vendredi 20 septembre 2024

La Montagne du Dieu Cannibale / La montagna del dio cannibale

                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant Ă  Mauvaisgenres

de Sergio Martino. 1978. Italie. 1h42. Avec Ursula Andress, Stacy Keach, Claudio Cassinelli, Antonio Marsina, Franco Fantasia, Lanfranco Spinola, Carlo Longhi.

Sortie salles France: 12 Juillet 1978. Italie: 10 Août 1978

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Sergio Martino est un réalisateur, producteur et scénariste italien né le 19 Juillet 1938 à Rome (Italie). 1970: l'Amérique à nu. Arizona se déchaine. 1971: l'Etrange vice de Mme Wardh. La Queue du Scorpion. l'Alliance Invisible. 1973: Mademoiselle Cuisses longues. 1973: Torso. 1975: Le Parfum du Diable. 1977: Mannaja, l'homme à la hache. 1978: La Montagne du Dieu Cannibale. 1979: Le Continent des Hommes poissons. Le Grand Alligator. 1982: Crimes au cimetière étrusque. 1983: 2019, Après la Chute de New-York. 1986: Atomic Cyborg. 1989: Casablanca Express. 1990: Mal d'Africa. Sulle tracce del condor.


Quel bonheur de renouer avec un film d'aventures pour adultes en tenant compte qui plus est de son potentiel qualitatif n'ayant pas pris une ride ! 
Car si on dĂ©plore malheureusement ses abjectes snufs animaliers (imposĂ©s par les distributeurs) que l'on Ă©lude grâce Ă  l'avance rapide de notre tĂ©lĂ©commande (Ă  quand une version censurĂ©e obstruant toutes ses sĂ©quences animalières littĂ©ralement Ă  vomir ?), la Montagne du Dieu cannibale est probablement l'une des meilleures rĂ©alisations de Sergio Martino (L'Étrange Vice de madame Wardh, Torso, la Queue du Scorpion, le Continent des Hommes poissons, 2019 après la chute de New-York, Atomic Cyborg). Un habile faiseur conjuguant le film de jungle, façon Tarzan, avec le film de cannibale (pour son final horrifiant Ă©maillĂ© de dĂ©gueulasseries) ayant inondĂ© nos Ă©crans entre la fin des annĂ©es 70 et l'orĂ©e des annĂ©es 80. Et donc, on pourrait presque parler de modèle d'efficacitĂ© Ă  travers ce rĂ©cit d'aventure prĂ©visible pour autant semĂ© d'Ă©vènements impromptus, incidents, agressions animales et rencontres tribales afin de relancer l'action dissĂ©minĂ©e Ă  juste dose. Une histoire simple parfaitement structurĂ©e, d'autant mieux subordonnĂ©e aux rĂ©actions des personnages conflictuels nous dĂ©voilant au compte goutte leur passĂ© (parfois torturĂ©). Sans compter un rebondissement plutĂ´t bien amenĂ© en reconsidĂ©rant la moralitĂ© d'un personnage. Notre groupe d'aventuriers Ă©tant parti Ă  la recherche d'un Ă©poux disparu en plein enfer vert. Et puis quel casting ! Stacy Keach, Ursula Andress (carrĂ©ment nue par moments jusqu'Ă  son apparence finale particulièrement iconique !) s'entourant de seconds-rĂ´les aussi sobrement expressifs, une fois n'est pas coutume, Claudio Cassinelli en tĂŞte en mercenaire Ă©colo contrairement bienveillant. Si bien que l'on est loin des charismes bovins que nos chères sĂ©ries Z transalpines ont souvent recrutĂ© sans se soucier de leur Ă©ventuel talent (oral/gestuel). 


Car il faut bien l'avouer, on ne s'ennuie jamais dans ce pĂ©riple exotique faisant la part belle Ă  une imagerie naturelle absolument dĂ©paysante tant on a l'impression de voyager Ă  l'Ă©tranger de l'intĂ©rieur notre salon sous l'impulsion de la mĂ©lodie tranquille du duo Guido De Angelis / Maurizio De Angelis dans toutes les oreilles. Sergio Martino exploitant Ă  merveille sa vĂ©gĂ©tation sauvage ramifiĂ©e (tournĂ©e au Sri Lanka et en Malaisie ! CarrĂ©ment oui), notamment auprès de cascades sauvages que nos hĂ©ros arpentent la mâchoire crispĂ©e (avec un p'tit soupçon de DĂ©livrance, notamment pour la lâchetĂ© d'un protagoniste). Et puis que dire de ce final en apothĂ©ose, une ultime demi-heure bifurquant vers le pur trip horrifique proprement dĂ©gueulbif si bien qu'il fut d'ailleurs estampillĂ© Outre-manche "Video Nasty". A savoir le film de cannibales viscĂ©ral avec ce que cela sous-entend de sĂ©quences rĂ©pulsives, Ă  l'instar d'une Ă©masculation filmĂ©e en plan serrĂ©, de perforations corporelles, d'un corps Ă©ventrĂ© pour ĂŞtre libĂ©rĂ© de ses entrailles que les cannibales mastiquent goulument ou encore de ce dĂ©jeuner insensĂ© Ă  base de reptiles faisandĂ©s que ceux-ci dĂ©vorent tel des affamĂ©s. Et puis il y a cette sĂ©quence insensĂ©e absolument terrifiante de rĂ©alisme lorsqu'un immense Boa s'en prend Ă  Ursula Andress pour l'entourer de sa queue afin de mieux l'Ă©touffer. Quand bien mĂŞme ses partenaires tentent fĂ©brilement de la dĂ©livrer de ses entraves avec stoĂŻcitĂ© dĂ©sespĂ©rĂ©e. Une sĂ©quence hallucinĂ©e magnifiquement mise en scène surfant avec le Mondo que Roar ou encore le dĂ©mentiel les BĂŞtes fĂ©roces attaquent exploiteront Ă  nouveau plus tard Ă  l'Ă©cran. 


Les Risques de l'Aventure. 
Un excellent film d'aventures horrifiques donc, à réserver évidemment aux initiés pour son aura malsaine infréquentable, notamment auprès de l'horreur pure instaurée lors de sa dernière partie aussi haletante que génialement répugnante. Quant aux snufs-animaliers, il serait préférable à l'avenir que le spectateur ait le choix d'opter pour une version expurgée. C'en est même un cri d'alarme que je lance désespérément auprès de nos éditeurs attitrés.

*Bruno
2èx. Vostrf

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