mardi 12 avril 2011

Hobo with a shotgun


de Jason Eisener. 2011. Canada / U.S.A. 1h26. Avec Rutger Hauer, Molly Dunsworth, Gregory Smith, Nick Bateman, Brian Downey.

Sortie en France le 25 Mars 2011.

FILMOGRAPHIE: Jason Eisener est un réalisateur canadien. 2007: Hobo with a Shotgun. Trailer. 2008: Treevenge. Court-métrage. 2011: Hobo with a shotgun.

                                     

Il faut d'abord souligner qu'en 2007, un faux trailer surnommĂ© Hobo with a shotgun, spĂ©cialement conçu pour le projet "Grindhouse" de l'association Tarantino / Rodriguez (avec leur diptyque Boulevard de la Mort / Planet Terror) se voit attribuer du grand prix du concours de bandes annonces afin de pouvoir figurer en guise d'interlude entre les projections en continu des deux pĂ©loches prĂ©citĂ©s. Trois ans plus tard, son rĂ©alisateur Jason Eisener a l'opportunitĂ© d'en tirer un vĂ©ritable long-mĂ©trage avec en tĂŞte d'affiche le vĂ©tĂ©ran Rutger Hauer ! Après le surestimĂ© (pour ne pas dire semi-ratĂ©) Machete, c'est au tour d'une nouvelle production de rendre hommage Ă  tout un pan de sĂ©ries Z, spĂ©cifiquement les productions Troma des annĂ©es 80, afin d'y dĂ©ployer une trashitude outrancière rigoureusement insolente. Dans les ruelles malfamĂ©es de New-York, la dĂ©linquance, le prostitution, la corruption et les trafics de drogue font rage en toute impunitĂ© face Ă  une police inĂ©quitable. Mais cette folie meurtrière est commanditĂ©e par un leader notoire rĂ©gnant en maĂ®tre devant une population terrorisĂ©e. Un beau jour, un SDF tĂ©moin de la dĂ©chĂ©ance de son quartier et laminĂ© de voir une ultra-violence davantage expansive dĂ©cide de nettoyer les rues des criminels inflexibles Ă  coups de chevrotine enragĂ©e !

                                        

Superbement photographiĂ© dans des teintes dĂ©libĂ©rĂ©ment saturĂ©es, le sobre prĂ©lude annonce l'arrivĂ©e d'un clochard sortant illĂ©galement d'un train avec un sac sur le dos pour longer un canal et rejoindre le nouveau quartier de Scum city. Cette sĂ©quence liminaire se dĂ©roule harmonieusement sous  l'impulsion mĂ©lodieuse de Michael Holm. Une partition Ă©lĂ©giaque entĂŞtante rendue cĂ©lèbre de par son ton dĂ©calĂ© entrevue dans le classique horrifico-mĂ©diĂ©val, La Marque du Diable de Michael Armstrong et Hoven Adrian. ArrivĂ© Ă  destination, le Sdf promène inlassablement son cadi famĂ©lique dans les ruelles sordides tandis que des voyous opèrent en toute impunitĂ© pour semer le dĂ©sordre, la mort, voir le chaos. C'est après avoir Ă©tĂ© tĂ©moin d'un braquage brutal que notre dĂ©favorisĂ© se dĂ©cidera Ă  prendre une arme Ă  feu, spĂ©cialement un fusil de chasse, et tuer de sang froid les trois malfaiteurs sous les yeux mĂ©dusĂ©s du commerçant et des badauds Ă©berluĂ©s. Quand bien mĂŞme quelques instant plus tard, il ira porter assistance Ă  une jeune prostituĂ©e avec qui il se liera d'affection alors qu'une bande juvĂ©nile mafieuse tolĂ©rĂ©e par leur paternel illuminĂ© jurera de leur trouer la peau.

                                      

Pour tous les amateurs de sĂ©ries Z typiquement saugrenues et frĂ©nĂ©tiques, digne d'une production Tromaville donc, cet hommage bisseux est spĂ©cialement conçu pour vous ! De surcroĂ®t, si vous ĂŞtes fans invĂ©tĂ©rĂ©s de vigilante movies ayant sĂ©vi durant les annĂ©es 70 et 80, alors Hobo saura vous convaincre Ă  travers son dĂ©lire assumĂ© totalement dĂ©complexĂ© puisque baignant dans un perpĂ©tuel mauvais goĂ»t avec une chaleureuse spontanĂ©itĂ© ! LĂ  oĂą Machete de Rodriguez se prĂ©tendait gros dĂ©fouloir jouissif Ă  peine sympathique dans sa combinaison d'actionner bourrin et de gore cartoonesque (souvenez vous du pathĂ©tique combat final contre Seagal !), Hobo with a shotgun va foutre un grand coup de pied bien plus acerbe et sardonique dans le politiquement incorrect, l'immoralitĂ©, le gore craspec percutant (FX remarquables !) et le mauvais goĂ»t vitriolĂ©. A titre d'exemple, imaginez un instant deux voyous pĂ©nĂ©trĂ©s Ă  l'intĂ©rieur d'un car scolaire pour massacrer Ă  coups de lance flamme une ribambelle de gamins terrorisĂ©s, pour l'instant d'après ĂŞtre carbonisĂ©s en suppliant leur cri d'agonie. Une scène impensable qui Ă  de quoi surprendre et estomaquer l'amateur blasĂ© ! Et ce, mĂŞme si l'effet escomptĂ© est aseptisĂ© auprès d'une dĂ©rision sarcastique quelque peu salvatrice (nous sommes dans un pur divertissement hardcore mais volontiers saugrenu et  racoleur auprès d'adultes consentants !). Ainsi, nombre de scènes extrĂŞmes sont adroitement concoctĂ©es avec pas mal d'efficacitĂ© et les situations les plus improbables s'enchaĂ®nent sans rĂ©pit dans la joie d'action ultra violente et de gore putanesque. S'ensuit donc Ă  rythme mĂ©tronome un Ă©talage de sĂ©quences chocs spectaculaires aussi violentes que cyniques car se vautrant royalement dans l'ironisme cinglant !

                                         

Les tĂŞtes coincĂ©es dans une bouche d'Ă©gout, broyĂ©es ou sectionnĂ©es volant en Ă©clat, les corps explosant sous les impacts de balles Ă  moins d'ĂŞtre Ă©ventrĂ©s ou Ă©lectrocutĂ©s, les gorges et les mains sĂ©vèrement tranchĂ©es sans oublier un masticage de verre brisĂ© du plus bel effet. Ce scĂ©nario volontairement idiot auquel les gentils coursent les mĂ©chants et vice versa constitue Ă©videment un prĂ©texte pour y dĂ©ployer gĂ©nĂ©reusement un florilège de quiproquos tous plus dĂ©bridĂ©s les uns que les autres. Tel ce massacre mĂ©thodique commis dans un centre hospitalier auquel nos hĂ©ros s'y sont rĂ©fugiĂ©s tandis que deux voyous dĂ©guisĂ©s en terminator et armĂ©s jusqu'aux dents dĂ©cimeront un Ă  un les membres du personnel. Au-delĂ  de toutes ses qualitĂ©s susnommĂ©es, le divertissement insolent rĂ©ussit Ă©galement Ă  gagner notre ferveur grâce Ă  la formidable complicitĂ© de l'excellent Rutger Hauer (mâchoire serrĂ©e et regard brut furieusement renfrognĂ© Ă   l'appui !) accompagnĂ© de la charmante Molly Dunsworth. Alors que l'ambiance irrĂ©elle baigne dans un esprit marginal volontairement saugrenu, Ă  situer quelque part entre le Justicier de New-York et The Toxic Avenger. Ajoutez Ă  cela une entraĂ®nante BO pop rock typiquement eightie et vous obtenez un cocktail survitaminĂ© de dĂ©lire scabreux irrĂ©sistiblement jubilatoire.

*Bruno
13.04.11

2 commentaires:

  1. ca m a lair de bouillave!mais cxa fait beaucoup penser a machetenen plus serieux...moins branleur...
    puis rutger hauer quoi...
    sté le corse

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  2. ce que "Machete" aurait du ĂŞtre : un bordel jouissif et hardcore qui y va Ă  fond!

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