vendredi 19 février 2016

MASSACRE AU CAMP D'ETE

                                                            Photo empruntée sur Google, appartenant au site contrebandevhs.blogspot.fr

"Sleepaway Camp" de Robert Hiltzik. 1983. U.S.A. 1h24. Avec Felissa Rose, Jonathan Tiersten,
Karen Fields, Christopher Collet, Mike Kellin, Katherine Kamhi, Paul DeAngelo, Tom Van Dell.

Sortie salles U.S: 18 Novembre 1983

FILMOGRAPHIE: Robert Hiltzik est un producteur, scénariste et réalisateur américain.
1983: Massacre au camp d'été. 2008: Return to Sleepaway Camp (Video) .


Précédé d'une réputation sulfureuse pour la révélation traumatique du meurtrier lors d'un dénouement resté dans toutes les mémoires, Massacre au camp d'été surfe sur la vague déferlante du Slasher forestier initié par Vendredi 13. Bien que sa conclusion aussi originale qu'effrayante parvient réellement à susciter un malaise tangible, Massacre au camp d'été fait pâle figure comparé à son modèle et ses disciples beaucoup plus ludiques et maîtrisés (Carnage, Humongous, Survivance, Rituals). En dépit d'idées plutôt originales pour le genre (le trouble identitaire chez un refoulé sexuel et l'homosexualité suggérée chez certains suppléants autoritaires), l'intrigue peine à motiver notre intérêt tant les situations éculées sont paresseusement exploitées autour des humiliations quotidiennes d'une souffre-douleur autrefois traumatisée par la mort accidentelle de son père. Depuis ses persécutions, ses oppresseurs vont un à un faire les frais d'un mystérieux meurtrier multipliant les stratégies afin de les trucider de la manière la plus cruelle.


Sans une once de suspense ou de tension et sans chercher à nous interroger sur l'éventuelle culpabilité d'un ou de plusieurs suspects, Robert Hiltzik émaille son récit de mises à mort gentiment spectaculaires mais désamorcées du hors-champ si on épargne un meurtre à l'arme blanche assez grotesque quand on se réfère à la posture inexpressive de la victime. Privilégiant la résultante du crime, le réalisateur réussit tout de même à provoquer une certaine répulsion lorsqu'un cuisinier s'ébouillante le visage avec une marmite et quand un ado se retrouve coincé dans les WC pour s'opposer à un essaim d'abeilles. Au faible intérêt narratif où l'on peine notamment à distinguer le caractère puéril de chaque personnage, le réalisateur n'épargne pas non plus le ridicule lorsque le moniteur du camp est persuadé que le fidèle ami d'Angela constitue le véritable meurtrier. Multipliant les outrances physiques et verbales, Mike Kellin (l'alcoolo entrevu dans le prologue de Survivance) fait preuve d'un cabotinage grotesque à tenter de nous convaincre que cet éventuel suspect serait à l'origine des méfaits. Difficile donc d'éprouver une quelconque empathie à cette clique de vacanciers passant leur temps à batifoler et flirter quand il ne s'agit pas de se gausser d'Angela. Souvent mutique et prostrée dans une lassante expression d'apathie, Felissa Rose parvient aussi timidement à éveiller la compassion dans son statut infortuné.


Faute d'une réalisation aseptique, d'un scénario redondant et d'une direction d'acteurs maladroite, Massacre au camp d'été ne parvient pas à captiver par son absence flagrante de suspense et de tension, et ce en dépit du contexte singulier imparti à la pathologie de l'assassin. Néanmoins, avec une grande indulgence, on peut juger le spectacle futilement plaisant avant de se confronter à l'horreur viscérale de sa conclusion perturbante. Rien que pour ce moment d'anthologie, Massacre au camp d'été mérite tout de même le coup d'oeil. 

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