mercredi 11 février 2026

Primate de Johannes Roberts. 2026. U.S.A. 1h29 / 1h23.

                        (CrĂ©dit photo : image trouvĂ©e via Imdb, provenant du site Imdb. UtilisĂ©e ici Ă  des fins non commerciales et illustratives)
  
Si Primate n’est pas un grand film - et il ne cherche jamais Ă  l’ĂŞtre - il reste une formidable sĂ©rie B, symptomatique des annĂ©es 80. On sent que Johannes Roberts, dĂ©jĂ  auteur de l'excellent thriller parano F et du petit bijou d’horreur aqueuse 47 Meters down, connaĂ®t son affaire : après le huis clos maritime suffocant, il transpose ici le concept dans une villa insulaire, et ça fonctionne Ă  plein.


Le rĂ©alisateur s’inspire des annĂ©es 80 jusque dans le schĂ©ma narratif, l'apprĂ©hension expressive et la musique : un score Ă©lectro digne de John Carpenter qui confère au film une prestance et une ambiance horrifique si familières. MĂŞme si les situations sont Ă©culĂ©es - on les a vues mille fois dans notre paysage favori - on marche Ă  fond. Pourquoi ? Parce que Roberts croit en ce qu’il filme et aime ce qu’il filme.

Le singe tueur, lui, est terrifiant, hostile, crédible donc : si on n'a pas l'info plus tôt, on se demande sans cesse s'il s'agit d'un vrai chimpanzé, d'un acteur déguisé ou d'un effet numérique. La tension est quasi permanente, tant latente ou sidérante, ponctuée de deux ou trois séquences terrifiantes inscrites dans la crispation. Roberts ne cède pas à la surenchère : les séquences sanglantes sont dosées, impressionnantes, et ont d'ailleurs valu au film une interdiction aux moins de 16 ans chez nous (contre 12 outre-Atlantique).

Les personnages fĂ©minins sont Ă©galement louables : de jeunes comĂ©diennes mĂ©connues attachantes - anti cruches (Ă  l'inverse des mecs) - auquel on s'inquiète de leur sort. Roberts renouvelle le suspense en adoptant ces divers points de vue fĂ©minins de manière autonome, multipliant vigilance, tension et affronts horrifiques entre la victime et l’animal au sein de moult dĂ©cors domestiques habilement exploitĂ©s. 


Visuellement, le film est soignĂ©, mĂŞme si la majoritĂ© de l’action se dĂ©roule de nuit. On a donc affaire Ă  un film d’ambiance Ă  l’ancienne, qui devrait sĂ©duire les amateurs de sĂ©ries B horrifiques rĂ©tros, ces trĂ©sors louĂ©s le samedi soir dans nos vidĂ©oclubs du coin. Tout est emballĂ© avec sincĂ©ritĂ©, gĂ©nĂ©rositĂ© et savoir-faire, pour un divertissement horrifique plein de charme, jamais ennuyeux, tangible. On reste captivĂ© par le suspense et l’action, on redoute la prochaine agression simiesque, portĂ© par ce tempo Ă©lectro immersif, qui rappelle tant nos fameux souvenirs des annĂ©es 80.
Et puis ce primate, bordel, est franchement dĂ©rangeant et malaisant dans sa photogĂ©nie sĂ©pulcrale sobrement ciselĂ©e. 

— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir đź–¤

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire