Le réalisateur s’inspire des années 80 jusque dans le schéma narratif, l'appréhension expressive et la musique : un score électro digne de John Carpenter qui confère au film une prestance et une ambiance horrifique si familières. Même si les situations sont éculées - on les a vues mille fois dans notre paysage favori - on marche à fond. Pourquoi ? Parce que Roberts croit en ce qu’il filme et aime ce qu’il filme.
Le singe tueur, lui, est terrifiant, hostile, crédible donc : si on n'a pas l'info plus tôt, on se demande sans cesse s'il s'agit d'un vrai chimpanzé, d'un acteur déguisé ou d'un effet numérique. La tension est quasi permanente, tant latente ou sidérante, ponctuée de deux ou trois séquences terrifiantes inscrites dans la crispation. Roberts ne cède pas à la surenchère : les séquences sanglantes sont dosées, impressionnantes, et ont d'ailleurs valu au film une interdiction aux moins de 16 ans chez nous (contre 12 outre-Atlantique).
Les personnages féminins sont également louables : de jeunes comédiennes méconnues attachantes - anti cruches (à l'inverse des mecs) - auquel on s'inquiète de leur sort. Roberts renouvelle le suspense en adoptant ces divers points de vue féminins de manière autonome, multipliant vigilance, tension et affronts horrifiques entre la victime et l’animal au sein de moult décors domestiques habilement exploités.
Visuellement, le film est soigné, même si la majorité de l’action se déroule de nuit. On a donc affaire à un film d’ambiance à l’ancienne, qui devrait séduire les amateurs de séries B horrifiques rétros, ces trésors loués le samedi soir dans nos vidéoclubs du coin. Tout est emballé avec sincérité, générosité et savoir-faire, pour un divertissement horrifique plein de charme, jamais ennuyeux, tangible. On reste captivé par le suspense et l’action, on redoute la prochaine agression simiesque, porté par ce tempo électro immersif, qui rappelle tant nos fameux souvenirs des années 80.
Et puis ce primate, bordel, est franchement dérangeant et malaisant dans sa photogénie sépulcrale sobrement ciselée.
— le cinéphile du cœur noir 🖤



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