vendredi 22 juillet 2016

LA FOLIE DES GRANDEURS

                                                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Gérard Oury. 1971. France/Italie/Allemagne de l'Ouest/Espagne. 1h49. Avec Louis de Funès, Yves Montand, Alice Sapritch, Karin Schubert, Alberto de Mendoza, Gabriele Tinti, Paul Preboist.

Sortie salle France: 8 décembre 1971.

FILMOGRAPHIE: Gérard Oury (Max-Gérard Houry Tannenbaum) est un réalisateur, acteur et scénariste français né le 29 avril 1919 à Paris, décédé le 20 Juillet 2006 à Saint-Tropez.
1960: La Main Chaude. La Menace. 1962: Le Crime ne paie pas. 1965: Le Corniaud. 1966: La Grande Vadrouille. 1969: Le Cerveau. 1971: La Folie des Grandeurs. 1973: Les Aventures de Rabbi Jacob. 1978: La Carapate. 1980: Le Coup du Parapluie. 1982: L'As des As. 1984: La Vengeance du Serpent à Plumes. La Joncque (inachevé). 1987: Levy et Goliath. 1989: Vanille Fraise. 1993: La Soif de l'or. 1996: Fantôme avec chauffeur. 1999: Le Schpountz.


Gros succès Ă  sa sortie en salles (il enregistre 5 563 160 entrĂ©es en France), La Folie des Grandeurs allie avec une alchimie dĂ©tonante la comĂ©die burlesque et l'aventure rocambolesque sous l'impulsion d'un duo inattendu (De Funes/Montand) depuis la disparition prĂ©cipitĂ©e de Bourvil un 23 septembre 1970. DĂ©jĂ  responsable d'immenses succès (Le Corniaud, la Grande Vadrouille, Le cerveau), GĂ©rard Oury continue de parfaire son savoir-faire pour la comĂ©die populaire avec le soutien de Yves Montand Ă©tonnamment Ă  l'aise dans un rĂ´le Ă  contre-emploi de valet (faussement) empotĂ© et servile. Ce dernier se prĂŞtant avec ironie sournoise au jeu de soumission auprès de son ministre cupide et fourbe que De Funes incarne avec sa spontanĂ©itĂ© fulminante. RĂ©putĂ© comme l'un des plus grands acteurs comiques français, celui-ci nous offre traditionnellement un numĂ©ro de pantomime et de rĂ©parties avec une Ă©nergie galvanisante si bien que l'on s'Ă©tonne toujours de sa ferveur olympique Ă  se fondre dans la peau d'un personnage (principalement un maĂ®tre-chanteur) irrĂ©sistiblement outrancier. Outre le duo pĂ©tulant qu'il forme avec son faire-valoir Ives Montand, La Folie des Grandeurs bĂ©nĂ©ficie Ă©galement de la prĂ©sence de seconds-rĂ´les s'en donnant Ă  coeur joie dans l'extravagance (Ă  l'instar d'Alice Sapritch et de son cĂ©lèbre numĂ©ro de strip-tease) ou dans la sĂ©duction (Karin Schubert magnĂ©tisant l'Ă©cran de ses yeux azur dans une fonction suave de souveraine gagnĂ©e par ses sentiments !).


Truffé de gags (visuels et verbaux), de quiproquos et de rebondissements à répétition lors d'une dernière partie aussi échevelée qu'imprévisible, La Folie des grandeurs cultive sa frénésie comique grâce également aux enjeux stratégiques qu'une foule de seconds-rôles vont tenter de comploter afin d'accéder au pouvoir. Epousant la démarche d'un suspense en ascension pour la condition incertaine de nos deux héros et la romance secrète impartie entre Blaze et la reine d'Espagne, la Folie des Grandeurs gagne en densité grâce à l'efficacité d'un scénario bien huilé inspiré de la pièce de théâtre Ruy Blas de Victor Hugo. Déchu de ses fonctions par la reine, Don Salluste, ministre cupide détesté par la population, décide de se venger d'elle en élaborant secrètement une conjuration avec l'aide de son neveu César. Ce dernier refusant sa transaction, il imagine alors un plan machiavélique pour compromettre son valet Blaze dans une relation d'adultère. Ce pitch perfide faisant notamment intervenir deux motifs vindicatifs (celle de Salluste et de don César) cumule les situations burlesques et revirements avec une énergie exubérante ! Gérard Oury maîtrisant également le cadre historique de ses décors en costumes et de ses vastes déserts avec la flamboyance d'une photo sépia.


La vraie comĂ©die commence lĂ  oĂą commence l'Ă©ternitĂ©. 
ComĂ©die d'aventures intrĂ©pides menĂ©e Ă  100 Ă  l'heure par un duo impayable ainsi qu'une poignĂ©e de seconds-rĂ´les diablotins, La Folie des Grandeurs perdure son attrait comique parmi l'incroyable brio de GĂ©rard Oury se surpassant une fois de plus Ă  parfaire un spectacle haut en couleurs au rythme entĂŞtant du thème hĂ©roĂŻque de Polnareff ! A l'image du film, un score proprement inoubliable !  

B.M. 4èx

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