jeudi 29 décembre 2011

LE CAMION DE LA MORT (Battletruck/Warlords of the 21st Century ). Prix Spécial du Jury à Avoriaz 1983


de Harley Cokliss. 1982. Nouvelle Zélande. 1h33. Avec Michael Beck, Annie McEnroe, James Wainwright, Bruno Lawrence, John Bach, Randy Powell.

Sortie en salles en France le 2 janvier 1983

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Harley Cokliss est un réalisateur, scénariste, acteur et producteur américain, né le 11 Février 1945 à San Diego (Californie)
1976: The Battle of Billy's Pond. 1977: Glitterball. 1979: That Summer. 1982: Le Camion de la mort
1986: Sans Issue. 1987: Malone, un tueur en enfer. 1988: Dream Demon. 1994: Hercule et le royaume oublié (télé-film). 2000: Pilgrim. 2002: An angel for may (télé-film). 2010: Paris Connections


Un an après le phénomène Mad-Max 2, une ribambelle de sous-produits aux budget dérisoire vont proliférer vers nos contrées transalpines. Des séries Z risibles interprétées par des tacherons alors que les affiches aguicheuses inspirées de l'univers de la BD vont tenter de falsifier leur précarité. Néanmoins, quelques nanars impayables sortent du lot et vont marquer les esprits nostalgiques d'une époque révolue, celle du post-nuke. Les Guerriers du Bronx, Cherry 2000Le Gladiateur du futur et surtout le Guerrier de l'espace et 2019, après la chute de New-York restent sans conteste les plus beaux fleurons bisseux du genre destroy. En 1982, c'est au tour de la nouvelle zélande de tenter d'y apporter sa vision désenchantée d'un monde barbare avec une série B au budget un peu plus étoffé et finalement ovationné d'un Prix Spécial du Jury à Avoriaz. En l'occurrence, on se demande comment une oeuvre basique dénuée de surprise, aussi sympathique soit-elle, ait pu remporter une récompense aussi prestigieuse ! Dans une époque futuriste, le colonel Straker sillonne les contrées désertiques des Etats-Unis à bord d'un gigantesque camion pour la quête de carburant en perdition. Avec une bande de hors la loi, il sème la terreur auprès des rares survivants pour imposer sa hiérarchie dictatoriale. Mais un solitaire du nom de Hunter décide de contrecarrer ses ambitions véreuses en l'affrontant à bord de sa moto futuriste. 
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Totalement occulté de nos jours après avoir déjà sombré dans l'oubli depuis son échec en salles, Le Camion de la Mort est une modeste série B qui se démarque un peu du genre bisseux par la prestance de comédiens honorables et d'une mise en image plus assidue. L'intrigue pompée sur le film phénomène de George Miller est une relecture champêtre de Mad-Max (bien qu'ici, l'antagoniste mégalo s'avère le propriétaire du camion blindé !) avec beaucoup moins d'ambition dans sa tentative vaine de renouer avec l'action cinglante et les cascades ébouriffantes de son modèle. Néanmoins, ce petit métrage attachant émaille à intervalle régulier plusieurs affronts de gunfights parfois violents et quelques futiles cascades, de manière à maintenir l'intérêt amusé du spectateur. La présence affable de comédiens à la trogne photogénique comme Michael Beck (les Guerriers de la nuit), Annie McEnroe (les Marais de la mort, la Main du cauchemar) ou encore James Wainwright (Un Shérif à New-York) réussissent également à apporter un cachet de conviction pour leurs enjeux octroyés à une denrée de carburant pour la survie. Scandé par une partition musicale planante (Tangerine Dream s'en fait presque l'écho !), l'ambiance post-apocalypse qui en émane véhicule un charme désuet pour accentuer le climat de désuétude d'un environnement solaire jalonné de plaines clairsemées.
A la manière d'un western classique, cet affrontement primitif entre une bande de survivants pacifistes et leur héros valeureux, communément opposés à la hiérarchie tyrannique du colonel Straker, rivalise de péripéties haletantes pour tenter d'imposer leur autonomie. Pour attendrir l'intrigue, une idylle amoureuse est notamment entreprise avec la fille du leader, éprise d'affection pour un motard jamais à court de carburant !
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Mené avec rythme et efficacement conduit, le Camion de la Mort est le genre de bisserie rehaussée aujourd'hui d'un charme gentiment désuet par son ambiance décharnée tributaire d'une apocalypse. Un western futuriste d'une simplicité désarmante (bien qu'il sous entend une réflexion sur la mégalomanie) mais paradoxalement attachant pour ne paraître jamais ennuyeux, même si aujourd'hui il ne pourra que contenter les nostalgiques d'une époque révolue. Quand à son prix attribué à Avoriaz, il restera pour ma part un mystère insondable. 
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30.12.11
Bruno Matéï


 

L'OISEAU AU PLUMAGE DE CRISTAL (L'uccello dalle piume di cristallo)


de Dario Argento. 1969. Italie/Allemagne. 1h38. Avec Tony Musante, Susy Kendall, Enrico Maria Salerno, Eva Renzi, Umberto Raho, Renato Romano, Giuseppe Castellano, Mario Adorf, Pino Patti, Gildo Di Marco.
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Sortie en salles en France le 20 Juin 1971. U.S: 12 Juin 1970
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FILMOGRAPHIE: Dario Argento est un réalisateur et scénariste italien né le 7 septembre 1940, à Rome (Italie).
1969: l'Oiseau au plumage de Cristal, 1971: Le Chat à 9 queues, Quatre mouches de velours gris, 1973: 5 Jours à Milan, 1975, Les Frissons de l'Angoisse, 1977: Suspiria, 1980: Inferno, 1982: Ténèbres, 1985: Phenomena, 1987: Opera, 1990: 2 yeux Maléfiques, 1993: Trauma, 1996: Le Syndrome de Stendhal, 1998: Le Fantome de l'Opéra, 2001: Le Sang des Innocents,2004: Card Player, 2005: Aimez vous Hitchcock ?, 2005: Jennifer (épis Masters of Horror, sais 1), 2006: J'aurai leur peau (épis Masters of Horror, sais 2), 2006: Mother of Tears, 2009: Giallo, 2011: Dracula 3D.

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Premier film de Dario Argento et seconde adaptation du roman de Fredric Brown (The Screaming Mimi), l'Oiseau au plumage de cristal est l'un des tous premiers Giallo contemporains, après que Bava en ait appliqué les règles en 1963 avec La fille qui en savait trop pour le transcender ensuite un an plus tard avec 6 femmes pour l'assassin. Après ce coup d'essai novateur, Argento est surnommé par la presse internationale comme le nouvel Hitchcock italien. Suite à son triomphe en salles, il va influencer dans son propre pays une ribambelle de thrillers érotico-horrifiques dont les noms évocateurs de volatiles ou d'animaux seront parfois repris dans leur intitulé pour tenter de rameuter le même public en masse. Un écrivain américain résidant à Rome est témoin devant la vitre d'une galerie de sculpture d'une tentative de meurtre commis sur une jeune femme. Hanté par cette vision d'effroi d'un tueur ganté  vêtu d'un imperméable noir, l'homme décide de faire sa propre enquête pour tenter de se remémorer une réminiscence non résolue et ainsi démasquer ce mystérieux assassin.
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Comment oublier l'intensité de cette scène d'ouverture illustrant avec maîtrise technique le désarroi d'une jeune femme se faire poignarder par un mystérieux tueur vêtu de noir ! Une troublante séquence insolite émaillée de sculptures baroques grisonnantes en interne d'une galerie d'art et éclairée par la pâleur de cette chambre théâtrale aux nuances noires et limpides. Pris au piège entre deux devantures de glaces vitrées, un quidam va être témoin d'une tentative de meurtre déjà perpétrée alors que le tueur réussit in extremis à prendre la fuite. Ce modèle de mise en scène distille déjà un sentiment anxiogène palpable au spectateur fasciné par son ambiance singulière et l'impuissance d'un témoin incapable de pouvoir porter assistance à une femme agonisante sauvagement blessée devant ses yeux. Après ce prologue d'anthologie resté en suspens, notre héros principal se torture les méninges d'avoir omis un indice capital durant la vision de cette furtive agression. Délibéré à se remémorer une preuve manquante, son enquête va le mener vers l'interrogatoire de personnages excentriques ou marginaux plutôt déconcertants. Un tableau de peinture représentant une fillette poignardée par un tueur sous un décor enneigé, un bruit de volatile atypique et les voix trafiquées d'un interlocuteur finaud vont être les éléments capitaux pour tenter déjouer les odieux méfaits d'un meurtrier occultant un passé galvaudé.


Dans un habile dosage de suspense Hitchcockien et de séquences de meurtres sobres mais déjà porteurs de la signature du maître de l'esthète macabre, Dario Argento nous complote une passionnante énigme constamment surprenante car rivalisant d'indices et détails singuliers.
Le réalisateur studieux sait marier avec dextérité une utilisation judicieuse du noir ténébreux contrastant avec le blanc limpide pour valoriser une ambiance cafardeuse et charnelle. La comptine angélique d'Ennio Morricone va également accroître son aspect doucereusement trouble pour mettre en exergue une réminiscence traumatique liée à l'enfance du meurtrier. Le caractère insolite de certains décors de bâtisse auquel sont réfugiés les victimes démunies et le sadisme érotique octroyé à l'implication des meurtres nous attisent l'inquiétude de façon attrayante. Un sentiment répulsif mêlé de fascination face aux méfaits nuisibles d'un assassin rendu iconique par la mosaïque de ces vêtements opaques et scintillants. La séquence éprouvante qui montre la femme du héros calfeutrée dans sa demeure car sévèrement pris à parti avec l'assassin tentant par tous les moyens de pénétrer en interne de l'enceinte, joue de manière judicieuse avec nos nerfs en insufflant un caractère claustrophobe au huis-clos restreint.
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Grâce à l'ingéniosité d'un scénario machiavélique falsifiant notre perception de la réalité, l'Oiseau au plumage de Cristal est un inquiétant giallo jalonné de séquences frissonnantes mais aussi et surtout d'un suspense savamment planifié. Mis en lumière de manière esthétique dans des nuances contradictoires de noir et de blanc et utilisant avec virtuosité l'espace du cadre alambiqué, cette première oeuvre possède déjà tous les ingrédients d'un artiste inspiré, fasciné par la beauté morbide du meurtre et de son fétichisme sexuel. 
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29.12.11
Bruno Matéï

mardi 27 décembre 2011

RAMBO 2, LA MISSION. Rambo: First Blood Part 2


de George Pan Cosmatos. 1985. U.S.A. 1h36. Avec Sylvester Stallone, Richard Crenna, Charles Napier, Steven Berkoff, Julia Nickson-Soul, Martin Kove, George Cheung, Andy Wood, William Ghent, Voyo Goric.

Sortie en salles en France le 16 Octobre 1985. U.S: 24 Mai 1985

FILMOGRAPHIE: George Pan Cosmatos était un réalisateur et scénariste grec né le 4 janvier 1941 à Florence (Toscane, Italie), mort le 19 Avril 2005 à Victoria (Colombie-Britannique, Canada) d'un cancer du poumon.
1977: Le Pont de Cassandra. 1979: Bons Baisers d'Athènes. 1983: Terreur à Domicile. 1985: Rambo 2, la Mission. 1986: Cobra. 1989: Leviathan. 1993: Tombstone. 1997: Haute Trahison


En 1982, Ted Kotcheff avait su renouveler le cinéma d'action avec Rambo, charge sociale illustrant avec beaucoup d'efficacité la difficile réinsertion des vétérans du Vietnam de retour au pays américain. En prime, la notoriété de l'acteur Sylvester Stallone déjà célébrée avec les 3 premiers Rocky va définitivement asseoir le personnage sur le trône de star mondiale. George Pan Cosmatos, habile artisan de la série B, prend cette fois-ci les reines de cette nouvelle mission axée sur l'action belliqueuse au sein d'une jungle vietnamienne ! Retenu en prison pour cinq ans de travaux forcés, John Rambo est rappelé par le colonel Trautman pour obtenir une éventuelle rémission judiciaire. Pour cela et en guise de preuve, il aura pour mission de prendre des clichés de prisonniers de guerre américains retenus en pleine jungle vietnamienne. Rambo décide contre l'autorité de son supérieur de ramener en vie un otage américain. Dépité, Murdock ordonne d'abroger la mission pour laisser notre héros seul contre les les viêt-công et les alliés russes. 
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Ted Kotcheff avait su nous divertir et émouvoir avec Rambo, modèle du film d'action contemporain exacerbé par le profil aigri d'un ancien vétéran du Vietnam débouté par sa propre patrie. En 1985, fort du succès mondial entrepris avec ce classique du survival musclé, George Pan Cosmatos et ses complices, James Cameron et Sylvester Stallone (attitrés au poste de scénaristes), entreprennent une suite entièrement conçue sur la surenchère guerrière. A titre anecdotique, c'est James Cameron qui écrivit d'abord une première version du scénario à résonance politique avant que Stallone ne le remanie en privilégiant l'action homérique. Le script originel avait d'ailleurs prévu que Trautman et Rambo se retrouvent en interne d'un hôpital psychiatrique et non dans une prison fédéral comme on peut le voir en préambule de l'oeuvre. Cette fois-ci, notre réalisateur déjà responsable d'un excellent film catastrophe (Le Pont de Cassandra) et d'une série B horrifique roublarde (Terreur à Domicile était un modèle d'efficacité) concentre la totalité de son intrigue dans un florilège de bravoures ultra spectaculaires perpétrées par notre (super) héros seul contre tous ! Tout ce qui avait fait jubiler les amateurs d'action débridée dans le dernier quart d'heure de Rambo (un condensé de destruction massive au coeur d'une bourgade ricaine) se retrouve ici condensé en 1h36 de péripéties haletantes et explosions héritées de l'univers de la BD.


D'une intrigue linéaire éludée de surprise (hormis le coup de trafalgard opté par Murdock contre Rambo), George Pan Cosmatos en tire donc un pur film d'action ludique et décérébré. Et cela même s'il fustige une nouvelle fois en toile de fond social son gouvernement américain fraudant des preuves sur l'existence de survivants américains, retenus en otage en pays hostile depuis leur détention au cours des seventies. S'ensuit à un rythme effréné une succession d'évènements trépidants auquel nos antagonistes déployés en masse vont tenter par tous les moyens de capturer Rambo, seul contre tous. Courses-poursuites à pied ou en hélico, mitraillages frénétiques ou coups de flèches destructeurs à embout explosif, torture à l'ancienne sous haut voltage et épuration de villages incendiés à grands coups de roquettes ! Cette fois-ci, notre héros indestructible réduit en machine à tuer est confiné en terrain connu pour s'engager à déclarer une guerre impitoyable contre les preneurs d'otages, tout en réclamant vengeance auprès de son gouvernement, faute d'un leader bureaucrate vénal. A ce titre, le règlement de compte opposant Murdock et Rambo dans le local bureautique s'avère un moment de bravoure orgasmique, de par l'intensité des coups de mitraillettes généreusement déchargées sur les archives administratives !


Handicapé par un scénario improbable multipliant à outrance les affrontements et prises de risques saugrenues, Rambo 2 la mission s'édifie en série B bourrine à l'efficacité certaine. Rondement mené sous le score épique de Jerry Goldsmith et dominé par l'icone virile d'un Stallone plus pugnace que jamais, le divertissement belliciste réussit par miracle à transcender ses lacunes dans une décontraction décérébrée.

Rambo: http://brunomatei.blogspot.com/2011/08/rambo-first-blood.html

27.12.11
Bruno Matéï
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Note: le film restera dans l'histoire du box-office français, ayant été le premier film à passer la barre des 500 000 entrées en 1ère semaine d'exploitation (avec 510 096 entrée pour la capitale de Paris)

vendredi 23 décembre 2011

WARRIOR (Warriors)


De Gavin O'Connor. 2011. U.S.A. 2h20. Avec Tom Hardy, Joel Edgerton, Nick Nolte, Jennifer Morrison, Noah Emmerich, Bryan Callen, Kevin Dunn, Denzel Whitaker, Frank Grillo, Kurt Angle, Jake McLaughlin.

Sortie en salles en France le 14 Septembre 2011. U.S: 9 Septembre 2011

FILMOGRAPHIE: Gavin O'Connor est un réalisateur, producteur, scénariste et acteur américain, né en 1964 à Long Island (New-York). 1994: American Standoff. 1995: Comfortably Numb. 1999: Libre comme le vent. 2001: Murphy's Dozen (TV). 2004: Miracle. Clubhouse (série TV). 2006: The Prince (TV). 2008: Le Prix de la Loyauté. 2011: Warrior


Dans la lignée de Rocky et des "success story" taillées sur mesure sous les projecteurs d'Hollywood, Warrior réussit à proposer un autre film d'action particulièrement intense et riche dans sa description fébrile de deux frères en rivalité puis confrontés à leur père ex- alcoolique depuis leur adolescence. adolescence. Warrior n'est pas un film de boxe à proprement parler car il nous fait partager ici l'activité du "Free Fight". Une discipline de combat complet (ou combat libre) affiliant pugilat et lutte au corps à corps avec coups de pieds, de genou, de coude et de poings assénés contre l'adversaire.
Tommy, jeune marine revient dans son pays pour rejoindre son père et lui proposer de l'entraîner à nouveau pour le championnat du Free Fight. Le frère aîné, Brendan, père de famille et marié à Tess, risque de perdre la propriété de sa maison. En désespoir de cause, il décide lui aussi de reprendre les gants pour pouvoir ainsi payer sa dette bancaire. Un combat pour la survie et la fraternité s'engage entre les deux frères conflictuels.
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Gavin O'Connor, réalisateur jusqu'ici discret et peu reconnu, risque de changer la donne au vu du résultat spectaculaire entrepris avec Warrior afin de retranscrire l'univers aride du combat libre.
Ce nouveau film sportif dédié cette fois-ci à l'activité du Free Fight prend une ampleur insoupçonnée au fil du récit classiquement illustré mais transcendé par les esprits contrariés de frères en perdition habités par la rage de survie. Si Warrior se révèle davantage intense et bouleversant c'est dans le portrait chétif asséné à une famille désunie en quête de rédemption. Ces deux frères au caractère bien distinct mais communément hantés par une requête de reconnaissance, nous émeut avec une dignité dépouillée sans sombrer dans les effets grossiers du pathos. Offensés par un passé inéquitable inscrit sur la rancoeur et la jalousie, faute d'un paternel partial et alcoolique, ils vont finalement s'affronter sur un ring pour régler leur compte personnel et peut-être se pardonner les erreurs d'un mauvais souvenir. Hormis les clichés éculés référencés pour dépeindre une famille martelée par le malheur, l'interprétation magistrale des comédiens transcende les facilités caractérielles dans un poignant humanisme de désespoir. Tandis que la violence aride des nombreux combats chorégraphiés avec réalisme s'extériorisent par les esprit torturés des deux frères envahis par la fougue de combattre pour l'absolution. Le point d'orgue, d'une intensité émotionnelle drastique, nous impose le calvaire de deux guerriers contraints de s'affronter dans l'espoir d'une ultime victoire pour la catharsis de la souffrance morale. Un final dantesque au souffle épique ahurissant dans les corps à corps rugissants, d'autant mieux scandé par un score musical vulnérable.
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Dans le rôle de Tommy, Tom Hardy réussit une fois encore à nous livrer une puissante interprétation dans sa hargne opiniâtre à exécuter des combats physiques d'une rigueur concise. Un boxeur primitif habité par la révolte d'une antécédente bavure militaire et par la rancoeur d'un frère aîné dépendant d'une vie conjugale équilibrée. Joel Edgerton incarne avec espoir désabusée celui du doyen avide de ressouder les liens familiaux afin d'éclipser les amertumes complaisantes et renouer avec la parité fraternelle. En sexagénaire rongé par les années d'alcoolisme, Nick Nolte endosse avec une humanité déchirante un paternel désapprouvé par sa famille, faute d'une autonomie égocentrique. La séquence confinée dans une chambre d'hôtel auquel il décide de se morfondre à nouveau dans l'alcool parmi le témoignage de Tommy exacerbe une déchéance suicidaire pitoyable.


Mené à un rythme alerte et pourvu d'un souffle épique incisif découlant des corps brutalisés par les combats, Warrior est de prime abord le portrait tourmenté d'une famille désunie par l'esprit de rancoeur et de l'égoïsme. Magnifiquement interprété par des comédiens transis de virilité, ce récit simple mais transgressé par ces personnages en quête d'amour parental a su parfaitement affilier action spectaculaire et drame humaniste. Une épopée aussi sensible que furieusement sauvage en interne de l'arène du sport mais inscrit dans la loyauté, retrouvant par la même occasion le lyrisme cher aux classiques du genre dont Rocky se porte en étendard.

Dédicace à Olivier Delaby
23.12.11
Bruno Matéï


mercredi 21 décembre 2011

GONE BABY GONE


de Ben Affleck. 2009. U.S.A. 1h54. Avec Morgan Freeman, Casey Affleck, Michelle Monaghan, Ed Harris, Robert Wahlberg, Amy Madigan, Amy Ryan, Michael K. Williams, Edi Cathegi, John Ashton.

Sortie en salles en France le 26 Décembre 2007. U.S: 19 Octobre 2007

FILMOGRAPHIE: Benjamin Geza Affleck, dit Ben Affleck est un acteur, réalisateur, scénariste et producteur américain, né le 15 Août 1972 à Berkeley en Californie.
2007: Gone Baby Gone
2010: The Town
2012: Argo

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Dieu s'adressant à ses disciples: "Je vous envoie comme des agneaux au milieux des loups. Soyez rusé comme un serpent et pur comme une colombe."
Acteur peu confirmé souvent superficiel, Ben Affleck s'attelle toutefois à la réalisation en 2007 avec un premier long-métrage, Gone Baby Gone, d'après un roman de Dennis Lehane. Clint Eastwood avait d'ailleurs emprunté 5 ans au préalable l'un des récits du romancier pour concrétiser son bouleversant Mystic River. Malgré un succès mitigé au box-office, ce polar glauque enrichi sa densité au fil d'un scénario machiavélique traitant de l'enfance galvaudée.

Dans une petite ville de Boston, une fillette de 4 ans disparaît sans laisser de traces. La mère engage deux détectives privés pour tenter de la retrouver saine et sauve. Après 3 jours d'investigation, les chances s'amenuisent tandis qu'un peu plus tard un autre enfant, un garçonnet de banlieue, est à son tour porté disparu. 


Conçu comme une enquête policière de prime abord tristement banale mais particulièrement vénale pour disséquer la vérité d'une disparition infantile inexpliquée, Gone Baby Gone attise l'inquiétude déconcertée au fil de son canevas tortueux. Il nous confine dans une contrée bucolique de Boston où les quidams marginaux, drogués et flicards corrompus s'entrecroisent dans un univers insidieux alors qu'une mère de famille junkie semble désintéressée de l'absence de sa fillette kidnappée.
Avec la verve perspicace d'un duo de jeunes détectives, leur cheminement nous entraîne dans une succession d'évènements délétères particulièrement glauques et sordides. En effet, rien de plus dérangeant et intolérable que de se confronter à la mort d'un enfant et de ses responsables tortionnaires capables de commettre le pire des crimes en guise de cupidité.
Mais l'improbabilité est encore à encourir pour nos protagonistes avides de justice quand le fantôme d'Amanda refait finalement surface. Un exutoire impondérable qui va nous permettre de réévaluer les consciences perverties, les âmes endeuillées ou les esprits torturés par la déchéance de l'enfance assujettie.

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Ben Affleck brosse ici un tableau licencieux sur la responsabilité parentale quand les géniteurs sont incapables d'assumer leur devoir d'inculcation et d'affection pour l'équilibre d'un bambin. Il nous questionne sur la déontologie professionnelle quand des hommes sans vergogne décident de bafouer les règles pour sauver la postérité d'un enfant innocent. Quel avenir précaire est envisagé quand un gamin livré à lui même depuis sa naissance dans un climat sordide est destiné à survivre et réitérer les mêmes erreurs que ces géniteurs ?
Mais à travers le comportement drastique d'un détective convaincu de son code d'honneur et d'une justice équitable, le réalisateur cherche à nous interroger sur les conséquences potentiellement dramatiques qu'un enfant maltraité pourrait encourir pour sa future destinée.
Il remet en question notre doctrine morale et souveraine de protéger et éduquer l'enfant candide inscrit dans la pureté de l'ignorance avec une légitime décence.
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Dominé par la sobre prestance de Casey Affleck, étonnant dans un rôle austère d'homme engagé dans l'honneur et d'une brochette d'illustres acteurs (Morgan Freeman en retraité dépité et Ed Harris en flic frondeur), Gone Bay Gone doit sa puissance émotionnelle grâce à la densité de ses personnages fébriles et d'un suspense machiavélique. Structuré avec parcimonie pour accentuer son intrigue implacable et baignant dans une ambiance glauque parfois malsaine, il culmine son point d'orgue dans un épilogue renversant littéralement bouleversant. Cette révélation inopinée nous permet de reconsidérer une justice équitable et nous dresse un constat équivoque, une ambivalence sur notre idéologie à expertiser la notion morale du bien et du mal.
Une oeuvre puissante et cérébrale qui donne à réfléchir sur notre revendication d'élever et discipliner un enfant.

21.12.11
Bruno Matéï

TOP 13, 2011 !

Numéro 1:
http://brunomatei.blogspot.com/2011/05/la-solitude-des-nombres-premiers.html


Numéro 2:
http://brunomatei.blogspot.com/2011/11/la-guerre-est-declaree-grand-prix.html


Numéro 3: 


Dans le désordre: 


http://brunomatei.blogspot.com/2011/07/balada-triste-balada-triste-de-trompeta.html


http://brunomatei.blogspot.com/2011/12/la-piel-que-habito.html


http://brunomatei.blogspot.com/2011/02/black-swan.html


http://brunomatei.blogspot.com/2011/12/mothers-day.html


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http://brunomatei.blogspot.com/2011/10/territoires.html


http://brunomatei.blogspot.com/2011/07/woman.html


http://brunomatei.blogspot.com/2011/12/intouchables.html





lundi 19 décembre 2011

INTOUCHABLES


de Eric Toledano et Olivier Nakache. 2011. France. 1h52. Avec François Cluzet, Omar Sy, Anne Le Ny, Audrey Fleurot, Clothilde Mollet, Alba Gaia Bellugi, Cyril Mendy, Christian Ameri, Marie-Laure Descoureaux.

Sortie en salle en France le 2 Novembre 2011.
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FILMOGRAPHIE: Olivier Nakache est un réalisateur, scénariste et acteur français, né à Suresnes le 14 Avril 1973. Il travaille souvent en coréalisation avec Eric Toledano. Il est le frère de l'actrice Géraldine Nakache.
Eric Tolédano est un réalisateur, scénariste, acteur et dialoguiste français né le 3 juillet 1971 à Paris. Il travaille régulièrement avec Olivier Nakache sur l'écriture et la réalisation de longs-métrages.
2005: Je préfère qu'on reste amis... 2006: Nos jours heureux. 2009: Tellement proches. 2011: Intouchables. 2014: Samba. 
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D'après l'histoire vraie d'une étonnante amitié entre un tétraplégique (Philippe Pozzo di Borgo) et un black de banlieue, Intouchables est le succès surprise de cette fin d'année 2011. Une bouffée d'air frais dans la confrontation du choc des cultures et des générations réalisée sans pathos pour la caractérisation émise à un handicapé en berne. Une oeuvre sensible tenant du miracle car unifiant notamment sans préjugé les classes sociales contradictoires. Pour continuer de toucher les assedics, un jeune banlieusard, repris de justice, postule pour un emploi d'aide à domicile chez un tétraplégique aristocrate. Leur relation au départ intempestive va aboutir à une complicité amicale indétrônable. 
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Conçu dans le moule de la comédie familiale tous publics, Intouchables avait de quoi laisser perplexe les allergiques aux produits franchouillards pullulant systématiquement sur nos écrans chaque mercredi de l'année. D'autant plus que cet énorme succès surprise que personne n'attendait concoure aujourd'hui pour transcender les chiffres d'affaires démesurés d'un autre succès antinomique, Bienvenu chez les Ch'tis. Si je peux me permettre de rassurer les réfractaires à la comédie nordiste de Danny Boon, Intouchables n'est en rien une comédie franchouillarde comme on en voit trop régulièrement dans notre paysage hexagonal. Cette union amicale entre un tétraplégique rupin et un banlieusard marginal réussissant sans peine à provoquer les éclats de rire incontrôlés et la tendresse dans un subtil alliage de situations jamais redondantes où les réparties fusent. Si Omar Sy doit énormément au potentiel comique de ces facéties dans sa spontanéité désinvolte, nos deux réalisateurs n'oublient pas pour autant de nous conter une poignante histoire d'amitié d'une riche dimension humaine. En confrontant le choc des cultures aux générations distinctes, leur complicité impromptue tend à unifier, rassembler les mentalités divisées par leur classe sociale. Avec l'aisance naturelle d'un banlieusard flâneur dénué d'ambition mais soudainement compromis à épauler le quotidien d'un handicapé, Intouchables démontre sous l'alibi humoristique notre frêle manière d'appréhender le malade voué à une grave déficience physique. Mais avec l'indifférence de Driss, jeune délinquant issue d'une famille miséreuse et vivant dans un climat d'insécurité déprimant, sa condition précaire imposée depuis l'enfance va lui éveiller la conscience face à la condition grabataire d'un aristocrate collectionneur de peinture. Par l'échange du loisir (la musique classique confrontée à la funk et au disco), de la communication, le respect d'autrui et par l'éducation parentale (le jeune frère de Driss est un rouleur de mécanique sur la corde raide tandis que la fille de Philippe est inversement une potiche capricieuse et impertinente), leurs péripéties insouciantes vont favorablement équilibrer leur existence commune.


Si l'interprétation perfectible d'Omar Sy souffre parfois d'une once de justesse dans ses tribulations délurées, l'acteur ne manque pas d'atout à nous insuffler sa bonhomie et sa soif de vie sans excès rébarbatif lors de ses réparties impayables. Son show de taquineries et pitreries imparties à Philippe réussissant à provoquer le rire sans verser dans la gaudriole. Secondé par François Cluzet, il réussit admirablement à éluder la complaisance dans sa condition austère de paraplégique renouant avec la vivacité existentielle (l'envolée lyrique en delta plane et une bouffée d'air frais exaltante !). L'empathie que l'on éprouve envers son lourd handicap n'est jamais outrancière car elle nous inculque avec subtilité l'intelligence de ne jamais s'apitoyer sur son sort.


Mené à un rythme effréné et servi par un duo aussi irrésistible qu'inattendu, Intouchables est LA comédie surprise de l'année ! Un antidépresseur radical dans sa philosophie à nous rappeler que la vie est une denrée précieuse qu'il faut savoir entretenir quelque soit nos contraintes imposées par l'infortune. L'abatage d'Omar Sy en pleine reconnaissance et la prestance autrement flegme de François Cluzet réussissant à nous séduire et attendrir sans misérabilisme ni mièvrerie. Hymne à la vie, ode aux valeurs de l'amitié, Intouchables scande l'euphorie de l'éclat de rire avant de nous ébranler lors d'un épilogue humble, car transcendant l'amitié cordiale entre deux acolytes inséparables. Son succès n'est cette fois-ci en rien prohibé et mérite toutes les louanges dithyrambiques, notamment grâce à sa dignité humaine et à sa tolérance impartie aux mentalités contraires. 

Dédicace à Philippe Astruc.
19.12.11
Bruno Matéï

Note: le générique de fin indique que 5% des bénéfices réalisés par le film sont reversés à une association pour les personnes paralysées: Simon de Cyrène, fondée par Laurent de Cherisey.

jeudi 15 décembre 2011

DRIVE. Prix de la mise en scène, Cannes 2011.


de Nicolas Winding Refn. 2011. 1h35. Avec Ryan Gosling, Carey Mulligan, Albert Brooks, Bryan Cranston, Ron Perlman, Oscar Isaac, Christina Hendricks, Cesar Garcia, Tiara Parker, Christian Cage.

Récompense: Prix de la Mise en scène à Cannes 2011.

Sortie en salles en France le 5 Octobre 2011. U.S: 16 Septembre 2011.

FILMOGRAPHIE: Nicolas Winding Refn est un scénariste, réalisateur, producteur et acteur danois, né le 29 septembre 1970 à Coppenhague (Danemark).
1996: Pusher. 1999: Bleeder. 2003: Inside Job. 2004: Pusher 2. 2005: Pusher 3. 2008: Marple - Nemesis (télé-film). 2009: Bronson. 2010: Valhalla Rising. 2011: Drive. 2012: Only God Forgives.


D'après un roman de James Sallis, le nouveau film du réalisateur prodige Nicolas Winding Refn est un polar stylisé, hypnotique et laconique, transcendant le stade de commande pour s'épanouir dans une errance sentimentale en apesanteur. A titre subsidiaire, Neil Marshall était désigné pour le réaliser alors que Hugh Jackman devait endosser le rôle du chauffeur de nuit. Un chauffeur de braqueurs, cascadeur pour le cinéma, tombe subitement amoureux de sa voisine de palier, Irène. Son mari, repris de justice à peine sorti de prison, est contraint de perpétrer un nouveau braquage pour le compte de mafieux sans vergogne. L'opération tourne mal et le Driver qui s'était porté assistance décide par amour de secourir Irène et son jeune fils en traquant un à un les responsables du meurtre de son défunt. 


Encensé par la critique et auréolé du Prix de la mise en scène sur la croisette cannoise, Drive a su surprendre et conquérir une majorité du public alors que sa simplicité narrative aurait pu faire chavirer l'entreprise vers une banale série B superficielle. Le préambule, saisissant de virtuosité concise, évoque irrémédiablement une réminiscence envers le magnifique Driver de Walter Hill dans une séquence similaire de course-poursuite menée à travers la ville de Los Angeles, mais aussi dans le profil mutique octroyé à l 'anti-héro transi de flegme. Cascadeur pour le cinéma le jour et chauffeur de braqueurs la nuit, le Driver s'imprègne de son propre univers tentaculaire à travers l'ambiance urbaine d'une ville constellée (façon Michael Mann ou Friedkin pour l'esthétique léchée de teintes orangers et azurs). Son professionnalisme pour la conduite de véhicules clinquants et sa droiture de solitaire inflexible, illégalement complice d'actions frauduleuses, captive le spectateur par son icone de blouson argenté estampillé d'un scorpion. C'est en portant assistance à un ancien repris de justice et par amour pour une jeune voisine inflençable que sa destinée routinière va adopter un tournant mortuaire. Le chauffeur sans nom et sans famille se trouve subitement épris d'un amour fusionnel. Mais ce versant amoureux insoluble, imposé par deux amoureux fébriles, compromis par l'esprit vindicatif et l'illégitime défense, va inévitablement transformer notre anti-héros en ange exterminateur (le masque iconique d'un visage blême va renforcer sa déchéance inhumaine déployée avec une haine irraisonnée).


Si Drive fascine et hypnotise de façon désincarnée et contemplative, il le doit au privilège de sa bande-son électrisante héritée de l'ambiance nostalgique des années 80 ainsi qu'à sa mise en scène perfectionniste multipliant les plans alambiqués ou insolites (son prix méritoire à Cannes est une humble récompense). Mais il culmine surtout son pouvoir attractif grâce à l'incarnation d'un acteur discret endossé par Ryan Gosling (ancien danseur, compositeur, musicien mais également chanteur et guitariste du groupe Dead Man's Bones). Un personnage placide au magnétisme infaillible dans la peau du marginal éperdument amoureux d'une frêle inconnue (incarnée par la gracieuse Carey Mulligan) mais s'engageant vers une spirale meurtrière irréversible. Le pouvoir d'attraction éprouvé durant son périple nocturne traversé d'éclairs de violence funèbres oriente finalement son attrait dans une idylle suave à l'onirisme crépusculaire. Le scénario linéaire et sans surprise transcende donc sa précarité par une mise en scène flamboyante sublimant la notion de silence lattent, le calme elliptique de comportements meurtris pour ainsi mieux valoriser le tourment mélancolique. Il accorde une intense dimension humaine dans les conséquences dramatiques imparties aux personnages austères enracinés dans des vicissitudes fielleuses. A travers cette romance aléatoire d'un chauffeur clandestin et d'une veuve en berne, Drive épouse leur désespoir et contrariété entre lyrisme enchanteur et violence consumée.


Illuminé d'une pop rock enfiévrée, émaillé de plages de non-dits engagées dans le lyrisme, Drive s'achemine en odyssée romanesque jusqu'au tréfonds de l'obscurité. Une histoire d'amour en apesanteur camouflée en polar baroque afin d'établir le portrait fantasmagorique d'un Driver contaminé par l'essence amoureuse. Magnifiquement trouble et formellement enivrant, cet ovni stylisé hante les esprits pour laisser en mémoire une oeuvre tragique, ultra violente, transcendée par l'aura obsédante d'une tendresse éthérée. 

19.12.11
Bruno Matéï





INTRUDER


de Scott Spiegel. 1989. U.S.A. 1h28. Avec Elisabeth Cox, Dan Hicks, Renne Estevez, Sam Raimi, Bruce Campbell, Ted Raimi, Craig Stark.

FILMOGRAPHIE: Scott Spiegel est un réalisateur, acteur, scénariste et producteur américain, né le 24 Décembre 1957 à Walnut Lake, Michigan.
1989: Intruder
1999: Une Nuit en Enfer 2
2004: My Name is Modesty
2008: Spring Break '83


Une caméra inventive multipliant les cadrages alambiqués, un cadre original et 2/3 meurtres sympathiquement gore ne font pas un bon film. 
Aucune gestion de suspense, aucune ambiance anxiogène habilement distillée, des acteurs amateurs risibles, pas une once de frayeur à l'horizon, une succession de situations archi rebattues, un final ridicule dont une révélation du meurtrier proprement grotesque.
Me suis endormi à 1H05 de métrage. Je ne le reverrais plus et je comprends pourquoi je n'ai jamais été tenté de le voir à l'époque ! (une bonne intuition si je puis dire).




Un supermarché ferme ses portes pour la journée et les employés apprennent peu de temps après qu'ils vont se retrouver au chômage car le magasin a été racheté. C'est à ce moment là qu'un ex petit- ami de l'une des employées refait surface. Son attitude violente inquiète le personnel,qui se retrouve assassiné dans des conditions atroces.