Sortie en salles en France: 1er Décembre 2011. U.S: le 01 Avril 2011. Interdit au - de 12 ans avec avertissement !
FILMOGRAPHIE: James Gunn est un réalisateur, scénariste, acteur, producteur et directeur de photo, né le 5 Août 1970 à Saint Louis, dans le Missouri (Etats-Unis).
2006: Horribilis
2010: Super
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Dans la lignée de Kick-ass et Defendor, le second film de James Gunn décapite le mythe du super-héros dans un concentré de dérision parodique et de gore trash sur fond de détresse sociale. Ou comment un citoyen lambda muni d'une clef à molette va reconquérir la femme de sa vie en se créant l'iconographie d'un personnage influencé par l'univers de la BD ! Frank d'Arbo est un homme sans histoire marié à une ravissante épouse, Sarah. Ancienne toxicomane, celle-ci replonge dans ses illusions psychotropes sous l'influence perfide de Jacques, grand dealer du quartier. Fou de douleur et de désespoir, Frank décide de s'investir d'une mission divine en éradiquant tous les délinquants de son quartier. Pour cela, il décide de se façonner une combinaison de super-héros afin de devenir "éclair cramoisi" !
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Avec un budget modeste, l'apparition d'aimables guest-stars mais aussi d'illustres comĂ©diens compromis dans le politiquement incorrect, James Gunn reprend les thĂ©matiques de l'Ă©bouriffant Kick-Ass pour nous conjuguer un divertissement hybride juxtaposant les genres, entre rĂ©alisme sordide et fiction dĂ©bridĂ©e. Pour les non avertis, les ligues familiales et les ados fragilisĂ©s pourront plus ou moins ĂȘtre rebutĂ©s, voir dĂ©sarçonnĂ©s par ce concentrĂ© de dĂ©lire trash repoussant les limites du mauvais goĂ»t. Dans un esprit Tromaville de sa meilleure cuvĂ©e (apparition Ă©clair de Lloyd Kaufman !), ce profil pathĂ©tique d'un loser sans ambition mais profondĂ©ment Ă©pris d'affection pour son ex dulcinĂ©e ne cesse d'osciller les genres avec une dĂ©contraction pouvant parfois prĂȘter Ă confusion.
L'intention caustique du rĂ©alisateur Ă©tant de nous surprendre et de nous dĂ©stabiliser au grĂ© de situations subversives, entre rire grinçant, malaise social et dĂ©lire sardonique. Le scĂ©nario amusant nous Ă©labore une succession d'Ă©vĂšnements hilarants et trĂ©pidants et accentue son intĂ©rĂȘt dans la dimension psychologique du personnage principal. Avec la caractĂ©risation profondĂ©ment humaine et dĂ©sespĂ©rĂ©e d'un quidam paumĂ©, abdiquĂ© par la marginalitĂ© de sa femme, Frank dĂ©cide de s'inventer une nouvelle identitĂ© par l'entremise d'un super-hĂ©ros influencĂ© par les rĂ©cits de bandes dessinĂ©es. Ne dĂ©tenant pas de facultĂ©s surhumaines ou surnaturelles, cet individu au physique peu avantageux dĂ©cide de se munir d'une clĂ© Ă molette pour combattre la dĂ©linquance des quartiers dĂ©favorisĂ©s. Mais la mission de "Ă©clair cramoisi" est avant tout destinĂ©e Ă daigner sauver la vie de son Ă©pouse, Susan, ancienne toxicomane aujourd'hui reconvertie dans la drogue par l'influence d'un dealer perfide. Avec autoritĂ© souveraine et rage vindicative, Frank n'hĂ©site pas Ă fracasser la tĂȘte des dĂ©linquants vĂ©reux sans une once d'indulgence et devant le tĂ©moignage de badauds mĂ©dusĂ©s. Mais bientĂŽt, il est Ă©paulĂ© par une jeune commerçante de 22 ans, responsable d'une boutique de bandes dessinĂ©es, utopiste dans l'Ăąme de combattre le crime avec une inconscience suicidaire.
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Les aventures improbables de nos deux paumĂ©s s'illustrent aveuglement dans un esprit corrosif de violence grand guignolesque, d'action intrĂ©pide et de tragĂ©die existentielle en quĂȘte d'amour. Dans la peau du vengeur masquĂ©, Rainn Wilson (Juno) endosse avec une poignante humanitĂ© le portrait dĂ©sespĂ©rĂ© d'un quidam esseulĂ©, en quĂȘte perpĂ©tuelle d'un sens divin Ă sa condition victimisĂ©e. Un ĂȘtre chĂ©tif incapable de transcender ses peurs et son inhibition pour faire face Ă une sociĂ©tĂ© individualiste. Son acolyte Libby, interprĂ©tĂ©e par l'Ă©lĂ©gance nature d'Ellen Page, offre une prestation indocile irrĂ©sistible de naĂŻvetĂ© infantile (ne pas rater sa dĂ©monstration musclĂ©e pour convaincre Frank de son agilitĂ© Ă s'investir d'une mission hĂ©roĂŻque). Mais son insouciance irresponsable de se convertir en vengeresse sanguinaire risque d'en calmer plus d'un dans sa fatale destinĂ©e noyĂ©e d'une vaine utopie. L'excellent Kevin Bacon s'avĂšre exĂ©crable dans celui du dealer orgueilleux dĂ©libĂ©rĂ© Ă endoctriner une ancienne junkie incarnĂ©e par la ravissante Liv Tyler. Une comĂ©dienne qu'on aimerait voir plus souvent Ă l'affiche tant elle retransmet avec une empathique mĂ©lancolie le profil galvaudĂ© d'une Ă©pouse Ă©prouvĂ©e par l'accoutumance de la drogue.
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Les héros ne portent pas de costard.
Sous couvert d'un divertissement Ă©chevelĂ© et dĂ©calĂ©, Super illustre surtout le portrait pathĂ©tique de deux individus solitaires avides de reconnaissance et d'affection amoureuse dans leur identitĂ© feutrĂ©e. A grand renfort de pĂ©ripĂ©ties endiablĂ©es et prises de risque inconsidĂ©rĂ©es, leur crise existentielle nous Ă©prouve quelque part et nous Ă©meut dans leur cheminement de perdition, jusqu'Ă nous invoquer la gĂȘne par le rĂ©alisme tranchant de leurs activitĂ©s borderlines. L'Ă©pilogue poignant, renouant avec la quotidiennetĂ© de notre (faux) hĂ©ros, conscient d'avoir converti sans bravoure la vie d'une ancienne idylle, risque d'en chavirer plus d'un !
A réserver à un public averti.
06.12.11
Bruno Matéï
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Ci-dessous, la critique de Luke Mars:
http://darkdeadlydreamer.blogspot.com/2011/12/super-de-james-gunn-2010.html?showComment=1323328317291#c4409509024782582975





Critique tout simplement impériale... je viens de le voir et je suis (une fois de plus) totalement d'accord avec toi.
RépondreSupprimerJe m'attendais pas à ce traitement d'ailleurs, on m'avait vendu SUPER comme un KICK ASS plus couillu, mais le film va beaucoup plus loin dans le réalisme social.Ma critique viendra dans quelques jours, le temps que je digÚre!
Merci Luke. Certaines scÚne m'ont vraiment provoqué un malaise tangible.
RépondreSupprimertu dis que je parle pour toi mister bru,mais la,critique imperiale!sté.
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