jeudi 12 avril 2018

LE LIVRE DE LA JUNGLE

                                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site flickr.com

"Jungle Book" de Zoltan Korda. 1942. U.S.A. 1h45. Avec Sabu, Joseph Calleia, John Qualen, Frank Puglia, Rosemary DeCamp, Patricia O'Rourke, Ralph Byrd.

Sortie salles France: 19 Décembre 1945. U.S: 3 Avril 1942

FILMOGRAPHIEZoltan Korda est un rĂ©alisateur, producteur et scĂ©nariste britannique d'origine hongroise. Il est nĂ© le 3 juin 1895 Ă  PusztatĂşrpásztĂł (Autriche-Hongrie) et dĂ©cĂ©dĂ© le 13 octobre 1961 Ă  Los Angeles. 1918 : Károly balák (corĂ©alisĂ© par M. MiklĂłs Pásztory). 1920 : A Csodagyerek. 1927 : Die Elf Teufel (corĂ©alisĂ© par Carl Boese). 1932 : Hommes de demain (corĂ©alisĂ© par Leontine Sagan). 1933 : Cash. 1935 : Sanders of the River. 1936 : Forget Me Not. 1936 : Conquest of the Air (corĂ©alisĂ© par Alexander Esway). 1937 : Revolt in the Desert. 1937 : Elephant Boy (corĂ©alisĂ© par Robert J. Flaherty). 1938 : Alerte aux Indes. 1939 : Les Quatre Plumes blanches. 1940 : Le Voleur de Bagdad (corĂ©alisateur, non crĂ©ditĂ©) de Ludwig Berger, Michael Powell et Tim Whelan. 1942 : Le Livre de la jungle. 1943 : Sahara. 1945 : Contre-attaque. 1947 : L'Affaire Macomber. 1948: La vengeance de femme. 1952 : Pleure, Ă´ pays bien-aimĂ©. 1955 : Les Quatre Plumes blanches (corĂ©alisĂ© par Terence Young).


Spectacle d'aventures fĂ©eriques tournĂ©es dans de vastes dĂ©cors naturels parmi une vĂ©ritable faune sauvage, Le Livre de la Jungle fut un immense succès international grâce Ă  ces prouesses jamais vues au prĂ©alable, alors qu'il fut tournĂ© durant la pĂ©riode trouble de la seconde guerre (il est produit en 1942). ElevĂ© dans la jungle grâce aux loups dès son plus jeune âge, Mowgli parvient Ă  y survivre en dĂ©pit de l'hostilitĂ© de certains animaux parmi lequel un tigre rempli d'orgueil. Un jour, alors qu'il s'Ă©gare Ă  proximitĂ© d'un village, sa mère parvient Ă  le reconnaĂ®tre 12 ans après sa disparition. JugĂ© comme un sorcier par les citadins, Mowgli dĂ©cide de retourner dans la jungle au moment mĂŞme de se heurter Ă  un trio de traĂ®tres avides de dĂ©nicher une citĂ© perdue. TournĂ© dans un technicolor rutilant afin de mettre en exergue la beautĂ© quasi surnaturelle de la jungle y abritant animaux hostiles (les crocodiles, le cobra ainsi que le tigre Shere Khan, ennemi jurĂ© de Mowgli) et trĂ©sors cachĂ©s (la fameuse citĂ© ensevelie !), le Livre de la Jungle est immortalisĂ© par la prĂ©sence de Sabu.


Acteur indien naturalisĂ© amĂ©ricain et dĂ©cĂ©dĂ© en pleine notoriĂ©tĂ© (il mourut Ă  39 ans), ce dernier symbolise une force de la nature avec un charisme innocent inĂ©galĂ©. Totalement impliquĂ© dans la peau d'un adolescent sauvage parmi ses expressions hĂ©bĂ©tĂ©es et son mimĂ©tisme primitif, Sabu EST Mowgli avec une vĂ©ritĂ© humaine forçant le respect eu Ă©gard de son amour indĂ©fectible pour la faune et la flore ! Car entre manifeste Ă©colo et plaidoyer pour la cause animale, la narration fertile en rebondissements et pĂ©ripĂ©ties Ă©piques profite au passage d'y dĂ©noncer la cupiditĂ© de l'homme mĂ©galo incapable de respecter son environnement forestier (l'immense brasier final le prouve avec un sens du spectaculaire rigoureux !) et tuant les animaux par simple distraction (selon la conclusion de Mowgli si dĂ©pitĂ© de constater la bĂŞtise humaine). PonctuĂ© de traits d'humour (les trois brigands se trahissant avec une fourberie pittoresque) et de tendresse (les rapports de Mowgli avec sa mère et auprès d'une jeune villageoise en Ă©veil sentimental), Le Livre de la Jungle restaure la magie du 7 art avec un pouvoir enchanteur plĂ©thorique. Zoltan Korda prenant soin de filmer la jungle sous toutes ses coutures et avec sens du dĂ©tail florissant, notamment Ă  travers la rĂ©volution d'une photo polychrome et d'Ă©clairages scintillants !


Le petit Dieu des bois
Chef-d'oeuvre d'aventures fantastiques ciblant un public de 7 à 77 ans, trésor visuel de chaque instant, le Livre de la Jungle ravive la flamme de l'évasion, du conte et du rêve avec une dimension onirique inégalée auprès des adaptations de l'écrivain Rudyard Kipling

* Bruno

mercredi 11 avril 2018

LAURIN

                                           Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site cinebisart.blogspot.fr

de Robert Sigl. 1989. Allemagne. 1h24. Avec Dóra Szinetár, Károly Eperjes, Brigitte Karner, Hédi Temessy.

Sortie salles Allemagne de l'Ouest: 30 Novembre 1989

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Robert Sigl est un réalisateur, acteur et scénariste allemand né le 11 Juillet 1962. 1989: Laurin.


Au dĂ©but du siècle dernier dans un petit village portuaire, la petite Laurin subit les alĂ©as de son père entre ses activitĂ©s de pĂŞcheur et ses retours, trop brefs, au foyer familial. DĂ©sespĂ©rĂ©e des dĂ©parts de son mari, la mère de Laurin se perd dans la nuit noire et se retrouve alertĂ©e par des cris d’enfants dĂ©chirant la forĂŞt environnante ; quant Ă  sa fille, elle aperçoit le visage d’un petit garçon hurlant Ă  la mort Ă  travers la fenĂŞtre de sa chambre, avant de voir une ombre l’emporter…Ă  tout jamais. Cette mĂŞme nuit, la mère de Laurin dĂ©cède dans de mystĂ©rieuses circonstances...


CuriositĂ© germanique mĂ©connue chez nous, Laurin traite des thèmes de la perte de l'innocence, de la pĂ©dophilie et du meurtre infantile sous le pilier d'un climat d'Ă©trangetĂ© très particulier. Notamment faute d'un rythme monocorde et feutrĂ© qui risque de dĂ©plaire Ă  une frange de spectateurs peu habituĂ©s Ă  frĂ©quenter du cinĂ©ma d'auteur singulier pĂ©tri d'ambition et de bonnes intentions. NarrĂ© du point de vue d'une fillette placide superbement campĂ©e par la troublante DĂłra Szinetár (son regard noir  magnĂ©tique y doit beaucoup !), Laurin empreinte au conte de fĂ©e mâtinĂ© d'horreur Ă©thĂ©rĂ©e si on Ă©carte son Ă©tonnant dĂ©nouement explicite aussi sensible que crĂ©pusculaire. Formellement très soignĂ© (tant auprès de sa photo flamboyante que des dĂ©cors domestiques ou naturels chargĂ©s d'onirisme), il laisse au final une Ă©trange impression de rĂŞve Ă©veillĂ© oĂą le cauchemar pointe parfois le bout de son nez avec une bizarre retenue. A dĂ©couvrir et Ă  revoir afin de mieux saisir toute l'essence de cet inquiĂ©tant ovni portĂ© Ă  bout de bras par des protagonistes tantĂ´t interlopes et anxiogènes, tantĂ´t mĂ©lancoliques et fragiles.

* Bruno

STRANGE VOMIT DOLLS, CINE, BIS ET PASSION par Jean-Marc Micciche.






Comme vous le savez, le blog EXPLORER s'intĂ©resse depuis ses dĂ©buts Ă  la transmissions de la culture cinĂ©ma sous toutes ses formes. La question de la rĂ©ception des Ĺ“uvres et l'expertise est au centre de ma propre rĂ©flexion de cinĂ©ma. Depuis ses origines, ce qu'on appelle communĂ©ment de manières naturelles comme 'l'amour du cinĂ©ma' s'est distinguĂ© de diffĂ©rentes manières, cinĂ©-clubs, festivals Ă©taient pendant longtemps le centre d'Ă©changes et de partage de cet passion commune. A partir de la fin des annĂ©es 60, le fanzinat a Ă©tĂ© Ă  son tour un relayeur certain entre les Ĺ“uvres et le public (et certains de ses passionnĂ©s ont d'ailleurs souvent fait la jonction entre une pratique amateur et le milieu professionnel de la critique). 

Picque Nique Ă  Hangin Rock

Dans les années 80, le phénomène a pris de l'ampleur, passant aussi bien du simple videoclub de quartier en passant des figures aussi charismatique que déterminante.....Le phénomène internet a été la dernière pièce de l'édifice et elle a coïncidé avec l'émergence d'une masse de cinéphiles dont la connaissance précise de l'histoire du cinéma n'avait plus rien à envier avec l'érudition intellectuelle classique (critiques / universitaires). Désormais la frontière sociale entre amateur / professionnel étaient naturellement flou. C'est dans ce moule, dans ce contexte bouillonnant que le courant bloggeurs ciné est apparu....J'ai découvert le phénomène à la fin des années 2000 et parmi eux, une personne à la fois timide et charmante, m'a tout de suite séduit à la fois sa générosité mais aussi par une réelle empathie pour le même cinéma : celui de l'antre des vidéoclubs et du cinéma bis....un vrai jumeau cinéphile quoi ! Connu sous le pseudo Bruno Mattei, Strange Vomit Doll est sans aucun doute un de site les plus complet sur le cinéma de genre et lorsque j'ai envisagé de rouvrir EXPLORERS, il m'a semblé naturel de commencer par une interview de ce passionné émérite, histoire de rappeler que c'est aussi avec ses petites 'mains du cinéma qu'on participe à la grande histoire du cinéma.

Avant de débuter la lecture de l'interview, je vous recommande de lancer la lecture audio d'une de ses soundtrack préférés, histoire de rentrer un peu plus dans la psyché d'un authentique amoureux du cinéma. Vous avez le choix des titres !




1)- Alors tout d’abord peux tu nous dire comment t’es venu l’idĂ©e de crĂ©er ton blog et pourquoi as-tu choisi ce nom ? Strange Vomit Doll….

1/ L'idĂ©e m'est venu grâce Ă  un ami qui lisait de temps Ă  autre mes p'tites critiques de films que je postais sur Facebook. Il me complimentait constamment, notamment  dans ma sincĂ©ritĂ© de retranscrire mes opinions subjectives avec pas mal de passion. Et donc un jour je me suis dit que j'allais crĂ©er un blog, non seulement pour moi, mais autant pour les fans de cinĂ©ma qui comme moi vouent un amour indĂ©fectible pour le cinĂ©ma de genre, en prioritĂ© le Fantastique. Ensuite, l'idĂ©e du titre "Strange Vomit Dolls" Ă©mane en prioritĂ© d'un film indĂ©pendant que je n'ai jamais eu la chance de dĂ©couvrir et qui s'intitule : Slaughtered Vomit Dolls. Une Ĺ“uvre assez trash et scato parait-il.  Et donc le terme "strange" affiliĂ© Ă  "vomit dolls" je trouvais que ça sonnait bien et que ça correspondait Ă©galement Ă  ma personnalitĂ©. La traduction du titre Ă©tant "les poupĂ©es vomissent Ă©trangement" signifie pour moi une mĂ©taphore. A savoir que "les poupĂ©es" (symbolisĂ©es par l'enfance) vomit le monde des adultes ou ne parviennent pas Ă  s'y acclimater. Et donc Ă  travers ce titre singulier je voulais aussi Ă©voquer l'Ă©trangetĂ© du cinĂ©ma fantastique et sa marginalitĂ©. Le genre est si souvent mal perçu et discrĂ©ditĂ© par les critiques dites "bien pensantes".

2)- Que cherches-tu Ă  transmettre Ă  travers tes critiques ?

2/ Ce que je cherche Ă  transmettre Ă  travers mes critiques, c'est l'amour, la passion du genre. Eveiller la curiositĂ© des spectateurs nĂ©ophytes, leur donner l'envie de dĂ©couvrir des perles dont ils n'ont jamais entendu parler aussi. Leur donner envie de redĂ©couvrir un film qu'ils ont adorĂ©. Je suis quelqu'un d'assez nostalgique/mĂ©lancolique et donc j'aime autant rĂ©pertorier sur un blog les films qui ont marquĂ©/bercĂ© ma fabuleuse jeunesse durant les annĂ©es 80. Donc ce blog est destinĂ© autant pour moi que pour le lectorat avide de redĂ©couvrir leurs sensations d'antan Ă  travers mes Ă©crits. C'est donc autant un tĂ©moignage qu'une dĂ©claration d'amour aux classiques du genre et mon but est d'y rĂ©pertorier l'essentiel de sa filmographie, en particulier auprès du Fantastique, de l'Horreur et de la Science-fiction. Pour conclure, je veux transmettre au lectorat la passion et l'amour qu'on peut ressentir pour une Ĺ“uvre de fiction. J'ai toujours privilĂ©giĂ© le cĹ“ur, l'Ă©motif, l'affect plutĂ´t qu'une rĂ©flexion approfondie et dĂ©taillĂ©e lorsque je  chronique un film.

3)- Quel souvenir gardes-tu de ta jeune cinĂ©philie ?

3)- J'en garde un souvenir tout simplement inaltérable puisque les plus beaux moments de ma vie s'y retrouvent. Précisément lors de cette période néophyte , celle où l'on ne faisait que découvrir et que d'apprendre avec des yeux émerveillés si j'ose dire. Mon 1er Dracula découvert un vendredi soir sur Ciné-club m'avait d'ailleurs complètement fasciné. C'est avec ce film de 1933 (celui de Tod Browning avec l'immense Bela Lugosi) que tout à basculé. Il me semble que c'est cette œuvre qui a éveillé ma passion pour le genre.



Me souviens notamment d'une affiche dans la voix du nord qui faisait la promo du magnifique Wolfen de Wadleigh. J'ai découpé l'affiche et je l'ai fantasmé durant des mois avant de le découvrir à la TV, une ou deux années plus tard sur Antenne 2. Un de mes films de chevet que je ne me lasserai jamais de revoir. Bref, ma vie de jeune cinéphile était édénique, foisonnante, très riche d'émotions fortes, troubles, dramatiques. Même à l'heure d'aujourd'hui, je préserve encore une âme d'enfant et je parviens souvent à retrouver mes émotions d'antan d'une certaine manière, surtout lorsque je revois un authentique chef-d'œuvre.



4)- Fais tu partie de cette nouvelle cinĂ©philie apparue qui faisait le tour des vidĂ©oclubs et qui achetaient les revues de cinĂ©ma ?

 Oui, j'Ă©tais Ă©videmment "un rat" des vidĂ©os. Je louais toutes les nouveautĂ©s de l'Ă©poque si bien que je ne loupais jamais rien Ă  peu de choses près. Pour les revues, j'ai d'abord connu l'Ecran fantastique (celle avec la couverture d'E.T) grâce Ă  mon oncle qui me l'a offert le jour de mon anniversaire.


Lorsque j'ai feuilleté le mag, j'étais aux anges complètement fasciné par les images, j'étais comme un gosse à qui on venait d'offrir le saint-graal. Puis ensuite, j'ai connu assez rapidement et en toute
logique Mad Movie et Starfix qui ne m'ont plus jamais quitté durant toute mon adolescence. Je possède d'ailleurs les collections intégrales de ces 2 dernières revues (même si depuis 3 ans je n'achète plus Mad Movies). Mais pour en revenir aux vidéo-clubs, je garde d'immenses souvenirs de cinéphiles. Imaginez l'époque incroyable ! Découvrir pour la 1ère fois chez soi des films aussi âpres et durs comme Suspiria, Carnage, Cauchemars à Daytona Beach ou encore Maniac.



5)- Que penses-tu la vague actuelle des youtubeurs cinĂ© ? Tu n’es pas tentĂ© par l’expĂ©rience ?

On me l'a justement proposĂ©, il y a quelques mois mais j'ai refusĂ©. Je prĂ©fère rester discret, peut-ĂŞtre aussi Ă  cause de ma timiditĂ©; et donc je prĂ©fère plutĂ´t dĂ©voiler mes sentiments Ă  l'Ă©crit. Quant Ă  la prolifĂ©ration des youtubeurs cinĂ©philes, il y en a trop et j'avoue que j'Ă©coute rarement les plus connus. Après je n'ai rien contre tant que ces derniers sont d'authentiques passionnĂ©s amoureux et qu'ils dĂ©sirent Ă  leurs tours transmettre leur passions. 

6)- On te connais sous ton pseudo Bruno Mattei….pourquoi avoir choisi celui-ci en particulier ?

J'adore cette question finale. C'est évidemment un hommage au fameux Bruno Mattei (d'où ma nuance orthographique !) et à tous ces artisans sans le sou ayant réalisé parfois des ovnis Z terriblement attachants, à la fois drôles et ludiques, mais aussi précaires de par leurs manques de moyens. C'est aussi une manière de ne surtout pas me prendre au sérieux et d'interpeller les autres de mon affection particulières pour le rayon Z de la belle époque (je ne parle pas des productions numériques actuelles dénuées de charme et d'âme et auquel je ne parviens pas à rêver dans la majorité des cas). Et puis, faut aussi dire que si j'ai choisi ce sobriquet, c'est aussi parce que je possède le même prénom que lui...

 






TOP CINEMA BRUNO MATEI

PICNIC A HANGING ROCK,
LE CERCLE INFERNAL,
TRAUMA de Dan Curtis,
SUSPIRIA,
LA FORTERESSE NOIRE,
CHAQUE SOIR A 9 HEURES,
LES INNOCENTS,
FONDU AU NOIR,
LA SOLITUDE DES NOMBRES PREMIERS,
VOYAGE AU BOUT DE L'ENFER


TOP BANDE ORIGINAL DE MUSIQUE
LE CERCLE INFERNAL
LA FORTERESSE NOIRE
SUSPIRIA
CHRISTINE
CONAN LE BARBARE
LOOKER
DRESSE POUR TUER
FRAYEURS
L'AUDELA
L'ENFER DES ZOMBIES


mardi 10 avril 2018

Le Prix du Danger

                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site senscritique.com

d'Yves Boisset. 1983. France/Yougoslavie. 1h40. Avec Gérard Lanvin, Marie France Pisier, Michel Piccoli, Bruno Cremer, Andréa Ferréol, Jean-Claude Dreyfus, Gabrielle Lazure, Catherine Lachens.

Sortie salles France: 26 Janvier 1983

FILMOGRAPHIE: Yves Boisset est un réalisateur français, né le 14 Mars 1939 à Paris. 1968: Coplan sauve sa peau. 1970: Cran d'arrêt. 1970: Un Condé. 1971: Le Saut de l'ange. 1972: l'Attentat. 1973: R.A.S. 1975: Folle à tuer. 1975: Dupont Lajoie. 1977: Un Taxi Mauve. 1977: Le Juge Fayard dit Le Shériff. 1978: La Clé sur la porte. 1980: Le Femme flic. 1981: Allons z'enfants. 1982: Espion, lève-toi. 1983: Le Prix du Danger. 1984: Canicule. 1986: Bleu comme l'Enfer. 1988: La Travestie. 1989: Radio Corbeau. 1991: La Tribu.


              Une sĂ©rie B complètement allumĂ©e et inquiĂ©tante sur notre voyeurisme pervers.

Flingué par les critiques à sa sortie alors que 1 388 000 spectateurs s'étaient rués dans nos salles, Le Prix du Danger fait office d'immense farce vitriolée afin de dénoncer la corruption vénale de la télé-réalité réduisant le spectateur et ses participants à de vulgaires pantins lobotomisés par une société consumériste où tout est devenu spectacle. Et donc, par le biais d'un jeu TV révolutionnaire d'une originalité improbable et d'une audace immorale (une chasse à l'homme en plein Paris que 5 tueurs prolos se résignent à éliminer si leur proie parvenait à survivre à l'issue de 4 heures de marathon pour l'enjeu d'un magot !), les spectateurs complices de cette mascarade meurtrière assouvissent, via le tube cathodique, leurs bas instincts dans une débauche de sang et de violence.


C'est dire si les règles cyniques du jeu dĂ©loyal (5 hommes armĂ©s grisĂ©s Ă  l'idĂ©e de courser et assassiner une proie sans dĂ©fense) s'avèrent ubuesques (notamment cette suicidaire probation "aĂ©rienne" afin de gagner la candidature !), quand bien mĂŞme en cours de route effrĂ©nĂ©e on apprendra que le show (commentĂ© avec emphase par un Piccoli outrancièrement extravagant !) est finalement truquĂ© afin de prĂ©server leur dĂ» monĂ©taire puis maintenir le public dans l'expectative d'une course-poursuite irresponsable. Tueurs, cameramans et traquĂ© se fondant stoĂŻquement au sein d'une population tantĂ´t inconsciente du danger (celle de se risquer Ă  une balle perdue), tantĂ´t complice d'y compromettre la survie du participant avec une Ă©loquence perverse. Outre le caractère spectaculaire de cette folle escapade nocturne solidement menĂ©e par Yves Boisset (notamment en exploitant assez habilement la disparitĂ© de dĂ©cors urbains parfois menaçants), on peut autant prĂ´ner le jeu viscĂ©ral, tout en agressivitĂ© de GĂ©rard Lanvin littĂ©ralement emportĂ© par ses pulsions de haine, de vaillance et de rĂ©silience. Notamment Ă  travers sa rage et son dĂ©sespoir de dĂ©noncer la dictature mĂ©diatique ne reculant devant rien pour prĂ©server leur audimat et maintenir le spectateur dans un voyeurisme putassier. Quand bien mĂŞme Marie France Pisier se prĂŞte au rĂ´le secondaire d'une productrice hautaine, Ă©quivoque et fourbe, notamment lors de son parti-pris Ă  trahir la cause du rescapĂ© pour une motivation purement cupide.


SĂ©rie B d'anticipation hallucinĂ©e et prophĂ©tique autour d'un show mĂ©diatique hyperbolique, Le Prix du Danger fait grincer des dents en pamphlet brutal alertant des dĂ©rives d'une TV corporative oĂą spectateurs et participants sont rĂ©duits Ă  de simples objets de consommation. Si on peut accuser le trait caricatural de certains protagonistes, leur posture dĂ©cervelĂ©e, dĂ©jantĂ©e et irresponsable Ă  cĂ©der Ă  leur fantasme le plus dĂ©viant face camĂ©ra (celle du plaisir de traquer et tuer leur proie, tel le chasseur rural !) renforce l'attrait follement dĂ©bridĂ© de cette TV rĂ©alitĂ© de proche actualitĂ©. Un survival coup de poing d'autant plus nerveux et haletant, Ă  redĂ©couvrir ! 

* Bruno
4èx

lundi 9 avril 2018

ATTENTION LES DEGATS

                                        Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site boxofficestory.com

"Non c'è due senza quattro" de Enzo Barboni. 1984. Italie. 1h39. Avec Terence Hill, Bud Spencer, April Clough, Harold Bergman, C.V. Wood Jr , Dary Reis, Nello Pazzafini.

Sortie salles France: ?. U.S: 16 Novembre 1984. Italie: 21 Octobre 1984

FILMOGRAPHIE: Enzo Barboni (E.B. Clucher) est un directeur de la photographie et réalisateur italien né le 10 juillet 1922 à Rome et mort le 23 mars 2002. 1970 : Ciak Mull. 1970 : On l'appelle Trinita. 1971 : On continue à l'appeler Trinita. 1972 : Et maintenant, on l'appelle El Magnifico. 1973 : Les Anges mangent aussi des fayots. 1974 : Même les anges tirent à droite. 1976 : Deux super flics. 1982 : Ciao nemico. 1983 : Quand faut y aller, faut y aller. 1984 : Attention les dégâts. 1987 : Renegade. 1991 : Ange ou Démon. 1995 : Trinità & Bambino... e adesso tocca a noi.


Se faisant passer pour des sosies Ă  la suite d'une transaction avec deux cousins milliardaires, Bud Spencer et Terence Hill joue les pachas dĂ©vergondĂ©s au moment mĂŞme de s'opposer Ă  des mafieux dirigĂ©s par une mystĂ©rieuse matriarche. Clucher / Spencer / Hill ! On ne change pas une Ă©quipe qui gagne si bien que la recette bonne humeur / gags / baffes dans la gueule reste inchangĂ©e sur fond de carte postale tropicale ! TournĂ© un an après Quand faut y aller, faut y aller; Attention les DĂ©gâts reste une comĂ©die familiale bonnard toujours aussi plaisante et cocasse grâce Ă  la complicitĂ© jouasse de nos "Laurel et Hardy" dĂ©doublĂ©s ici pour s'auto-parodier (les 2 milliardaires Ă©tant des froussards minaudiers victimes de leur confort). 

Box Office France: 1 274 468 entrées (classé 31è)
Version longue dispo en Dvd chez Seven Sept

* Bruno

vendredi 6 avril 2018

Roadhouse

                                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Rowdy Herrington. 1989. U.S.A. 1h54. Patrick Swayze, Kelly Lynch, Sam Elliott, Ben Gazzara, Kevin Tighe, Red West

Sortie salles France : 3 janvier 1990. U.S: 19 Mai 1989

FILMOGRAPHIE: Rowdy Herrington (né en 1951 à Pittsburgh, Pennsylvanie) est un réalisateur et scénariste américain. 1988 : Jack's Back. 1989: Road House. 1992: Gladiator. 1993 : Piège en eaux troubles. 1999 : Murder of Crows (vidéo). 2001: Présumé Coupable. 2003 : I Witness. 2004 : Bobby Jones, naissance d'une légende.


Videur: Personne qui a la mission de repousser des personnes indésirables à l'entrée d'un établissement public.

Si en 1989 le succès ne fut pas au rendez-vous lors de sa sortie internationale (chez nous il cumule 639 139 entrĂ©es et se classe 45è au Box-Office), Roadhouse a gagnĂ© au fil des ans une rĂ©putation de sĂ©rie B culte (on va Ă©viter d'emprunter le terme "nanar" pour ne pas froisser les fans puristes), de par ses multiples rediffusions Ă  la TV et de son exploitation en Vhs, Dvd et Blu-ray. On ne va pas se leurrer, Roadhouse fait clairement office de plaisir "innocent" (non je ne suis pas coupable !) au sein du moule d'une action dĂ©cĂ©rĂ©brĂ©e en roue libre, faute Ă  une intrigue aussi limpide que prĂ©visible (un videur rĂ©putĂ© pour son autoritĂ© est recrutĂ© chez un autre taulier afin de faire rĂ©gner l'ordre dans sa boite Ă  triste renommĂ©e) et de situations parfois hilarantes Ă  force de surenchère musclĂ©e et de cabotinage chez les comĂ©diens prenant très au sĂ©rieux leur posture martiale. Pour autant, par je ne sais quelle alchimie (spirituelle peut-ĂŞtre), Roadhouse fonctionne de la 1ère Ă  la dernière seconde si bien qu'il s'avère constamment jouissif Ă  travers sa conjugaison d'action, de romance et de chouilla d'Ă©rotisme ! De par son rythme homĂ©rique fertile en bastonnades (de saloon) et gunfights; Rowdy Herrington ne lĂ©sine pas non plus sur la surenchère, notamment si je me rĂ©fère Ă  son final barbare d'une violence Ă©tonnamment gratuite.


Et ce pour le plus grand fantasme du spectateur ravi, tel un bambin jovial, d'assister Ă  l'opiniâtre vendetta d'un portier travesti en tueur sans vergogne ! (mĂŞme s'il s'agit d'une seconde posture de par son sombre passĂ© rongĂ© d'une certaine culpabilitĂ©). Au-delĂ  du plaisir d'assister au spectacle de bastons rondement exĂ©cutĂ©es Ă  rythme cadencĂ©, Roadhouse renforce son ressort ludique auprès de la prĂ©sence d'une des stars de l'Ă©poque, Patrick Swayze rĂ©vĂ©lĂ© plus tĂ´t par le classique "rose bonbon" Dirty Dancing. Ce dernier parvenant Ă  se glisser dans le corps (huilĂ©) de Dalton, hĂ©ros impassible Ă  la fois flegme et studieux, tout en force tranquille, notamment par son esprit philosophe hĂ©ritĂ© de l'art martial. En doctoresse fringante, Kelly Lynch lui partage la vedette avec charme et sensibilitĂ© afin d'incarner sa muse Ă©prise de sentiments mais peu Ă  peu gagnĂ©e par l'apprĂ©hension d'un dĂ©nouement dramatique. En faire-valoir plein de charme viril, le charismatique (et beaucoup trop rare !) Sam Elliot endosse le fidèle acolyte de Dalton avec un sens de l'amitiĂ© indĂ©fectible et une dĂ©marche de cow-boy infaillible (bordel quel putain d'acteur ultra charismatique !). Quand bien mĂŞme Ben Gazzara cabotine sensiblement avec amiteuse dĂ©rision dans celui du mafieux mĂ©galo se complaisant dans les provocations verbales et menaces meurtrières avec une mine jouasse. Tous ces personnages hauts en couleur parvenant efficacement Ă  se prĂŞter au jeu des règlements de compte et intimidations machistes, Ă  savoir qui emportera la mise afin de rĂ©genter une paisible bourgade rurale.


Western moderne fort en gueule Ă  travers son esprit Rock and roll / Country oĂą la bière coule Ă  flot entre moult bastonnades que s'Ă©change un casting aguerri, Roadhouse fait office de must bourrin sous l'influence stoĂŻque d'un Patrick Swayze Ă©tonnamment charmeur, dĂ©contractĂ© mais aussi schizo en redresseur de tort rĂ©ac. A redĂ©couvrir fissa si bien que le divertissement constamment trippant (notamment Ă  travers ses sĂ©quences hilarantes et ses bons sentiments tantĂ´t solidaires, tantĂ´t romantiques) n'a pas pris une ride (bien au contraire il est mĂŞme encore plus drĂ´le aujourd'hui auprès de sa cocasserie rĂ©tro). 

* Bruno 
Ci-joint chronique de la version 2024: https://brunomatei.blogspot.com/2024/03/road-house.html

jeudi 5 avril 2018

GOTHIC

                                                 Photo empruntĂ©e sur google, appartenant au site Imdb.com

de Ken Russel. 1986. Angleterre. 1h27. Avec Gabriel Byrne, Julian Sands, Natasha Richardson, Timothy Spall, Myriam Cyr.

Sortie salles France: 4 Février 1987

FILMOGRAPHIE: Ken Russell est un réalisateur, scénariste, acteur, producteur, monteur et directeur de la photographie britannique né le 3 juillet 1927 à Southampton. 1967 : Un cerveau d'un milliard de dollars, 1969 : Love , 1970 : The Music Lovers, 1971 : Les Diables, 1971 : The Boy Friend, 1972 : Savage Messiah, 1974 : Mahler, 1975 : Tommy, 1975 : Lisztomania, 1977 : Valentino, 1980 : Au-delà du réel, 1984 : Les Jours et les nuits de China Blue,1986 : Gothic, 1988 : Salome's Last Dance , 1988 : Le Repaire du ver blanc ,1989 : The Rainbow ,1991 : La Putain, 2002 : The Fall of the Louse of Usher, 2006 : Trapped Ashes segment "The Girl with Golden Breasts".


Un trip halluciné à l'hystérie collective nonsensique, tantôt fascinant (formellement poétique et alambiqué), souvent irritable.
A revoir pour me faire une opinion objective.

* Bruno

mercredi 4 avril 2018

LOVE STORY. Golden Globe Meilleur Film Dramatique, 1971.

                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site filmfracas.files.wordpress.com

de Arthur Hiller. 1970. U.S.A. 1h39. Avec Ali MacGraw, Ryan O'Neal, John Marley, Ray Milland, Tommy Lee Jones.

Sortie salles France: 5 Mai 1971. U.S: 16 Décembre 1970

FILMOGRAPHIE: Arthur Hiller, nĂ© le 22 novembre 1923 Ă  Edmonton (Alberta) et mort le 17 aoĂ»t 2016 Ă  Los Angeles (Californie), est un rĂ©alisateur canadien.1956 : Massacre at Sand-Creek. 1963 : The Wheeler Dealers. 1964 : Les Jeux de l'amour et de la guerre. 1965 : Promise Her Anything. 1966 : Tobrouk, commando pour l'enfer. 1966 : Les Plaisirs de PĂ©nĂ©lope. 1967 : The Tiger Makes Out
1970 : Escapade Ă  New York. 1970 : Love Story. 1971 : Plaza Suite. 1971 : L'HĂ´pital. 1972 : L'Homme de la Manche. 1975 : The Man in the Glass Booth. 1976 : Transamerica Express. 1979 : Ne tirez pas sur le dentiste. 1979 : Morsures. 1982 : Making Love. 1982 : Avec les compliments de l'auteur ! 1983 : Romantic Comedy. 1984 : Ras les profs ! 1984 : Manhattan Solo. 1987 : Une chance pas croyable. 1989 : Pas nous, pas nous. 1990 : Filofax. 1992 : The Babe. 1997 : An Alan Smithee Film.

           
                                       « L'amour, c'est n'avoir jamais Ă  dire qu'on est dĂ©solĂ© »

Enorme succès international Ă  sa sortie (chez nous il rĂ©colte 5 512 408 entrĂ©es et se classe 5è sur 60 !) ayant traumatisĂ© une gĂ©nĂ©ration de spectateurs (et de lecteurs d'après le Best-seller du scĂ©nariste Erich Segal), Love Story aborde le mĂ©lo avec une intensitĂ© dramatique aussi cruelle que bouleversante, eu Ă©gard de la tournure tragique (pour ne pas dire cauchemardesque) des Ă©vènements que se confronte un couple de jeunes mariĂ©s. RĂ©alisĂ© par l'artisan touche Ă  tout Arthur Hiller (sa riche filmo ne cesse d'entrecroiser les genres les plus divers), ce dernier Ă©lude admirablement voyeurisme et complaisance face Ă  un sujet aussi grave que dĂ©licat, et ce grâce Ă  la soliditĂ© de sa rĂ©alisation particulièrement sobre et rĂ©aliste, et du jeu incandescent du couple mythique Ali MacGraw / Ryan O'Neal portant le film Ă  bout de bras avec une puissance Ă©motionnelle aussi prude que dĂ©chirante (si je me rĂ©fère aux moments intimistes les plus rigoureux). C'est dire si l'alchimie sentimentale entre eux fonctionne avec un art consommĂ© de par leurs Ă©changes amoureux jamais outrĂ©s (lui est d'ailleurs de nature intègre, rĂ©voltĂ© et passionnĂ©ment amoureux; elle est arrogante, espiègle, provocatrice et obtuse dans sa peur de cĂ©der Ă  la puretĂ© de ses sentiments !) puis leur dĂ©sarroi progressif suite Ă  l'injustice de la maladie.


Cauchemardesque et éprouvante, sa dernière partie vertigineuse nous glace autant d'effroi que de désarroi face à l'introspection de l'époux affligé par une destinée morbide aléatoire. Arthur Hiller filmant ses errances urbaines parmi la suggestion du non-dit, de par la vigueur de son regard modestement meurtri car hanté par la déveine, le remord et la culpabilité. Notamment auprès des rapports houleux avec son patriarche trop orgueilleux et autoritaire qu'il se refuse à chérir ouvertement en dépit de l'influence clémente de Jennifer. Car opposant en sous-intrigue les relations paternelles que s'échangent le couple entre une famille patriarcale cossue (le père si hautain d'Oliver) et une famille prolo catholique (le père beaucoup plus empathique et indulgent de Jennifer), Arthur Hiller suggère en sous-texte social l'émancipation d'une jeunesse rebelle s'opposant aux nobles traditions et à la religion à l'orée des années 70 (Oliver et Jennifer refusent de se marier à l'église faute de leur athéisme). De par la puissance de certaines séquences émotives admirablement dépouillées de racolage (notamment cette magnifique étreinte dans l'hôpital alors que l'un des paternels se met brièvement en retrait pour préserver leur intimité), Love Story inspire la dignité face au thème de la maladie incurable frappant de plein fouet un couple fusionnel en ascension financière.


Fer de lance qui allait inspirer une flopée de mélodrames souvent sirupeux et noyés de bons sentiments, Love Story reste quelques décennies après sa sortie un classique du genre d'une fragilité émotive radicale, entre spleen et dépression d'un amour nécrosé. Le spectateur s'identifiant auprès de l'infortune du couple juvénile avec une appréhension à la fois morale et viscérale, faute d'une peur morbide pouvant frapper sans sommation l'être le plus cher car le plus aimé. Francis Lai se chargeant aussi d'accompagner son délicat climat langoureux sous l'impulsion d'une mélodie au clavecin restée dans toutes les mémoires (Oscar de la Meilleure musique un an plus tard).

* Bruno

Récompenses:
Oscar de la meilleure musique originale pour Francis Lai en 1971
Golden Globes 1971 :
Meilleur film dramatique
Meilleur actrice dans film dramatique pour Ali MacGraw
Meilleur réalisateur pour Arthur Hiller
Meilleur scénario pour Erich Segal
Meilleure musique originale pour Francis Lai

Info subsidiaire relayée d'après le site Remember the times:
En 1972, "Love Story" était le film le plus regardé à la télévision de tous les temps.

EPOUSE MOI MON POTE

                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Tarek Boudali. 2017. France. 1h31. Avec Tarek Boudali, Philippe Lacheau, Charlotte Gabris, Andy Raconte, David Marsais, Julien Arruti, Baya Belal, Philippe Duquesne.

Sortie salles France: 25 Octobre 2017

FILMOGRAPHIE: Tarek Boudali est un acteur, scĂ©nariste et rĂ©alisateur français, nĂ© le 5 novembre 1979. 2017: Epouse moi mon pote.


                                                                         Chronik'express 

La joyeuse bande à Fifi, ou les Charlots du nouveau siècle !

Baby Sitting 1 et 2, Alibi.com, Epouse moi mon pote !
Rien ne les arrêtent si bien qu'au fil de leur carrière payante, Tarek Boudali / Philippe Lacheau sont entrain de se tailler une jolie réputation de trublions comparables (à mes yeux) à l'équipe du Splendid et à celle des Charlots. Toujours aussi inspirés par l'énergie folingue de gags à la fois cartoonesques (le fameux esprit ZAZ), cocasses et déjantés, Epouse moi mon pote transpire à chaque seconde la générosité de ces interprètes assortie d'une sincérité faisant clairement écho aux comédies des années 80 (ceux-ci ont carrément compris la recette de la comédie populaire festive, bigarrée, sans prétention, emplie de chaleur humaine !).
Résolument décomplexés dans leur bonne humeur expansive d'endosser des "zozos" d'un naturel confondant, ils crèvent l'écran à chacune de leurs extravagantes apparitions !
Et donc ça a beau voler bas, flirter avec la nullité, les maladresses (il s'agit d'une première réalisation) et les lourdeurs (notamment dans son lot de clichés usuels), Epouse moi mon pote insuffle pour autant rire et sourire de gosse de la 1ère à la dernière seconde, et ce entre 2 plages de tendresse émotives !

Bref, Tarek Boudali, acteur et réal novice, accompagné de sa jouasse équipe, cultivent charme innocent et fraîcheur (infiniment) sémillante sous couvert de farce sociale sur la naturalisation d'un couple gay. Et d'y cumuler au final 2 467 154 entrées dans nos contrées !

* Bruno

mardi 3 avril 2018

L'ILE DE LA TERREUR

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com


"Island of Terror" de Terence Fisher. 1966. 1h29. Angleterre. Peter Cushing, Edward Judd, Carole Gray, Eddie Byrne, Sam Kydd, Niall MacGinnis.

Sortie salles France: 14 Juin 1972. Angleterre: 20 Juin 1966.

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Terence Fisher est un réalisateur britannique né le 23 février 1904 à Londres (Maida Vale), et décédé le 18 juin 1980 dans la même ville. 1957 : Frankenstein s'est échappé, 1958 : Le Cauchemar de Dracula , 1958 : La Revanche de Frankenstein , 1959 : Le Chien des Baskerville , 1959 : L'Homme qui trompait la mort , 1959 : La Malédiction des pharaons, 1960 : Le Serment de Robin des Bois , 1960 : Les Étrangleurs de Bombay, 1960 : Les Maîtresses de Dracula, 1960 : Les Deux Visages de Docteur Jekyll , 1961 : La Nuit du loup-garou, 1962 : Le Fantôme de l'Opéra , 1962 : Sherlock Holmes et le collier de la mort, 1963 : The Horror of It All, 1964 : La Gorgone , 1965 : The Earth Dies Screaming, 1966 : L'Île de la terreur , 1966 : Dracula, prince des ténèbres , 1967 : La Nuit de la grande chaleur , 1967 : Frankenstein créa la femme, 1968 : Les Vierges de Satan, 1969: Le Retour de Frankenstein, 1974 : Frankenstein et le monstre de l'enfer.


Après avoir expĂ©rimentĂ© des cellules vivantes afin d'enrayer la maladie du cancer, des crĂ©atures prĂ©nommĂ©es "les silicates" y sont engendrĂ©es et finissent par envahir une rĂ©gion cĂ´tière de l'Angleterre en dĂ©vorant les citadins. Ces derniers Ă©tant retrouvĂ©s dans un Ă©tat liquĂ©fiĂ©. Le docteur Brian Stanley et deux de ses compères vont tenter de les dĂ©truire depuis leur prolifĂ©ration rendue ingĂ©rable. 


Rappelant le thème des invasions extra-terrestres d'après les classiques ricains des annĂ©es 50, l'Ă®le de la Terreur est une savoureuse sĂ©rie B horrifique aussi modeste soit sa rĂ©alisation estampillĂ©e Terence Fisher. Car si les crĂ©atures peuvent paraĂ®tre plutĂ´t ringardes lors de leurs dĂ©placements atones, leur morphologie Ă  la fois visqueuse et indicible ainsi que leur capacitĂ© sournoise Ă  alpaguer leurs victimes parviennent Ă  fasciner lors des scènes-chocs les plus marquantes que Fisher met en exergue sans fard. Et si son schĂ©ma narratif que l'on connait par coeur n'apporte aucune surprise (jusqu'Ă  l'Ă©pilogue sardonique repris dans moult productions), la conviction des interprètes (Peter Cushing en tĂŞte en docteur studieux, accompagnĂ© de seconds-rĂ´les aussi dĂ©pouillĂ©s) et l'enjeu de survie que s'improvisent solidairement nos protagonistes parviennent Ă  instaurer un suspense captivant souvent inquiĂ©tant. Qui plus est, pour renforcer l'aspect vĂ©nĂ©neux de ces crĂ©atures carnivores (nanties d'antenne meurtrière sur leur carapace !), une bande-son dissonante est exacerbĂ©e Ă  chacune de leurs apparitions. On apprĂ©cie enfin l'invention des stratĂ©gies offensives (et de communication afin de canaliser l'affolement de la populace) que mettent en pratique nos hĂ©ros fĂ©briles dans leur quĂŞte ardue de trouver une solution furtive contre la menace. Fisher empruntant habilement le principe du huis-clos Ă©touffant (tant Ă  travers sa campagne rurale qu'en interne d'une Ă©glise), théâtres d'agressions criminelles rehaussĂ©es d'un rĂ©alisme quasi documentĂ©.


Une très sympathique sĂ©rie B british conjuguant efficacement suspense, tension et horreur viscĂ©rale (notamment Ă  travers l'expression hĂ©bĂ©tĂ©e de certaines victimes liquĂ©fiĂ©es !) autour des dangers de l'avancement mĂ©dical. Fisher abordant aussi la question Ă©thique de sacrifier la cause animale au profit de la recherche et de notre survie. 

* Bruno