mardi 3 novembre 2026

Resident Evil de Zach Cregger. 2026. Allemagne/U.S.A. 1h34.

(Crédit photo : image trouvée via google, provenant du site imdb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)
 
Jamais deux sans trois ! Après les formidables surprises que furent Barbarian et Evanouis, Zach Cregger nous revient en grande pompe avec un troisième film d'horreur adapté du célèbre jeu vidéo Resident Evil. Or, s'il est bien une saga qui demeure à la fois aseptisée et plutôt ratée - si on épargne peut-être le 1er épisode gentiment bonnard - , c'est bien celle-ci. C'est dire si l'on redoutait ce nouvel opus. Pourtant, grâce au savoir-faire, au talent et à sa passion pour le genre horrifique, qui transpirent à chaque séquence, cette nouvelle relecture de la saga vidéoludique s'impose comme une inespérée réussite horrifique, un véritable tour de montagnes russes conçu dans l'esprit de la saga Evil Dead de Sam Raimi. On pourrait évidemment citer The Thing pour ses créatures monstrueuses et protéiformes qui envahissent l'écran à un rythme métronomique sous l'impulsion d'un tempo musical - tel un battement de coeur pulsatile - à la fois punchy et terriblement entêtant. Tout un programme. 
 

Resident Evil se présente donc comme un redoutable survival, une épreuve de force qu'un jeune coursier médical prénommé Bryan va devoir affronter en transportant d'urgence un mystérieux colis jusqu'à l'hôpital général de Raccoon City, dans le Colorado. Si le scénario demeure somme toute simpliste, il faut bien avouer que l'efficacité imparable des séquences horrifiques, qui se succèdent à un rythme soutenu, nous plaque au siège, après ses plages d'angoisse redoutée au sein d'un cadre forestier enneigé, notamment grâce à cette faculté de nous faire croire à l'improbable. Et c'est bien là toute la réussite de ce Resident Evil : nous fasciner et nous terrifier en nous faisant découvrir un nouvel univers inspiré du jeu vidéo, avec un réalisme extrêmement persuasif. Le tout sous l'impulsion d'un jeune protagoniste sciemment maladroit, dont les mésaventures insufflent en permanence un humour sardonique réjouissant, sans jamais prendre le spectateur pour un imbécile. Il faut d'ailleurs remonter à Re-Animator, Le Retour des morts-vivants de Dan O'Bannon, Braindead ou encore Shaun of the Dead pour retrouver ce mariage idoine entre l'humour et l'horreur, admirablement ajusté par un Zach Cregger transi d'amour pour son projet.
 

Et si tous les précédents opus de la saga nous avaient successivement déçus par leur parti pris de miser sur le simple produit de consommation, ce nouvel Resident Evil parvient à renouveler le concept avec une grâce et une intégrité qui forcent le respect. Le film doit également beaucoup à l'interprétation d'Austin Abrams, qui prend un malin plaisir à se fondre dans le corps de ce coursier infortuné, constamment courageux et audacieux, voire parfois même héroïque, bien que de manière improvisée, pour ne pas dire aléatoire. Un personnage que Zach Cregger dirige avec beaucoup d'adresse et de maîtrise.

Et donc, grâce à son univers visuel régi en matière vivante, et à ses monstres protéiformes qui pullulent à l'écran, exerçant un pouvoir de fascination aussi persistant que les créatures de The Thing ou les possédés d'Evil Dead de Sam Raimi, Resident Evil est une miraculeuse réussite horrifique, d'un dynamisme foudroyant, entretenu par la tension permanente qui influe sur les péripéties de notre héros. Sans compter un suspense parfois latent, qui nous permet de mieux ressentir l'angoisse sous-jacente. À l'instar de la saga Evil Dead, ce Resident Evil possède également dans sa besace des jumpscares absolument terrorisants, si bien que j'ai bondi de mon siège à plusieurs reprises, estomaqué par leur effet de surprise. C'est dire si ces estocades fulgurantes demeurent aussi trépidantes que jouissives !
 

Ainsi, Resident Evil se révèle d'autant plus palpitant, terrifiant et drôle qu'il se clôt sur un anti-happy end, une conclusion potentiellement ouverte et interrogative, qui augure probablement une séquelle que l'on ne peut qu'espérer retrouver sous la même houlette. Car Zach Cregger est en train de s'imposer comme une figure incontournable du cinéma horrifique. Et je crois bien que nous avons affaire à un nouveau maître du genre.

Car le point le plus probant ici, c'est que Resident Evil se positionne comme un pur film d'ambiance de "fête foraine", renouant avec nos souvenirs les plus ludiques et délirants des années 80, comme le souligne d'ailleurs sa courte durée d'à peine 1 h 30. Et rien que pour cette ambiance horrifique particulièrement mature, Resident Evil est bel et bien l'incontournable horrifique de 2026, aux côtés de son complice autrement brutal Evil Dead Burn.
 
— Celui du cœur noir des images 🖤

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