de Wes Craven. 2011. U.S.A. 1h50. Avec Neve Campbell, David Arquette, Courteney Cox, Emma Roberts, Hayden Panettiere, Anthony Anderson, Alison Brie, Adam Brody, Rory Culkin, Marielle Jaffe.
Sortie salles France: 13 Avril 2011
FILMOGRAPHIE: Wesley Earl "Wes" Craven est un réalisateur, scénariste, producteur, acteur et monteur né le 2 Aout 1939 à Cleveland dans l'Ohio. 1972: La Dernière maison sur la gauche, 1977: La Colline a des yeux, 1978: The Evolution of Snuff (documentaire), 1981: La Ferme de la Terreur, 1982: La Créature du marais, 1984: Les Griffes de la nuit, 1985: La Colline a des yeux 2, 1986: l'Amie mortelle, 1988: l'Emprise des Ténèbres, 1989: Schocker, 1991: Le Sous-sol de la peur, 1994: Freddy sort de la nuit, 1995: Un Vampire à brooklyn, 1996: Scream, 1997: Scream 2, 1999: la Musique de mon coeur, 2000: Scream 3, 2005: Cursed, 2005: Red eye, 2006: Paris, je t'aime (segment), 2010: My soul to take, 2011: Scream 4.

Après s'être juré de ne plus rempiler pour un 4è volet, il eut fallu attendre 10 ans pour que Wes Craven réponde présent avec son compère Kevin Williamson afin de façonner une nouvelle suite à sa fameuse trilogie, Scream.
Synopsis: Dix ans après les terribles évènements du tueur masqué qui auront coûté la vie à plusieurs adolescents, Sydney Prescott revient dans sa contrée natale, Woodsboro, pour l'inauguration de son livre autobiographique dans une bibliothèque sous les feux de projecteur. Soudain, la police décrétée par son ami Dewey fait irruption devant l'assemblée pour leur annoncer que Ghostface a encore frappé chez deux adolescentes retrouvées sauvagement assassinées. Le cauchemar ancestral de Sydney refait soudainement surface car la terreur est revenue à Woodsboro !

A l'instar des précédents volets, Scream 4 entre de plein pied dans le vif du sujet et nous assène un préambule en trois actes savoureusement sardoniques, ludiques, référentiels dans son malicieux dosage des genres et de la devise du "ouh, fais moi peur encore une dernière fois". Alors que deux bimbos juvéniles contemplent Stab 6 à la maison devant leur TV, celles-ci s'amusent à ironiser sur la fameuse loi des séries à succès. Elles terminent par établir un parallèle avec la saga mercantile des Saw auquel les personnages réduits à chair à pâté sont à leur goût peu développés, ridicules et inconsistants en faveur de la créativité singulière des tortures infligées. C'est au fameux moment crucial du (ou des) meurtre(s) perpétré(s) que Wes Craven nous dévoile la supercherie pour nous refaire le coup du "film dans le film".

Or, après les déclarations sulfureuses des médias avides des nouvelles exactions sanguinolentes de Ghostface et des retrouvailles chaleureuses entre Sydney, sa cousine Jill, l'ancienne journaliste Gale, et Dewey, le flic pittoresque, le tueur continue sur sa lancée pour accomplir deux nouveaux meurtres. Furtivement, il va avertir entre temps notre héroïne aujourd'hui trentenaire et mature mais esseulée et craintive que la nouvelle série ne fait que débuter et qu'il souhaite simplement dupliquer la mode actuelle. C'est à dire remaker le modèle d'un film original ! En l'occurrence, Scream ! L'idée astucieuse de nos acolytes Wes Craven et des scénaristes Kevin Williamson et Ehren Kruger est donc de disserter cette fois-ci sur la loi des remakes inutiles et cette mode contemporaine auquel Hollywood ne jure que par elle pour relancer la franchise du cinéma d'horreur. Une tache lucrative afin de réunir son nouveau public avide de sensations fortes et tenter vaguement de surpasser les originaux. Scream 4 se fond alors en un remake déguisé (voir même en parodie) du premier Scream, avec deci delà quelques surprises aléatoires, des revirements soudains pour pimenter un scénario habituellement riche en clins d'oeil et auto-dérision. Plutôt bien menée, la narration va prendre une ampleur plus étoffée avec une dernière demi heure haletante et vertigineuse établissant un portrait amer sur la génération actuelle obnubilée par la célébrité, via l'entremise d'internet avec You tube et Facebook. Des adolescents toujours aussi fascinés par le pouvoir de l'image, davantage férus de popularité. Des jeunes utopistes sous influence du star system se prenant pour des cinéastes amateurs afin de filmer de façon autonome leurs séquences cruciales pour concurrencer la quête du sensationnalisme et du voyeurisme issus de la TV Réalité. Quand à la révélation finale du ou des meurtriers, elle est presque aussi pertinente que le premier film avant l'épilogue trivial aux facilités requises mais justifiable de par la cause de la hiérarchie des copies conformistes incapables de surpasser leurs précurseurs.

Voulez-vous être une star ?
Alors que personne ne misait un centime sur ce nouvel opus, Scream 4 réussit à nouveau à surprendre dans son alliage d'humour mesquin, de violence toujours aussi percutante (filmée comme un film d'action) et de gore plus explicite (Saw et consorts sont passés par là). Sans évidemment égaler son film fondateur, Scream 4 demeure un excellent psycho-killer plus finaud que les remakes redondants en prouvant par la même occasion que la copie ne peut valoir l'original (à une ou deux exceptions près)
*Bruno
Dédicace à Gérald Shub-Niggurath, Damval Dulac.
Les Chroniques de Scream: http://brunomatei.blogspot.com/2011/04/scream.html
Scream 2: http://brunomatei.blogspot.fr/2015/08/scream-2.html
16.03.25. 5èx. Vostf

A l'instar des précédents volets, Scream 4 entre de plein pied dans le vif du sujet et nous assène un préambule en trois actes savoureusement sardoniques, ludiques, référentiels dans son malicieux dosage des genres et de la devise du "ouh, fais moi peur encore une dernière fois". Alors que deux bimbos juvéniles contemplent Stab 6 à la maison devant leur TV, celles-ci s'amusent à ironiser sur la fameuse loi des séries à succès. Elles terminent par établir un parallèle avec la saga mercantile des Saw auquel les personnages réduits à chair à pâté sont à leur goût peu développés, ridicules et inconsistants en faveur de la créativité singulière des tortures infligées. C'est au fameux moment crucial du (ou des) meurtre(s) perpétré(s) que Wes Craven nous dévoile la supercherie pour nous refaire le coup du "film dans le film".

Or, après les déclarations sulfureuses des médias avides des nouvelles exactions sanguinolentes de Ghostface et des retrouvailles chaleureuses entre Sydney, sa cousine Jill, l'ancienne journaliste Gale, et Dewey, le flic pittoresque, le tueur continue sur sa lancée pour accomplir deux nouveaux meurtres. Furtivement, il va avertir entre temps notre héroïne aujourd'hui trentenaire et mature mais esseulée et craintive que la nouvelle série ne fait que débuter et qu'il souhaite simplement dupliquer la mode actuelle. C'est à dire remaker le modèle d'un film original ! En l'occurrence, Scream ! L'idée astucieuse de nos acolytes Wes Craven et des scénaristes Kevin Williamson et Ehren Kruger est donc de disserter cette fois-ci sur la loi des remakes inutiles et cette mode contemporaine auquel Hollywood ne jure que par elle pour relancer la franchise du cinéma d'horreur. Une tache lucrative afin de réunir son nouveau public avide de sensations fortes et tenter vaguement de surpasser les originaux. Scream 4 se fond alors en un remake déguisé (voir même en parodie) du premier Scream, avec deci delà quelques surprises aléatoires, des revirements soudains pour pimenter un scénario habituellement riche en clins d'oeil et auto-dérision. Plutôt bien menée, la narration va prendre une ampleur plus étoffée avec une dernière demi heure haletante et vertigineuse établissant un portrait amer sur la génération actuelle obnubilée par la célébrité, via l'entremise d'internet avec You tube et Facebook. Des adolescents toujours aussi fascinés par le pouvoir de l'image, davantage férus de popularité. Des jeunes utopistes sous influence du star system se prenant pour des cinéastes amateurs afin de filmer de façon autonome leurs séquences cruciales pour concurrencer la quête du sensationnalisme et du voyeurisme issus de la TV Réalité. Quand à la révélation finale du ou des meurtriers, elle est presque aussi pertinente que le premier film avant l'épilogue trivial aux facilités requises mais justifiable de par la cause de la hiérarchie des copies conformistes incapables de surpasser leurs précurseurs.

Voulez-vous être une star ?
Alors que personne ne misait un centime sur ce nouvel opus, Scream 4 réussit à nouveau à surprendre dans son alliage d'humour mesquin, de violence toujours aussi percutante (filmée comme un film d'action) et de gore plus explicite (Saw et consorts sont passés par là). Sans évidemment égaler son film fondateur, Scream 4 demeure un excellent psycho-killer plus finaud que les remakes redondants en prouvant par la même occasion que la copie ne peut valoir l'original (à une ou deux exceptions près)
*Bruno
Dédicace à Gérald Shub-Niggurath, Damval Dulac.
Les Chroniques de Scream: http://brunomatei.blogspot.com/2011/04/scream.html
Scream 2: http://brunomatei.blogspot.fr/2015/08/scream-2.html
16.03.25. 5èx. Vostf
23.04.11
Génial. Quel talent de critique zélé !
RépondreSupprimerCa y est.
Je crois qu'enfin, c'est arrivé.
Allez,zou, je te recommande aux Cahiers, j'écris à Eric Rhomer.
Et s'il peut pas me lire, j'en réfère à Jean Rollin.
Excellent Christelle, j'adoooooore ton comm ! Merci ^^
RépondreSupprimerExcellente ta critique, tout y est dit avec beaucoup de justesse.Impressionnant!
RépondreSupprimerEn dépit de ton excellente critique, il faut dire que le film ne décolle jamais.. Certes une relecture de la série, mais ennuyeux, sans morceaux de bravoure, le film se consomme d'un oeil distrait.
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