jeudi 9 juin 2016

Event Horizon: Le Vaisseau de l'au-delà. Prix du public, Bruxelles 98.

                                                Photo empruntée sur Google, appartenant au site impawards.com

de Paul W. S. Anderson. 1997. 1h36. Avec Laurence Fishburne, Sam Neill, Kathleen Quinlan, Joely Richardson, Richard T. Jones, Jack Noseworthy, Jason Isaacs.

Sortie salles France: 6 Mai 1998. U.S: 15 Août 1997

FILMOGRAPHIE: Paul William Scott Anderson, né le 4 mars 1965 à Newcastle upon Tyne est un producteur, réalisateur et scénariste britannique. 1994 : Shopping. 1995 : Mortal Kombat. 1997 : Event Horizon, le vaisseau de l'au-delà. 1998 : Soldier. 2000 : The Sight. 2002 : Resident Evil. 2004 : Alien vs Predator. 2008: Death Race. 2010 : Resident Evil: Afterlife. 2011 : Les Trois Mousquetaires 3D. 2012 : Resident Evil : Retribution 3D. 2014 : Pompéi. 2016 : Resident Evil : Chapitre final.

Échec public et critique lors de sa discrète sortie en salles, Event Horizon constitue une sympathique bisserie de luxe, un grand huit stellaire à l'imagerie toujours plus gorasse. Tant par l'efficacité de sa mise en scène, cultivant une angoisse en apesanteur, que par son esthétisme inquiétant sublimant l'architecture baroque du vaisseau, Paul W. S. Anderson signe une série B plutôt efficace, portée par une ambiance aussi oppressante que tangible. À mi-chemin entre Hellraiser, pour sa vision d'un Enfer sadomasochiste, et La Maison du Diable, pour son aura diabolique sous-jacente, Event Horizon captive par l'enchaînement de situations hostiles où une mort insidieuse, surgie des ténèbres, ne laisse nul répit à ses proies.

Durant quatre-vingt-dix minutes, une poignée d'astronautes tente de percer le mystère de l'Event Horizon, disparu depuis plusieurs années avant de réapparaître aussi soudainement qu'inexplicablement. À mesure que progresse leur exploration macabre, une présence démoniaque semble planer sur leurs épaules, les entraînant progressivement dans une paranoïa grandissante à travers des hallucinations plus vraies que nature. Ce climat d'insécurité permanent, doublé d'une force malveillante s'immisçant dans leurs souvenirs les plus douloureux, est renforcé par le jeu impliqué des acteurs. Plus qu'une simple menace surnaturelle, le mal exploite les blessures intimes de chacun, faisant resurgir culpabilité, regrets et traumatismes enfouis afin de mieux opposer ses victimes vers la folie. Le film explore alors nos angoisses les plus malaisantes, celles que l'on tente désespérément d'enfouir au plus profond de soi. 


En jouant sur la dimension parallèle du trou noir, le récit suggère une vision de l'Enfer d'une puissance évocatrice saisissante, nourrie par une technologie rotative cauchemardesque et d'hallucinations hystériques de corps suppliciés. Au-delà du réalisme funeste de sa scénographie spatiale et de son climat anxiogène, Event Horizon bénéficie également d'une distribution particulièrement solide, où Laurence Fishburne et Sam Neill se disputent l'autorité avec sang-froid, jusqu'à un affrontement aussi psychologique que physique. Si son dernier acte cède quelque peu aux facilités du spectacle pyrotechnique, entre confrontations musclées et explosions dantesques, Paul W. S. Anderson conclut néanmoins son cauchemar cosmique sur une ultime note sardonique faisant intelligemment écho à son prologue. 
 

Pur divertissement marginal porté par des décors futuristes inquiétants, des effusions sanglantes et une atmosphère poisseuse prégnante, Event Horizon met en exergue une science-fiction sépulcrale où l'horreur cosmique se conjugue avec la culpabilité humaine et les peurs les plus viscérales. Assurément la proposition la plus ambitieuse, la plus inspirée et la plus aboutie de la filmographie du très inégal Paul W. S. Anderson en dépit d'un cheminement convenu aux situations éculées. 

— Celui du cœur noir des images 🖤

Récompense: Prix du Public au Festival du Film Fantastique de Bruxelles, 1998
 
03/08/26. 3èx. Vo 

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