samedi 6 avril 2024

The Neon Demon

                                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Nicolas Winding Refn. 2016. France/U.S.A/Danemark. 1h57. Avec Elle Fanning, Karl Glusman, Jena Malone, Bella Heathcote, Abbey Lee Kershaw, Desmond Harrington, Christina Hendricks.

Sortie salles France: 8 Juin 2016. U.S: 24 Juin 2016 (Int - 17 ans)

FILMOGRAPHIE: Nicolas Winding Refn est un scénariste, réalisateur, producteur et acteur danois, né le 29 septembre 1970 à Coppenhague (Danemark). 1996: Pusher. 1999: Bleeder. 2003: Inside Job. 2004: Pusher 2. 2005: Pusher 3. 2008: Marple - Nemesis (télé-film). 2009: Bronson. 2010: Valhalla Rising. 2011: Drive. 2012: Only God Forgives. 2016: The Neon Demon.


Mea culpa
(Revoyure d'une) charge fĂ©roce contre l'univers pailletĂ© de la mode dans sa forme (ultra) superficielle, The Neon Demon laisse des traces dans l'encĂ©phale après que nous ayons observĂ© (en mode contemplatif) la descende aux enfers d'une mannequin de 16 ans initiĂ©e au narcissisme le plus dĂ©shumanisant. C'est ce que Nicolas Winding Refn nous relate progressivement lors de son introspection professionnele avec souci esthĂ©tique obsessionnel (chaque plan chiadĂ© nous Ă©clate Ă  la figure tel un feu d'artifices nĂ©crosĂ©) tout en lui confrontant en contrepoint un duo de rivales Ă©lectrisantes de soif de cĂ©lĂ©britĂ©. Des poupĂ©es barbies dĂ©nuĂ©es d'expressivitĂ© dans leur posture ultra guindĂ©e entièrement soumise Ă  leur (sur)ego. Discours sur les consĂ©quences dĂ©gĂ©nĂ©ratives de l'Ă©litisme, sur l'addiction de la chirurgie et ses apparences fallacieuses et sur la dĂ©chĂ©ance morale au sein de la compĂ©titivitĂ© du mannequinat, The Neon Demon dilue un climat glaçant de bassesse, d'abĂŞtissement, de silence terrifiant n'ayant rien Ă  envier aux univers troubles lynchĂ©ens. 

Notamment en se rĂ©fĂ©rant aux bizarreries horrifico-fantasmagoriques qui empoisonnent le rĂ©cit Ă  renfort d'images lascives, lĂ©chĂ©es, aussi fascinantes que malaisantes ou encore dĂ©rangĂ©es. Et si l'Ă©trange Ă©motion, qui s'instille au cours du vĂ©nĂ©neux rĂ©cit demeure sciemment timorĂ©e, dĂ©stabilisante, dĂ©concertante, voir Ă©galement frĂ©quemment impassible, c'est pour mieux perdre nos repères dans ce dĂ©dale charnel de beautĂ© funeste. L'absence d'Ă©thique, d'affection, d'humanitĂ© des personnages fĂ©minins (mais aussi masculins, Ă  l'exception du petit ami de Jesse non corrompu) nous sautant sournoisement Ă  la figure, tels des androĂŻdes huppĂ©s au regard perçant dĂ©nuĂ©s de charitĂ©. Leur sensibilitĂ© s'Ă©tant noyĂ© dans un vivier (d'acide) pĂ©cunier faute de s'ĂŞtre dĂ©voyĂ©es au concours d'une beautĂ© esthĂ©tique asexuĂ©e (elles ne sont que des plantes aseptiques soumises Ă  leur hiĂ©rarchie castratrice). Et ce avant de se complaire dans un cannibalisme ordurier pour tenter d'accĂ©der en un temps si furtif (passĂ© l'âge de 20 ans, elles sont dĂ©jĂ  hors course) Ă  la quintessence artistique. 

Expérience onirico-sensuelle substituée en offrande fétide, The neon Demon ne peut laisser indifférent à travers sa puissance formelle autant que morale faute de nous avoir projeté avec provocation (et une certaine dérision sardonique propre à la satire vitriolée) un tableau dérisoire sur la noblesse féminine la plus sournoise et délétère quand elle ne compte que sur son corps, son apparence pour être aimée et starisée.

*Bruno
2èx. Vo
06.04.24
02.09.16.

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