samedi 3 octobre 2026

Rentai Family de Hikari. 2025. U.S.A/Japon. 1h49.

(Crédit photo : image trouvée via google, provenant du site imdb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)
 
Découverte matinale improvisée de la comédie dramatique Rental Family, réalisée par Hikari, avec Brendan Fraser dans le rôle principal.

Il y a des films comme ça qui emportent tout. On ne cherche pas à évaluer leurs petits défauts ou leurs qualités. On les prend comme ils sont, comme on aime quelqu'un.

Car Rental Family ouvre non seulement son cœur, mais également le nôtre, à travers l'évolution morale et intime de Phillip Van Der Plog, un acteur américain solitaire installé à Tokyo qui commence à travailler pour une agence japonaise de location de familles. Il va ainsi endosser différents rôles afin de se glisser dans la vie d'autres personnes, jusqu'à se retrouver profondément impliqué dans leurs existences.

Au fil de ces rôles de composition, nous allons notamment suivre son attachement à une fillette auprès de laquelle il joue le rôle d'un père, mais également celui qu'il éprouve pour un vieil acteur atteint de la maladie d'Alzheimer.

Ainsi donc, Rental Family est pour moi un hymne à la vie et aux valeurs familiales, notamment à travers la figure paternelle. Brendan Fraser y dégage une puissance émotive à fleur de peau, mais traitée avec une telle justesse qu'elle demeure constamment naturelle, sans tomber dans l'effet de larme facile.

Et si, au départ, j'avoue avoir eu un peu de mal à accepter son concept, que je trouvais presque stupide durant la première demi-heure, notamment auprès de la description de ses personnages couards, la suite du récit va justement donner tout son sens à cette idée de faux-semblants et de trahison. Le film finit même par nous amener à réfléchir sur notre propre rapport aux apparences et aux rôles que nous jouons parfois dans notre quotidien.

Ce que j'en retiens de cette odyssée humaine profondément tendre et bienveillante, c'est peut-être finalement l'idée qu'il faut cesser de faire semblant et rester soi-même, afin d'éviter de duper son entourage mais aussi de pouvoir être en paix avec soi-même. Une réflexion qui passe par des valeurs aussi simples qu'essentielles : l'honnêteté, la sincérité et surtout l'amour.

Rental Family se transforme alors en récit initiatique plein de douceur et de discrétion, comme un apprentissage humain auprès de personnages qui, chacun à leur manière, se trouvent confrontés au manque d'humanité, de tendresse ou de compassion au sein de leur propre existence et parfois même de leur cellule familiale.

L'œuvre fragile est d'une grande sensibilité, mais surtout d'une infinie délicatesse dans sa manière de faire naître l'émotion. Elle ne nous l'impose jamais. Elle ne cherche pas à nous arracher artificiellement des larmes : elle laisse simplement les sentiments surgir naturellement, presque à notre insu sous un score musical noble et rassurant. Et c'est précisément cette pudeur, cette discrétion et cette intimité qui font une grande partie de la réussite du film qui m'a saisi par surprise.

Phillip est lui-même un personnage profondément humaniste qui, au contact de ceux qu'il rencontre, va progressivement dévoiler son cœur, ses valeurs essentielles et certaines de ses blessures. Il apprend à connaître ces êtres qui l'entourent avec passion et attention, et, surtout, à les aimer avec une sincérité qui ne peut que nous toucher par son refus de les trahir au grand dam de son rôle de composition.

Rental Family est ainsi imprégné d'un lyrisme candide, porté par des personnages d'une grande fragilité humaine et animés par ce désir universel d'aimer et d'être aimés en retour.

Voilà ce que symbolise à mes yeux ce magnifique conte contemporain : une œuvre profondément existentielle, parfois aussi spirituelle (l'ultime plan, plein de grâce et d'innocence, est magique !), qui nous rappelle avec beaucoup de pudeur que derrière les rôles que nous jouons tous parfois, ce sont finalement les sentiments les plus authentiques - l'amour, l'amitié, la sincérité et l'honnêteté - qui donnent véritablement tout son sens à nos existences.
 
— Celui du cÅ“ur noir des images 🖤