 1966. 
2011 : Wild Bill (également coscénariste). 2013: Sunshine on Leith. 2016: Eddie the Eagle.


"Le plus important aux jeux olympiques n'est pas de gagner mais de participer. L'important dans la vie ce n'est point le triomphe mais le combat."
PIERRE DE COUBERTIN, Fondateur des Jeux Olympiques, 1896. 

A l'instar du succès inattendu de Rocky, il y a encore des petits mĂ©trages dĂ©bordant de gĂ©nĂ©rositĂ© et de sincĂ©ritĂ© Ă  s'approprier un concept Ă©culĂ© si bien que l'on oublie facilement son cheminement balisĂ© pour se laisser Ă  nouveau bercer par la "succes-story" d'un prodige chez une compĂ©tition sportive. TirĂ© d'une histoire vraie, Eddie the Eagle retrace avec une Ă©motion vertigineuse l'incroyable destin d'Eddie Edwards, jeune britannique passionnĂ© par le saut en ski et suffisamment utopiste pour croire en son Ă©toile. RaillĂ© par son père, les olympiens et les administrateurs alors qu'il dĂ©buta trop tard sa discipline professionnelle, Eddie compte nĂ©anmoins participer aux jeux olympiques avec l'appui de son mentor autrefois privĂ© de mĂ©daille pour indiscipline. Ensemble, fort d'un entraĂ®nement intensif et malgrĂ© les Ă©checs, ils vont multiplier les exploits avant de pouvoir concourir aux jeux olympiques d'hiver de 1988. 


VĂ©ritable cantique Ă  la passion, au courage, Ă  l'estime de soi et Ă  la constance, Eddie the Eagle rĂ©invente l'ascension sportive d'un jeune loup dĂ©libĂ©rĂ© Ă  se transcender pour conquĂ©rir son rĂŞve. Cette rage de vaincre tous les dĂ©fis, cette force morale de braver le pessimisme et les brimades de son entourage, Eddie Edwards nous les transmet Ă  l'Ă©cran avec un flegme prĂ©gnant. Son parcours semĂ© d'embĂ»ches, de bĂ©vues et de surprises nous emportant dans un tourbillon d'Ă©motions aussi fringantes que le destin de Rocky. A travers des sĂ©quences aĂ©riennes vertigineuses, on peut Ă©galement saluer le brio de la mise en scène sublimant les descentes sur ski d'Eddie avant son grand saut de l'aigle ! Une dĂ©signation que lui mĂŞme et ses nouveaux supporters ont acclamĂ© depuis sa performance hĂ©roĂŻque contre toute attente. Sous son physique ordinaire de benĂŞt (lunettes trop larges et sourire niais), Taron Egerton (la rĂ©vĂ©lation de Kingsman !) porte le film Ă  bout de bras par son aisance naturelle Ă  insuffler des sentiments fondĂ©s sur la loyautĂ©, la bravoure, la passion et l'amitiĂ©. SecondĂ© par l'autoritĂ© avisĂ©e de Bronson Peary, Hugh Jackman lui partage la vedette avec la sobriĂ©tĂ© d'un coatch amical et d'un philosophe en quĂŞte de repentance. Car c'est Ă  travers la persĂ©vĂ©rance d'Eddie et d'une Ă©ventuelle accession victorieuse qu'il tente d'assumer son prĂ©alable Ă©chec sportif depuis son orgueil juvĂ©nile. Lors d'une sĂ©quence poignante d'une belle justesse, et toujours Ă  travers le parcours mĂ©ritoire d'Eddie, on peut enfin souligner l'apparition de Christopher Walken dans celui de l'Ă©minent enseignant gagnĂ© par un regain d'humilitĂ© pour son ancien Ă©lève prodige.  


C'Ă©tait impossible, alors il l'a fait ! 
Grand moment d'Ă©motions aussi fortes que fragiles pour la destinĂ©e insensĂ©e d'une Ă©toile filante, Eddie the eagle emprunte le schĂ©ma modeste de la sĂ©rie B pour parfaire une "success-story" Ă  
l'intensitĂ© lyrique (bande son tonitruante Ă  l'appui !). Car malgrĂ© son impression de dĂ©jĂ  vu, Dexter Fletcher parvient Ă  renouveler le spectacle sportif et son thème inhĂ©rent de la persĂ©vĂ©rance (plutĂ´t que celle de la victoire) sous l'impulsion naturelle d'un duo d'acteurs pĂ©tris d'humanisme (on pardonne dès lors le jeu stĂ©rĂ©otypĂ© de certains seconds rĂ´les estampillĂ©s "mĂ©chants de service").  

Dédicace à Seb Lake

lundi 6 juin 2016

LA CHEVRE

                                                  Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site quizz.biz

de Francis Veber. 1980. France. 1h33. Avec Pierre Richard, Gérard Depardieu, Michel Robin, André Valardy, Corynne Charbit, Pedro Armendáriz Jr., Jorge Luke .

Sortie salles France: 9 Décembre 1981

FILMOGRAPHIE: Francis Veber est un réalisateur, scénariste, dialoguiste et producteur français, né le 28 Juillet 1937 à Neuilly sur Seine. 1976: Le Jouet. 1981: La Chèvre. 1983: Les Compères. 1986: Les Fugitifs. 1989: Les 3 Fugitifs. 1992: Sur la corde raide. 1996: Le Jaguar. 1998: Le Dîner de con. 2000: Le Placard. 2002: Tais-toi ! 2006: La Doublure. 2008: L'Emmerdeur.


Enorme succès Ă  sa sortie en France (7 079 674 entrĂ©es), La Chèvre n'a point usurpĂ© son statut de classique de la comĂ©die populaire tant Francis Veber est parvenu Ă  conjuguer Ă©clats de rire et tendresse sous l'impulsion d'un duo d'acteurs que personne n'aurait imaginĂ© voir rĂ©unir ! Car outre sa bonne idĂ©e de dĂ©part (recruter un comptable malchanceux afin de dĂ©busquer la fille d'un PDG aussi infortunĂ©e que lui !), La Chèvre tire parti de son ressort comique grâce aux rapports conflictuels que se disputent Pierre Richard et GĂ©rard Depardieu. Si ce dernier adopte une posture autoritaire souvent dĂ©nigrante pour se railler des bĂ©vues de son camarade, il ne manque pas non plus de susciter un regain de compassion depuis que Perrin est rĂ©duit au bouffon de service (et non comme un leader sagace comme le laissaient croire ses supĂ©rieurs).


Personnage empoté multipliant les catastrophes à un rythme fertile, Pierre Richard crève l'écran à se glisser dans la peau d'un baroudeur persuadé d'avoir le profil héroïque pour parfaire sa mission. Jouant souvent sur la pantomime avec un sérieux imperturbable, l'acteur insuffle avec son physique naturel un aplomb exubérant pour incarner un maladroit impayable. Prenant pour thème la théorie de la malchance, Francis Veber exploite donc une intrigue efficace et bien construite autour de leurs pérégrinations que Perrin tente maladroitement de diriger. Parmi un éventail de quiproquos, pugilats et rebondissements, ces derniers vont apprendre à se connaître en affrontant une pègre mafieuse puis se tolérer depuis le flair aléatoire de Perrin (ce dernier engendrant au final la chance par sa déveine !). Prenant pour cadre naturel l'état du Mexique, le réalisateur affiche également un certain souffle exotique pour nous dépayser de sa forestation que Perrin et Campana sillonnent dans un concours de circonstances folingues (l'agression avec le gorille, la piqûre de guêpe, le sable mouvant). La musique de Vladimir Cosma composée à la flute de Pan se prêtant à merveille au climat tropical quand bien même l'émotion attendrissante de sa conclusion éveille un sublime instant de poésie candide.


JalonnĂ© de gags, de fantaisies et d'action autour d'une intrigue animĂ©e par la poisse du gaffeur, La Chèvre se permet en outre de susciter une Ă©motion lyrique lors d'une retrouvaille inespĂ©rĂ©e. Reste Ă  saluer le duo lĂ©gendaire que se partagent avec autant de bonne humeur que d'animositĂ© Pierre Richard / GĂ©rard Depardieu

vendredi 3 juin 2016

LA TARENTULE AU VENTRE NOIR

                                                          Photo empruntĂ©e sur Google, rattachĂ©e au site ecranlarge.com 

"La Tarantola dal ventre nero" de Paolo Cavara. 1971. Italie. 1h38. Avec Giancarlo Giannini, Claudine Auger, Barbara Bouchet, Rossella Falk, Silvano Tranquilli, Barbara Bach, Stephania Sandrelli.

Sortie salles Italie: 12 Août 1971

FILMOGRAPHIE: Paolo Cavara est un réalisateur et scénariste italien, né le 4 Juillet 1926 à Bologne (Italie), décédé le 7 Août 1982 à Rome. 1988: Accadde a Parma. 1981 Fregoli (TV Mini-Series). 1980 La locandiera. 1979 Atsalut pader. 1979 Sarto per signora (Téléfilm). 1976 E tanta paura. 1974 Il lumacone. 1974 Un parfum d'amour. 1973 Los amigos. 1971 La tarentule au ventre noir. 1969 La Capture. 1967 La cible dans l'oeil. 1966 Witchdoctor in Tails (Documentaire). 1964 I malamondo (Documentaire). 1963 La donna nel mondo (Documentaire. Non crédité). 1962: Mondo Cane (Documentaire).


Giallo injustement occulté et boudé en France si bien qu'en l'occurrence aucune édition numérique n'ait encore percée chez nous, La Tarentule au ventre noir ne manque pas de qualités pour émuler le genre avec sincérité et application. Non pas que la mise en scène soit un modèle du genre, loin de là, mais que le réalisateur parvient à structurer une intrigue assez prenante par son suspense latent contrebalancé de rebondissements (le détail sur la photo !) et (inévitables) fausses pistes. C'est du côté d'un institut de beauté que l'intrigue s'oriente depuis que le personnel est devenu la cible récurrente d'un tueur auquel l'adultère et la nymphomanie en sont les principaux ressorts. La première originalité du récit incombe à l'élaboration des meurtres et l'omnipotence de l'assassin lorsque ce dernier ganté préconise la paralysie de ses victimes à l'aide d'une aiguille empoisonnée (du venin de guêpe nous révélera plus tard un entomologiste !), et ce, juste avant de les assassiner. Dès lors, ces dernières, en état de conscience, subissent impuissantes aux châtiments du poignard pénétré à diverses reprises sur le bas-ventre jusqu'à ce que mort s'ensuive.


Parfois sanglants et soigneusement cadrés, ses crimes s'avèrent assez impressionnants sous l'impulsion d'un rituel atypique redoutablement pervers. La victime féminine symbolisant la soumission d'une tarentule si bien que le tueur s'inspire de la bravoure victorieuse de la "Pepsis Formosa". Une "guêpe des chemins" parvenant toujours à éliminer son rival grâce à la paralysie de son venin injecté dans l'estomac afin de libérer des larves carnivores ! C'est ensuite au niveau du profil de l'inspecteur Tellini que La Tarentule... puise son intensité psychologique, notamment parmi ses rapports intimes entretenus avec sa fiancée philanthrope. En perte de vitesse car ayant une longueur de retard sur les agissements du tueur persifleur (il filme les ébats sexuels de ce dernier et de sa compagne), Tellini se remet constamment en question sur son pragmatisme au risque d'abdiquer sa profession au profit de sa vie de famille. Outre l'efficacité des nombreux meurtres que le récit affiche avec un certain stylisme, La Tarentule... recourt aussi à une rigueur vertigineuse lors d'une course-poursuite entamée sur les toits d'un immeuble. Quant au final haletant, l'intrigue met en parallèle les situations alarmistes de deux victimes en proie à la menace meurtrière, au moment même où l'inspecteur ne s'efforce une ultime fois d'alpaguer le tortionnaire, symptomatique du misogyne.


Avec ses meurtres raffinĂ©s (inscrits dans le mutisme), le jeu sentencieux de Giancarlo Giannini, ses tĂŞtes d'affiche fĂ©minines d'une beautĂ© Ă©minemment lascive et la mĂ©lodie envoĂ»tante d'Ennio Morricone, La Tarentule au ventre noir n'a pas Ă  rougir de ses illustres ascendants pour mettre en exergue un thriller captivant. Certes un peu maladroit dans sa rĂ©alisation et le jeu perfectible de quelques seconds-rĂ´les, mais d'une sincĂ©ritĂ© indiscutable lorsque le cinĂ©aste s'efforce d'affilier caractĂ©risation psychologique et suspense mĂ©tronomique. 


mercredi 1 juin 2016

EXORCISME TRAGIQUE

                                                                  Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site cinemalamorte.es

"Un Bianco Vestito Per MarailĂ©" de Romano Scavolini. 1972. Italie. 1h28. Avec Ida Galli, Ivan Rassimov, Luigi Pistilli, Pilar Velázquez, Ezio Marano

Sortie salles France: 10 Avril 1975

FILMOGRAPHIE: Romano Scavolini est un réalisateur italien né le 17 JuiN 1940.
2007 Two Families, 2005 L'apocalisse delle scimmie, 2004 Le ultime ore del Che (documentary), 1988 Dog Tags, 1981 Cauchemars Ă  Daytona Beach, 1980 Savage Hunt, 1973 Servo suo, 1973 Cuore, 1972 Exorcisme tragique - Les monstres se mettent Ă  table, 1969 Entonce, 1969 L'amore breve, 1968 La prova generale, 1966 A mosca cieca


Giallo mĂ©connu tout juste Ă©ditĂ© en galette numĂ©rique par Le Chat qui fume, Exorcisme tragique puise une certaine originalitĂ© dans sa forme gothico-baroque lorsqu'une poignĂ©e de convives sont invitĂ©s dans le manoir de MarialĂ© pour se livrer Ă  une dĂ©bauche communautaire. Quelques annĂ©es au prĂ©alable, cette dernière eut Ă©tĂ© tĂ©moin des meurtres de sa mère et de son amant perpĂ©trĂ©s par son père (une sĂ©quence onirique oĂą la nature solaire se confond au climat macabre depuis les exactions vengeresses). Alors que la fĂŞte bat son plein, un mystĂ©rieux tueur s'empresse de les assassiner un Ă  un. DirigĂ© par Romano Scavolini, auteur italien du cĂ©lèbre Cauchemar Ă  Daytona beach (sommet de gore crapoteux restĂ© dans toutes les mĂ©moires !), Exorcisme Tragique insuffle un climat d'Ă©trangetĂ© assez insolite lors de sa première partie.


Tant par la visite impromptue qu'entament les occupants dans les souterrains poussiĂ©reux du château parmi les toiles d'araignĂ©es et des mannequins cadavĂ©riques, que leur orgie nocturne oĂą alcool et exhibition Ă©rotique se chevauchent sans modĂ©ration. AffublĂ©s de dĂ©guisements de carnaval et communĂ©ment entraĂ®nĂ©s dans une spirale de dĂ©bauche, ces derniers se pavanent devant le tĂ©moignage fragilisĂ© de MarialĂ©. Asservie par son mari et le majordome car contrainte par la force d'ingurgiter un traitement mĂ©dicamenteux, cette dernière tente d'exorciser ses vieux dĂ©mons en empruntant la robe mortifère de sa mère. Si le cheminement narratif dĂ©nuĂ© de raison Ă  de quoi dĂ©router durant la première heure par son climat d'insolence en roue libre (la posture exubĂ©rante des protagonistes plongĂ©s dans un Ă©tat second), le spectateur s'y laisse facilement envoĂ»ter quand bien mĂŞme Romano Scavolini soigne la forme stylisĂ©e d'un esthĂ©tisme fringant. Avec souci du cadrage alambiquĂ© magnifiant ses pièces domestiques et Ă©clairĂ©s d'une photo flamboyante, Exorcisme Tragique flatte notre vision et l'ouĂŻe sous le score mĂ©lodique de Fiorenzo Carpi. La seconde partie, beaucoup mieux rythmĂ©e dans sa dĂ©rive criminelle, s'Ă©carte parfois de l'intimitĂ© du huis-clos pour filmer les extĂ©rieurs d'une nature crĂ©pusculaire inhospitalière, comme le souligne l'intervention des chiens cerbères. Si son final prĂ©visible ne surprend pas quant Ă  l'identitĂ© de l'assassin, la manière habile dont Romano Scavolini parachève son histoire fait preuve de dĂ©rision et d'intensitĂ© dramatique pour rĂ©pĂ©ter la boucle du passĂ© traumatique.


Sympathique slasher oĂą Ă©rotisme, beuveries et châtiments punitifs finissent par se tĂ©lescoper, Exorcisme Tragique rĂ©veille singulièrement le thème du trauma infantile sous l'impulsion d'un tĂ©moignage effrontĂ©. Une oeuvre mineure pour le genre mais assez hĂ©tĂ©rodoxe par son schĂ©ma narratif et d'une emprise de sĂ©duction assez expressive. 

mardi 31 mai 2016

LA POUPEE DIABOLIQUE

                                                Photo empruntĂ©e sur Google, rattachĂ©e au site seriebox.com

"Devil Doll" de Lindsay Shonteff. 1964. Angleterre. 1h21. Avec Bryant Haliday, William Sylvester, Yvonne Romain, Sandra Dorne, Nora Nicholson.

Sortie salles U.S: Septembre 1964

FILMOGRAPHIE: Lindsay Shonteff est un réalisateur, scénariste et producteur anglais, né le 5 Novembre 1935 à Toronto, Canada, décédé le 11 Mars 2006 en Angleterre.
2009: Angels, Devils and Men.  2004 Ice Cold in Phoenix (Video).  1992 The Running Gun. 1990 Number One Gun. 1984 Lipstick and Blood. 1984 The Killing Edge. 1982 How Sleep the Brave. 1979 Adieu canaille . 1977 No. 1 of the Secret Service . 1976 Spy Story. 1974 The Swordsman. 1973 Big Zapper. 1972 Jeux d'adultes. 1971 The Yes Girls. 1970 Clegg. 1970 Permissive . 1969 Nuit après nuit. 1967 The Million Eyes of Sumuru. 1966 Run with the Wind. 1965 Licensed to Kill. 1965 Curse of the Voodoo. 1964: Devil Doll. 1961 The Hired Gun.


InĂ©dit en salles chez nous et tout juste exhumĂ© de l'oubli par l'Ă©diteur Artus Films, La PoupĂ©e Diabolique aborde le thème du ventriloque de manière plutĂ´t originale si bien que la poupĂ©e potentiellement diabolique s'avère ĂŞtre ici le souffre-douleur d'un hypnotiseur douĂ© de tĂ©lĂ©pathie. A la suite d'une de ses reprĂ©sentations, Vorelli, ventriloque Ă©mĂ©rite, tombe sous le charme de Marianne, la compagne de Mark English. Alors qu'il dĂ©fraie la chronique lorsque sa poupĂ©e parvient Ă  marcher librement devant des spectateurs mĂ©dusĂ©s, Vorelli attise la curiositĂ© de Mark dĂ©libĂ©rĂ© Ă  enquĂŞter sur son mystĂ©rieux passĂ©. TournĂ©e en noir et blanc, incarnĂ© par de sobres comĂ©diens et rĂ©alisĂ© de manière acadĂ©mique (sans compter une direction d'acteurs dĂ©faillante), La PoupĂ©e Diabolique parvient pourtant Ă  entretenir une fascination trouble auprès du spectateur impliquĂ© dans un suspense horrifique franchement inquiĂ©tant.


De par ses numĂ©ros macabres qu'exerce mĂ©thodiquement Vorelly sur ses victimes lors des reprĂ©sentations et la prĂ©sence annexe de sa poupĂ©e faire-valoir, un climat malsain aussi lourd qu'Ă©touffant Ă©mane des stratĂ©gies surnaturelles. Fort d'un regard impassible et d'une posture hiĂ©ratique, l'acteur Bryant Haliday extĂ©riorise une emprise ensorcelante sous l'impulsion cĂ©rĂ©brale de sa tĂ©lĂ©pathie. La victime asservie Ă©tant contrainte d'obtempĂ©rer jusqu'Ă  ce que Hugo ne prenne sa revanche après s'ĂŞtre humanisĂ© dans son corps de pantin. Si le cheminement narratif s'avère linĂ©aire mais efficacement structurĂ©, les rapports de soumission/domination entretenus entre Vorelly et Hugo viennent apporter un sang neuf au thème du ventriloque. Celui-ci Ă©tant frĂ©quemment rĂ©duit au rĂ´le de victime depuis l'autoritĂ© dĂ©moniaque de sa poupĂ©e. Par le biais d'une investigation entamĂ©e par le compagnon de Marianne, l'intrigue cultive ensuite l'expectative des mobiles afin de percer le sombre secret que se disputent Vorelli et Hugo. EmaillĂ© de sĂ©quences dĂ©rangeantes (Hugo enjambant Ă  deux reprises, et en toute autonomie, quelques pas face Ă  un public en Ă©moi, puis la sĂ©quence perturbante d'un homicide perpĂ©trĂ© en plein spectacle !), La PoupĂ©e Diabolique distille un sentiment d'insĂ©curitĂ© permanent au fil des stratagèmes du ventriloque habitĂ© par l'orgueil, le dĂ©sir de possession et la cupiditĂ©.


Surprenante sĂ©rie B façonnĂ©e durant l'âge d'or de l'Ă©pouvante anglaise, La PoupĂ©e Diabolique constitue une petite perle de souffre par son angoisse tangible (score dissonant Ă  l'appui !), faute des exactions sournoises du ventriloque et de la posture Ă©trangement humaine d'une poupĂ©e hybride hantĂ©e par son ancienne existence ! A dĂ©couvrir absolument ! 

lundi 30 mai 2016

MADHOUSE


"There was a little girl" de Ovidio G. Assonitis. 1982. Italie. 1h35. Avec Trish Everly, Michael MacRae, Dennis Robertson, Morgan Hart, Allison Biggers

Sortie salles Italie: 4 Mars 1981

FILMOGRAPHIE: Ovidio G. Assonitis est un réalisateur, scénariste et producteur italien né le 18 Janvier 1943 à Alexandria, Egypte.
1992: Out of Control. 1981 Desperate Moves. 1981 Piranha 2 (non crédité). 1981: There Was a Little Girl. 1977: Tentacules. 1974: Le démon aux tripes.


Julia et Mary sont deux soeurs jumelles que tout oppose. L'une, belle et aimable, professeur pour enfants handicapés vit une vie idyllique alors que sa soeur, complètement folle et haineuse, croupit dans une chambre d'un asile. Quelques jours après une visite houleuse à l'hôpital durant laquelle Mary menace sa soeur de mort, Julia apprend que sa soeur s'est enfuie.

Précédé d'une mauvaise réputation depuis sa sortie confidentielle si bien que l'éditeur Uncut Movies décida de l'exhumer de l'oubli, Madhouse aurait mieux fait de rester six pieds sous terre tant cette série B poussive peine à éveiller notre intérêt. Faute d'une réalisation stérile (en dehors de 1 ou 2 plans soignés), de personnages dénués de caractère (en dépit du premier rôle féminin plutôt convaincant dans sa fonction de victime psychologiquement molestée) et surtout d'une intrigue incohérente qui ne progresse pas, Madhouse suscite rapidement la torpeur durant son cheminement narratif en berne. Car si son rythme langoureux cultive parfois un bref intérêt lors de ses passages les plus violents (trois scènes chocs sont assez réussies dans leur facture outrancière typiquement latine) et que le score ombrageux de Riz Ortalini insuffle parfois une petite ambiance malsaine, son thème conféré à la famille dysfonctionnelle s'avère rapidement ridicule au fil de péripéties horrifiques dénuées d'intensité dramatique. Le réalisateur a beau s'excuser au final de son illogisme narratif en empruntant une épitaphe de G.B. Shaw ("La vie réelle diffère du théâtre seulement parce qu'il n'y a pas d'intrigue logique, tout est vague, décousu, sans liens apparents, jusqu'à ce que le rideau tombe sans nous avoir donné de réponse sur ce mystère") et en singeant le contexte sardonique de Happy Birthday, le spectateur quitte le spectacle avec une amertume sentencieuse.

jeudi 26 mai 2016

Les Guerriers du Bronx / 1990: I guerrieri del Bronx

                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Notrecinema.com

de Enzo G. Castellari. 1982. Italie. 1h32. Avec Stefania Girolami, Marco Di Gregorio, Vic Morrow, Christopher Connelly, Fred Williamson, "Betty" Elisabetta Dessy

Sortie salles France: 17 Novembre 1982

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Enzo G. Castellari est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste, acteur, monteur et producteur italien, nĂ© le 29 Juillet 1938 Ă  Rome (Italie). 1967: Je vais, je tire et je reviens. 1968: Django porte sa croix. 1968: 7 Winchester pour un massacre. 1968: Tuez les tous... et revenez seul ! 1973: Le TĂ©moin Ă  abattre. 1976: Keoma. 1977: Une PoignĂ©e de salopards. 1977: Action ImmĂ©diate. 1979: La Diablesse. 1979: Les Chasseurs de Monstres. 1981: La Mort au Large. 1982: Les Nouveaux Barbares. 1982: Les Guerriers du Bronx. 1983: Les Guerriers du Bronx 2. 1987: Striker. 1987: Hammerhead. 1997: Le DĂ©sert de Feu.


Sorti en pleine mouvance du Post-Nuke initiĂ© par Mad-max 1 et 2, Les Guerriers de la Nuit et New-York 1997, les Guerriers du Bronx constitue l'un des cĂ©lèbres ersatz transalpins des annĂ©es 80 que les vidĂ©ophiles se sont empressĂ©s de louer auprès de leur video de quartier. SĂ©rie Z bricolĂ©e avec les moyens du bord dans les carrières dĂ©saffectĂ©es d'un New-York dystopique, les Guerriers du Bronx s'inspire largement des chefs-d'oeuvre susnommĂ©s de John Carpenter et de Walter Hill. Sauf qu'ici, et pour varier la donne, les rĂ´les et situations sont inversĂ©s au profit d'un ennemi sanguinaire implantĂ© dans le territoire interdit, le royaume des Riders ! Dans la mesure oĂą un exterminateur sans vergogne est chargĂ© de retrouver en vie Anne, la jeune hĂ©ritière d'une corporation d'armement rĂ©fugiĂ©e dans le quartier interdit depuis l'influence de magnats vĂ©reux. Or, ce dernier n'hĂ©site pas Ă  assassiner de sang froid les quidams marginaux empiĂ©tant son chemin. C'est dans cette zone rĂ©putĂ©e mortelle qu'Anne Ă©tablit la rencontre de Trash et de son Ă©quipe motorisĂ©e. Des loubards livrĂ©s Ă  eux mĂŞmes bien que subordonnĂ©s Ă  l'autoritĂ© de l'Ogre, un leader afro Ă  l'enseigne du quartier du Bronx. Afin de sauver la vie de cette fugitive, Trash et ses compagnons dĂ©cident d'invoquer l'aide de l'Ogre depuis les exactions criminelles de Hammer, l'exterminateur impitoyable (Vic Morrow dĂ©lectable en assassin pervers d'une force tranquille quasi hilarante).


Ainsi, ce scĂ©nario improbable sorti d'une bande dessinĂ©e fauchĂ©e parvient gĂ©nialement Ă  nous divertir Ă  travers son lot de stratĂ©gies guerrières, trahison et confrontations physiques que nos anti-hĂ©ros perpĂ©tuent vaillamment pour un enjeu humain. En pompant notamment sur l'autre modèle susdit (les Guerriers de la Nuitpour la panoplie exubĂ©rante des clans barbares (principalement les "Zombies" affublĂ©s d'une combinaison de Hockey), les Guerriers du Bronx illustre de manière gĂ©nialement triviale les pĂ©rĂ©grinations belliqueuses de ces anti-hĂ©ros dont Trash s'avère le porte parole le plus loyal. C'est Ă©galement au niveau des engins motorisĂ©s (le crane encastrĂ© au creux du guidon de chaque bĂ©cane) et des acteurs cabotins, aussi attachants qu'impayables dans leur posture inexpressive (la prĂ©sence irrĂ©sistiblement atone, effeminĂ©e de Trash et de ses mercenaires ressemblent Ă  s'y mĂ©prendre au groupe Village People !), que le film parvient Ă  amuser, rĂ©parties machistes Ă  l'appui ! Sa narration redondante culminant avec gĂ©nĂ©rositĂ© vers un affrontement Ă©pique entre forces de l'ordre et mercenaires lors d'une guĂ©rilla urbaine Ă©tonnamment pessimiste au point d'y dĂ©concerter une frange du public peu habitĂ© aux anti happy-end funestes. 


SĂ©rie Z d'action futuriste en roue libre largement soutenue de l'excentricitĂ© des personnages grotesques multipliant sans modĂ©ration des confrontations hĂ©roĂŻques littĂ©ralement impayables, Les Guerriers du Bronx gĂ©nère efficacement une fantaisie dĂ©bridĂ©e sous l'impulsion de ses pugilats infantiles hĂ©ritĂ©s d'un Ă©pisode de San Ku Kai (certaines bastonnades faisant d'ailleurs preuve d'un rythme languide faute de chorĂ©graphies gĂ©nialement malhabiles). De par la sincĂ©ritĂ© scrupuleuse de son auteur et du jeu outrancier des acteurs de seconde zone se prennant très au sĂ©rieux dans leur fonction de guerrier  en herbe faussement sauvage (euphĂ©misme), ce divertissement d'exploitation fait aujourd'hui office de chef-d'oeuvre bisseux auprès de sa facture transalpine hĂ©las rĂ©volue. Jubilatoire donc, sans modĂ©ration aucune, si bien que l'on Ă©galement hâte de revoir sa suite encore plus Ă©pique et dĂ©complexĂ©e.  

*Bruno
11/07/24. 3èx.

mercredi 25 mai 2016

LA CHAMBRE DES HORREURS

                                                                 Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site smorgasm.blogspot.com

"Chamber of Horrors" de Hy Averback. 1966. U.S.A. 1h39. Avec Patrick O'Neal, Cesare Danova, Wilfrid Hyde-White, Laura Devon, Patrice Wymore, Suzy Parker, José René Ruiz.

Sortie salles U.S: 28 Octobre 1966

FILMOGRAPHIE: Hy Averback est un réalisateur, acteur et producteur américain né le 21 octobre 1920 à Minneapolis, Minnesota (États-Unis), mort le 14 octobre 1997 à Los Angeles (Californie). 1965: Barney (TV). 1966 : La Chambre des horreurs. 1968 : Que faisiez-vous quand les lumières se sont éteintes ? 1968 : Le Baiser papillon. 1969 : The Great Bank Robbery. 1970 : Suppose They Gave a War and Nobody Came?. 1971 : Eddie (TV). 1976 : Richie Brockelman: The Missing 24 Hours (TV). 1977 : The Love Boat II (it) (TV). 1977 : The Magnificent Magical Magnet of Santa Mesa (it) (TV). 1977 : The Rubber Gun Squad (TV). 1978 : The New Maverick (en) (TV). 1978 : A Guide for the Married Woman (TV). 1979 : The Night Rider (TV). 1981 : Des filles canon (She's in the Army Now) (TV). 1981 : The Girl, the Gold Watch & Dynamite (en) (TV). 1983 : Venice Medical (TV). 1984 : Where the Boys Are.


SĂ©rie B oubliĂ©e produite par la cĂ©lèbre firme Warner, la Chambre des Horreurs s'est surtout fait connaĂ®tre auprès des vidĂ©ophiles lors de son exploitation en Vhs durant les annĂ©es 80. Aujourd'hui exhumĂ© de sa torpeur grâce Ă  sa sortie Dvd, ce thriller horrifique au parfum dĂ©licieusement rĂ©tro parvient Ă  conjuguer fougueusement suspense, romance et crimes inventifs. Ayant Ă©tranglĂ© sa concubine avec ses propres cheveux (hallucinante trouvaille inĂ©dite !!!) avant de la prendre pour Ă©pouse durant la procession improvisĂ©e d'un curĂ© horrifiĂ©, Jason Cravette est rapidement recherchĂ© par la police. Alors qu'il tente de perpĂ©trer un nouveau crime avec une prostituĂ©e, il est apprĂ©hendĂ© puis condamnĂ© Ă  mort. Parvenant in extremis Ă  s'Ă©chapper lors de son transfert, il s'exile vers une nouvelle contrĂ©e afin d'accomplir une terrible vengeance.


Avec son dĂ©cor annexe de musĂ©e de cire sĂ©culaire auquel l'un des propriĂ©taires s'efforcera d'aiguiller la police, on songe inĂ©vitablement Ă  l'Homme au masque de cire si bien que l'antagoniste affublĂ© d'une cape noire, d'un chapeau et d'un crochet amovible sur le moignon adopte un charisme fringant en psychopathe vindicatif. Patrick O'Neal se glissant Ă  merveille dans sa posture iconique parmi l'intensitĂ© de son regard azur inscrit dans le cynisme. Pleinement investi, il parvient Ă  nous susciter une fascination malsaine, notamment par le biais de son comportement gouailleur lorsqu'il dĂ©cide de trucider ses victimes avec des ustensiles variĂ©s. D'ailleurs, de manière aussi obsolète que vaine, un clignotement visuel et un avertissement sonore viendront nous avertir de la prochaine agression (Ă©ventuellement cinglante) Ă  venir. Le film s'avĂ©rant sur ce point extrĂŞmement complexĂ© si bien qu'aucune scène de violence graphique ne pointera le bout du nez Ă  l'horizon ! Cependant, par ce procĂ©dĂ© fantaisiste (mais mensonger) et grâce Ă  un suspense ciselĂ© pour l'investigation scrupuleuse des tĂ©moins, Hy Averback cultive un irrĂ©sistible charme vintage dans sa facture cinĂ©gĂ©nique. Tant par l'aplomb des acteurs Ă©paulĂ©s du charme fĂ©minin des seconds-rĂ´les (romance improvisĂ©e Ă  l'appui avec la complicitĂ© d'une courtisane), sa scĂ©nographie gothique hĂ©ritĂ©e de l'ère victorienne que par sa photo flamboyante inspirĂ©e de la Hammer.


Petite pĂ©pite du genre malencontreusement occultĂ©e pour des raisons inexpliquĂ©es, la Chambre des Horreurs honore lestement la sĂ©rie B horrifique parmi l'efficacitĂ© d'un suspense symĂ©trique. Pour parachever, on peut enfin prĂ´ner la prĂ©sence magnĂ©tique de Patrick O'Neal adoptant une posture dĂ©lĂ©tère jamais parodique pour Ă©muler son homologue Vincent Price

Remerciement à Célina Trinci