mercredi 8 juillet 2020

l'Hôtel de la Plage

                                                     Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Michel Lang. 1978. France. 1h50. Avec Sophie Barjac, Myriam Boyer, Daniel Ceccaldi, Michèle Grellier, Bruno Guillain.

Sortie salles France: 11 Janvier 1978

FILMOGRAPHIEMichel Lang est un réalisateur et scénariste français né le 9 juin 1939 à Paris,  décédé le 24 avril 2014 à Saint-Arnoult (Calvados), . 1976 : À nous les petites Anglaises. 1977 : Une fille cousue de fil blanc. 1978 : L'Hôtel de la plage. 1980 : Tous vedettes. 1981 : On n'est pas des anges... elles non plus. 1982 : Le Cadeau. 1985 : À nous les garçons. 1986 : L'Étincelle. 1987 : Club de rencontres. 1990 : Édouard et ses filles - (TV). 1991 : Duplex (TV). 1991 : Mascarade (TV). 1992 : Le Fils d'un autre (TV). 1992 : Mord im Atomkraftwerk (TV). 1992 : Un mort très convenable (TV). 1994 : Les Faucons (TV). 1995 : Baldipata (TV). 1995 : Bébé coup de foudre (TV). 1997 : Sans cérémonie (TV). 2002 : Louis et les enfants perdus, épis 5, Sais 3 Louis la Brocante (TV).


Peu diffusé à la TV alors qu'à l'époque de sa sortie il cumula pas moins de 2 771 917 entrées; l'Hôtel de la plage vaut mieux que l'oubli qu'il se coltine injustement depuis des décennies. Si bien que selon mon jugement de valeur il me parait aussi attachant et ludique que le 1er volet des Bronzés de Patrice Lecomte auquel il emprunte le même contexte estival au sein d'une commune trajectoire narrative.  Michel Lang retraçant les villégiatures de français moyens ayant loué une chambre d'hôtel à proximité d'une plage le temps de leurs semaines de congés. Véritable hommage intergénérationnel aux vacances d'été sous l'impulsion mélancolique de tubes des années 70 (Mort Shuman, Sheila, Alain Souchon entre autre), l'intrigue limpide fleure bon l'insouciance et l'exaltation libertaire à travers les adultères et fourberies sentimentales que nos vacanciers amorcent en guise d'évasion. L'attachante réussite de cette romcom émanant notamment de son rythme trépidant à cumuler (sans lassitude) sur un ton pittoresque moult situations romanesques au sein d'un cadre exotique de club de vacances.


Au-delà de l'émotive sincérité de Michel Lang à inscrire sur pellicule un témoignage mélancolique sur une période révolue conçue sur la simplicité des rencontres et retrouvailles amicales autour de slows ou d'un verre au café, les attachants comédiens (Sophie Barjac, Myriam Boyer, Daniel Ceccaldi, Guy Marchand et la jeunette Anne Parillaud) affichent une bonne humeur à la fois expansive et sereine à travers leurs péripéties rocambolesques à flirter avec les aventures impromptues. On s'étonne même parfois de l'audace de certaines séquences d'attouchements, voires de harcèlement sexuel que la ligue féministe d'aujourd'hui proscrirait fissa. Quand bien même Michel Lang ose aborder le thème sulfureux de la différence d'âge à travers la liaison sentimentale entre une charmante quadra et deux jeunes de 18 ans que l'un d'eux parviendra finalement à séduire jusqu'au coït. Mais Michel Lang, très attaché à sa fidèle retranscription historique, ne sombre jamais dans la trivialité pour le plaisir de choquer. Si bien que ces séquences charnelles susnommées font preuve d'un réalisme aussi innocent que touchant à travers les sentiments ardents des personnages finalement férus de tendresse et de reconnaissance, aussi outrés soient leurs comportements incorrects.


Un été de porcelaine
Fort agréable à suivre, notamment grâce à la sobriété des comédiens d'un peps infaillible (tant juvéniles que plus âgés), l'Hôtel de la plage est une bouffée d'air frais au sein de la comédie chorale parfois retranscrite avec une poignante nostalgie. A revoir avec le pincement au coeur donc, surtout pour ceux ayant vécu leur enfance ou leur adolescence au coeur des années 70. 

*Bruno

mardi 7 juillet 2020

Le Vampire de ces Dames

                                 Photo empruntée sur Google, appartenant au site buddy-movierepack.blogspot.com

"Love at First Bite" de 1979. U.S.A. 1h36. Avec George Hamilton, Susan Saint James, Richard Benjamin, Dick Shaw, Sherman Hemsley, Art Johnson, Isabel Sanford.

Sortie salles France: ? U.S: 27 Avril 1979.

FILMOGRAPHIE: Stanley John Dragoti, dit Stan Dragoti, est un réalisateur et scénariste américain né le 4 octobre 1932 à New York et mort le 13 juillet 2018 à Los Angeles. 1972 : Billy le cave. 1976 : McCoy (série télévisée). 1979 : Le Vampire de ces dames. 1983 : Mister Mom. 1985 : L'Homme à la chaussure rouge. 1989 : Touche pas à ma fille. 1991 : L'Équipe des casse-gueule.


Sans jamais rivaliser avec les meilleures réussites du genre (Dr Jerry et Mr Love, Le Bal des Vampires, Frankenstein Junior et le plus récent Vampires en toute intimité), le Vampire de ces dames est une charmante et sympathique parodie, notamment auprès de ces attachants personnages se prêtant au jeu de la déconnade avec un humour bonnard. Tant auprès de George Hamilton en vampire dandy anachronique plutôt inoffensif, de l'envoûtante Susan Saint James (quelle sombre beauté spontanée !) en maîtresse caractérielle timidement influencée par l'amour éternel, de Richard Benjamin en Docteur revanchard endossant la double fonction de chasseur de vampire et d'amant éploré et de Arte Johnson en domestique badin au rictus démonial. Assurément le personnage le plus pittoresque de l'équipe à travers son naturel inné d'y pouffer de rire sous l'impulsion de ses répliques sardoniques.


Quant à l'intrigue éculée centrée sur notre triangle amoureux mais transplantée dans notre monde contemporain, elle se permet quelques libertés afin d'y injecter quelques touches d'originalité (le vampire doit ici mordre à 3 reprises sa proie pour qu'elle devienne immortelle et s'alloue de pouvoirs télékinésiques pour moderniser le mythe). Notamment auprès de la caractérisation borderline du petits fils de Van Helsing endossant le double rôle susnommé. Mais comme de coutume au sein du genre casse-gueule de la parodie parfois trop irrévérencieuse, tout n'est pas du meilleur goût, à l'instar du duel d'hypnose dans le restaurant d'une drôlerie plutôt lourdingue. Rien d'alarmiste pour autant si bien que l'on préserve fréquemment le sourire (et les rires) aux lèvres à travers sa pléthore de situations cocasses dénuées de prétention. Le méconnu Stan dragoti emballant donc efficacement son film de par son rythme fougueux (les acteurs s'en donnant à coeur joie sans se complaire dans l'outrance ou les effets de manche) et sa sincérité d'y traiter le mythe avec une bonne humeur et dérision tantôt romanesque (avec en filigrane une réflexion sur la peur de l'engagement). A revoir sans se prendre la tête.

*Bruno

lundi 6 juillet 2020

Je veux manger ton pancréas

                                                   Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

"Kimi no suizō o tabetai" de Shō Tsukikawa. 2017. Japon. 1h50. Avec Shun Oguri, Keiko Kitagawa, Takumi Kitamura, Minami Hamabe.

Sortie salles France: ? Japon: 28 Juillet 2017 

FILMOGRAPHIEShō Tsukikawa est un réalisateur et scénariste japonais. 2017: Je veux manger ton pancréas.


"Le plus grand échec est de ne pas avoir le courage d'oser"
Mélo existentiel d'une intensité dramatique à couper au rasoir, Je veux manger ton pancréas est un moment de cinéma épuré touché par la grâce. De par la candeur du duo romantique apprenant à se connaître par l'entremise de la maladie mortelle. La jeune Kyoko étant condamnée au moment même de faire connaissance avec l'introverti de son lycée que tout le monde pointe du doigt de par sa différence asociale. Poignant, émouvant, bouleversant, déchirant sans que rien n'y soit programmé, Je veux manger ton pancréas est une ode à l'amour le plus virginal et salvateur; eu égard de l'initiation morale du lycéen parvenant peu à peu à s'affirmer grâce à sa tendre relation qu'il partage avec Kyoko. Ainsi, à travers les thèmes sinistrosés de la maladie et du deuil, Shō Tsukikawa transfigure le portrait de ce duo d'amants aux caractères fort distincts. Kyoko endossant une jeune fille sémillante et spontanée au point d'y dévorer la vie à pleines dents, quand bien même son compagnon est un solitaire taciturne totalement replié sur lui-même. D'une fragilité à fleur de peau à travers la retranscription de leurs sentiments intimes que le lycéen peine de prime abord à divulguer, Je veux manger ton pancréas ne cesse de prodiguer la valeur universelle de l'amour de par l'apprentissage d'une complémentarité amicale (s'épauler et se soutenir d'après l'enjeu du deuil).


Et ce à travers les vecteurs de la communication, de la confiance, du partage et de la confidence (notamment auprès de leur jeu "action/vérité"). Si bien que Sho Tsukikawa relate en toute simplicité cette romance passionnelle par le biais d'une pudeur humaine à fleur de peau quant au regard terne du lycéen. Mais sans pour autant se compromettre dans une complaisance sirupeuse, le réalisateur compte sur le tempérament fringant de Kyoko pour mettre en exergue ses sentiments d'exaltation teintés d'onirisme existentiel. Tant et si bien que nous avions réellement l'impression de découvrir à travers ce personnage d'animation un être de chair et de sang de par son humanisme incandescent à ébranler la vie de son compagnon autiste bientôt apte à embrasser le monde. On peut d'ailleurs en dire autant de ce dernier délivrant face écran ses expressions timorées avec une émotion tangible, voire sensorielle. Notamment en tenant compte de son évolution morale optimiste, dans la mesure où celui-ci finira par trouver le courage d'oser déclarer sa flamme amicale à la meilleure amie de Kyoko qu'elle perdure à juger en guise de protection. 


L'amour de la vie est la véritable force à protéger.
D'un lyrisme parfois enchanteur, mais surtout d'une acuité émotionnelle capiteuse à travers son sentiment d'urgence d'aimer et du bonheur de l'instant présent, Je veux manger ton Pancréas demeure probablement l'un des plus beaux poèmes romantiques imprimés sur écran Car le récit a beau être limpide et sa trajectoire fataliste (attention toutefois au coup de théâtre cinglant à mi-parcours !), l'émotion fulgurante qui s'y extrait la transfigure sous l'impulsion d'une vibrante caractérisation humaine militant pour la valeur de l'amour afin de tenir compte du sens de la vie ("aimer/être aimé, "donner/recevoir", encore faut-il apprendre à aimer !). Car ça n'est qu'à travers les contacts et les rapports humains que la réalité de la vie nous apparaît probante. 

Dédicace à Frederic Serbource.
*Bruno 

jeudi 2 juillet 2020

Le Jour de la fin des Temps / La Nuit des Extra-Terrestres

                                                   Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

"The Day Time Ended" de John 'Bud' Cardos. 1980. U.S.A. 1h20. Avec Jim Davis, Christopher Mitchum, Dorothy Malone, Marcy Lafferty, Scott C. Kolden.

Sortie salles France: 10 Juin 1981. U.S: Novembre 1980.

FILMOGRAPHIE: John 'Bud' Cardos est un réalisateur, acteur et producteur américain, né le 20 Décembre 1929 à Saint Louis, Missouri. 1970: The red, white, and black. 1971: Drag Racer. 1971: The Female Bunch (non crédité). 1977: L'Horrible Invasion. 1979: The Dark. 1979: Le Jour de la fin des temps. 1984: Mutant. 1988: Act of Piracy. 1988: Skeleton Coast. 1988: Les Bannis de Gor.


Réalisé par John Bud Cardos, un habitué des séries B au rabais à qui l'on doit The Dark, le sympatoche Mutant et surtout l'Horrible Invasion (de loin sa meilleure - et authentique - réussite), le Jour de la fin des temps est une sorte de croisement bisseux de Rencontres du 3è type lorsqu'une famille de fermiers demeurent les témoins de présences extra-terrestres lors d'une nuit spatio-temporelle. Les OVNIS parvenant par instants à brouiller la notion du temps sans que l'on ne sache pour quelle raison équitable. Confinés dans leur demeure en plein désert, ils vont avoir affaire à une multitude d'évènements paranormaux à base de bulles de lumières, de monument triangulaires d'un vert fluorescent (faisant disparaître et réapparaître n'importe quelle présence humaine ou animale), de mini créatures et de monstres gargantuesques filmés en stop motion. De par son ambiance westernienne confinée en plein désert solaire et grâce à l'attachante galerie de persos gogos aux réactions tantôt atones, tantôt hébétées; Le Jour de la fin des Temps prête inévitablement à sourire à travers sa pléthore de séquences facétieuses où des extra-terrestres de toutes formes n'auront de cesse de les harceler tous azimuts.


Et si on peut déplorer la redondance des situations d'harcèlement et d'agressions finalement infructueuses, John Bud Cardos parvient in extremis à relancer modestement l'action grâce à la disparité des OVNIS s'en donnant à coeur joie dans les effets de surprise et ballets féeriques. A l'instar donc de Rencontres du 3è type lorsque des centaines de bulles, de rayons gammas et d'étoiles filantes y forment des esquisses dans l'air et le ciel afin d'ébranler nos personnages en proie à la stupeur (contractée). Tout cela demeure donc gentillet, simplet, gratuit et inoffensif à travers son ambiance bonnard de science-fiction conjuguée au merveilleux et au fantastique, quand bien même les FX artisanaux s'avèrent assez bien fichus dans l'ensemble. Le point le plus fructueux étant les fascinants déplacements des monstres filmés en stop motion que l'on croirait extraits d'un film de Ray Harryhausen si bien que l'on a droit à un moment à un houleux corps à corps, aussi mineure soit leur chorégraphie épique.


Sans laisser de souvenir impérissable, le Jour de la fin des temps se décline donc en sympathique curiosité fantasque sous l'impulsion d'aimables trognes du samedi soir parfois issues de la série TV (Jim Davis en tête, l'inoubliable Josh Ewing de Dallas). Quand au final salvateur à la fois féerique et déconcertant, on accepte pour autant le non-sens du twist fantasmagorique de par sa scénographie aussi flamboyante que dépaysante. N'oubliez donc pas de déposer votre cerveau au vestiaire avant de goûter cette friandise acidulée au charme (agréablement) désuet, tant il n'y a pas grand chose à saisir. 

*Bruno

mardi 30 juin 2020

Marathon Killer

                                                        Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

"Courage" de Robert L. Rosen. 1984. U.S.A. 1h30. Avec Ronny Cox, Art Hindle, M. Emmet Walsh, Tim Maier, Lois Chiles.

Sortie salles France: ?. U.S: 16 Novembre 1984

FILMOGRAPHIE: Robert L. Rosen est un réalisateur, acteur et producteur américain né le 7 Janvier 1937 à Palm Springs, Californie. 1984: Marathon Killer.


Inédit en salles chez nous mais édité en Vhs, Marathon Killer ne manqua pas d'interpeller le videophile des années 80 attisé par sa jaquette prometteuse suggérant un film d'horreur plutôt réaliste. Tout du moins chez les friands de série B d'exploitation surfant sur la vague du survival brut de décoffrage, ou plus précisément de la chasse à l'homme initiée par un certain Zaroff. En ce sens que l'intrigue assez originale va nous dépeindre l'épreuve de force d'un trio de marathoniens pris à parti avec une unité militaire partie en mission de survie en plein désert du Nouveau Mexique. Spoil ! Or, après qu'ils eurent accidentellement tués l'un des joggeurs lors d'une violente rixe, ils se décident à les traquer pour les tuer sous l'impulsion de leur leader mégalo. Fin du Spoil. Réalisé par le néophyte Robert L. Rosen si bien qu'il s'agit de son unique métrage, Marathon Killer demeure un sympathique survival aussi perfectible et maladroit soit-il. Car si la gestion d'acteurs laisse à désirer (principalement auprès des militaires en herbe parfois peu convaincants dans leur posture patibulaire et leurs actions infructueuses) et que le montage demeure tantôt anarchique, Marathon Killer gagne en efficacité oppressante à travers sa pléthore de poursuites endiablées que nos survivants ne cessent d'arpenter pour leur enjeu de survie.


Qui plus est, nous sommes surpris de constater à travers son concept d'exploitation alimentaire la densité humaine qui se dégage des états d'âme de nos héros réfractaires de prime abord à tuer leur prochain afin de pouvoir rester en vie. Mais s'efforçant solidairement de survivre pour accéder à la ligne d'arrivée, entre désespoir désenchanté et pugnacité rebelle, ils vont donc apprendre à s'affirmer en faisant preuve de perspicacité, d'héroïsme et de bravoure audacieuse. C'est donc une initiation à l'auto-justice que nous suggère Robert L. Rosen à travers leur inévitable légitime défense de dernier ressort. Ainsi, en suivant scrupuleusement leur marathon chaotique sous un écrasant soleil, on reste notamment surpris de l'intensité dramatique de certains rebondissements d'une cruauté aride (tant auprès de la 1ère partie que de l'épilogue salvateur). On peut toutefois regretter le manque de réalisme de certains corps à corps, sachant notamment que nos héros parviennent un peu trop facilement à exterminer leurs assaillants. C'est un tantinet dommageable pour autant pardonnable tant on s'identifie pleinement à leur humanisme fébrile puisque se résignant à rester en vie avec une hargne indéfectible. On peut enfin saluer l'attrait quelque peu envoûtant de sa partition au synthé quasi omniprésente durant tout le parcours du combattant si bien que Marathon Killer ne manque pas de charme atmosphérique à travers sa scénographie aussi vaste et dépaysante qu'inhospitalière.


A découvrir avec réel intérêt donc car cette série B injustement sombrée dans l'oubli mériterait à être plus connue. 

*Bruno
2èx

lundi 29 juin 2020

M.A.L

                                                Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

"Deep Star Six" de Sean S. Cunningham. 1989. U.S.A. 1h39. Avec Greg Evigan, Nancy Everhard, Cindy Pickett, Miguel Ferrer

Sortie salles France: 31 Mai 1989

FILMOGRAPHIE: Sean Sexton Cunningham est un réalisateur, producteur et scénariste américain. Né en 1941 à New York. 1970 : Art of Marriage. 1971 : L'Amour à deux. 1973 : Case of the Full Moon Murders. 1978 : Manny's Orphans. 1978 : Here Come the Tigers. 1980 : Vendredi 13. 1982 : A Stranger Is Watching. 1983 : La fièvre du printemps. 1985 : Représailles. 1989 : MAL : Mutant aquatique en liberté. 2001 : XCU: Extreme Close Up. 2002 : Invasion finale (TV). 2006 : Trapped Ashes.


Sorti la même année que son cousin Leviathan, M.A.L est un ersatz mineur d'Alien et d'Abyss que Sean S. Cunningham exploite avec une relative efficacité. Car si on déplore son manque d'action et d'angoisse oppressante au sein de ce huis-clos maritime (attendez 1 bonne heure pour voir apparaître le monstre), l'intrigue cousue de fil blanc demeure un agréable divertissement à travers ses moult clichés éculés et ses personnages stéréotypés. Mention spéciale à Miguel Ferrer en trouillard empoté en proie à une psychose dégénérative. D'ailleurs, afin de relancer l'action vers une direction davantage en porte-à-faux, Sean S. Cunningham compte sur l'hypocrisie de celui-ci multipliant les bourdes et les coups bas pour s'en sortir vivant. Ainsi, si on anticipe fréquemment les incidents techniques de l'équipage et les altercations du monstre (pas trop mal fichu en dépit de son absence de vélocité) au sein d'une plateforme nucléaire, l'aspect semi-parodique de certaines situations retient l'attention d'un oeil amusé. Tant auprès de nos attachants personnages d'une vaillance héroïque souvent suicidaire que du charme innocent de la réalisation singeant ces classiques précités avec un modeste savoir-faire. Un sympathique divertissement donc, aussi dispensable soit-il, à privilégier à la génération 80, même si on est en droit d'y préférer le beaucoup plus fun et palpitant, Leviathan.


Ci-joint la chronique de Leviathanhttp://brunomatei.blogspot.com/2019/03/leviathan-prix-des-effets-speciaux.html

*Bruno
3èx

vendredi 26 juin 2020

Le Monstre qui vient de l'Espace

                                           Photo empruntée sur Google, appartenant au site fan-de-cinema.com

"The Incredible Melting Man" de William Sachs. 1977. U.S.A. 1h26. Avec Alex Rebar, Burr DeBenning, Myron Healey, Michael Alldredge, Ann Sweeny, Lisle Wilson, Jonathan Demme.

Sortie salles France: 18 Mars 1981. U.S: 9 Décembre 1977

FILMOGRAPHIE: William Sachs est un réalisateur, scénariste et producteur américain, né le
1971: South of Hell Mountain. 1974: There is no 13. 1976: Secrets of the Gods (documentaire). 1977: Le Monstre qui vient de l'espace. 1978: The Force Beyond (documentaire). 1979: Van Nuys Blvd. 1980: Galaxina. 1985: Hot Chili. 1991: The Last Hour. 1992: Judgement. 2002: Spooky House.


Responsable du sympathique space-opéra (pour rire) GalaxinaLe Monstre qui vient de l'espace doit une partie de sa réputation culte à l'attrait grand-guignolesque de sa rutilante jaquette que nombre de cinéphiles se sont empressés de louer au vidéo du coin. En prime, afin de rameuter le chaland et influencer son atout racoleur, la mention "interdit au moins de 18 ans" fut rajoutée en bas de l'affiche ! Une aberration somme toute lucrative si bien que le réalisateur abuse le plus souvent du hors-champs pour l'effet gore escompté. Le pitchA la suite d'une expédition spatiale près de Saturne, l'unique survivant Steve West revient parmi les siens dans un état de putréfaction. Fortement irradié et mutilé, il est soigné dans le centre hospitalier du médecin Ted Nelson. A son réveil, Steve se regarde dans le miroir pour découvrir avec stupeur son visage recouvert d'un bandage ! Pris de panique, il retire le pansement et découvre son faciès tuméfié truffé de pustules ! En désespoir de cause, il décide de s'évader de l'hôpital mais provoquera durant son désespérant périple une vague de crimes sauvages ! Observer les exactions erratiques d'un monstre à tête de rhubarbe déambulant dans la campagne et à proximité de domiciles afin d'y persécuter ses proies s'avère plaisamment facétieux de par l'aspect involontairement parodique de sa mise en scène aussi bricolée qu'attentionnée. Qui plus est, la cocasserie permanente des dialogues puérils, l'apparence putrescente du monstre se liquéfiant au fil de ses déplacements et la galerie de protagonistes à la fois empotés et inconséquents (le couple en étreinte, le trio d'enfants fumeurs, les rapports discordants entre le médecin et le général castrateur, les beaux-parents retraités ou encore le voyeurisme salace du photographe auprès de son model !) parviennent à nous enjailler dans leur surjeu dépouillé.


Et ce hormis un cheminement narratif redondant n'accordant nulle surprise à travers cette traque poussive (on aurait pu d'ailleurs raccourcir la bobine de 15 minutes). Mais grâce à l'aspect auto-parodique des situations de stress, de suspense langoureux et d'altercation horrifique, Le Monstre qui vient de l'Espace divertit modestement sans jamais se prendre la tête. Quand bien même le final décrivant l'ultime course du monstre à tête de pizza au sein d'un entrepôt industriel ne manque toujours pas de fantaisies sous l'impulsion de flics décervelés à la gâchette facile. Enfin, il faut souligner la qualité artisanale des maquillages cracras de Rick Barker préfigurant les outrances cartoonesques du cultissime Street Trash et du monstre à balais de Toxic Avenger tant notre créature irradiée s'avère aussi impressionnante que grotesque à travers sa condition gluante faussement terrifiante. D'ailleurs, avec une naïveté toujours aussi bonnard, le réalisateur tentera même de provoquer un regain d'empathie auprès de son humanisme désespéré (aussi déficient soit-il), tant et si bien qu'en étant réduit à l'état de charpie, on observe son agonie de manière pour autant perplexe. Surtout qu'il venait préalablement de secourir le médecin d'une mort certaine en guise de souvenir amical. On s'étonnera également du sort tragique de ce dernier pour une raison probable de dramaturgie appuyée. Autant dire que les ruptures de ton qui empiètent l'intrigue nous donnent un peu le tournis à conjuguer les contradictions d'humour et d'horreur avec une attachante maladresse. L'exemple le plus flagrant du comique assumé se situant auprès du couple de retraités conviés à souper chez leur fille au moment d'emprunter une route bucolique patibulaire.


Pour les nostalgiques de l'époque, Le Monstre qui vient de l'espace demeure un sympathique nanar à travers son hommage ubuesque aux films de monstres des années 50 dénonçant en filigrane les effets dévastateurs de la radioactivité sur l'homme faute de projets mégalos de conquêtes spatiales (!?).  

*Bruno
26.06.20. 4èx
03.08.13. 93 v

jeudi 25 juin 2020

Cul et Chemise

                                           Photo empruntée sur Google, appartenant au site Senscritique.com

"Io sto con gli ippopotami" de d'Italo Zingarelli. 1979. Italie. 1h48. Avec Terence Hill, Bud Spencer, Joe Bugner, May Dlamini, Dawn Jürgens, Malcolm Kirk.

Sortie salles France: 5 Décembre 1979

FILMOGRAPHIE: Italo Zingarelli est un producteur et réalisateur italien de cinéma, né le 15 janvier 1930 à Lugo di Vicenza en Vénétie, décédé le 29 avril 2000 à Rome. 1969 : Cinq hommes armés. 1970 : Une prostituée au service du public et en règle avec la loi. 1979 : Cul et chemise.


Qu'il est bon de revisionner cette comédie familiale sous l'impulsion du duo fripon Terence Hill / Bud Spencer. Les "Laurel et Hardy" contemporains de souche italienne. Car l'intrigue dégingandée a beau raser les murs (quoique son message écolo en faveur de la cause animale ne passe pas inaperçu), Terence Hill et son acolyte Bud Spencer sauvent le film de la vacuité de par leur fringance endiablée d'y compiler une moisson de baffes et coups de poing toutes les 10 minutes. Tant et si bien qu'il s'avère impossible de s'ennuyer au sein de ce fracas d'actions en règle même si la plupart des situations risibles, pour ne pas dire ridicules ou surréalistes (la scène du repas, celle du tribunal ou encore du casino) ne font guère preuve de vraisemblance. Et c'est tant mieux car il se dégage de ce joyeux bordel zédifiant une liberté de ton désinvolte qu'on ne retrouve guère aujourd'hui sur nos écrans formatés adeptes de l'ultra conservatisme.


Ainsi donc, on a également beau étriller le classicisme de sa réalisation anodine (Italo Zingarelli possède d'ailleurs à son actif 3 uniques longs-métrages), le spectacle dépaysant (une scénographie Africaine peuplée de figurants accorts et d'animaux sauvages) vaut son pesant de péripéties burlesques de par ses bastonnades inventives que Hill et Spencer transcendent avec une spontanéité galvanisante. Anti-dépresseur par excellence donc, Cul et Chemise demeure un excellent divertissement puisant son charme dans sa simplicité bonnard que le duo cultive avec un naturel décomplexé. Con comme la lune certes à travers ses récurrents règlements de compte entre bons et méchants (quelles gueules cartoonesques !), mais débordant d'inventivité, de bonne humeur et de gags si outranciers qu'on cède à l'hilarité, Cul et Chemise n'a pas pris une ride de par son inépuisable ressort comique en roue libre.

*Bruno
2èx

mercredi 24 juin 2020

La Petite soeur du Diable

                                                  Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

"Suor Omicidi / Killer Nun" de Giulio Berruti. 1978. Italie. 1h29. Avec Joe Dallensendro, Anita Ekberg, Alida Valli.

Sortie salles Italie: 10 Mai 1979. France: ?.

FILMOGRAPHIE: Giulio Berruti est un réalisateur et scénariste Italien né le 28 Avril 1937. 1976: Noi siam come le lucciole. 1979: La Petite soeur du Diable.


Que voici un Nunsploitation bougrement attachant à travers son cocktail vitriolé de saphisme, de nécrophilie, de luxure et d'homicides parfois incongrues. A l'instar de ses aiguilles filmées en gros plan transperçants à divers endroits du visage une victime sclérosée ! D'ailleurs, l'Angleterre rigoriste s'avéra si offensée que le film figura dans la liste de leurs "Video Nasties" ! Mais au-delà de son concept d'exploitation dosant efficacement fesses et gores auprès d'un institut psychiatrique en rut; La Petite soeur du Diable s'avère beaucoup plus intéressant qu'il ne le laisse paraître de par son intrigue sinueuse insufflant un suspense perméable jusqu'à l'épilogue révélateur aussi fortuit que dérangeant. Le récit émaillé de situations tordues s'adonnant au thriller horrifique à travers son énigme d'y démasquer le véritable assassin. Quand bien même le cinéaste, seulement responsable de deux longs-métrages (quel dommage au vu de son savoir-faire horrifique !), nous eut averti d'un message liminaire afin de prétendre que son récit fut inspiré d'une histoire vraie. Etonnamment bien joué pour une prod indépendante aussi low-cost, tant auprès des rôles majeurs que secondaires (notamment cette figuration inquiétante de patients revanchards que n'aurait renié Francis Leroy à travers sa Nuit de la Mort), la Petite soeur du diable est également scandé du charisme démonial de la troublante Anita Ekberg sous l'impulsion de son regard azur à la fois perçant et souffreteux.


Dans la mesure où celle-ci parvient à nous susciter un soupçon d'empathie dans sa fonction miséreuse de nonne aussi névrosée que dépressive de par son accoutumance à la morphine depuis une opération du cerveau. En proie à la perte identitaire et à une solitude davantage contraignante, Soeur Gertrude finit donc par s'adonner à l'émancipation sexuelle. Tant auprès de la proposition saphique d'une nouvelle soeur juvénile que d'un quidam aguiché par ses formes plantureuses à base de jarretelles. Les séquences d'étreintes et de déshabillage (à forte poitrine) parvenant la plupart du temps à éluder la gratuité de par le portrait torturé de cette carmélite sexuellement refoulée mais aujourd'hui encline à mettre en exergue ses fantasmes en lieu et place de désarroi moral. Il faut dire que tout l'institut (patients / médecins) la soupçonnent d'un oeil médisant depuis une série de meurtres inexpliqués. Au-delà de cette surprenante ambiance malsaine au sein d'une hiérarchie religieuse où la plupart de la clientèle pâtie d'un désoeuvrement à la fois sexuel et sentimental, La Petite soeur du Diable fascine irrémédiablement de par son esthétisme nacré où le macabre se conjugue avec l'érotisme le plus scabreux ou effronté !


Une vraie perle horrifique typiquement latine à découvrir d'urgence pour les amateurs de curiosité déviante à la psychologie (étonnamment) étoffée si bien que La Petite soeur du Diable se libère sans rougir du produit (faussement) alimentaire. 

*Bruno

mardi 23 juin 2020

Snake Eyes

                                         Photo empruntée sur Google, appartenant au site cinememorial.com

"Dangerous Game" d'Abel Ferrara. 1993. U.S.A. 1h49. Avec Harvey Keitel, Madonna, James Russo, Victor Argo, Nancy Ferrara.

Sortie salles France: 13 Octobre 1993. U.S: 19 Novembre 1993

FILMOGRAPHIE: Abel Ferrara est un réalisateur et scénariste américain né le 19 Juillet 1951 dans le Bronx, New-York. Il est parfois crédité sous le pseudo Jimmy Boy L ou Jimmy Laine.
1976: Nine Lives of a Wet Pussy (Jimmy Boy L). 1979: Driller Killer. 1981: l'Ange de la Vengeance. 1984: New-York, 2h du matin. 1987: China Girl. 1989: Cat Chaser. 1990: The King of New-York. 1992: Bad Lieutenant. 1993: Body Snatchers. Snake Eyes. 1995: The Addiction. 1996: Nos Funérailles. 1997: The Blackout. 1998: New Rose Hotel. 2001: Christmas. 2005: Mary. 2007: Go go Tales. 2008: Chelsea on the Rocks. 2009: Napoli, Napoli, Napoli. 2010: Mulberry St. 2011: 4:44 - Last Day on Earth. 2014: Welcome to New-York. 2014: Pasolini.


"Je ne connais pas d'autre événement qui cause autant de douleur et de destruction, et qui est aussi peu compréhensible, que la fin de l'amour."
Film choc s'il en est, Snake Eyes constitue une expérience de cinéma à rude épreuve si bien que la frontière entre fiction et réalité demeure toujours plus exigue de par son extrême réalisme d'une intensité dramatique à couper au rasoir. Et ce quitte à bousculer les repères du spectateur littéralement troublé par l'improvisation des acteurs se livrant à une déchéance psychologique d'une violence capiteuse. Car à travers l'immersion d'un tournage chaotique illustrant la confrontation morale entre un couple en perdition (l'amant désire poursuivre ses excès tous azimuts alors que sa compagne en voie de sagesse spirituelle souhaite s'en libérer), Abel Ferrara exploite la mise en abyme afin d'exorciser la propre situation véreuse d'un metteur en scène hanté de culpabilité. Ou tout du moins le résigner par le truchement de ce reflet de miroir à avouer enfin sa responsabilité et ses fautes à son épouse dénuée de suspicion à son égard. Celui-ci cumulant depuis son mariage sexe, drogue et alcool qu'il côtoie lors des tournages ou lors des soirées mondaines. Dirigé de main de maître par un Abel Ferrara toujours aussi torturé par le remord et la quête de rédemption à travers l'image divine, Snake Eyes nous laisse en état de malaise prégnant sitôt le générique bouclé.


Tant et si bien que les acteurs résolument habités par leur rôle schizo nous transmettent leurs émotions névralgiques avec une vérité (ac)crue de par la volonté psycho-rigide de Ferrara de les pousser dans leurs derniers retranchements, au risque de flirter avec la démence. Si bien que l'on peut d'ailleurs craindre le pire quant à l'ambiguïté de l'épilogue suggérant une mort en direct, via le snuf-movie, quand bien même nous venions d'assister à une oeuvre indépendante à la fois personnelle et confidentielle ! C'est donc un tableau dérisoire des coulisses du cinéma que nous assène sans concession Abel Ferrara, son envers du décor vitriolé à travers cette faune d'acteurs corrompus par leur confort et la célébrité, quitte à se laisser dériver à une descente aux enfers irréversible. Quand bien mêmes les cinéastes en quête insatiable de perfectionnisme et de soif de réalisme exploitent leurs acteurs avec soupçon de sado-masochisme. Outre l'époustouflant jeu viscéral de James Russo en amant borderline à la cime de la démence, et la force (faussement) tranquille d'Harvey Keitel en cinéaste notoire en proie à l'opprobre, on reste sidéré par l'authenticité névrosée de Madonna en victime soumise accablée de fragilité et de rébellion auprès de ses deux partenaires livrés à un machisme aussi perfide que couard. Chacun d'eux s'échangeant sans se l'avouer le corps de l'actrice dans une volonté vulgairement lubrique !


Estomaquant de vérisme ardu à point tel de confondre la technicité du reportage, Snake Eyes se décline donc en cinéma vérité brut de décoffrage de par son extrême animosité morale. Tant et si bien qu'il reste réservé à un public averti du fait de l'extrême violence des rapports conjugaux emportés dans une spirale de réprimandes dénuées d'échappatoire. Extrêmement noir, dérangeant et éprouvant, un tableau terrifiant, asphyxiant, méphitique sur l'envers du cinéma glamour dénué d'union maritale. 

*Bruno
4èx  

vendredi 19 juin 2020

Live Like a Cop, Die Like a Man

                                                    Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

"Uomini si nasce poliziotti si muore" de Ruggero Deodato. 1976. Italie. 1h38. Avec Marc Porel, Ray Lovelock, Adolfo Celi, Franco Citti, Silvia Dionisio, Marino Masé, Renato Salvatori, Sofia Dionisio.

Sortie salles France: ?. Italie: 11 Mars 1976

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Ruggero Deodato est un réalisateur italien, né le 7 Mai 1939.
1976: Live Like a Cop, Die Like a Man. 1977: Le Dernier monde Cannibale. 1979: SOS Concorde. 1980: Cannibal Holocaust. 1980: La Maison au fond du parc. 1983: Les Prédateurs du Futur. 1985: Amazonia, la jungle blanche. 1987: Les Barbarians. 1987: Body Count. 1988: Le Tueur de la pleine lune. 1993: The Washing Machine.


Précédé d'une réputation de polar ultra violent, Live Like a Cop, Die Like a Man accuse hélas le poids des années de par son réalisme peu convaincant auprès de scènes chocs volontairement outrées. Notamment auprès de la couleur terne ou autrement saturée du sang ne trouvant jamais la juste colorimétrie pour mieux offenser le spectateur. C'est fort dommageable sachant que Ruggero Deodato pousse souvent le bouchon assez loin dans son refus de concession réfractaire au hors-champ comme on en a coutume d'en voir dans le genre policier standard. Qui plus est, l'intrigue timidement efficace ne passionne guère en dépit de la posture décomplexée du duo de flics réacs s'autorisant tout et n'importe quoi à alpaguer leurs malfrats de la façon la plus cynique et sournoise. A l'instar de leur partie de jambes en l'air perpétrée avec la soeur d'un dangereux criminel. Pour autant, de par son ambiance bizarroïde dénuée de moralité et le punch de certaines scènes d'actions (notamment cette étonnante course-poursuite urbaine filmée sans autorisation lors du préambule),  Live Like a Cop, Die Like a Man divertira les amateurs de poliziotteschi sous l'impulsion du duo Marc Porel / Ray Lovelock parfaitement à l'aise dans leur complémentarité fougueuse dénuée de scrupule. Ainsi, à travers son cocktail sarcastique de violence en roue libre y émane une série B politiquement incorrecte infaisable de nos jours.


*Bruno

Synopsis: En ces années de plomb, la vie suit son cours normal à Rome. Un vol à la tire dégénère et une femme, coincée par la lanière de son sac, est trainée sur plusieurs mètres jusqu’à ce que sa tête croise malencontreusement un lampadaire. Cinq frangins essayent de dévaliser un fourgon blindé. Une honnête citoyenne est prise en otage chez elle par trois cinglés… La routine. Pour essayer malgré tout d’y remédier, la police s’est dotée d’une “force spéciale” aux méthodes radicales. Au départ composée de trois hommes, cette unité se réduit bientôt à un binôme : les inséparables Fred et Tony (Marc Porel et Ray Lovelock). Le responsable de cette réduction d’effectif n’est autre que le parrain Roberto “Bibi” Pasqualini (Renato Silvestri), tête de turc de la force spéciale.

jeudi 18 juin 2020

Black Snake Moan

                                                Photo empruntée sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Craig Brewer. 2006. U.S.A. 1h55. Avec Samuel L. Jackson, Christina Ricci, Justin Timberlake, S. Epatha Merkerson, John Cothran Jr., David Banner.

Sortie salles France: 30 Mai 2007. U.S: 9 Décembre 2006

FILMOGRAPHIECraig Brewer est un réalisateur et scénariste américain, né le 6 décembre 1971 en Virginie. 2000 : The Poor and Hungry. 2005 : Hustle et Flow. 2007 : Black Snake Moan. 2011 : Footloose. 2019 : Dolemite Is My Name. 2020 : Coming 2 America.


"Toi et moi on sera toujours là quand il le faut pour croire en l'autre."
Passé inaperçu en 2006 en dépit de sa rutilante affiche aussi clinquante que délibérément racoleuse, Black Snake Moan était trop atypique pour s'attirer les faveurs du grand public. Car véritable film culte à la trajectoire aussi tentaculaire que reptilienne (notamment à travers son poème musical sur la tentation du Mal), Black Snake Moan aborde les thèmes sulfureux de la nymphomanie, de l'abus sexuel et de l'anxiété (la plus préjudiciable) avec une originalité couillue. Imaginez un afro américain en berne sentimental s'unifiant avec une jeune nympho incontrôlable afin de dépasser leur faille d'une colère autodestructrice pour l'enjeu de l'amour. Qui plus est, de manière hétérodoxe, celui-ci très porté sur sa foi, osera enchaîner sa victime préalablement violée afin de l'abstenir de la luxure. Tout un programme punitif drastique donc, et ce sans le contentement de la victime démunie ! Sur le papier, on se demande bien si cette trame à la fois décalée, violente et (limite) ubuesque dénonçant en filigrane la posture rigoriste du dévot tiendra la route 1h55 durant. Mais c'est sans compter sur le talent très inspiré de Craig Brewer si bien qu'il parvient à nous parfaire une splendide étreinte amicale doublée d'une bouleversante romance aussi épurée que torturée. Dans la mesure où le compagnon de la nympho tentera également d'opérer un travail sur lui même en dernier ressort afin de réprimer ses crises d'angoisse et enfin parvenir à l'équilibre de sa liaison amoureuse. Son anxiété pathologique émanant de sa suspicion (inconsciente) pour la réputation putassière de sa muse réduite à l'objet sexuel.


Emaillé de tubes de Blues davantage entraînants (le concert au pub dégage une énergie galvanisante à travers une foule transie de déhanchement !), Black Snake Moan est enfin illuminé du duo impromptu Samuel L. Jackson (en père attentionné de substitution) / Christina Ricci (en betty boop au sex-appeal infiniment torride - et ce sans fard ! -). Ces derniers crevant littéralement l'écran à travers leur attractive complémentarité davantage soumise à la doctrine de la sagesse, de la modération et du self-control. Et si lors de sa première partie décomplexée le thème de la nymphomanie était traité de manière aussi provocatrice que débridée (notamment à l'aide d'un réalisme parfois cru !), Craig Brewer y peaufine ensuite la caractérisation humaine de l'esclave féminine asservie d'un passé traumatique on ne peut plus éprouvant. L'intrigue gagnant donc en densité psychologique, au moment même où le jeune Ronnie revient faire surface après y avoir exercé son service militaire. On peut d'ailleurs également compter sur la sobriété étonnamment naturelle de Justin Timberlake en amant en herbe inscrit dans la réserve, l'indécision et la timidité derrière son masque de faux rebelle féru de force d'esprit et de caractère. Ainsi, à travers son manque d'aplomb et d'autorité, Craig Brewer y opère à nouveau un bouleversant portrait d'amant torturé en voie de rédemption amoureuse. Le message de Black Snake Moan demeurant avant tout un poème mélomane sur l'amour le plus candide à travers ce trio impromptu amoché par l'infortune, l'infidélité et la démission parentale (notamment pour les rapports discordants entre la mère et sa fille lors d'une confidence aussi cruelle que violente).


"Cette lumière que j'ai en moi je vais la laisser briller." 
Un chant d'amour résolument incandescent à marquer d'une pierre blanche dans l'histoire du cinéma indépendant. A ne rater pour rien au monde, notamment afin de réparer son injustice commerciale.  

*Bruno
2èx

mercredi 17 juin 2020

Bluebird

                                                 Photo empruntée sur Google, appartenant au site Senscritique.com

"A Bluebird in My Heart" de Jérémie Guez. 2018. Belgique/france. 1h29. Avec Roland Møller, Lola Le Lann, Veerle Baetens, Lubna Azabal

Sortie France, Vod: 16 Juin 2020. Festival de Sundance: 10 Mars 2018

FILMOGRAPHIEJérémie Guez est un écrivain auteur de romans policiers, scénariste et réalisateur français, né le 17 mai 1988. 2018 : Bluebird. 2020 : The Sound of Philadelphia.


"L'amour paternel est peut-être le sentiment le plus élevé du don."
Production Franco-belge réalisée par le néophyte Jérémie Guez, Bluebird rend hommage au polar du samedi soir sous couvert d'une série B aussi efficace que charmante. Si bien que l'on a beau connaître l'intrigue par coeur à travers ses clichés éculés, Jérémie Guez parvient à les transcender de par la sincérité indéfectible de ces attachants personnages et d'une mise en scène carrée dénuée de fioriture. Chaque plan faisant preuve d'un esthétisme cinégénique à travers un tableau urbain aussi flegme et restreint qu'inscrit dans la réserve. Car au-delà de quelques rares scènes d'action militants pour la vendetta, Bluebird bénéficie d'une atmosphère langoureuse agréablement perméable. Ces séquences intimistes inscrites dans la banalité d'un quotidien morose insufflant un doucereux climat feutré sous l'impulsion d'une mélodie aussi discrète qu'envoûtante. Le réalisateur prend donc son temps à nous dépeindre son univers blafard auquel y évolue une poignée de protagonistes à l'humanisme torturé.


Tant auprès de la mère escomptant scrupuleusement ses prochaines retrouvailles avec son époux taulard, de sa fille paumée fragilisée par l'absence paternelle, que de l'étranger (Danny) en semi-liberté qu'elles accueillent en guise de travail au noir avant de s'unifier. Et bien que l'on se surprenne de la dramaturgie cinglante de l'épicentre narratif (pourquoi tant de haine nonsensique ?), Bluebird continue de captiver de par les agissements en porte-à-faux du taulard au grand coeur que Roland Møller campe avec un charisme viril grisonnant. Celui-ci suscitant des expressions de pudeur et de modestie d'être aimablement accueilli par une famille démunie escomptant la rédemption. Outre la sobriété placide de l'actrice Veerle Baetens lui partageant la vedette entre soupçon de méfiance puis de clémence, on reste impressionné par le naturel spontané de l'étonnante Lola Le Lann en junkie fantasque en quête désespérée d'amour et de tendresse. Ainsi, à travers ses nouveaux rapports avec Danny en père de substitution, on ne peut s'empêcher de songer à Léon de Luc Besson à travers leur chaude complicité amicale de se prémunir contre un danger davantage létal.


Pour l'amour d'un père déchu. 
Perfectible assurément (n'oublions pas qu'il s'agit d'un 1er métrage) et parfois un tantinet moins convaincant lors des règlements de compte aussi concis que timorés, Bluebird gagne néanmoins le coeur du spectateur à travers l'humanisme chétif de ces marginaux au grand coeur évoluant dans un cadre urbain imprégné d'onirisme désenchanté. Une imagerie harmonieuse assortie d'une partition délicatement capiteuse. Ainsi, et sous sa discrète allure de conte existentiel, l'émotion des personnages perce jusqu'au bouleversant point d'orgue d'une limpide retrouvaille aussi fortuite qu'escomptée. 

*Bruno

mardi 16 juin 2020

Waves

                                                     Photo empruntée sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Trey Edward Shults. 2020. U.S.A. 2h16. Avec Kelvin Harrison Jr., Lucas Hedges, Taylor Russell, Alexa Demie, Sterling K. Brown.

Sortie salles France: 29 Janvier 2020. U.S: 17 Janvier 2020

FILMOGRAPHIETrey Edward Shults, plus connu sous le nom de Trey Shults, est un réalisateur, scénariste et producteur américain né en 1988 à Houston, aux États-Unis. 2016 : Krisha. 2017 : It Comes at Night. 2019 : Waves.


"Demander pardon n'est pas adressée à quelqu'un, c'est une demande à soi-même. Trouver cette souplesse où l'on peut demander pardon, c'est voir clairement ce qui nous limite."
Uppercut émotionnel d'une intensité dramatique à fleur de peau, Waves nous laisse dans un état de flottement mélancolique sitôt le générique écoulé. Car traitant des thèmes délicats du deuil, de l'avortement, des rapports amoureux discordants, du pardon, de l'expiation et de la cohésion familiale, Waves n'y va pas par 4 chemins pour nous bouleverser avec un réalisme aussi onirique qu'expérimental. Tant auprès du parti-pris du réalisateur d'opter pour différents formats d'écran (16/9, 4/3, 1.85) d'après une trajectoire d'initiation morale, que de sa nature solaire exaltante auquel le vent y caresse tantôt certains visages atones désireux d'évasion. Le format 4/3 (le plus redouté) insufflant un climat de claustration depuis l'épicentre tragique de l'intrigue d'une cruauté si inouïe qu'on n'ose croire à la véracité des faits exposés. Comme si, à l'instar de la douleur intrinsèque du coupable dénué de repères, nous nous exposions intimement à son cauchemar moral dénué d'échappatoire. C'est dire si l'identification du spectateur bat à plein régime lorsqu'il s'agit de nous exposer une vibrante et authentique romance à travers une intimité soudainement orageuse lorsqu'on se délite pour un enjeu d'avortement.


Mais pour autant débordant de tendresse à travers ces lumineux regards à la fois démunis et sentencieux des victimes tentant de transcender leur fêlure morale avec une résilience fébrile, Waves milite pour l'espoir et l'optimisme lorsque l'on tente de s'y reconstruire grâce à l'unique valeur de l'amour. Et si le présumé coupable empli de culpabilité s'avoue vaincu dans son opiniâtre détermination d'y expier sa faute au péril de sa vie, les membres familiaux vont tenter de renouer leurs liens (autrefois soudés) à travers la communication, le pardon, le réconfort et la confiance. Même auprès des plus préjudiciables (pour ne pas dire des plus impardonnables) lorsque, en fin de vie, un père est sur le point de déclarer sa flamme à son propre fils qu'il a maltraité durant toute son adolescence. C'est dire si Waves table sur la rédemption, la fraternité et l'humanisme le plus candide afin d'y évacuer haine et colère que tout être extériorise faute d'un sentiment d'injustice inéquitable. Quant au cast plutôt méconnu, on reste ébloui par leur performance dramatique de par leur évidente sobriété de ne pas s'entacher de misérabilisme ou de sinistrose que l'intrigue ne cesse pourtant d'irriguer à travers les esprits torturés pleins de désagrément. Ainsi, à travers l'éternel conflit parents / enfants, Waves brille de 1000 feux pour nous exposer avec une sensibilité écorchée vive un fulgurant poème d'amour universel à travers ces rapports humains inscrits dans la réserve et le mutisme (notamment faute des préjugés de réseaux sociaux réprobateurs), mais en quête ultime d'une main secourable.


Une expérience de cinéma onirique et épurée parvenant à exorciser nos démons à travers un vortex d'émotions capiteuses de par la dichotomie d'y opposer sentiments de tendresse et d'amour après la colère et la cruauté. Déchirant car d'une infinie tristesse, mais aussi beau à en chialer.

*Bruno