samedi 30 mars 2024

Haute Tension. Grand Prix du Film Fantastique, Catalogne 2003.

Photo empruntée sur Google, appartenant au site allocine.fr

d'Alexandre Aja. 2003. France. 1h30. Avec Cécile de France, Maïwenn, Philippe Nahon, Franck Khalfoun, Andreï Finti, Oana Pellea.

Sortie salles France: 18 Juin 2003 (Int - 16 ans)

FILMOGRAPHIE: Alexandre Aja (Alexandre Jouan-Arcady) est un réalisateur, producteur, scénariste, dialoguiste et acteur, né le 7 Août 1978 à Paris. 1999: Furia. 2003: Haute Tension. 2006: La Colline a des yeux. 2008: Mirrors. 2010: Piranha 3D. 2013: Horns. 2016: La Neuvième Vie de Louis Drax. 2019: Crawl.

Un sommet du gore frenchie profondĂ©ment malsain, infernal, redoutable. 

ConsidĂ©rĂ© comme une bombe lors de sa sortie, tant auprès de la critique que du public, et ce en dĂ©pit de son Ă©chec commercial, Haute Tension n'a strictement rien perdu de sa vigueur horrifique quelques dĂ©cennies plus tard. Au point mĂŞme de reconsidĂ©rer son final rĂ©vĂ©lateur tant dĂ©criĂ© (si bien que j'en fis parti Ă  3 reprises) alors qu'aujourd'hui Ă  la revoyure d'une 4è projo je fus littĂ©ralement traumatisĂ© par ce rebondissement finalement cohĂ©rent Spoil ! quant Ă  l'homosexualitĂ© refoulĂ©e d'un personnage aussi dĂ©sarmĂ© que profondĂ©ment esseulĂ© de ne pouvoir ĂŞtre aimĂ© par l'ĂŞtre cher Fin du spoil. Mais alors pourquoi Haute Tension reste une rĂ©fĂ©rence du genre avec cette fameuse rĂ©putation d'avoir su rivaliser avec les prods ricaines les plus notoires ? Parce que Alexandre Aja traite son sujet très au sĂ©rieux, rĂ©invente les codes avec cette volontĂ© farouche d'y terroriser le spectateur auprès d'un parti-pris jusqu'au boutiste pour son ultra violence gorasse dĂ©ployĂ©e Ă  gros bouillon. Qui plus est, bĂ©nĂ©ficiant d'une direction artistique irrĂ©prochable, Aja soigne son ambiance Ă  la fois insĂ©cure et si fĂ©tide auprès d'un environnement nocturne aussi Ă©touffant que malaisant. Immersion assurĂ©e en y redoutant incessamment la prochaine sĂ©quence impitoyable que l'on nous illustre sans fard et encore moins de fioriture. 

Les victimes dĂ©munies, paralysĂ©s de frayeur tentant dĂ©sespĂ©rĂ©ment d'Ă©chapper au tueur fou (qu'endosse avec une aura aussi viciĂ©e que dĂ©bauchĂ©e l'impressionnant Philippe Nahon humectĂ© de sueur chaude sur son visage adipeux) avec une impuissance humaniste Ă  la limite du tolĂ©rable. Aja parvenant constamment Ă  entretenir une tension permanente auprès de ses victimes lâchement persĂ©cutĂ©es, en utilisant notamment des jumps-cares ultra efficaces afin de nous terroriser comme si nous Ă©tions Ă  l'intĂ©rieur de la demeure champĂŞtre, théâtre d'abominations crapuleuses. Si bien que l'ultra brutalitĂ© qui dĂ©coule des exactions putassières a de quoi franchement choquer, mĂŞme auprès des spectateurs les plus blasĂ©s, en dĂ©pit des provocateurs machistes n'ayant peur de rien se vanteront-ils. Quant au tendre duo formĂ© par CĂ©cile de France et MaĂŻwenn, celles-ci parviennent naturellement Ă  donner corps Ă  leur personnage torturĂ© avec une finesse de jeu expressif, entre nĂ©vralgie apeurĂ©e et crises de larmes aux confins de la folie dĂ©pressive. Portant le rĂ©cit sur leurs Ă©paules autour du monstre Nahon, nos deux jouvencelles contournent facilement les clichĂ©s de la potiche Ă©cervelĂ©e avec une fragilitĂ© humaniste pour autant dĂ©brouillarde et finalement combattive auprès de leur initiation Ă  la survie. 


Schizophrenia
De par son ambiance morbide indĂ©crottable Ă©paulĂ© d'un score funeste aussi monocorde que lancinant qui imprègne chaque image crĂ©pusculaire, Haute Tension fascine et dĂ©range au possible Ă  travers son concentrĂ© d'horreur licencieuse et d'âpre terreur que le spectateur perçoit entre fascination morbide et malaise viscĂ©ral d'une rigueur morale proche du traumatisme. Comme le souligne d'autant mieux son impensable final incongru d'une dramaturgie cĂ©rĂ©brale aussi rude qu'accablĂ©e. 

*Bruno
4èx

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