vendredi 22 avril 2011

Scream 4

                        
de Wes Craven. 2011. U.S.A. 1h50. Avec Neve Campbell, David Arquette, Courteney Cox, Emma Roberts, Hayden Panettiere, Anthony Anderson, Alison Brie, Adam Brody, Rory Culkin, Marielle Jaffe.

Sortie salles France: 13 Avril 2011

FILMOGRAPHIE: Wesley Earl "Wes" Craven est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste, producteur, acteur et monteur nĂ© le 2 Aout 1939 Ă  Cleveland dans l'Ohio. 1972: La Dernière maison sur la gauche, 1977: La Colline a des yeux, 1978: The Evolution of Snuff (documentaire), 1981: La Ferme de la Terreur, 1982: La CrĂ©ature du marais, 1984: Les Griffes de la nuit, 1985: La Colline a des yeux 2, 1986: l'Amie mortelle, 1988: l'Emprise des TĂ©nèbres, 1989: Schocker, 1991: Le Sous-sol de la peur, 1994: Freddy sort de la nuit, 1995: Un Vampire Ă  brooklyn, 1996: Scream, 1997: Scream 2, 1999: la Musique de mon coeur, 2000: Scream 3, 2005: Cursed, 2005: Red eye, 2006: Paris, je t'aime (segment), 2010: My soul to take, 2011: Scream 4.

                                     

Après s'ĂŞtre jurĂ© de ne plus rempiler pour un 4è volet, il eut fallu attendre 10 ans pour que Wes Craven rĂ©ponde prĂ©sent avec son compère Kevin Williamson afin de façonner une nouvelle suite Ă  sa fameuse trilogie, Scream

Synopsis: Dix ans après les terribles Ă©vènements du tueur masquĂ© qui auront coĂ»tĂ© la vie Ă  plusieurs adolescents, Sydney Prescott revient dans sa contrĂ©e natale, Woodsboro, pour l'inauguration de son livre autobiographique dans une bibliothèque sous les feux de projecteur. Soudain, la police dĂ©crĂ©tĂ©e par son ami Dewey fait irruption devant l'assemblĂ©e pour leur annoncer que Ghostface a encore frappĂ© chez deux adolescentes retrouvĂ©es sauvagement assassinĂ©es. Le cauchemar ancestral de Sydney refait soudainement surface car la terreur est revenue Ă  Woodsboro ! 

                                 

A l'instar des prĂ©cĂ©dents volets, Scream 4 entre de plein pied dans le vif du sujet et nous assène un prĂ©ambule en trois actes savoureusement sardoniques, ludiques, rĂ©fĂ©rentiels dans son malicieux dosage des genres et de la devise du "ouh, fais moi peur encore une dernière fois". Alors que deux bimbos juvĂ©niles contemplent Stab 6 Ă  la maison devant leur TV, celles-ci s'amusent Ă  ironiser sur la fameuse loi des sĂ©ries Ă  succès. Elles terminent par Ă©tablir un parallèle avec la saga mercantile des Saw auquel les personnages rĂ©duits Ă  chair Ă  pâtĂ© sont Ă  leur goĂ»t peu dĂ©veloppĂ©s, ridicules et inconsistants en faveur de la crĂ©ativitĂ© singulière des tortures infligĂ©es. C'est au fameux moment crucial du (ou des) meurtre(s) perpĂ©trĂ©(s) que Wes Craven nous dĂ©voile la supercherie pour nous refaire le coup du "film dans le film".

                                   

Or, après les dĂ©clarations sulfureuses des mĂ©dias avides des nouvelles exactions sanguinolentes de Ghostface et des retrouvailles chaleureuses entre Sydney, sa cousine Jill, l'ancienne journaliste Gale, et Dewey, le flic pittoresque, le tueur continue sur sa lancĂ©e pour accomplir deux nouveaux meurtres. Furtivement, il va avertir entre temps notre hĂ©roĂŻne aujourd'hui trentenaire et mature mais esseulĂ©e et craintive que la nouvelle sĂ©rie ne fait que dĂ©buter et qu'il souhaite simplement dupliquer la mode actuelle. C'est Ă  dire remaker le modèle d'un film original ! En l'occurrence, Scream ! L'idĂ©e astucieuse de nos acolytes Wes Craven et des scĂ©naristes Kevin Williamson et Ehren Kruger est donc de disserter cette fois-ci sur la loi des remakes inutiles et cette mode contemporaine auquel Hollywood ne jure que par elle pour relancer la franchise du cinĂ©ma d'horreur. Une tache lucrative afin de rĂ©unir son nouveau public avide de sensations fortes et tenter vaguement de surpasser les originaux. Scream 4 se fond alors en un remake dĂ©guisĂ© (voir mĂŞme en parodie) du premier Scream, avec deci delĂ  quelques surprises alĂ©atoires, des revirements soudains pour pimenter un scĂ©nario habituellement riche en clins d'oeil et auto-dĂ©rision. PlutĂ´t bien menĂ©e, la narration va prendre une ampleur plus Ă©toffĂ©e avec une dernière demi heure haletante et vertigineuse Ă©tablissant un portrait amer sur la gĂ©nĂ©ration actuelle obnubilĂ©e par la cĂ©lĂ©britĂ©, via l'entremise d'internet avec You tube et Facebook. Des adolescents toujours aussi fascinĂ©s par le pouvoir de l'image, davantage fĂ©rus de popularitĂ©. Des jeunes utopistes sous influence du star system se prenant pour des cinĂ©astes amateurs afin de filmer de façon autonome leurs sĂ©quences cruciales pour concurrencer la quĂŞte du sensationnalisme et du voyeurisme issus de la TV RĂ©alitĂ©. Quand Ă  la rĂ©vĂ©lation finale du ou des meurtriers, elle est presque aussi pertinente que le premier film avant l'Ă©pilogue trivial aux facilitĂ©s requises mais justifiable de par la cause de la hiĂ©rarchie des copies conformistes incapables de surpasser leurs prĂ©curseurs.

                                     

Voulez-vous ĂŞtre une star ?
Alors que personne ne misait un centime sur ce nouvel opus, Scream 4 rĂ©ussit Ă  nouveau Ă  surprendre dans son alliage d'humour mesquin, de violence toujours aussi percutante (filmĂ©e comme un film d'action) et de gore plus explicite (Saw et consorts sont passĂ©s par lĂ ). Sans Ă©videmment Ă©galer son film fondateur, Scream 4 demeure un excellent psycho-killer plus finaud que les remakes redondants en prouvant par la mĂŞme occasion que la copie ne peut valoir l'original (Ă  une ou deux exceptions près)

*Bruno

Dédicace à Gérald Shub-Niggurath, Damval Dulac.

Les Chroniques de Screamhttp://brunomatei.blogspot.com/2011/04/scream.html
                               Scream 2http://brunomatei.blogspot.fr/2015/08/scream-2.html

16.03.25. 5èx. Vostf
23.04.11

4 commentaires:

  1. Génial. Quel talent de critique zélé !
    Ca y est.
    Je crois qu'enfin, c'est arrivé.

    Allez,zou, je te recommande aux Cahiers, j'écris à Eric Rhomer.
    Et s'il peut pas me lire, j'en réfère à Jean Rollin.

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  2. Excellent Christelle, j'adoooooore ton comm ! Merci ^^

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  3. Excellente ta critique, tout y est dit avec beaucoup de justesse.Impressionnant!

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  4. En dépit de ton excellente critique, il faut dire que le film ne décolle jamais.. Certes une relecture de la série, mais ennuyeux, sans morceaux de bravoure, le film se consomme d'un oeil distrait.

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